Le Rêve dans le pavillon rouge
Le Rêve du pavillon rouge, Histoire de la pierre
Cao Xueqin, 1791. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.
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Chapitre 93 Un serviteur des Zhen cherche protection à la porte des Jia ; l’ermitage de la Lune sur l’eau voit éclater une affaire galante
甄家僕投靠賈家門 水月菴掀翻風月案
Un serviteur des Zhen cherche protection à la porte des Jia
l’ermitage de la Lune sur l’eau voit éclater une affaire galante
𨚫說馮紫英去後,賈政呌門上的人來吩咐道:「今兒臨安伯那裡來請吃酒,知道是什麽事?」門上的人道:「奴才曾問過,並没有什麽喜慶事。不過南安王府裡到了一班小戱子,都說是個名班。伯爺高興,唱兩天戱請相好的老爺們瞧瞧熟閙熱閙。大約不用送禮的。」說着,賈赦過來問道:「明兒二老爺去不去?」賈政道:「承他親熟,怎麽好不去的。」說着,門上進來囬道:「衙門裡書辨來請老爺明日上衙門,有堂派的事,必得早些去。」賈政道:「知道了。」說着,只見兩個管屯裡地租子的家人走來,請了安,磕了頭,旁邉站着。賈政道:「你們是郝家庄的?」兩個答應了一聲。賈政也不往下問,竟與賈赦各自說了一囬話兒散了。家人等秉着手燈送過賈赦去。
Après le départ de Feng Ziying, Jia Zheng fit appeler les gens de la porte et leur demanda : « Le comte de Lin’an nous invite aujourd’hui à boire chez lui. Savez-vous à quelle occasion ? » L’un des portiers répondit : « Votre serviteur s’est renseigné : il n’y a aucune réjouissance particulière. Seulement, une troupe de jeunes acteurs est arrivée au palais du prince de Nan’an ; tout le monde dit qu’elle est excellente. Le comte, qui en est fort content, fait donner deux jours de représentations et invite les messieurs de ses amis à venir profiter de l’animation. Il ne sera sans doute pas nécessaire d’apporter de présent. »
Sur ces entrefaites, Jia She arriva et demanda : « Mon cadet compte-t-il y aller demain ? » Jia Zheng répondit : « Puisqu’il a l’amabilité de nous traiter en familiers, comment pourrais-je ne pas y aller ? » À ce moment, un homme de la porte vint annoncer : « Le secrétaire du tribunal prie Monsieur de se rendre demain à son bureau. Une affaire doit être examinée à l’audience, et il faudra y aller de bonne heure. » Jia Zheng dit : « C’est entendu. »
Deux domestiques chargés de percevoir les fermages des domaines arrivèrent alors. Après l’avoir salué et s’être prosternés, ils se tinrent debout sur le côté. Jia Zheng leur demanda : « Vous venez du village des Hao ? » Tous deux répondirent que oui. Jia Zheng ne les interrogea pas davantage ; il s’entretint encore un moment avec Jia She, puis chacun se retira. Des domestiques, lanternes à la main, raccompagnèrent Jia She.
這裡賈璉便呌那管租的人道:「說你的。」那人說道:「十月裡的租子奴才已經赶上來了,原是明兒可到。誰知京外拿車,把車上的東西不由分說都掀在地下。奴才告訴他說是府裡𭣣租子的車,不是買賣車。他更不𬋩這些。奴才呌車夫只管拉着走,几個衙役就把車夫混打了一頓,硬扯了兩輛車去了。奴才所以先來囘報,求爺打發個人到衙門裡去要了来纔好。再者,也整治整治這些無法無天的羞役纔好。爺還不知道呢,更可憐的是那買賣車,客啇的東西全不顧,掀下来赶着就走。那些赶車的但說句話,打的頭破血出的。」賈璉𦘏了,罵道:「這個還了得!」立刻寫了一個帖兒,呌家人:「拿去向拿車的衙門裡要車去,并車上東西。若少了一件,是不依的。怏呌周瑞。」周瑞不在家。又呌旺兒。旺兒晌午出去了,還没有囬来。賈璉道:「這些忘八羔子,一個都不在家!他們終年家吃糧不管事。」因吩咐小厮們:「快給我找去。」說着也囘到自己屋裡𪾶下。不題。
Jia Lian dit alors aux percepteurs des fermages : « Faites votre rapport. » L’un d’eux déclara : « Votre serviteur a déjà fait partir les fermages du dixième mois ; ils devaient arriver demain. Mais, à l’extérieur de la capitale, on réquisitionne des voitures : sans la moindre explication, ils ont jeté à terre tout ce qui se trouvait sur les nôtres. Votre serviteur leur a dit que c’étaient les voitures du palais chargées des fermages, et non des voitures de marchands. Ils n’en ont pas tenu le moindre compte. J’ai ordonné aux charretiers de poursuivre leur route, mais plusieurs satellites du tribunal les ont roués de coups et ont emmené de force deux voitures. Voilà pourquoi votre serviteur est venu faire son rapport en avance. Je supplie Monsieur d’envoyer quelqu’un les réclamer au tribunal. Il faudrait aussi donner une bonne leçon à ces satellites qui ne connaissent plus ni loi ni autorité. Monsieur ignore encore le pire : pour les voitures des marchands, ils ne se soucient absolument pas des marchandises des négociants ; ils les jettent à terre et repartent avec les voitures. Si les charretiers soufflent un mot, ils les frappent jusqu’à leur fendre le crâne et les couvrir de sang. »
À ces mots, Jia Lian s’écria avec colère : « Cela dépasse les bornes ! » Il écrivit aussitôt une lettre et ordonna à un domestique : « Porte-la au tribunal qui réquisitionne les voitures et réclame les deux voitures avec tout leur chargement. S’il manque un seul objet, nous ne laisserons pas passer l’affaire. Vite, appelez Zhou Rui ! » Zhou Rui n’était pas chez lui. Il fit alors appeler Wang’er, mais celui-ci était sorti vers midi et n’était pas encore rentré. Jia Lian jura : « Tous ces fils de tortue, pas un seul n’est là ! Ils mangent nos rations toute l’année sans s’occuper de rien. » Puis il ordonna aux jeunes valets : « Allez me les chercher, vite ! » Cela dit, il regagna son appartement et se coucha. N’en parlons plus.
且說臨安伯第二天又打發人来請。賈政告訴賈赦道:「我是衙門裡有事,璉兒要在家等候拿車的事情,也不能去,倒是大老爺帶寶玉應酬一天也罷了。」賈赦㸃頭道:「也使得。」賈政遣人去呌寳玉,說:「今兒跟大爺到臨安伯那裡聼𭟼去。」寳玉喜歡的了不得,便換上衣服,帶了焙茗、掃紅、鋤藥三個小子出来,見了賈赦,請了安,上了車,來到臨安伯府裡。門上人囘進去,一㑹子出來說:「老爺請。」于是賈赦帶着寳玉走入院内,只見賔客喧闐。賈赦寳玉見了臨安伯,又與衆賓客都見過了禮。大家坐着說笑了一囬。只見一個掌班的拿着一本戱单,一個牙笏,向上打了一個千兒,說道:「求各位老爺賞戱。」先從尊位㸃起,挨至賈赦,也㸃了一齣。那人囬頭見了寳玉,便不向别處去,竟搶歩上来打個千兒道:「求二爺賞兩齣。」寳玉一見那人,面如𫝊粉,唇若𡍼砂,鮮潤如出水芙渠,飄揚似臨風玉樹。原來不是别人,就是蔣玉函。前日𦗟得他帶了小𭟼兒進京,也没有到自己那裡。此時見了,又不好站起来,只得笑道:「你多早晚來的?」蔣玉函把手在自己身子上一指,笑道:「怎麽二爺不知道麽?」寳玉因衆人在坐,也難說話,只得胡亂㸃了一齣。蔣玉凾去了,便有幾個議論道:「此人是誰?」有的說:「他向來是唱小旦的,如今不肯唱小旦,年紀也大了,就在府裡掌班。頭裡也攺過小生。他也儧了好幾個錢,家裡已經有兩三個舖子,只是不肯放下本業,原舊領班。」有的說:「想必成了家了。」有的說:「親還没有定。他倒掌定一個主意,說是人生配偶關係一生一世的事,不是混閙得的,不論尊卑貴賤,總要配的上他的纔能,所以到如今𮟃並没娶親。」寳玉暗忖度道:「不知日後誰家的女孩兒嫁他。要嫁着這樣的人材兒,也算是不辜負了。」
Le lendemain, le comte de Lin’an envoya de nouveau quelqu’un les inviter. Jia Zheng dit à Jia She : « J’ai une affaire au tribunal, et Lian doit rester ici dans l’attente des voitures ; lui non plus ne peut y aller. Que mon frère aîné emmène Baoyu et se charge des politesses pour la journée. » Jia She acquiesça : « Cela ira aussi. » Jia Zheng envoya chercher Baoyu et lui fit dire : « Aujourd’hui, tu accompagneras ton oncle aîné chez le comte de Lin’an pour voir la représentation. » Baoyu fut transporté de joie. Il changea de vêtements et sortit avec trois jeunes valets, Beiming, Saohong et Chuyao. Après avoir salué Jia She, il monta en voiture avec lui et se rendit au palais du comte de Lin’an.
Les gens de la porte allèrent annoncer leur arrivée, puis revinrent bientôt dire : « Monsieur vous prie d’entrer. » Jia She conduisit donc Baoyu dans la cour, où les invités se pressaient bruyamment. Tous deux saluèrent le comte de Lin’an, puis échangèrent les politesses d’usage avec les autres convives. Chacun s’assit et causa gaiement un moment.
Un chef de troupe parut alors, tenant à la main un programme de pièces et une tablette d’ivoire. Il fit une génuflexion devant l’assemblée et dit : « Que chacun de ces messieurs veuille bien choisir une pièce. » Il commença par le convive occupant la place d’honneur et, arrivé devant Jia She, reçut également son choix. Puis, apercevant Baoyu, il cessa sa tournée, s’avança précipitamment, fit une génuflexion et dit : « Que le Second Jeune Maître veuille bien choisir deux pièces. »
Baoyu regarda cet homme : son visage semblait poudré, ses lèvres peintes au cinabre ; il avait la fraîcheur éclatante d’un lotus sorti de l’eau et l’élégance d’un arbre de jade dans le vent. Ce n’était autre que Jiang Yuhan. Baoyu avait récemment appris qu’il était revenu dans la capitale avec une jeune troupe, mais Jiang Yuhan n’était pas encore venu le voir. Le retrouvant en cet instant, Baoyu ne pouvait pourtant se lever devant tout le monde ; il se contenta donc de sourire et demanda : « Quand es-tu arrivé ? » Jiang Yuhan se désigna du doigt et répondit en riant : « Comment se fait-il que le Second Jeune Maître ne le sache pas ? » Comme les invités étaient présents, Baoyu pouvait difficilement poursuivre la conversation et choisit une pièce au hasard.
Après le départ de Jiang Yuhan, plusieurs convives se mirent à parler de lui. L’un demanda : « Qui est cet homme ? » Un autre répondit : « Autrefois, il jouait toujours les jeunes filles. À présent, il ne veut plus tenir ces rôles et, comme il a aussi pris de l’âge, il dirige la troupe du palais. Il avait déjà essayé un temps les rôles de jeune premier. Il a amassé pas mal d’argent et possède deux ou trois boutiques, mais il ne veut pas abandonner son ancien métier et reste chef de troupe. » Un autre dit : « Il doit certainement avoir fondé une famille. » On lui répondit : « Ses fiançailles ne sont même pas arrêtées. Il s’est mis une idée en tête : le choix d’une épouse engage toute une vie et ne saurait être traité à la légère. Sans regarder au rang, à la richesse ou à la pauvreté, il veut seulement une femme qui soit digne de lui. Voilà pourquoi, jusqu’à présent, il ne s’est toujours pas marié. » Baoyu songea en lui-même : « Je me demande quelle jeune fille l’épousera un jour. Celle qui aura pour mari un homme d’un tel mérite pourra dire qu’elle n’aura pas vécu en vain. »
那時開了戱,也有昆腔,也有高腔,也有弋腔梆子腔,做得熱閙。過了晌午,便擺開棹子吃酒。又看了一囬,賈赦便欲起身。臨安伯過来留道:「天色尙早,聼見說蔣玉凾𮟃有一齣《占花魁》,他們頂好的首戱。」寳玉聼了,巴不得賈赦不走。于是賈赦又坐了一㑹。果然蔣玉凾扮着秦小官伏侍花魁醉後神情,把這一種憐香惜玉的意思,做得極情盡致。以後對飮對唱,纒綿繾綣。寳玉這時不看花魁,只把兩支眼睛獨射在秦小官身上。更加蔣玉凾聲音响喨,口齒漬楚,按腔落板,寳玉的神魂都唱了進去了。直等這齣戱進塲後,更知蔣玉凾極是情種,非尋常戱子可比。因想着《樂記》上說的是「情動於中,故形於聲。聲成文謂之音。」所以知聲,知音,知樂,有許多講䆒。聲音之原,不可不察。詩詞一道,但能傳情,不能入骨,自後想要講䆒講究音律。寳玉想出了神,忽見賈赦起身,主人不及相留。寶玉没法,只得跟了囬來。到了家中,賈赦自囬那邊去了,寳玉來見賈政。
La représentation commença. Il y eut du chant de Kunshan, du chant aigu, du style de Yiyang et du style aux claquettes de bois : tout était des plus animé. Après midi, on dressa les tables pour boire. Ils regardèrent encore quelque temps, puis Jia She voulut partir. Le comte de Lin’an vint le retenir : « Il est encore tôt. J’ai entendu dire que Jiang Yuhan doit encore jouer Conquérir la reine des fleurs ; c’est leur meilleur morceau. » En entendant cela, Baoyu ne souhaitait rien tant que de voir Jia She rester. Celui-ci se rassit donc un moment.
Jiang Yuhan parut en effet sous les traits de Qin Xiaoguan servant la Reine des fleurs après qu’elle s’était enivrée. Il exprima avec une perfection extrême toute la tendresse et tous les égards dus à une beauté délicate. Puis ils burent et chantèrent ensemble, dans une intimité languissante et passionnée. Baoyu, à cet instant, ne regardait pas la Reine des fleurs : ses deux yeux demeuraient fixés sur Qin Xiaoguan seul. Jiang Yuhan avait en outre une voix sonore, une diction limpide ; il suivait exactement la mélodie et la mesure, si bien que l’âme de Baoyu fut tout entière entraînée dans son chant.
Lorsque la pièce fut achevée, Baoyu comprit mieux encore que Jiang Yuhan était un être tout de sentiment, sans commune mesure avec les acteurs ordinaires. Il se rappela alors ces mots du Mémoire sur la musique : « L’émotion s’émeut au-dedans, et prend donc forme dans le son ; lorsque les sons s’ordonnent en figures, on les appelle musique. » Ainsi, la connaissance du son, la compréhension de la musique et l’intelligence de l’art musical réclamaient bien des recherches. Il ne fallait pas négliger d’examiner l’origine des sons. La poésie ne pouvait que transmettre les sentiments, sans pénétrer jusqu’aux os ; désormais, il voulait étudier sérieusement les lois musicales.
Baoyu était encore absorbé dans ses réflexions lorsqu’il vit soudain Jia She se lever. Leur hôte n’eut pas le temps de les retenir. Baoyu, n’ayant pas le choix, le suivit au retour. Une fois arrivés chez eux, Jia She regagna ses appartements, tandis que Baoyu alla se présenter devant Jia Zheng.
賈政纔下衙門,正向賈璉問起拿車之事。賈璉道:「今兒呌人拿帖兒去,知縣不在家。他的門上說了:這是本官不知道的,並無牌票出去拿車,都是那些混賬東西在外頭撒野擠訛頭。旣是老爺府裡的,我便立刻呌人去追辦,包管明兒連車連東西一并送來。如有半㸃差遲,再行禀過本官,重重處治。此刻本官不在家,求這裡老爺看破些,可以不用本官知道更好。」賈政道:「旣無官票,倒底是何等様人在那裡作怪?」賈璉道:「老爺不知,外頭都是這様。想来明兒必定送來的。」賈璉說完下來,寳玉上去見了。賈政問了幾句,便呌他徃老太太那裡去。賈璉因爲昨夜呌空了家人,出來傳喚,那起人多已伺候齊全。賈璉罵了一頓,呌大𬋩家頼升:「將各行檔的花名册子拿来,你去查㸃查㸃。寫一張諭帖,呌那些人知道:若有並未告假,私自出去,傳喚不到,貽誤公事的,立刻給我打了攆出去!」頼升連忙答應了幾個「是」,出來吩咐了一囬。家人各自留意。
Jia Zheng venait de quitter le tribunal et interrogeait précisément Jia Lian au sujet des voitures réquisitionnées. Jia Lian répondit : « Aujourd’hui, j’ai fait porter la lettre, mais le magistrat du district n’était pas chez lui. Son portier a déclaré : “Notre magistrat n’était nullement au courant. Aucun ordre officiel n’a été délivré pour réquisitionner des voitures ; ce sont tous ces vauriens qui, dehors, se déchaînent et cherchent à extorquer de l’argent. Puisqu’il s’agit du palais de Monsieur, je vais immédiatement envoyer des hommes les poursuivre et m’occuper de l’affaire. Je vous garantis que, demain, les voitures et leur chargement seront intégralement restitués. S’il y a le moindre retard ou la moindre erreur, vous pourrez en informer notre magistrat, qui les punira sévèrement. Comme notre magistrat est absent pour le moment, nous prions Monsieur de fermer quelque peu les yeux ; il vaudrait même mieux ne pas avoir à l’en informer.” »
Jia Zheng demanda : « Puisqu’il n’existe aucun ordre officiel, quelle sorte de gens se livre donc à ces méfaits ? » Jia Lian répondit : « Monsieur ne sait pas comment sont les choses au-dehors : tout se passe ainsi. Je pense qu’ils rendront certainement les voitures demain. » Après ce rapport, Jia Lian se retira. Baoyu s’avança et salua Jia Zheng. Celui-ci lui posa quelques questions, puis l’envoya chez l’aïeule.
Comme, la veille au soir, Jia Lian n’avait trouvé aucun de ses domestiques, il les avait fait appeler dès son retour ; cette fois, presque tous étaient présents pour le service. Il les accabla d’injures, puis ordonna à l’intendant général Lai Sheng : « Apporte-moi les registres nominatifs de chaque service et vérifie-les soigneusement. Rédige un avis pour prévenir tout le monde : quiconque sortira sans congé, ne répondra pas à une convocation et retardera ainsi les affaires du palais sera aussitôt battu et chassé ! » Lai Sheng répondit précipitamment plusieurs fois : « Oui, Monsieur », puis sortit transmettre les ordres. Tous les domestiques se tinrent dès lors sur leurs gardes.
過不幾時,忽見有一個人頭上載着毡帽,身上穿着一身靑布衣裳,脚下穿着一雙撒鞋,走到門上向衆人作了個揖。衆人拿眼上上下下打諒了他一番,便問他是那裡來的。那人道:「我自南邉甄府中来的。并有家老爺手書一封,求這裡的爺們呈上尊老爺。」衆人聼見他是甄府來的,纔站起来讓他坐下道:「你乏了,且坐坐,我們給你囘就是了。」門上一面進來囬明賈政,呈上來書。賈政折書看時,上寫着:
Peu après arriva un homme coiffé d’un bonnet de feutre, vêtu d’un complet de toile bleue et chaussé de souliers légers. Parvenu à la porte, il salua l’assistance les mains jointes. Les gens présents le détaillèrent des pieds à la tête, puis lui demandèrent d’où il venait. Il répondit : « Je viens de la maison Zhen, dans le Sud. J’apporte aussi une lettre autographe de notre maître et vous prie, messieurs, de la présenter à votre vénérable maître. »
Lorsqu’ils apprirent qu’il venait de la maison Zhen, les portiers se levèrent enfin et l’invitèrent à s’asseoir : « Vous devez être fatigué. Reposez-vous un moment, nous allons annoncer votre arrivée. » L’un d’eux entra faire son rapport à Jia Zheng et lui présenta la lettre. Jia Zheng la déplia et lut ce qui suit :
世交夙好,氣誼素敦。遙仰襜帷,不勝依切。弟因菲材𫉬譴,自分萬死難償,幸邀寛宥,待罪邊邊,迄今門戸凋零,家人星散。所有奴子包勇,向曾使用,雖無竒技,人尙慤實。倘使得偹奔走,餬口有資,屋烏之愛,感佩無涯矣。專此奉逹,餘容再叙。不宣。
« Nos familles sont liées depuis des générations et notre vieille amitié s’est toujours nourrie d’une profonde affection. De loin, je tourne mes regards vers votre noble dais avec une confiance et un attachement infinis. En raison de mes médiocres talents, j’ai encouru un châtiment que dix mille morts n’auraient pu, à mon sens, racheter. Par bonheur, j’ai bénéficié de la clémence et demeure sous le coup de ma peine à la frontière. Depuis lors, ma maison a dépéri et mes gens se sont dispersés comme des étoiles. Le serviteur Bao Yong, que j’ai autrefois employé, ne possède aucun talent remarquable, mais il est honnête et sûr. Si vous lui permettiez de courir à votre service et de gagner ainsi sa subsistance, étendant par amour pour la maison votre bonté jusqu’au corbeau posé sur son toit, ma gratitude et mon respect seraient sans bornes. Je vous adresse spécialement cette lettre ; je réserve le reste pour une prochaine fois. Respectueusement. »
賈政看完,笑道:「這裡正因人多,甄家倒荐人來,又不好却的。」吩咐門上:「呌他見我。且留他住下,因材使用便了。」門上出去,帶進人來。見賈政便磕了三個頭,起來道:「家老爺請老爺安。」自己又打個千兒說:「包勇請老爺安。」賈政囘問了甄老爺的好,便把他上下一瞧。但見包勇身長五尺有零,肩背寛肥,濃眉𪹼眼,磕額長髯,氣色粗黑,垂着手站着。便問道:「你是向來在甄家的,𮟃是住過幾年的?」包勇道:「小的向在甄家的。」賈政道:「你如今爲什麽要出來呢?」包勇道:「小的原不肯出來。只是家爺再四呌小的出來,說是别處你不肯去,這裡老爺家裡只當原在自己家裡一様的,所以小的來的。」賈政道:「你們老爺不該有這事情,弄到這様的田地。」包勇道:「小的本不敢說,我們老爺只是太好了,一味的真心待人,反倒招出事來。」賈政道:「真心是最好的了。」包勇道:「因爲太真了,人人都不喜歡,討人厭煩是有的。」賈政笑了一笑道:「旣這様,皇天自然不負他的。」包勇還要說時,賈政又問道:「我聼見說你們家的哥兒不是也呌寳玉麽?」包勇道:「是。」賈政道:「他還肯向上巴結麽?」包勇道:「老爺若問我們哥兒,倒是一叚竒事。哥兒的脾氣也和我家老爺一個様子,也是一味的誠寔。從小兒只𬋩和那些姐妹們在一處頑,老爺太太也狠打過幾次,他只是不攺。那一年太太進京的時候兒,哥兒大病了一塲,已經死了半日,把老爺幾乎急死,裝𮖐都預偹了。幸喜後來好了,嘴裡說道,走到一座牌樓那裡,見了一個姑娘領着他到了一座廟裡,見了好些櫃子,裡頭見了好些冊子。又到屋裡,見了無數女子,說是多變了鬼怪似的,也有變做骷髏兒的。他嚇急了,便哭喊起来。老爺知他醒過來了,連忙調治,漸漸的好了。老爺仍呌他在姐妹們一處頑去,他竟攺了脾氣了,好着時候的頑意兒一槪都不要了,惟有念書爲事。就有什麽人來引誘他,他也全不動心。如今漸漸的能彀帮着老爺料理些家務了。」賈政黙然想了一囬,道:「你去歇歇去罷。等這裡用着你時,自然派你一個行次兒。」包勇答應着退下来,跟着這裡人出去歇息。不提。
Après avoir lu la lettre, Jia Zheng dit en souriant : « Nous avons déjà trop de monde ici, et voilà que la famille Zhen nous recommande encore quelqu’un ; mais il serait difficile de le refuser. » Il ordonna aux gens de la porte : « Faites-le venir devant moi. Qu’il demeure ici pour le moment ; nous l’emploierons selon ses capacités. »
Les portiers sortirent et amenèrent l’homme. À la vue de Jia Zheng, celui-ci se prosterna trois fois, puis se releva et dit : « Notre maître présente ses respects à Monsieur. » Il fit ensuite une génuflexion et ajouta : « Bao Yong présente ses respects à Monsieur. » Jia Zheng s’enquit en retour de la santé de maître Zhen, puis examina Bao Yong des pieds à la tête. Celui-ci mesurait un peu plus de cinq pieds ; il avait les épaules larges, le dos épais, les sourcils fournis, de grands yeux, le front proéminent, une longue barbe et le teint sombre et rude. Il se tenait debout, les bras le long du corps.
Jia Zheng lui demanda : « As-tu toujours servi chez les Zhen, ou n’y es-tu resté que quelques années ? » Bao Yong répondit : « Votre humble serviteur a toujours été chez les Zhen. — Pourquoi les quittes-tu maintenant ? — Je ne voulais pas les quitter. Mais notre maître m’a ordonné à plusieurs reprises de partir. Il m’a dit : “Tu refuses d’aller ailleurs, mais, chez ce monsieur, considère que tu es encore dans ta propre maison.” C’est pourquoi je suis venu. — Votre maître n’aurait pas dû connaître un tel malheur ni être réduit à cet état. — Votre humble serviteur ne devrait pas en parler, mais notre maître est simplement trop bon. Il traite toujours les gens avec une sincérité entière, et c’est justement cela qui lui attire des ennuis. — La sincérité est la meilleure des choses. — C’est parce qu’il est trop sincère que personne ne l’aime ; il finit même par irriter les gens. » Jia Zheng sourit : « S’il en est ainsi, le Ciel ne manquera pas de le récompenser. »
Bao Yong allait poursuivre, mais Jia Zheng lui demanda : « J’ai entendu dire que le jeune maître de votre maison s’appelle lui aussi Baoyu ? — Oui. — S’efforce-t-il à présent de progresser ? — Puisque Monsieur m’interroge sur notre jeune maître, son histoire est vraiment singulière. Il a le même caractère que notre maître et se montre tout aussi sincère. Depuis l’enfance, il ne voulait que jouer en compagnie de ses sœurs. Monsieur et Madame l’ont sévèrement battu à plusieurs reprises, mais il ne changeait pas. L’année où Madame vint à la capitale, le jeune maître tomba gravement malade. Il resta une demi-journée comme mort, au point que notre maître faillit mourir d’angoisse ; le linceul et les vêtements funéraires étaient déjà prêts. Par bonheur, il revint à lui. Il raconta qu’il était arrivé devant un portique, où une jeune fille l’avait conduit dans un temple. Là, il avait vu quantité d’armoires contenant de nombreux registres. Puis il était entré dans une salle où se trouvaient d’innombrables femmes ; beaucoup, disait-il, s’étaient changées en spectres, et certaines en squelettes. Saisi d’effroi, il s’était mis à pleurer et à crier. Notre maître comprit alors qu’il reprenait connaissance et le fit aussitôt soigner. Peu à peu, il guérit. Notre maître lui permit de nouveau d’aller jouer avec ses sœurs, mais il avait complètement changé de caractère. Il rejeta tous les amusements qu’il aimait autrefois et ne s’occupa plus que d’étudier. Même si quelqu’un venait le tenter, il demeurait parfaitement insensible. À présent, il est peu à peu devenu capable d’aider notre maître à administrer les affaires de la maison. »
Jia Zheng resta quelque temps silencieux et pensif, puis dit : « Va te reposer. Lorsque nous aurons besoin de toi, nous t’assignerons naturellement un service. » Bao Yong acquiesça, se retira et suivit les gens de la maison jusqu’à son logement. N’en parlons plus.
一日賈政早起剛要上衙門,看見門上那些人在那裡交頭接耳,好像要使賈政知道的是的,又不好明囬,只管咕咕唧唧的說話。賈政呌上來問道:「你們有什麽事,這麽鬼鬼祟祟的?」門上的人囬道:「奴才們不敢說。」賈政道:「有什麽事不敢說的?」門上的人道:「奴才今兒起來開門出去,見門上貼着一張白紙,上寫着許多不成事體的字。」賈政道:「那裡有這様的事,寫的是什麽?」門上的人道:「是水月𤲅裡的𦞴𦢤話。」賈政道:「拿給我瞧。」門上的人道:「奴才本要揭下来,誰知他貼得結實,揭不下來,只得一面抄一面洗。剛纔李德揭了一張給奴才瞧,就是那門上貼的話。奴才們不敢隱瞞。」說着呈上那帖兒。賈政接來看時,上面寫着:
Un matin, Jia Zheng s’apprêtait à partir pour le tribunal lorsqu’il vit les gens de la porte parler à voix basse, la tête penchée les uns vers les autres. Ils semblaient vouloir attirer son attention, sans oser lui faire directement leur rapport, et ne cessaient de chuchoter. Jia Zheng les fit venir et demanda : « Que se passe-t-il ? Pourquoi ces manières mystérieuses ? » Ils répondirent : « Vos serviteurs n’osent pas le dire. — Quelle affaire pourriez-vous ne pas oser rapporter ? — Ce matin, quand vos serviteurs ont ouvert la porte, ils ont trouvé une feuille de papier blanc qui y était collée. On y avait écrit quantité de propos scandaleux. — Comment une chose pareille est-elle possible ? Qu’y avait-il d’écrit ? — Des obscénités sur l’ermitage de la Lune sur l’eau. — Apportez-moi cela. — Vos serviteurs voulaient arracher l’affiche, mais elle était si solidement collée qu’il a fallu la copier tout en la lavant. À l’instant, Li De a décollé une feuille et l’a donnée à votre serviteur : elle portait les mêmes mots que celle de notre porte. Nous n’osons rien vous cacher. »
Ce disant, ils lui présentèrent le papier. Jia Zheng le prit et y lut :
西貝草斤年紀輕,水月𢊊裡𬋩尼僧。一個男人多少女,窩娼聚賭是陶情。不肖子弟來辦事,榮國府内出新聞。
Ouest et cauri, herbe et hache : ils sont jeunes encore ; dans l’ermitage de la Lune sur l’eau, ils gouvernent nonnes et novices.
Un homme pour tant de femmes : abriter la prostitution, réunir les joueurs, voilà leurs plaisirs.
Un indigne rejeton vient administrer l’affaire ; au palais Rongguo éclate un scandale nouveau.
賈政看了,氣得頭昏目暈,赶着呌門上的人不許聲張,悄悄呌人往寧榮兩府靠近的夾道子墻壁上再去找尋。隨卽呌人去喚賈璉出來。賈璉卽忙赶至。賈政忙問道:「水月菴中𭔃居的那些女尼女道,向來你也查考查考過没有?」賈璉道:「没有。一向都是芹兒在那裡照𬋩。」賈政道:「你知道芹兒照𬋩得來照𬋩不來?」賈璉道:「老爺旣這麽說,想来芹兒必有不妥當的地方兒。」賈政歎道:「你瞧瞧這個帖兒寫的是什麽。」賈璉一看,道:「有這様事麽。」正說着,只見賈蓉走來,拿着一封書子,寫着「二老爺宻啟」。打開看時,也是無頭榜一張,與門上所貼的話相同。賈政道:「快呌賴大帶了三四輛車子到水月菴裡去,把那些女尼女道士一齊拉囬來。不許泄漏,只說裡頭傳喚。」頼大領命去了。
Après avoir lu, Jia Zheng fut pris de vertige tant sa colère était grande. Il ordonna aussitôt aux portiers de ne rien ébruiter et envoya discrètement des hommes chercher d’autres affiches sur les murs des ruelles proches des palais Ningguo et Rongguo. Puis il fit appeler Jia Lian, qui accourut.
Jia Zheng lui demanda vivement : « As-tu jamais inspecté les nonnes bouddhistes et taoïstes logées à l’ermitage de la Lune sur l’eau ? — Non. Depuis toujours, c’est Qin qui s’en occupe. — Sais-tu s’il est capable ou non de s’en occuper convenablement ? — Puisque Monsieur me pose cette question, il faut croire que Qin a dû se conduire d’une manière peu convenable. » Jia Zheng soupira : « Regarde donc ce qui est écrit sur cette affiche. » Jia Lian la lut et s’exclama : « Une pareille chose serait-elle possible ? »
Pendant qu’ils parlaient, Jia Rong arriva, tenant une enveloppe portant ces mots : « À ouvrir secrètement par le Second Maître. » Jia Zheng l’ouvrit : elle contenait encore une affiche anonyme, identique à celle qui avait été collée sur la porte. Il ordonna : « Que Lai Da prenne trois ou quatre voitures, se rende à l’ermitage de la Lune sur l’eau et ramène toutes les nonnes bouddhistes et taoïstes. Qu’il ne laisse rien filtrer et dise seulement qu’elles sont mandées par le palais intérieur. » Lai Da reçut l’ordre et partit.
且說水月𢊊中小女尼女道士等初到𢊊中,沙彌與道士原係老尼收𬋩,日間教他些經懺。已後元𡚱不用,也便習學得懶怠了。那些女孩子們年紀漸漸的大了,都有也個知覺了。更兼賈芹也是風流人物,打量芳官等出家只是小孩子性兒,便去招惹他們。那知芳官竟是眞心,不能上手,便把這心腸移到女尼女道士身上。因那小沙彌中有個名呌沁香的和女道士中有個呌做鶴仙的,長得都甚妖嬈,賈芹便和這兩個人勾搭上了。閑時便學些絲絃,唱個曲兒。那時正當十月中旬,賈芹給菴中那些人領了月例銀子,便想起法兒来,告訴衆人道:「我爲你們領月錢不能進城,又只得在這裡歇着。怪冷的。怎麽様,我今兒帶些菓子酒,大家吃着樂一夜好不好?」那些女孩子都高興,便擺起棹子,連本𤲅的女尼也呌了來,惟有芳官不来。賈芹喝了幾杯,便說道要行令。沁香等道:「我們都不會,到不如搳拳罷。誰輸了喝一杯,豈不𤕤快。」本𤲅的女尼道:「這天剛過晌午,混嚷混喝的不像。且先喝幾鐘,愛散的先散去,誰愛陪芹大爺的,囬來晚上儘子喝去,我也不管。」
Lorsque les jeunes nonnes bouddhistes et taoïstes étaient arrivées à l’ermitage de la Lune sur l’eau, les novices et les taoïstes avaient été confiées aux soins d’une vieille religieuse, qui leur enseignait chaque jour quelques textes sacrés et offices funèbres. Après que la concubine impériale Yuanchun eut cessé d’avoir besoin d’elles, elles étaient devenues paresseuses dans leurs études. Ces jeunes filles avaient peu à peu grandi et commençaient toutes à comprendre certaines choses.
Jia Qin était en outre un homme galant. S’imaginant que Fangguan et les autres n’étaient entrées en religion que sur un caprice d’enfant, il tenta de les séduire. Mais Fangguan était sincère dans sa vocation et il ne put rien obtenir d’elle ; il reporta donc ses intentions sur les jeunes nonnes bouddhistes et taoïstes. Parmi les novices se trouvait une certaine Qinxiang et, parmi les taoïstes, une certaine Hexian, toutes deux fort séduisantes. Jia Qin noua bientôt une liaison avec elles. Dans leurs moments de loisir, elles apprenaient à jouer des instruments à cordes et chantaient quelques airs.
On était alors vers le milieu du dixième mois. Jia Qin avait apporté aux habitantes de l’ermitage leur allocation mensuelle, lorsqu’une idée lui vint. Il leur dit : « Puisque je suis allé retirer votre argent mensuel, je ne peux plus rentrer en ville et dois passer la nuit ici. Il fait terriblement froid. Que diriez-vous si j’apportais aujourd’hui du vin aux fruits et si nous passions tous ensemble une joyeuse nuit ? » Les jeunes filles furent enchantées. Elles dressèrent la table et appelèrent même les nonnes qui résidaient ordinairement dans l’ermitage ; seule Fangguan refusa de venir.
Après quelques coupes, Jia Qin proposa un jeu à boire. Qinxiang et les autres dirent : « Nous n’en connaissons aucun. Mieux vaudrait jouer à deviner les doigts. Celle qui perd boira une coupe : ne serait-ce pas plus amusant ? » Une nonne de l’ermitage déclara : « Il est à peine passé midi. Crier et boire ainsi n’est guère convenable. Prenons d’abord quelques coupes ; celles qui veulent partir pourront partir. Quant à celles qui veulent tenir compagnie au jeune maître Qin, elles reviendront boire à leur guise ce soir, et je ne m’en mêlerai pas. »
正說着,只見道婆急忙進來說:「快散了罷,府裡賴大爺来了。」衆女尼忙亂收拾,便呌賈芹躱開。賈芹因多喝了幾杯,便道:「我是送月錢来的,怕什麽!」話猶未完,已見頼大進來,見這般様子,心裡大怒。爲的是賈政吩咐不許聲張,只得含糊裝笑道:「芹大爺也在這裡呢麽。」賈芹連忙站起來道:「賴大爺,你來作什麽?」賴大說:「大爺在這裡更好。快快呌沙彌道士𭣣拾上車進城,宮裡傳呢。」賈芹等不知原故,還要細問。賴大說:「天已不早了,快快的好赶進城。」衆女孩子只得一齊上車,頼大𮪍着大走騾押着赶進城。不題。
Elle parlait encore lorsqu’une desservante taoïste entra précipitamment : « Dispersez-vous vite ! Monsieur Lai Da arrive du palais. » Toutes les religieuses rangèrent les lieux en hâte et pressèrent Jia Qin de se cacher. Comme il avait déjà bu plusieurs coupes, celui-ci répondit : « Je suis venu apporter l’argent mensuel. Qu’aurais-je à craindre ? »
Il n’avait pas achevé que Lai Da entrait déjà. À la vue de la scène, celui-ci fut intérieurement pris d’une grande colère. Cependant, comme Jia Zheng lui avait ordonné de ne rien ébruiter, il dut dissimuler et dit avec un sourire forcé : « Le jeune maître Qin est donc ici, lui aussi ? » Jia Qin se leva en hâte : « Monsieur Lai, pourquoi êtes-vous venu ? — Tant mieux si le jeune maître est ici. Ordonnez vite aux novices et aux taoïstes de faire leurs paquets, de monter en voiture et de rentrer en ville. Le palais impérial les mande. » Jia Qin et les autres, qui en ignoraient la raison, voulurent poser davantage de questions. Lai Da répondit : « Il se fait tard. Dépêchez-vous, afin que nous puissions entrer en ville. »
Toutes les jeunes filles durent monter dans les voitures. Lai Da, sur une grande mule, les escorta jusqu’à la ville. N’en parlons plus.
却說賈政知道這事,氣得衙門也不能上了,坐獨在内書房嘆氣。賈璉也不敢走開。忽見門上的進来禀道:「衙門裡今夜該班是張老爺,因張老爺病了,有知㑹来請老爺補一班。」賈政正等賴大囬來要辦賈芹,此時又要該班,心裡納悶,也不言語。賈璉走上去說道:「頼大是飯後出去的,水月菴離城二十来里,就趕進城也得二更天。今日又是老爺的帮班,請老爺只管去。頼大來了,呌他押着,也别聲張,等明兒老爺囬來再發落。倘或芹兒來了,也不用說明,看他明兒見了老爺怎麽様說。」賈政聼来有理,只得上班去了。
Lorsque Jia Zheng eut appris cette affaire, sa colère fut telle qu’il ne put même pas se rendre au tribunal. Assis seul dans son cabinet intérieur, il soupirait sans cesse. Jia Lian, lui non plus, n’osait s’éloigner.
Un homme de la porte vint soudain annoncer : « Cette nuit, maître Zhang devait être de garde au tribunal. Comme il est malade, un avis vient demander à Monsieur de le remplacer. » Jia Zheng attendait le retour de Lai Da pour régler le cas de Jia Qin ; maintenant qu’il devait encore prendre ce service de garde, il était fort contrarié et ne répondit rien.
Jia Lian s’avança et dit : « Lai Da est parti après le repas. L’ermitage de la Lune sur l’eau se trouve à plus de vingt lis de la ville ; même en se hâtant, il ne sera pas de retour avant la deuxième veille. Puisque Monsieur doit aujourd’hui remplacer un collègue de garde, qu’il se rende sans inquiétude au tribunal. Lorsque Lai Da arrivera, nous lui ferons garder tout le monde sans rien ébruiter, et Monsieur décidera demain à son retour. Si Qin se présente, nous ne lui expliquerons rien non plus ; nous verrons comment il s’exprimera demain devant Monsieur. » Jia Zheng jugea ce conseil raisonnable et partit prendre son service.
賈璉抽空纔要囬到自己房中,一面走着,心裡抱怨鳯姐出的主意,欲要埋怨,因他病着,只得隱忍,慢慢的走着。且說那些下人一人傳十傳到裡頭。先是平兒知道,卽忙告訴鳯姐。鳯姐因那一夜不好,懨懨的縂没精神,正是惦記鉄檻寺的事情。𦗟說外頭貼了匿名揭帖的一句話,哧了一跳,忙問帖的是什麽。平兒隨口答應,不留神就錯說了道:「没要𦂳,是饅頭菴裡的事情。」鳯姐本是心虛,𦗟見饅頭菴的事情,這一唬直唬怔了,一句話没說出來,急火上攻,眼前發暈,咳𠻳了一陣,哇的一聲,吐出一口血來。平兒慌了,說道:「水月𤲅裡不過是女沙彌女道士的事,奶奶着什麽急。」鳯姐聼是水月菴,纔定了定神,說道:「呸,糊𡍼東西,到底是水月菴呢,是饅頭菴?」平兒笑道:「是我頭裡錯聼了是饅頭菴,後来𦗟見不是饅頭菴,是水月𤲅。我剛纔也說說溜了嘴,說成饅頭菴了。」鳳姐道:「我就知道是水月菴,那饅頭菴與我什麼相干。原是這水月菴是我呌芹兒管的,大約刻扣了月錢。」平兒道:「我聽着不像月錢的事,還有些𦞴𦢤話呢。」鳯姐道:「我更不𬋩那個。你二爺那裡去了?」平兒說:「聼見老爺生氣,他不敢走開。我聼見事情不好,我吩咐這些人不許吵嚷,不知太太們知道了麽。但𦗟見說老爺呌頼大拿這些女孩子去了。且呌個人前頭打𦗟打𦗟。奶奶現在病着,依我竟先别管他們的間事。」正說着,只見賈璉進來。鳯欲待問他,見賈璉一臉的怒氣,暫且裝作不知。賈璉飯没吃完,旺兒來說:「外頭請爺呢,頼大囘来了。」賈璉道:「芹兒來了没有?」旺兒道:「也來了。」賈璉便道:「你去告訴頼大,說老爺上班兒去了。把這些個女孩子暫且收在園裡,明日等老爺囘來送進宮去,只呌芹兒在内書房等着我。」旺兒去了。
Profitant d’un moment de libre, Jia Lian s’apprêtait à regagner son appartement. Tout en marchant, il reprochait intérieurement à Xifeng de lui avoir donné cette idée. Il aurait voulu lui faire des remontrances, mais, comme elle était malade, il dut contenir son irritation et poursuivit lentement son chemin.
Cependant, les domestiques s’étaient transmis la nouvelle de bouche en bouche, jusqu’aux appartements intérieurs. Ping’er fut la première à l’apprendre et courut en informer Xifeng. Depuis son malaise de l’autre nuit, Xifeng restait languissante et sans forces ; elle se préoccupait justement de l’affaire du temple du Seuil de fer. Lorsqu’elle entendit seulement dire qu’une affiche anonyme avait été placardée dehors, elle sursauta et demanda aussitôt ce qui y était écrit. Ping’er répondit sans réfléchir et se trompa : « Rien d’important, c’est une affaire de l’ermitage des Petits Pains. »
Xifeng, qui avait la conscience inquiète, fut frappée de stupeur en entendant parler de l’ermitage des Petits Pains. Incapable de prononcer un mot, elle sentit brusquement la fièvre lui monter, sa vue se brouilla ; après une quinte de toux, elle poussa un cri et cracha une gorgée de sang. Ping’er, affolée, dit : « Il ne s’agit que d’une affaire concernant les jeunes nonnes bouddhistes et taoïstes de l’ermitage de la Lune sur l’eau. Pourquoi Madame s’alarme-t-elle ainsi ? »
En apprenant qu’il s’agissait de l’ermitage de la Lune sur l’eau, Xifeng reprit quelque peu ses esprits : « Pouah ! Sotte que tu es ! Est-ce finalement l’ermitage de la Lune sur l’eau ou celui des Petits Pains ? » Ping’er répondit en riant : « Au début, j’avais cru entendre qu’il s’agissait de l’ermitage des Petits Pains ; ensuite, j’ai compris que ce n’était pas lui, mais l’ermitage de la Lune sur l’eau. À l’instant, ma langue a fourché et j’ai dit l’ermitage des Petits Pains. » Xifeng répondit : « Je savais bien qu’il s’agissait de l’ermitage de la Lune sur l’eau. Qu’aurais-je à voir avec celui des Petits Pains ? C’est celui de la Lune sur l’eau que j’avais confié à Qin ; il aura sans doute rogné sur l’argent mensuel. — D’après ce que j’ai entendu, il ne s’agit pas d’argent mensuel. Il est aussi question de propos obscènes. — Cela m’est encore plus indifférent. Où est ton Second Maître ? — Il a entendu dire que Monsieur était furieux et n’ose pas s’éloigner. Comme j’ai compris que l’affaire était grave, j’ai ordonné à tous ces gens de ne pas faire de bruit. Je ne sais pas si les dames sont déjà informées. J’ai seulement entendu dire que Monsieur avait chargé Lai Da d’aller chercher toutes ces jeunes filles. Envoyons d’abord quelqu’un se renseigner. Madame est malade ; à mon avis, elle ne devrait pas s’occuper pour le moment des affaires d’autrui. »
Elles parlaient encore lorsque Jia Lian entra. Xifeng voulut l’interroger, mais, voyant son visage plein de colère, elle feignit pour le moment de ne rien savoir. Jia Lian n’avait pas achevé son repas lorsque Wang’er arriva : « On demande Monsieur dehors. Lai Da est revenu. — Qin est-il venu ? — Lui aussi. — Va dire à Lai Da que Monsieur est parti prendre son service de garde. Qu’il enferme provisoirement ces jeunes filles dans le jardin. Demain, au retour de Monsieur, elles seront envoyées au palais impérial. Que Qin seul m’attende dans le cabinet intérieur. » Wang’er partit transmettre ces ordres.
賈芹走進書房,只見那些下人指指㸃㸃,不知說什麽。看起這個様兒來,不像官裡要人。想着問人,又問不出來。正在心裡疑惑,只見賈璉走出來。賈芹便請了安,垂手侍立,說道:「不知道娘娘宮裡卽刻傳那些孩子們做什麽,呌姪兒好趕。幸喜侄兒今兒送月錢去還没有走,便同着頼大來了。二叔想來是知道的。」賈璉道:「我知道什麽!你纔是明白的呢。」賈芹摸不着頭腦兒,也不敢再問。賈璉道:「你幹得好事,把老爺都氣壊了。」賈芹道:「侄兒没有幹什麽。菴裡月錢是月月給的,孩子們經㡨是不忘記的。」賈璉見他不知,又是平素常在一處頑笑的,便嘆口氣道:「打嘴的東西,你各自去瞧瞧罷!」便從靴掖兒裡頭拿出那個揭帖来,扔與他瞧。賈芹拾来一看,嚇得面如土色,說道:「這是誰幹的!我並没得罪人,爲什麽這麽坑我!我一月送錢去,只走一𨌩,並没有這些事。若是老爺囬来打着問我,侄兒便該死了。我母親知道,更要打𭮀。」說着,見没人在旁邉,便跪下去說道:「好叔叔,救我一救兒罷!」說着,只管磕頭,滿眼淚流。賈璉想道:「老爺最惱這些,要是問准了有這些事,這塲氣也不小。閙出去也不好𦗟,又長那個貼帖兒的人的志氣了。將來偺們的事多着呢。倒不如趁着老爺上班兒,和賴大啇量着,若混過去,就可以没事了。現在没有對証。」想定主意,便說:「你别瞞我,你幹的鬼鬼祟祟的事,你打諒我都不知道呢。若要完事,就是老爺打着問你,你一口咬定没有纔好。没臉的,起去罷!」呌人去喚頼大。
Jia Qin entra dans le cabinet et vit les domestiques le montrer du doigt en murmurant entre eux. Il ignorait ce qu’ils disaient. À voir leur attitude, il ne semblait guère que le palais impérial eût réclamé les jeunes filles. Il aurait voulu interroger quelqu’un, mais ne savait à qui s’adresser. Tandis qu’il demeurait perplexe, Jia Lian parut.
Jia Qin le salua, puis resta debout devant lui, les bras le long du corps : « J’ignore pourquoi Sa Grâce les réclame toutes au palais avec une telle urgence. Elle a fait courir votre neveu ! Par bonheur, j’étais allé aujourd’hui apporter l’argent mensuel et n’étais pas encore reparti ; j’ai donc pu revenir avec Lai Da. Mon second oncle sait certainement de quoi il s’agit. — Que saurais-je ! C’est toi qui dois être bien informé. » Jia Qin n’y comprenait rien, mais n’osa plus poser de questions. Jia Lian poursuivit : « Tu as fait de belles choses ! Tu as mis Monsieur dans une telle colère qu’il en est malade. — Votre neveu n’a rien fait. L’argent mensuel est remis ponctuellement chaque mois, et les offices des enfants ne sont jamais négligés. »
Voyant qu’il ne savait réellement rien et se rappelant qu’ils plaisantaient souvent ensemble, Jia Lian soupira : « Menteur qui mériterait une gifle, va donc regarder toi-même ! » Il tira de la tige de sa botte l’affiche anonyme et la lui jeta. Jia Qin la ramassa et la lut. Son visage prit aussitôt une couleur de terre : « Qui a fait cela ? Je n’ai offensé personne ; pourquoi veut-on me perdre ainsi ? Je ne vais qu’une fois par mois leur apporter l’argent, et rien de tout cela n’est arrivé. Si Monsieur, à son retour, me frappe et m’interroge, je n’aurai plus qu’à mourir. Et si ma mère l’apprend, elle me battra à mort. »
Voyant qu’il n’y avait personne à proximité, il se mit à genoux : « Mon bon oncle, sauvez-moi, je vous en supplie ! » Il ne cessait de se prosterner, les yeux pleins de larmes. Jia Lian songea : « Monsieur exècre par-dessus tout ces affaires. S’il est établi que tout cela est vrai, sa colère ne sera pas mince. Mais, si le scandale éclate, ce sera mauvais pour notre réputation et cela ne fera qu’encourager l’auteur de l’affiche. À l’avenir, quantité de nos affaires pourraient encore être révélées. Puisque Monsieur est de garde et qu’il n’existe actuellement aucun témoin, mieux vaut m’entendre avec Lai Da pour étouffer l’affaire ; alors tout pourra en rester là. »
Sa décision prise, il dit : « Ne cherche pas à me tromper. Tu t’imagines que j’ignore toutes les saletés que tu fais en cachette ? Si tu veux t’en tirer, quand Monsieur te battra et t’interrogera, il faudra nier obstinément jusqu’au bout. Relève-toi, misérable ! » Puis il envoya quelqu’un chercher Lai Da.
不多時,頼大来了。賈璉便與他啇量。頼大說:「這芹大爺本來閙的不像了。奴才今兒到菴裡的時候,他們正在那裡喝酒呢。帖兒上的話是一定有的。」賈璉道:「芹兒你𦗟,頼大還頼你不成。」賈芹此時紅漲了臉,一句也不敢言語。還是賈璉拉著頼大,央他:「䕶庇䕶庇罷,只說賈芹哥兒在家裡找來的。你帶了他去,只說没有見我。明日你求老爺也不用問那些女孩子了,竟是呌了媒人來,領了去一賣完事。果然娘娘再要的時候兒,咱們再買。」頼大想來,閙也無益,且名聲不好,就應了。賈璉呌賈芹:「跟了頼大爺去罷,聼著他教你。你就跟著他。」說罷,賈芹又磕了一個頭,跟着賴大出去。到了没人的地方兒,又給頼大磕頭。頼大說:「我的小爺,你太閙的不像了。不知得罪了誰,閙出這個亂兒。你想想誰和你不對罷。」賈芹想了一想,忽然想起一個人來。未知是誰,下囬分解。
Lai Da arriva peu après, et Jia Lian s’entretint avec lui. Lai Da déclara : « Le jeune maître Qin s’est vraiment conduit d’une manière indigne. Quand votre serviteur est arrivé aujourd’hui à l’ermitage, ils étaient en train de boire ensemble. Ce qui est écrit sur l’affiche est certainement fondé. » Jia Lian dit : « Tu entends, Qin ? Lai Da chercherait-il donc lui aussi à te calomnier ? » Le visage de Jia Qin devint écarlate, mais il n’osa prononcer un mot.
Jia Lian prit alors Lai Da par le bras et le supplia : « Couvre-le, je t’en prie. Dis seulement que tu as trouvé le jeune maître Jia Qin chez lui et que tu l’as emmené avec toi sans m’avoir vu. Demain, demande à Monsieur de ne pas interroger ces jeunes filles. Qu’on fasse venir directement des entremetteuses pour les emmener et les vendre toutes : l’affaire sera terminée. Si Sa Grâce les réclame réellement un jour, nous en achèterons d’autres. »
Lai Da réfléchit que faire du scandale ne servirait à rien et nuirait à la réputation de la maison ; il accepta donc. Jia Lian dit à Jia Qin : « Suis Monsieur Lai Da. Écoute ses instructions et ne le quitte pas. » Jia Qin se prosterna encore une fois, puis sortit à la suite de Lai Da. Lorsqu’ils atteignirent un endroit désert, il se prosterna de nouveau devant lui. Lai Da dit : « Mon petit maître, vous avez vraiment dépassé les bornes. J’ignore qui vous avez offensé pour provoquer un tel désastre. Réfléchissez donc à celui qui pourrait vous en vouloir. » Jia Qin réfléchit un moment et se souvint soudain de quelqu’un. Mais qui était-ce ? Le prochain chapitre l’expliquera.
Notes
甄家/賈家 : les patronymes Zhen et Jia font entendre respectivement 真, « vrai », et 假, « faux » ; le titre met ainsi en regard la maison du « vrai » et celle du « faux ».
西貝草斤 : rébus graphique. 西 placé sur 貝 forme 賈, Jia ; 艹, « herbe », placé sur 斤 forme 芹, Qin. Le premier vers désigne donc Jia Qin sans écrire son nom.
屋烏之愛 : allusion au proverbe 愛屋及烏, « aimer une maison jusqu’au corbeau posé sur son toit » ; l’auteur de la lettre demande que l’amitié accordée au maître s’étende à son serviteur.
《樂記》 : le « Mémoire sur la musique » est un traité classique intégré au Livre des rites ; Jia Baoyu en cite ici une définition du passage de l’émotion au son, puis à la musique organisée.
昆腔、高腔、弋腔、梆子腔 : quatre traditions vocales du théâtre chinois, distinguées par leur région d’origine, leur tessiture ou leur accompagnement rythmique.
打千兒 : salut masculin d’époque mandchoue, exécuté en fléchissant un genou ; il est rendu ici par « génuflexion ».
搳拳 : jeu à boire où deux joueurs montrent simultanément des doigts en annonçant un nombre ; celui qui devine mal boit.
二更天 : la deuxième veille correspond approximativement à la période allant de neuf à onze heures du soir.