Lavis à l’encre : un pavillon de jardin aux balustrades laquées de rouge au bord d’un étang, un arbre en fleurs dont les pétales tombent sur l’eau, un saule pleureur et un pont en dos d’âne dans la brume.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Le Rêve dans le pavillon rouge

Le Rêve du pavillon rouge, Histoire de la pierre

Cao Xueqin, 1791. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.

Traduction française assistée par intelligence artificielle, établie pour Chine Informations à partir du texte chinois original, puis relue par la rédaction. La traduction française de cette œuvre n’a pas été recopiée d’une édition ancienne : elle a été établie à partir du texte chinois par un modèle de langue (OpenAI gpt-5.6-sol), chapitre par chapitre, puis relue. Il n’existe aucune traduction française libre de droits du « Rêve dans le pavillon rouge » — la première traduction intégrale date de 1981 et reste protégée. Le texte chinois, lui, est celui de l’édition de 1791, recopié sans retouche : il est affiché en regard, passage par passage, et permet de contrôler la traduction caractère par caractère. Le texte chinois est dans le domaine public ; la traduction française est protégée : © Chine Informations (chine.in), tous droits réservés.

Chapitre 37 Au studio de la Fraîcheur automnale se fonde par hasard la Société du Bégonia ; dans la cour des Herbes odorantes se composent de nuit les sujets sur les chrysanthèmes

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Au studio de la Fraîcheur automnale se fonde par hasard la Société du Bégonia

dans la cour des Herbes odorantes se composent de nuit les sujets sur les chrysanthèmes

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Après le retour de Shi Xiangyun chez elle, Baoyu et les autres continuèrent simplement à s’ébattre dans le jardin et à y composer des vers. N’en parlons plus. Depuis la visite de la concubine impériale Yuanchun à sa famille, Jia Zheng s’acquittait de sa charge avec une diligence et une circonspection accrues, dans l’espoir de répondre aux bienfaits impériaux. L’empereur, le jugeant droit de caractère et d’une réputation irréprochable, considéra que, s’il n’avait certes pas obtenu son poste par les examens, il appartenait néanmoins à une famille lettrée depuis plusieurs générations ; il le nomma donc spécialement commissaire provincial à l’instruction, dans le seul dessein de sélectionner de véritables talents. Jia Zheng dut obéir au décret et fixa son départ au vingtième jour du huitième mois. Ce jour-là, il prit congé au temple des Ancêtres, puis de l’aïeule Jia, et se mit en route. Nous ne raconterons pas en détail comment Baoyu et les autres l’accompagnèrent, ni ce qui arriva à Jia Zheng durant sa mission.

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Parlons seulement de Baoyu. Après le départ de Jia Zheng, il vagabondait chaque jour dans le jardin au gré de ses caprices, gaspillant vraiment les heures et laissant vainement s’accumuler les années. Un jour qu’il s’ennuyait fort, il alla passer quelque temps auprès de l’aïeule Jia et de Madame Wang, puis rentra comme à l’ordinaire dans le jardin. Il venait de changer de vêtements lorsque Cui Mo entra, tenant une feuille de papier à fleurs qu’elle lui remit. Baoyu lui dit : « Justement, j’avais oublié d’aller voir troisième sœur. Va-t-elle mieux ? Et voilà que tu arrives. » Cui Mo répondit : « Mademoiselle est guérie. Aujourd’hui, elle ne prend même plus de remède. Elle avait seulement pris un peu froid. » Rassuré, Baoyu déplia la feuille et y lut ceci :

黙,𥪡調𮌖𫎇

Respectueusement présenté par votre sœur cadette Tanchun à la table de travail de son second frère.

Avant-hier soir, après que le ciel se fut éclairci, la lune semblait lavée. Regrettant qu’un spectacle si pur fût si rare, je ne pus me résoudre à me coucher ; la clepsydre avait déjà marqué la troisième veille et j’errais encore sous la balustrade des paulownias. Trompée par le vent et la rosée, j’en ai contracté le mal de celle qui va ramasser du bois. Hier, vous avez pris vous-même la peine de me prodiguer soins et recommandations ; vous avez encore envoyé une servante s’enquérir minutieusement de mon état, et m’avez en outre offert des litchis frais ainsi qu’un autographe de Zhenqing. Comment témoigner assez de la profondeur de votre affection ! Aujourd’hui, appuyée silencieusement à ma table, je songe soudain que, de tout temps, les anciens, même placés sur le champ de bataille où s’affrontent renommée et profit, se ménageaient encore quelque lieu de montagnes et d’eau. Ils conviaient ceux du lointain, accueillaient ceux du voisinage, ôtaient les clavettes des essieux ou retenaient les chars par leurs timons, afin de réunir deux ou trois compagnons animés des mêmes sentiments et de séjourner avec eux, tantôt dressant une tribune poétique, tantôt fondant une société de vers. Nées du caprice d’un instant, ces rencontres sont souvent devenues de belles histoires transmises durant mille âges. Sans talent moi-même, j’ai le bonheur de vivre parmi sources et rochers, et j’admire en outre les nobles accents de Xue et de Lin. Dans les cours venteuses et les pavillons sous la lune, il est regrettable de n’avoir encore convié aucun poète ; parmi les abricotiers derrière les stores et les pêchers au bord du ruisseau, peut-être pourrions-nous faire voler les coupes qui inspirent les chants. Qui prétendrait que la Société du Lotus, faite pour les grands talents, ne doive admettre que moustaches et sourcils, ou que l’élégante assemblée du mont de l’Est doive être abandonnée aux barbes et refusée aux femmes poudrées ? Si vous daignez venir en bravant la neige, j’ose vous promettre de balayer les fleurs dans votre attente. Respectueusement présenté.

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À cette lecture, Baoyu, ravi, battit des mains en riant : « Troisième sœur a vraiment des goûts élevés ! Je vais sur-le-champ en discuter avec elle. » Tout en parlant, il se mit en route, suivi par Cui Mo. À peine arrivé au pavillon Qinfang, il vit venir une vieille femme de service à la porte arrière du jardin, qui tenait une carte. Dès qu’elle aperçut Baoyu, elle s’avança à sa rencontre et dit : « Le jeune maître Yun vous présente ses respects. Il attend à la porte arrière et m’a chargée de vous remettre ceci. » Baoyu ouvrit la carte et lut :

𫎇𰯌便便

Votre indigne fils Yun présente respectueusement ses vœux.

À mon vénéré père, puisse l’or de votre paix être parfait. Depuis que, par une faveur céleste, j’ai été admis à vos genoux, je cherche jour et nuit quelque moyen de vous témoigner ma piété filiale, sans jamais en trouver l’occasion. Ayant naguère été chargé d’acheter des fleurs et des plantes, j’ai eu, grâce à votre immense bonheur, l’occasion de connaître nombre de jardiniers et de jardins célèbres. Il y a peu, j’ai découvert une variété fort rare de bégonia blanc ; par tous les moyens possibles, je n’ai réussi à m’en procurer que deux pots. Si vous me considérez comme votre propre fils, veuillez les garder pour votre agrément. En raison de la chaleur, et de peur de déranger les demoiselles du jardin, je n’ai pas osé me présenter en personne. Je vous adresse respectueusement cette lettre et m’incline en vous souhaitant la paix.

Votre fils Yun, à genoux, écrit ceci pour vous faire sourire.

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Après avoir lu, Baoyu demanda en riant : « Est-il venu seul ? Y a-t-il quelqu’un d’autre ? » La vieille répondit : « Il y a aussi deux pots de fleurs. » Baoyu dit : « Va lui dire que j’ai compris et que je le remercie d’y avoir pensé. Fais simplement porter les fleurs dans ma chambre. » Puis il se rendit avec Cui Mo au studio de la Fraîcheur automnale, où Baochai, Daiyu, Yingchun et Xichun se trouvaient déjà.

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En le voyant entrer, toutes éclatèrent de rire : « En voici encore un ! » Tanchun dit en riant : « Sans prétendre être dégagée des usages vulgaires, j’ai eu cette idée par hasard et j’ai écrit quelques invitations pour voir ; qui aurait cru qu’à mon premier appel tout le monde viendrait ? » Baoyu répondit : « Quel dommage d’avoir tant attendu ! Nous aurions dû fonder une société depuis longtemps. » Daiyu dit : « Il n’est pas encore trop tard, il n’y a donc rien à regretter. Mais si vous fondez une société, ne comptez pas sur moi : je n’oserais pas. » Yingchun rit : « Si toi, tu n’oses pas, qui donc osera ? » Baoyu reprit : « C’est une affaire parfaitement sérieuse. Que chacun y mette de l’ardeur, sans rivaliser de modestie. Que chacune expose librement son idée, et nous les discuterons ensemble. Grande sœur Bao doit aussi proposer quelque chose, et petite sœur Lin donner son avis. » Baochai répondit : « Pourquoi te presser ? Tout le monde n’est pas encore là. » Elle n’avait pas achevé que Li Wan arriva. Elle entra en riant : « Voilà qui est d’une élégance extrême ! Si vous fondez une société de poésie, je me désigne moi-même pour en présider l’autel. Au printemps dernier, j’en avais déjà eu l’idée ; puis je me suis dit que, ne sachant pas composer de poèmes, je ne ferais qu’une sotte agitation. Je l’ai donc oubliée et n’en ai parlé à personne. Puisque troisième sœur est aujourd’hui d’humeur à le faire, je vais vous aider à lancer l’entreprise. »

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Daiyu dit : « Puisque nous sommes décidées à fonder une société de poésie, nous voilà devenues de vénérables poètes. Commençons donc, pour éviter toute vulgarité, par remplacer les appellations de sœurs, d’oncles et de belles-sœurs. » Li Wan répondit : « Tout à fait ! Pourquoi ne pas nous donner des surnoms et nous appeler ainsi entre nous ? Ce serait plus élégant. Quant à moi, mon choix est fait : je serai le Vieux Paysan du village aux Senteurs de riz ; personne ne peut me disputer ce nom. » Tanchun dit en riant : « Alors je serai l’Ermite de la Fraîcheur automnale. » Baoyu objecta : « “Ermite” ou “Maître du lieu”, ce n’est pas très juste et c’est bien pesant. Puisqu’il y a ici quantité de paulownias et de bananiers, tu ferais mieux de choisir un nom d’après l’un d’eux. » Tanchun sourit : « J’ai trouvé ! Puisque j’aime les bananiers, je serai l’Hôte sous les Bananiers. » Toutes trouvèrent le nom original et plaisant. Daiyu dit en riant : « Emmenez-la vite, faites-en de la viande séchée et apportez-la pour accompagner le vin ! » Comme personne ne comprenait, elle expliqua : « Le Zhuangzi parle du “cerf recouvert de feuilles de bananier”. Puisqu’elle se nomme l’Hôte sous les Bananiers, n’est-elle pas un cerf ? Vite, qu’on en fasse de la viande de cerf séchée ! » Toutes éclatèrent de rire. Tanchun reprit : « Ne te presse pas de lancer des traits d’esprit pour injurier les autres. Je t’ai déjà trouvé un excellent surnom. » Puis elle dit à toutes : « Jadis, les larmes d’Ehuang et de Nüying tombèrent sur les bambous et y formèrent des taches ; c’est pourquoi le bambou tacheté se nomme aussi bambou des Concubines du Xiang. Or elle habite le pavillon du Xiao et du Xiang et elle aime à pleurer. Les bambous de chez elle finiront sans doute eux aussi par devenir tachetés. Désormais, nous n’avons qu’à l’appeler la Concubine du Xiao et du Xiang. » Toutes applaudirent en criant merveille. Lin Daiyu baissa la tête sans rien dire.

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Li Wan dit en riant : « Pour notre grande sœur Xue, j’ai depuis longtemps trouvé un bon nom, en trois caractères seulement. » Toutes demandèrent aussitôt : « Lequel ? » Li Wan répondit : « Je lui confère le titre de Souveraine des Herbes odorantes. Qu’en pensez-vous ? » Tanchun dit : « C’est un excellent titre. » Baoyu demanda : « Et moi ? Trouvez-m’en un aussi. » Baochai répondit en riant : « Tu as déjà ton surnom : les trois caractères “Occupé à ne rien faire” te conviennent à merveille. » Li Wan dit : « Garde donc ton ancien nom de Maître des Fleurs de la Grotte pourpre. » Baoyu sourit : « C’était une occupation de mon enfance ; à quoi bon la rappeler ? » Tanchun dit : « Tu as déjà tant de surnoms ! Pourquoi en chercher un autre ? Réponds simplement à celui qu’il nous plaira de te donner. » Baochai reprit : « Il faut tout de même que je t’en offre un. J’en connais un des plus vulgaires, mais qui te convient parfaitement. Rien n’est plus rare au monde que richesse et noblesse, sinon liberté et loisir ; or ces deux conditions ne se rencontrent presque jamais ensemble. Comme tu les réunis, nous pourrions t’appeler l’Homme oisif dans la richesse et les honneurs. » Baoyu rit : « Je n’en suis pas digne ! Appelez-moi donc comme il vous plaira. » Li Wan demanda : « Quels noms donner à deuxième et quatrième sœur ? » Yingchun répondit : « Nous ne savons guère composer de vers ; à quoi bon nous donner inutilement des surnoms ? » Tanchun dit : « Même ainsi, il vous en faut. » Baochai proposa : « Puisqu’elle habite l’îlot des Châtaignes d’eau, appelons-la Châtaignes d’eau. Quant à quatrième sœur, qui réside au kiosque des Lotus parfumés, appelons-la Kiosque des Lotus. »

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Li Wan dit : « Voilà qui convient. Mais comme je suis l’aînée, vous devrez toutes suivre mon avis ; je vous garantis qu’il vous satisfera. Nous sommes sept à fonder cette société. Deuxième sœur, quatrième sœur et moi-même ne savons pas composer de poèmes : nous devons donc nous retirer toutes les trois de la compétition et nous répartir les tâches. » Tanchun dit en riant : « Maintenant que nous avons des surnoms, si nous continuons à employer nos anciennes appellations, autant ne pas en avoir. Il faudra établir une peine pour chaque erreur. » Li Wan répondit : « Fondons d’abord la société ; nous fixerons ensuite son règlement pénal. Ma demeure est spacieuse : tenons-y nos réunions. Bien que je ne sache pas faire de vers, si ces poètes veulent bien ne pas mépriser ma vulgarité et me permettre de les recevoir, j’en deviendrai naturellement plus raffinée. Puisque vous voulez me faire présidente, une seule présidente ne suffira évidemment pas : il faudra deux vice-présidentes. Je prie donc les deux doctes maîtres Châtaignes d’eau et Kiosque des Lotus d’accepter ces fonctions. L’une proposera les sujets et imposera les rimes, l’autre recopiera les poèmes et surveillera la séance. Il ne faut pas non plus décider absolument que nous trois ne composerons jamais : si le sujet et les rimes sont faciles, nous pourrons produire à notre gré un poème. Mais vous quatre serez tenus de participer. Si vous acceptez ces conditions, fondons la société ; sinon, je n’oserai m’attacher à votre renommée. »

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Yingchun et Xichun étaient de nature peu portées sur la poésie ; de plus, elles avaient devant elles Baochai et Daiyu. Ces paroles correspondaient donc parfaitement à leurs souhaits et toutes deux s’écrièrent : « C’est exactement ce qu’il faut. » Tanchun et les autres comprirent leur pensée. Les voyant accepter avec joie, elles ne voulurent pas les contraindre et durent consentir. Tanchun dit en riant : « Soit. Mais j’en ris moi-même : c’est moi qui ai eu cette belle idée, et voilà que vous trois allez me commander ! » Baoyu dit : « Dans ce cas, allons au village aux Senteurs de riz. » Li Wan répondit : « Il faut toujours que tu te précipites. Aujourd’hui, nous ne faisons qu’en discuter ; attendez mon invitation. » Baochai dit : « Il faudrait aussi décider combien de fois nous nous réunirons. » Tanchun proposa : « Si les réunions sont trop fréquentes, elles perdront leur agrément. Deux ou trois fois par mois suffiront. » Baochai dit : « Deux fois par mois, ce sera assez. Fixons les dates et réunissons-nous sans égard au vent ni à la pluie. En dehors de ces deux jours, si l’une de nous en a l’envie et souhaite ajouter une réunion, elle pourra soit nous inviter chez elle, soit se joindre à la société. Cela ne rendrait-il pas les choses plus vivantes et plus plaisantes ? » Toutes approuvèrent : « C’est la meilleure idée. »

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Tanchun dit : « Puisque l’idée vient de moi, je dois être la première à recevoir, afin de ne pas trahir mon enthousiasme. » Li Wan répondit : « Dans ce cas, pourquoi n’ouvrirais-tu pas demain la première séance ? » Tanchun dit : « Pourquoi demain plutôt qu’aujourd’hui ? Faisons-le à l’instant même. Tu donneras le sujet, Châtaignes d’eau imposera les rimes et Kiosque des Lotus surveillera la séance. » Yingchun proposa : « À mon avis, il n’est pas nécessaire qu’une seule personne choisisse le sujet et les rimes. Tirons-les au sort, ce sera plus équitable. » Li Wan dit : « En venant tout à l’heure, j’ai vu qu’on apportait deux pots de bégonias blancs. Ce sont de fort belles fleurs. Pourquoi ne pas les chanter ? » Yingchun demanda : « Nous ne les avons même pas encore admirées, et nous composerions déjà des poèmes ? » Baochai répondit : « Ce ne sont que des bégonias blancs ; pourquoi faudrait-il absolument les voir avant de composer ? Les poèmes et les pièces descriptives des anciens ne faisaient jamais que prendre appui sur les choses pour exprimer leurs sentiments. S’ils avaient attendu de les voir, nous n’aurions pas aujourd’hui tant de poèmes. »

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Yingchun dit : « Dans ce cas, je vais fixer les rimes. » Elle s’approcha de la bibliothèque, prit un recueil de poèmes et l’ouvrit au hasard. Le poème sur lequel elle tomba était une octave régulière de vers de sept caractères. Elle le montra à toutes : elles devraient donc composer sous cette forme. Puis elle referma le livre et dit à une petite servante : « Donne-moi le premier caractère qui te vient à l’esprit. » La fillette, appuyée contre la porte, répondit : « Porte. » Yingchun rit : « Nous prendrons donc la rime de “porte”, dans la treizième section yuan. La première rime devra obligatoirement être “porte”. » Elle fit apporter la boîte des fiches de rimes, en tira le compartiment de la treizième section yuan, puis ordonna à la petite servante de prendre quatre fiches au hasard. Celle-ci tira “pot”, “âme”, “trace” et “crépuscule”. Baoyu dit : « “Pot” et “porte” ne seront pas faciles à placer ! » Shishu avait préparé quatre lots identiques de papier, de pinceaux et d’encre. Toutes se plongèrent en silence dans leurs réflexions. Seule Daiyu tantôt caressait les paulownias, tantôt contemplait les couleurs de l’automne, tantôt plaisantait avec les servantes. Yingchun fit encore allumer un bâton d’Encens aux doux rêves. Cet encens n’avait guère que trois pouces de longueur et l’épaisseur d’une tige de jonc. Comme il se consumait rapidement, on l’utilisait pour mesurer le temps. Quiconque n’aurait pas achevé avant qu’il fût éteint serait punie.

便囬,:「𧄇?」:「。」寳𢌞:「𦗟。」:「。」寳:「。」:「𬋩?」。寳:「。」:「。」寳:「,𨚫。」:「。」稿

Tanchun fut bientôt la première à trouver son poème. Elle le mit elle-même par écrit, y apporta quelques corrections, puis le tendit à Yingchun. Elle demanda à Baochai : « Souveraine des Herbes odorantes, as-tu terminé ? » Baochai répondit : « Oui, mais ce n’est pas bon. » Les mains derrière le dos, Baoyu allait et venait sous la galerie. Il dit à Daiyu : « Écoute, elles ont toutes terminé. » Daiyu répondit : « Ne t’occupe pas de moi. » Baoyu vit ensuite que Baochai avait déjà recopié son poème. Il s’écria : « C’est terrible ! Il ne reste qu’un pouce d’encens et je n’ai encore que quatre vers. » Puis il dit à Daiyu : « L’encens va finir de brûler. Pourquoi restes-tu accroupie dans cette humidité ? » Daiyu ne lui répondit pas. Baoyu reprit : « Je ne peux plus m’occuper de toi. Écris donc quelque chose, bon ou mauvais. » Puis il alla lui aussi écrire à la table. Li Wan déclara : « Nous allons lire les poèmes. Quiconque n’aura pas remis sa copie après la lecture sera certainement punie. » Baoyu dit : « Le Vieux Paysan du village aux Senteurs de riz ne sait peut-être pas composer, mais elle sait juger et elle est d’une parfaite impartialité. Tu classeras donc nos œuvres ; nous accepterons tous ton verdict. » Toutes répondirent : « Naturellement. » Elles commencèrent par lire le brouillon de Tanchun :

Le Bégonia blanc

Le soleil oblique éclaire l’herbe froide devant la double porte ; la mousse verte emplit le pot détrempé par la pluie.

Le jade est son esprit, qu’il surpasse en pureté ; la neige est sa chair et ses os, à ravir aisément l’âme.

Dans son cœur parfumé, un point de langueur délicate ; à la troisième veille, sous la lune, sa gracieuse ombre laisse une trace.

Ne dites pas que la fée en blanc peut s’envoler transfigurée ; sensible, elle reste avec moi pour chanter le crépuscule.

Toutes louèrent longuement le poème, puis lurent celui de Baochai :

姿𮌖艶,

Précieuse en sa grâce fleurie, elle tient le jour sa porte close ; elle porte elle-même l’aiguière pour arroser le pot moussu.

Lavée de son rouge, sa silhouette paraît sur les marches d’automne ; de la glace et de la neige descend son âme sur le perron de rosée.

Ce n’est qu’au comble de la pâleur que la fleur se révèle plus éclatante ; comment le jade, avec tant de tristesse, resterait-il sans trace ?

Pour rendre hommage à l’Empereur Blanc, il lui faut demeurer pure ; silencieuse et gracieuse, elle attend encore le crépuscule.

:「𧄇。」

Li Wan dit en souriant : « On reconnaît bien la Souveraine des Herbes odorantes. » Puis elles lurent celui de Baoyu :

滿西㸃,宿𠋣

Une pâle figure d’automne se détache devant la double porte ; sept tiges rassemblées emplissent de neige tout le pot.

Taizhen sortant du bain emprunte son image à la glace ; la belle de l’Ouest, la main sur le cœur, reçoit du jade son âme.

Le vent du matin ne disperse pas ses mille points de tristesse ; la pluie nocturne ajoute encore une trace à ses larmes.

Seule appuyée à la balustrade peinte, elle semble avoir une pensée ; les battoirs limpides et la flûte plaintive accompagnent le crépuscule.

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Après la lecture, Baoyu déclara que le poème de Tanchun était le meilleur. Mais Li Wan persistait à placer Baochai en tête : « Ce poème a de la tenue. » Elle pressa ensuite Daiyu de rendre sa copie. Daiyu demanda : « Vous avez toutes terminé ? » Puis, d’un seul mouvement du pinceau, elle acheva son poème et le lança aux autres. Li Wan et ses compagnes y lurent :

À demi relevé, le store du Xiang ; à demi close, la porte ; de la glace broyée fait sa terre, et du jade son pot.

:「!」

À la lecture de ce vers, Baoyu fut le premier à applaudir et ne cessait de répéter : « Où a-t-elle trouvé cela ? » Elles poursuivirent :

Elle a dérobé au cœur de la poire trois parts de blancheur ; à la fleur du prunier, elle a emprunté un fil d’âme.

:「。」

Toutes s’écrièrent à leur tour que c’était admirable : « Sa sensibilité est décidément tout autre que celle des autres. » Elles lurent la suite :

黙黙𠋣西

Dans la grotte lunaire, une immortelle coud une robe de soie blanche ; dans la chambre automnale, une femme affligée essuie les traces de ses pleurs.

Délicate et timide, silencieuse, à qui confierait-elle sa peine ? Lasse, elle s’appuie au vent d’ouest ; déjà la nuit s’assombrit.

:「。」:「𧄇稿。」:「𡚱。」:「?」寳:「。」:「𧄇。」:「。」𦘏:「𬋩𬋩。。」:「。」:「。」𭺾,囬,

Après avoir lu, toutes déclarèrent : « C’est ce poème qui doit être placé en tête. » Li Wan dit : « Pour la grâce et l’originalité, celui-ci est assurément le meilleur. Mais pour la réserve et la plénitude, le manuscrit des Herbes odorantes conserve l’avantage. » Tanchun répondit : « Ce jugement est raisonnable. La Concubine du Xiao et du Xiang doit donc occuper la seconde place. » Li Wan dit : « Le Jeune Seigneur des Fleurs rouges ferme la marche. L’acceptes-tu ? » Baoyu répondit : « Mon poème n’était vraiment pas bon ; ce jugement est parfaitement équitable. » Puis il ajouta en riant : « Il faudrait toutefois peser encore les deux poèmes des Herbes odorantes et du Xiao-Xiang. » Li Wan répondit : « Vous m’avez chargée de juger : cela ne vous regarde plus. Quiconque protestera encore sera punie. » Baoyu dut se taire. Li Wan poursuivit : « Désormais, je fixe nos réunions au deuxième et au seizième jour de chaque mois. Le choix des sujets et des rimes dépendra de moi. Entre ces dates, si l’envie vous prend, choisissez librement un autre jour pour une réunion supplémentaire ; même si vous en tenez une chaque jour du mois, je ne m’en mêlerai pas. Mais le deuxième et le seizième jour, vous devrez absolument venir chez moi. » Baoyu dit : « Il nous faut tout de même donner un nom à la société. » Tanchun répondit : « Un nom vulgaire ne conviendrait pas ; un nom trop neuf, recherché ou bizarre ne conviendrait pas davantage. Puisque nous avons justement commencé par des poèmes sur le bégonia, appelons-la la Société poétique du Bégonia. Le nom est certes un peu commun, mais puisqu’il correspond à un fait réel, cela n’a aucune importance. » Là-dessus, elles discutèrent encore un moment, prirent un peu de vin et quelques fruits, puis se séparèrent. Les unes rentrèrent chez elles, les autres allèrent auprès de l’aïeule Jia et de Madame Wang. Rien d’autre n’arriva alors.

便:「?」便便:「。」𭣣,:「?」:「使使。」:「使西便,囬。」

Quand Xiren avait vu Baoyu lire la carte puis partir précipitamment avec Cui Mo, elle n’avait pas su de quoi il s’agissait. Plus tard, elle vit les vieilles femmes de la porte arrière apporter deux pots de bégonias et leur demanda : « D’où viennent-ils ? » Elles lui racontèrent toute l’affaire. Xiren leur fit disposer convenablement les fleurs et les invita à s’asseoir dans les pièces de service. Puis elle rentra dans la chambre, pesa six dixièmes d’once d’argent, les enveloppa, prit encore trois cents sapèques et remit le tout aux deux femmes : « Cet argent est pour les garçons qui ont porté les fleurs. Quant à ces sapèques, prenez-les pour boire du vin. » Elles se levèrent, le visage rayonnant, la remercièrent mille fois et refusèrent l’argent. Ce ne fut qu’en voyant Xiren résolue à ne pas le reprendre qu’elles l’acceptèrent. Xiren demanda encore : « Y a-t-il dehors, près de la porte arrière, des garçons de service ? » Une vieille répondit aussitôt : « Il y en a quatre chaque jour, prêts à exécuter les commissions de l’intérieur. Quelle commission avez-vous à leur donner, mademoiselle ? Nous leur transmettrons vos ordres. » Xiren sourit : « Quelle commission aurais-je ? Aujourd’hui, le second maître Bao veut envoyer quelqu’un porter des présents à la demoiselle Shi, chez le jeune marquis. Puisque vous êtes justement ici, dites en sortant aux garçons de la porte arrière de louer une voiture. Qu’ils viennent ensuite chercher l’argent ici, sans aller rôder dans les appartements de devant. » Les vieilles acquiescèrent et partirent.

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Revenue dans la chambre, Xiren voulut disposer sur des assiettes ce qu’elle enverrait à Shi Xiangyun, mais elle vit qu’un emplacement du râtelier était vide. Se retournant vers Qingwen, Qiuwen, Sheyue et les autres, qui cousaient ensemble, elle demanda : « Où est passée l’assiette de cornaline blanche cerclée de filigrane ? » À cette question, elles se regardèrent toutes sans parvenir à s’en souvenir. Au bout d’un long moment, Qingwen dit en riant : « Elle a servi à envoyer les litchis à troisième demoiselle et n’est pas encore revenue. » Xiren dit : « Nous avons quantité de récipients ordinaires pour envoyer des choses ; pourquoi avoir choisi précisément celui-là ? » Qingwen répondit : « C’est exactement ce que j’ai dit. Mais les litchis frais paraissaient plus beaux dans cette assiette. Quand je les ai apportés, troisième demoiselle l’a trouvée jolie elle aussi et l’a gardée avec les fruits ; je ne l’ai donc pas rapportée. Regarde encore : la paire de vases aux perles conjointes, tout en haut du râtelier, n’est pas revenue non plus. »

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Qiuwen dit en riant : « Ces vases me rappellent justement une histoire amusante. Quand notre second maître Bao est pris d’un accès de piété filiale, il la pousse jusqu’à la perfection. Un jour, il vit les osmanthes en fleur dans le jardin et en coupa deux branches pour les mettre lui-même dans des vases. Soudain, il se dit que c’étaient les premières fleurs nouvelles de son propre jardin et qu’il n’osait pas en profiter avant ses aînées. Il fit donc descendre cette paire de vases, les remplit lui-même d’eau, y arrangea les fleurs, les fit porter, puis offrit personnellement un vase à l’aïeule et l’autre à Madame Wang. Mais quand sa piété filiale s’éveille, même les personnes qui l’accompagnent en reçoivent les bienfaits. Ce jour-là, ce fut justement moi qui portai les vases. L’aïeule fut si ravie qu’elle ne savait comment exprimer sa joie. Elle disait à tous ceux qu’elle rencontrait : “Baoyu est vraiment plein de piété envers moi ; il pense même à m’apporter une simple branche de fleurs. Et les autres se plaignent encore que je le gâte !” Vous savez que, d’ordinaire, l’aïeule ne me parle guère : je ne trouve pas beaucoup grâce à ses yeux. Mais ce jour-là, elle fit donner quelques centaines de sapèques à la pauvre petite créature que j’étais, disant que j’avais l’air frêle. Voilà une chance à laquelle je ne me serais jamais attendue. Quelques centaines de sapèques, ce n’est rien ; mais cette marque de faveur était précieuse. Lorsque j’arrivai chez Madame Wang, elle était occupée avec la seconde maîtresse, la concubine Zhao et bien d’autres à fouiller ses coffres pour retrouver les vêtements colorés qu’elle portait dans sa jeunesse. J’ignore à qui elle voulait les donner. Dès qu’elle vit les fleurs, elle cessa de chercher pour les admirer. La seconde maîtresse, à côté, se mit à renchérir : le second maître Bao était si filial, il savait si bien ce qu’il convenait de faire… Elle débita ainsi deux charretées de propos, vrais ou faux. Devant tout le monde, Madame Wang en reçut un surcroît d’honneur et cloua le bec aux autres. Elle en fut d’autant plus heureuse et me donna deux vêtements qui se trouvaient là. Les vêtements ne sont pas non plus grand-chose : bon an mal an, nous en recevons toujours. Mais jamais sous d’aussi heureux auspices. »

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Qingwen ricana : « Pouah ! Petite sotte qui n’a jamais rien vu ! On avait donné les meilleurs vêtements à quelqu’un d’autre et tu n’as reçu que ce qui restait ; et tu te crois encore honorée ! » Qiuwen répondit : « Peu importe pour qui ils avaient été mis de côté : c’était tout de même une faveur de Madame Wang. » Qingwen dit : « Moi, je n’en aurais pas voulu. Si c’étaient les restes destinés à quelqu’un d’ailleurs, passe encore. Mais nous servons toutes dans la même chambre : en quoi l’une serait-elle plus noble que l’autre ? Si on lui donne le meilleur et à moi seulement le rebut, je préfère ne rien recevoir. Au risque d’offenser Madame Wang, je ne ravalerais pas cet affront. » Qiuwen demanda vivement : « À qui de cette chambre les avait-on donnés ? J’étais rentrée chez moi après avoir été malade plusieurs jours et je ne sais pas qui les a reçus. Bonne sœur, dis-le-moi. » Qingwen répondit : « Si je te le dis, vas-tu maintenant les rendre à Madame Wang ? » Qiuwen rit : « Quelle sottise ! Je veux seulement l’entendre pour m’en réjouir. Même s’il s’agissait des restes du chien de cette chambre, je ne reconnaîtrais que la faveur de Madame Wang, sans me mêler du reste. » Toutes éclatèrent de rire : « Voilà une injure bien tournée ! N’était-ce pas justement ce petit carlin moucheté à l’occidentale qui les avait reçus ? »

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Xiren leur dit en riant : « Quelle bande de mauvaises langues ! Dès que vous avez un moment, vous vous moquez de moi et montrez les dents. Je me demande de quelle mort vous finirez toutes ! » Qiuwen sourit : « C’était donc grande sœur qui les avait reçus ! Je l’ignorais vraiment. Je te demande pardon. » Xiren répondit : « Cessez vos folies. Que l’une de vous aille plutôt reprendre cette assiette. » Sheyue dit : « Il faudrait aussi profiter d’un moment libre pour rapporter les vases. Dans la chambre de l’aïeule, ils ne risquent rien ; mais chez Madame Wang, il y a trop de monde et trop de mains. Les autres, passe encore, mais les gens de la concubine Zhao, en voyant un objet de cette chambre, seraient capables de le briser par méchanceté. Madame Wang ne se soucie guère de ces choses. Mieux vaut les reprendre au plus tôt. » À ces mots, Qingwen jeta son ouvrage : « Voilà qui est vrai. Attendez, je vais les chercher. » Qiuwen dit : « Laisse-moi y aller. Va plutôt reprendre ton assiette. » Qingwen répondit : « Je veux justement y aller une fois. C’est une occasion heureuse : vous en avez toutes profité ; pourquoi ne me serait-il pas permis d’en avoir une à mon tour ? » Sheyue rit : « Qiuwen n’a reçu des vêtements qu’une seule fois. Quelle heureuse occasion espères-tu aujourd’hui ? Crois-tu les trouver encore en train d’en chercher ? » Qingwen ricana : « Même si je ne tombe pas sur des vêtements, Madame Wang remarquera peut-être mon zèle et prélèvera chaque mois deux taëls d’argent sur ses dépenses personnelles pour me les donner. Qui sait ? » Puis elle ajouta en riant : « Ne jouez pas les esprits devant moi : quelle affaire pourrais-je ignorer ? » Tout en parlant, elle courut dehors.

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Qiuwen sortit avec elle et alla reprendre l’assiette chez Tanchun. Xiren acheva de préparer les présents, puis appela une vieille servante du lieu, maman Song, et lui dit : « Va d’abord te peigner et te laver soigneusement, puis mets tes vêtements de sortie. Je t’envoie porter des présents à la demoiselle Shi. » Maman Song répondit : « Confiez-les-moi, mademoiselle, et dites-moi ce qu’il faut transmettre. Dès que je serai prête, je pourrai tout faire en un seul voyage. » Xiren apporta deux petites boîtes en filigrane. Elle ouvrit la première, qui contenait deux sortes de fruits frais : des châtaignes d’eau rouges et des graines d’euryale. Dans l’autre se trouvait une assiette de gâteaux de farine de châtaignes nouvelles, cuits à la vapeur avec du sucre à l’osmanthe. Elle expliqua : « Ce sont les premiers fruits produits cette année dans notre jardin. Le second maître Bao les envoie à mademoiselle pour qu’elle les goûte. L’autre jour, mademoiselle a dit qu’elle trouvait jolie cette assiette de cornaline ; qu’elle la garde donc pour s’en amuser. Le paquet de soie contient l’ouvrage qu’elle m’avait demandé l’autre jour. Qu’elle veuille bien ne pas le trouver trop grossier et s’en servir tel quel. Présente nos respects et transmets-lui les salutations du second maître, voilà tout. » Maman Song dit : « Le second maître Bao aura peut-être encore quelque message. Mademoiselle ferait mieux d’aller lui demander, de peur qu’à mon retour il ne dise qu’on a oublié. » Xiren demanda à Qiuwen : « Étais-tu à l’instant chez troisième demoiselle ? » Qiuwen répondit : « Elles sont toutes là-bas à discuter de la fondation d’une société de poésie et à composer des vers. Il ne doit avoir aucun message. Tu peux partir sans inquiétude. » Ayant entendu cela, maman Song prit les présents, sortit s’habiller et se coiffer. Xiren lui recommanda encore : « Sors par la porte arrière ; un garçon et une voiture t’y attendent. » Maman Song partit. N’en parlons plus.

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Lorsque Baoyu revint, il s’empressa d’abord d’admirer longuement les bégonias. Puis il rentra dans la chambre et raconta à Xiren la fondation de la société de poésie. Xiren lui apprit à son tour qu’elle avait envoyé maman Song porter des présents à Shi Xiangyun. À ces mots, Baoyu battit des mains : « Voilà justement celle que nous avons oubliée ! Je sentais bien qu’une chose me restait à faire, sans parvenir à m’en souvenir. Puisque tu en parles, il faut précisément l’inviter. Si elle manque à cette société, quel agrément y aura-t-il encore ? » Xiren tenta de l’en dissuader : « Quelle importance ? Ce n’est qu’un amusement. Elle n’est pas libre comme vous et ne décide de rien chez elle. Si tu lui en parles, elle voudra venir sans en avoir la permission ; si elle ne vient pas, elle se tourmentera sans cesse. Inutile de la rendre malheureuse. » Baoyu répondit : « Cela ne fait rien. Je vais en parler à l’aïeule et lui faire envoyer quelqu’un. » Pendant qu’ils parlaient, maman Song revint. Après avoir transmis les remerciements et salué Xiren pour sa peine, elle raconta : « La demoiselle Shi m’a demandé ce que faisait le second maître. J’ai répondu qu’il fondait avec les demoiselles je ne sais quelle société de poésie et qu’ils composaient des vers. Elle s’est écriée qu’on faisait des poèmes sans même la prévenir, et elle était dans une agitation extrême. » À ces mots, Baoyu se rendit aussitôt chez l’aïeule Jia et la pressa d’envoyer quelqu’un la chercher. L’aïeule répondit : « Il est tard aujourd’hui. On ira demain dès l’aube. » Baoyu dut renoncer et revint tout morose.

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Le lendemain de bonne heure, il retourna chez l’aïeule Jia pour presser le départ des gens. Shi Xiangyun n’arriva qu’après midi ; alors seulement Baoyu fut rassuré. Dès qu’ils se virent, il lui raconta toute l’affaire et voulut lui montrer les poèmes. Mais Li Wan et les autres dirent : « Ne les lui montrez pas encore. Donnez-lui d’abord les rimes. Puisqu’elle arrive en retard, sa première punition sera de composer sur les mêmes rimes. Si son poème est bon, nous l’admettrons dans la société ; s’il est mauvais, nous la condamnerons en plus à nous recevoir. » Xiangyun rit : « C’est vous qui avez oublié de m’inviter, et ce serait à moi de vous punir ! Donnez-moi les rimes. Même si je n’en suis pas capable, je dois me forcer au risque de me couvrir de ridicule. Pour être admise dans la société, je consentirais même à balayer le sol et à brûler l’encens. » La voyant si plaisante, toutes s’en réjouirent davantage et regrettèrent d’autant plus de l’avoir oubliée la veille. Elles lui indiquèrent donc rapidement les rimes. Tout à son enthousiasme, Shi Xiangyun ne prit pas le temps de polir ni de corriger ses vers. Tout en continuant de bavarder, elle avait déjà achevé mentalement ses poèmes. Elle les transcrivit avec le premier papier et le premier pinceau venus, puis annonça en riant : « J’ai composé deux poèmes sur vos rimes. Je ne sais s’ils sont bons ou mauvais ; je n’ai fait qu’obéir à vos ordres. » Elle les tendit aux autres. Celles-ci s’exclamèrent : « Nos quatre poèmes nous ont épuisées ; nous n’aurions pas pu en faire un de plus. Et toi, tu en produis deux ! Où as-tu trouvé tant de choses à dire ? Tu as nécessairement répété ce que nous avions écrit. » Tout en parlant, elles regardèrent les deux poèmes :

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Premier poème

Hier, une immortelle est descendue à la Porte de la capitale ; elle y a planté tout un pot de jade de Lantian.

C’est que la Dame des frimas chérit particulièrement le froid ; non que la belle Qian veuille laisser s’échapper son âme.

De quel lieu les ombres d’automne ont-elles fait surgir cette neige ? La pluie en l’imprégnant y ajoute les traces de la nuit passée.

Je me réjouis pourtant que les poètes la chantent sans lassitude ; la laisserait-on traverser dans la solitude matins et crépuscules ?

Second poème

Les marches aux angéliques odorantes conduisent à la porte couverte de lianes ; elle convient au pied d’un mur autant qu’à l’intérieur d’un pot.

Parce qu’elle aime la pureté, la fleur trouve difficilement une compagne ; parce qu’il s’afflige de l’automne, l’être humain perd aisément son âme.

Le flambeau de jade a laissé sécher ses larmes dans le vent ; le store de cristal a brisé la trace au milieu de la lune.

Elle voudrait confier son sentiment secret à Chang’e ; mais sous la galerie déserte, le clair de lune est obscurci.

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À chaque vers, toutes marquaient leur surprise ; à chaque vers lu, elles prodiguaient leurs louanges. Elles dirent : « Voilà des poèmes qui méritent vraiment d’avoir été composés sur le bégonia ! Il fallait assurément fonder la Société du Bégonia. » Shi Xiangyun demanda : « Puisque je dois vous recevoir en punition, puis-je diriger la première réunion dès demain ? » Toutes répondirent : « Ce sera encore mieux. » Puis elles lui montrèrent les poèmes de la veille et les commentèrent ensemble.

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Le soir venu, Baochai emmena Xiangyun coucher dans la cour des Herbes odorantes. Sous la lampe, Xiangyun examinait comment donner son repas et choisir les sujets. Après l’avoir écoutée parler longtemps, Baochai trouva toutes ses idées inadéquates et lui dit : « Puisque tu participes à la société, tu dois recevoir les autres. Même si ce n’est qu’un amusement, il faut penser à toutes les conséquences. Il faut que cela soit à ta portée sans offenser personne ; alors seulement tout le monde y prendra plaisir. Chez toi, tu ne décides de rien. Tu ne reçois en tout et pour tout que quelques ligatures par mois, qui ne suffisent même pas à tes dépenses. Si tu t’occupes encore de cette affaire inutile et que ta tante l’apprend, elle se plaindra de toi plus que jamais. D’ailleurs, même en dépensant tout ton argent, tu n’aurais pas assez pour recevoir la société. Vas-tu en demander chez toi pour cela ? Ou bien en demander ici ? »

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Ces paroles éclairèrent Xiangyun, qui se mit à hésiter. Baochai poursuivit : « J’ai déjà une idée. Dans notre mont-de-piété, nous avons un commis dont les terres produisent d’excellents crabes ; il nous en a envoyé quelques-uns l’autre jour. Or, ici, depuis l’aïeule jusqu’aux gens des appartements principaux, plus de la moitié aiment les crabes. L’autre jour, ma tante disait justement qu’elle voulait inviter l’aïeule à admirer les osmanthes et à manger des crabes dans le jardin ; elle ne l’a pas encore fait parce qu’elle en a été empêchée par certaines affaires. Pour l’instant, ne parle pas de la société de poésie et lance une invitation générale. Une fois les autres parties, combien de poèmes ne pourrons-nous pas composer ? Je demanderai à mon frère de faire venir plusieurs paniers de crabes très gros et très gras, puis nous prendrons à la boutique quelques jarres de bon vin et préparerons quatre ou cinq tables de fruits et de hors-d’œuvre. Cela ne nous épargnera-t-il pas des peines, tout en créant une belle animation ? » Après l’avoir écoutée, Xiangyun fut touchée et convaincue ; elle loua vivement la prévoyance de Baochai. Celle-ci ajouta en souriant : « Je te parle avec une entière sincérité et seulement pour ton bien. Surtout, ne va pas t’imaginer que je te méprise, ou notre affection n’aurait servi à rien. Si tu ne le prends pas mal, je peux charger les gens de tout préparer. » Xiangyun répondit vivement : « Bonne sœur, en parlant ainsi, c’est toi qui me prêtes trop de susceptibilité. Quelque sotte que je sois, si je ne savais pas distinguer le bien du mal, serais-je encore un être humain ? Si je ne te considérais pas comme ma propre sœur, je ne t’aurais pas confié l’autre fois, sans rien te cacher, toutes mes difficultés familiales. » Baochai appela alors une vieille servante : « Va dire à l’aîné de nous envoyer plusieurs paniers de ces gros crabes de l’autre jour. Demain après le repas, nous invitons l’aïeule et ma tante à admirer les osmanthes. Dis-lui surtout de ne pas l’oublier : aujourd’hui, j’ai déjà lancé les invitations. » La vieille sortit transmettre le message, puis revint. Rien d’autre n’arriva.

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Baochai dit encore à Xiangyun : « Les sujets ne doivent pas être trop ingénieux ni trop nouveaux. Trouve-t-on chez les anciens ces sujets recherchés et bizarres, ou ces rimes d’une difficulté extrême ? Quand le sujet est par trop subtil et la rime par trop périlleuse, si le poème n’est même pas bon, le résultat sent toujours l’étroitesse d’esprit. La poésie doit certes éviter les expressions rebattues, mais il ne faut pas non plus poursuivre à l’excès l’étrangeté. L’essentiel est d’abord que l’idée soit neuve et limpide ; les mots cesseront alors d’être vulgaires. Au fond, tout cela ne compte guère. Filer, tisser et manier l’aiguille, voilà nos véritables occupations. Dans nos moments libres, le plus sérieux est encore de lire quelques chapitres de livres profitables au corps et à l’esprit. »

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Xiangyun acquiesça simplement, puis dit en souriant : « Voici ce que je pense : hier, nous avons composé sur les bégonias. Et si je proposais maintenant des poèmes sur les chrysanthèmes ? » Baochai répondit : « Les chrysanthèmes conviennent à la saison, mais les anciens les ont beaucoup chantés. » Xiangyun dit : « C’est aussi ce que je pensais ; j’ai peur de retomber dans les conventions. » Baochai réfléchit un moment : « J’ai trouvé. Prenons les chrysanthèmes pour objets et les personnes pour sujets. Inventons plusieurs titres composés de deux caractères : un mot abstrait et un mot concret. Le mot concret sera toujours “chrysanthème”, tandis que le mot abstrait appartiendra au vocabulaire courant. Ainsi, nous chanterons le chrysanthème tout en décrivant une action. Les anciens l’ont rarement fait et nous éviterons les conventions. Le paysage et l’objet se répondront : ce sera à la fois neuf et généreux. » Xiangyun sourit : « Voilà qui est excellent. Mais quel mot abstrait employer ? Trouves-en d’abord un pour que je l’entende. »

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Baochai réfléchit et dit en souriant : « “Rêver du chrysanthème” serait bien. » Xiangyun répondit : « C’est excellent. J’en ai un aussi : “L’Ombre du chrysanthème”. Est-ce possible ? » Baochai dit : « Cela peut aller, bien que quelqu’un l’ait déjà traité. Si nous avons beaucoup de sujets, celui-ci pourra s’y joindre. J’en ai encore trouvé un. » Xiangyun demanda : « Dis-le vite. » Baochai proposa : « “Interroger le chrysanthème”. Qu’en dis-tu ? » Xiangyun frappa la table en criant : « Merveilleux ! » Puis elle enchaîna : « Moi aussi, j’en ai un : “Visiter le chrysanthème”. » Baochai le trouva également plaisant et dit : « Puisque nous y sommes, trouvons-en dix, mettons-les par écrit et nous verrons ensuite. »

便,寳便:「,𤕤便様。」寳𦗟:「様,。」:「。」寳:「』。』。便』。』。』。便』。便』。便』。使』。,『』『便便。」

Toutes deux se mirent à broyer l’encre et à tremper leurs pinceaux. Baochai dictait, Xiangyun écrivait, et elles réunirent bientôt dix titres. Après les avoir relus, Xiangyun dit en riant : « Dix ne suffisent pas pour former un ensemble. Puisque nous y sommes, portons-les à douze : ce sera complet, comme les feuillets d’un album de calligraphies et de peintures. » Baochai trouva deux autres titres, ce qui porta le total à douze, puis elle dit : « Dans ce cas, établissons aussi leur ordre. » Xiangyun répondit : « Ce sera encore mieux : nous en ferons un véritable “Répertoire des chrysanthèmes”. » Baochai expliqua : « Le premier sera “Se souvenir du chrysanthème”. Comme le souvenir ne permet pas de l’obtenir, on part le visiter : le deuxième sera donc “Visiter le chrysanthème”. L’ayant trouvé, on le plante : le troisième sera “Planter le chrysanthème”. Quand il s’est pleinement épanoui, on se place devant lui pour l’admirer : le quatrième sera “Face au chrysanthème”. Cette contemplation suscitant encore plus d’émotion, on le cueille pour le mettre en vase : le cinquième sera “Offrir le chrysanthème”. Une fois exposé, si on ne le chante pas, le chrysanthème semble perdre ses couleurs : le sixième sera donc “Chanter le chrysanthème”. Dès lors qu’il entre dans les compositions littéraires, on ne saurait lui refuser pinceau et encre : le septième sera “Peindre le chrysanthème”. Mais après l’avoir peint de cette manière laborieuse, on ignore encore en quoi réside sa merveille ; on ne peut s’empêcher de l’interroger : le huitième sera donc “Interroger le chrysanthème”. Si le chrysanthème pouvait répondre, la joie rendrait fou : le neuvième sera “Piquer le chrysanthème dans sa coiffure”. Les actions humaines étant ainsi épuisées, il reste encore deux aspects du chrysanthème à chanter : “L’Ombre du chrysanthème” et “Rêver du chrysanthème”, qui viendront en dixième et onzième positions. Le dernier feuillet, “Le Chrysanthème flétri”, rassemblera tous les sentiments suscités par les sujets précédents. Ainsi seront réunis tous les spectacles et tous les plaisirs merveilleux des trois mois d’automne. »

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Xiangyun mit les titres par écrit dans l’ordre indiqué, les relut, puis demanda : « Quelles rimes imposerons-nous ? » Baochai répondit : « Je n’ai jamais aimé les rimes imposées. Quand on possède manifestement un bon poème, pourquoi se laisser entraver par la rime ? N’imitons pas ces écoles mesquines. Donnons seulement les sujets, sans imposer de rimes. Il s’agit simplement que chacune trouve par hasard de bons vers pour notre plaisir, non de mettre les autres en difficulté. » Xiangyun dit : « Tu as parfaitement raison. Nos poèmes y gagneront encore. Mais nous ne sommes que cinq pour douze sujets : chacune devrait-elle donc composer douze poèmes ? » Baochai répondit : « Ce serait vraiment trop exiger. Recopions proprement les sujets, qui devront tous être traités en octaves régulières de sept caractères, et affichons-les demain au mur. Chacune choisira celui qu’elle se sent capable de traiter. Les plus fortes pourront même faire les douze ; les autres pourront n’en faire qu’un. La première place reviendra au talent le plus élevé et au pinceau le plus rapide. Mais dès que les douze sujets auront tous été traités, il sera interdit de courir après les autres pour les refaire ; quiconque le fera sera punie. » Xiangyun répondit : « Cela convient. » Lorsqu’elles eurent tout réglé, elles éteignirent enfin la lampe et se couchèrent. Pour connaître la suite exacte, écoutez les explications du prochain chapitre.

Notes

秋爽齋 : le nom signifie littéralement « studio de la Fraîcheur automnale » ; c’est la résidence de Tanchun.

採薪之患 : « le mal de celle qui va ramasser du bois » est une périphrase lettrée pour désigner une maladie.

真卿墨蹟 : il s’agit d’un autographe de Yan Zhenqing, célèbre calligraphe de la dynastie Tang.

蕉葉覆鹿 : allusion au Zhuangzi ; un homme cache sous des feuilles un cerf capturé, puis croit avoir rêvé sa prise. Daiyu exploite littéralement le mot « cerf » pour railler le surnom de Tanchun.

瀟湘妃子 : le surnom de Daiyu renvoie à Ehuang et Nüying, dont les larmes auraient taché les bambous du Xiang après la mort de l’empereur Shun.

十三元 : treizième groupe de rimes du système traditionnel ; 門, 盆, 魂, 痕 et 昏 appartiennent tous à cette même section.

太真、西子 : Taizhen désigne Yang Guifei sortant du bain ; la « belle de l’Ouest » est Xishi, traditionnellement représentée la main sur le cœur.

藍田玉 : le jade de Lantian, célèbre depuis l’Antiquité, sert ici d’image au bégonia blanc planté dans son pot.

Texte chinois de Cao Xueqin (1791), dans le domaine public. Source : https://zh.wikisource.org/wiki/紅樓夢(程甲本).

Traduction française assistée par intelligence artificielle et relue par la rédaction. © Chine Informations (chine.in), tous droits réservés — sa reproduction, même partielle, est soumise à autorisation.

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