Le Rêve dans le pavillon rouge
Le Rêve du pavillon rouge, Histoire de la pierre
Cao Xueqin, 1791. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.
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Chapitre 87 Émue par l’automne profond, elle touche le qin et pleure le passé ; assise dans le silence du Chan, elle perd la maîtrise du feu et tombe sous l’emprise des démons
感秋深撫琴悲往事 坐禪寂走火入邪魔
Émue par l’automne profond, elle touche le qin et pleure le passé
assise dans le silence du Chan, elle perd la maîtrise du feu et tombe sous l’emprise des démons
𨚫說黛玉呌進寳釵家的女人來,問了好,呈上書子。黛玉呌他去喝茶,便將寳釵來書打開看時,只見上面寫着:
Or, Daiyu fit entrer la femme envoyée par la maison de Baochai, échangea avec elle les salutations d’usage et reçut la lettre qu’elle lui présentait. Elle l’envoya prendre le thé, puis ouvrit la lettre de Baochai et y lut ceci :
悲時序之遞嬗兮,又屬淸秋。感遭家之不造兮,獨處離愁。北堂有萱兮,何以忘憂?無以解憂兮,我心咻咻。一解。雲凴凴兮秋風酸,歩中庭兮霜葉乾。何去何從兮,失我故歡。靜言思之兮惻肺肝!二鱗。惟鮪有潭兮,惟鶴有梁。鱗甲潜伏兮,羽毛何長!搔首問兮茫茫,高天𫝗地兮,誰知余之永傷。三解。銀河耿耿兮寒氣侵,月色橫斜兮玉漏沉。憂心炳炳兮發我哀吟,吟復吟兮𭔃我知音。四解。
Je pleure la fuite et les métamorphoses des saisons : voici revenu le pur automne. Frappée par les malheurs de ma famille, je demeure seule avec la tristesse de la séparation. Dans la salle du Nord croît l’hémérocalle : comment me ferait-elle oublier mon chagrin ? Rien ne peut dissiper mon chagrin, et mon cœur s’agite sans repos. Premier chant.
Les nuages s’amoncellent, le vent d’automne est âpre ; je marche dans la cour, parmi les feuilles sèches sous le givre. Où aller, quelle voie suivre, maintenant que j’ai perdu mes joies d’autrefois ? J’y pense en silence, et mes entrailles se déchirent. Deuxième chant.
Le grand poisson a son étang, la grue a son perchoir. Les êtres couverts d’écailles se cachent dans les profondeurs ; pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes si longues ? Je me gratte la tête et interroge l’immensité : sous le haut ciel, sur la vaste terre, qui connaît la durée de ma peine ? Troisième chant.
La Voie lactée étincelle, le froid me pénètre ; le clair de lune s’incline, tandis que s’enfonce le flotteur de jade. Mon cœur brûle d’angoisse et fait jaillir mon chant plaintif ; je chante et chante encore, pour l’adresser à celle qui sait m’entendre. Quatrième chant.
黛玉看了,不勝傷感。又想:「寳姐姐不𭔃與别人,單𭔃與我,也是惺惺惜惺惺的意思。」正在沉吟,只𦗟見外面有人說道:「林姐姐在家裡呢麽?」黛玉一面把寶釵的書叠起,口内便答應道:「是誰?」正問着,早見幾個人進來,却是探春、湘雲、李紋、李𦂶。彼此問了好,雪雁倒上茶来,大家喝了,說些閒話。因想起前年的菊花詩來,黛玉便道:「寳姐姐自從挪出去,來了兩遭,如今索性有事也不来了,眞真竒怪。我看他終久𮟃來我們這裡不來。」探春微笑道:「怎麽不來,橫𥪡要來的。如今是他們尊嫂有些脾氣,姨媽上了年紀的人,又兼有薛大哥的事,自然得寶姐姐照料一切,那裡還比得先前有工夫呢。」正說着,忽𦗟得唿喇喇一片風聲,吹了好些落葉,打在𥦗紙上。停了一囬兒,又透過一陣淸香來。衆人聞着,都說道:「這是何處来的香風?這像什麽香?」黛玉道:「好像木穉香。」探春笑道:「林姐姐終不脫南邉人的話,這大九月裡的,那裡還有桂花呢。」黛玉笑道:「原是啊,不然怎麽不竟說是桂花香只說似乎像呢。」湘雲道:「三姐姐,你也别說。你可記得『十里荷花,三秋桂子』?在南邊,正是晚桂開的時候了。你只没有見過罷了,等你明日到南邊去的時候,你自然也就知道了。」探春笑道:「我有什麽事到南邊去?况且這個也是我早知道的,不用你們說嘴。」李紋李𦂶只抿着嘴兒笑。黛玉道:「妹妹,這可說不齊。俗語說,『人是地行仙』,今日在這裡,明日就不知在那裡。譬如我,原是南邉人,怎麽到了這裡呢?」湘雲拍着手笑道:「今兒三姐姐可呌林姐姐問住了。不但林姐姐是南邊人到這裡,就是我們這幾個人就不同:也有本來是北邊的;也有根子是南邊,生長在北邊的;也有生長在南邉,到這北邊的。今兒大家都凑在一處,可見人縂有一個定數,大凡地和人總是各自有緣分的。」衆人聼了都㸃頭,探春也只是笑。又說了一會子閑話兒,大家散出。黛玉送到門口,大家都說:「你身上纔好些,别出來了,看着了風。」於是黛玉一面說着話兒,一靣站在門口又與四人慇懃了幾句,便看着他們出院去了。
Après cette lecture, Daiyu fut submergée de tristesse. Elle songea encore : « Grande sœur Bao ne l’a envoyée à personne d’autre, mais à moi seule : c’est bien que les âmes sensibles savent s’apprécier entre elles. » Tandis qu’elle méditait ainsi, elle entendit quelqu’un demander dehors : « Grande sœur Lin est-elle chez elle ? » Tout en repliant la lettre de Baochai, Daiyu répondit : « Qui est-ce ? » Elle posait encore la question lorsque plusieurs personnes entrèrent : c’étaient Tanchun, Xiangyun, Li Wen et Li Qi. Après les salutations, Xueyan leur servit du thé ; toutes en burent et bavardèrent un moment.
Comme elle se rappelait les poèmes sur les chrysanthèmes composés deux ans plus tôt, Daiyu dit : « Depuis que grande sœur Bao a déménagé, elle est venue deux fois ; maintenant, même lorsqu’il se passe quelque chose, elle ne vient plus du tout. C’est vraiment étrange. Je voudrais bien voir si elle finira par revenir chez nous. » Tanchun répondit en souriant : « Pourquoi ne reviendrait-elle pas ? Elle reviendra nécessairement. Seulement, sa belle-sœur a aujourd’hui un caractère difficile ; sa tante est âgée et il y a encore l’affaire de grand frère Xue. Il faut donc naturellement que grande sœur Bao veille à tout. Comment aurait-elle autant de loisir qu’autrefois ? »
À cet instant, une brusque rafale se fit entendre et chassa quantité de feuilles mortes contre le papier des fenêtres. Un moment plus tard, un parfum limpide leur parvint avec le vent. Toutes demandèrent : « D’où vient ce vent parfumé ? Quel est donc ce parfum ? » Daiyu répondit : « On dirait celui de l’osmanthe. » Tanchun rit : « Grande sœur Lin ne perdra décidément jamais son parler du Sud ! Nous sommes déjà en plein neuvième mois : où trouverait-on encore des fleurs d’osmanthe ? » Daiyu dit en riant : « C’est justement pour cela que je n’ai pas affirmé que c’en était le parfum, mais seulement que cela y ressemblait. »
Xiangyun dit : « Troisième grande sœur, ne parle pas si vite. Te souviens-tu de ces vers : “Sur dix lis, les lotus en fleur ; au troisième mois d’automne, les osmanthes” ? Dans le Sud, c’est précisément le moment où fleurissent les osmanthes tardifs. Tu n’en as simplement jamais vu. Quand tu iras un jour dans le Sud, tu le sauras par toi-même. » Tanchun répondit en riant : « Quelle raison aurais-je d’aller dans le Sud ? D’ailleurs, je le savais depuis longtemps ; inutile de faire les savantes devant moi. » Li Wen et Li Qi se contentèrent de sourire en pinçant les lèvres.
Daiyu dit : « Petite sœur, rien n’est moins certain. Comme le dit le proverbe, “l’homme est un immortel qui voyage sur terre” : aujourd’hui il est ici, et demain nul ne sait où il sera. Moi, par exemple, je suis originaire du Sud ; comment se fait-il que je sois arrivée ici ? » Xiangyun battit des mains en riant : « Cette fois, troisième grande sœur est bien réduite au silence par grande sœur Lin ! Et il n’y a pas qu’elle qui soit venue du Sud jusqu’ici. Parmi nous, certaines sont originaires du Nord ; d’autres ont leurs racines dans le Sud, mais sont nées et ont grandi dans le Nord ; d’autres encore ont grandi dans le Sud avant de venir dans le Nord. Si nous sommes toutes réunies aujourd’hui, c’est bien que chacun a une destinée fixée et qu’entre les lieux et les êtres existent toujours des affinités particulières. » Toutes hochèrent la tête ; Tanchun ne fit que sourire.
Après avoir encore bavardé quelque temps, elles prirent congé. Daiyu les accompagna jusqu’à la porte, mais toutes lui dirent : « Tu commences seulement à te remettre ; ne sors pas, tu pourrais prendre le vent. » Daiyu continua néanmoins à leur parler et, debout à la porte, échangea encore quelques paroles affectueuses avec elles quatre, puis les regarda quitter la cour.
進來坐着,看看已是林鳥歸山,夕陽西墜。因史湘雲說起南邊的話,便想着「父母若在,南邊的景致,春花秋月,水秀山明,二十四橋,六朝遺跡。不少下人伏侍,諸事可以任意,言語亦可不避。香車畵舫,紅杏靑帘,惟我獨尊。今日𭔃人籬下,縱有許多照應,自己無處不要留心。不知前生作了什麽罪孽,今生這様孤悽。真是李後主說的『此間日中,只以眼淚洗面』矣!」一靣思想,不知不覺神往那裡去了。紫鵑走來,看見這様光景,想着必是因剛纔說起南邊北邊的話來,一時觸着黛玉的心事了,便問道:「姑娘們來說了半天話,想來姑娘又勞了神了。剛纔我呌雪雁告訴厨房裡給姑娘作了一碗火肉白菜湯,加了一㸃兒蝦米兒,配了㸃靑笋紫菜。姑娘想着好麽?」黛玉道:「也罷了。」紫鵑道:「𮟃𤎅了一㸃江米粥。」黛玉㸃㸃頭兒,又說道:「那粥該你們兩個自己熬了,不用他們厨房裡熬纔是。」紫鵑道:「我也怕厨房裡弄的不乾净,我們各自熬呢。就是那湯,我也告訴雪雁合柳嫂兒說了,要弄乾凈着。柳嫂兒說了,他打㸃妥當,拿到他屋裡呌他們五兒瞅着燉呢。」黛玉道:「我倒不是嫌人家𦞴𦢤,只是病了好些日子,不周不偹,都是人家。這㑹子又湯兒粥兒的調度,未免惹人厭煩。」說着,眼圈兒又紅了。紫鵑道:「姑娘這話也是多想。姑娘是老太太的外孫女兒,又是老太太心坎兒上的,别人求其在姑娘跟前討好兒還不能呢,那裡有抱怨的。」
Revenue s’asseoir, elle vit que déjà les oiseaux des bois regagnaient les montagnes et que le soleil couchant déclinait à l’ouest. Les paroles de Shi Xiangyun sur le Sud lui revinrent à l’esprit : « Si mes parents vivaient encore, je pourrais jouir des paysages du Sud, des fleurs printanières et de la lune d’automne, des eaux limpides et des montagnes lumineuses, des Vingt-Quatre Ponts et des vestiges des Six Dynasties. Je ne manquerais pas de domestiques pour me servir ; je pourrais agir à ma guise et parler sans prendre garde à mes paroles. Voitures parfumées, barques peintes, abricotiers rouges et enseignes vertes : je serais maîtresse de moi-même. Aujourd’hui, je vis sous le toit d’autrui. J’ai beau recevoir mille attentions, je dois partout veiller sur moi-même. Quel crime ai-je donc commis dans une existence antérieure, pour être en cette vie si seule et désolée ? C’est vraiment comme le disait le dernier souverain des Li : “Ici, du matin au soir, je ne fais que me laver le visage de mes larmes.” » Tout en songeant ainsi, elle laissa insensiblement son esprit s’égarer au loin.
Zijuan entra et, voyant son expression, comprit que les propos de tout à l’heure sur le Sud et le Nord avaient remué ses peines secrètes. Elle lui demanda : « Les demoiselles ont longtemps bavardé ici ; j’imagine que vous vous êtes encore fatiguée l’esprit. Tout à l’heure, j’ai envoyé Xueyan demander aux cuisines de vous préparer un bol de soupe au jambon salé et au chou, avec un peu de petites crevettes, des pousses de bambou vertes et des algues pour l’accompagner. Cela vous conviendrait-il ? » Daiyu répondit : « Soit. » Zijuan reprit : « Nous avons aussi fait cuire un peu de bouillie de riz glutineux. » Daiyu hocha la tête, puis dit : « Cette bouillie, vous auriez dû la préparer vous-mêmes toutes les deux, au lieu de la faire cuire aux cuisines. »
Zijuan répondit : « Moi aussi, je craignais que les cuisines ne la préparent pas proprement ; nous la faisons cuire nous-mêmes. Pour la soupe, j’ai demandé à Xueyan de dire à belle-sœur Liu de veiller à la propreté. Belle-sœur Liu a promis de tout arranger : elle l’a portée dans sa chambre pour que Wu’er surveille la cuisson. » Daiyu dit : « Ce n’est pas que je trouve les autres malpropres. Mais j’ai été malade si longtemps que, pour tout ce qui m’a manqué ou n’a pas été préparé comme il fallait, j’ai dû dépendre des autres. Et maintenant, ces préparatifs de soupes et de bouillies finiront nécessairement par les importuner. » À ces mots, ses yeux rougirent de nouveau. Zijuan dit : « Vous vous tourmentez trop. Vous êtes la petite-fille par la fille de l’aïeule, et celle qu’elle porte au fond de son cœur. Les autres souhaiteraient pouvoir gagner vos bonnes grâces et n’en trouvent même pas l’occasion ; comment pourraient-ils se plaindre ? »
黛玉㸃㸃頭兒,因又問道:「你纔說的五兒,不是那日合寶二爺那邉的芳官在一處的那個女孩兒?」紫鵑道:「就是他。」黛玉道:「不聼見說要進来麽?」紫鵑道:「可不是,因爲病了一場,後来好了纔要進来,正是晴雯他們閙出事来的時候,也就躭擱住了。」黛玉道:「我看那丫頭倒也還頭臉兒乾淨。」說着,外頭婆子送了湯來。雪雁出來接時,那婆子說道:「柳嫂兒呌囬姑娘,這是他們五兒作的,没敢在大厨房裡作,怕姑娘嫌𦞴𦢤。」雪雁答應着接了進来。黛玉在屋裡已𦗟見了,吩咐雪雁告訴那老婆子囘去說,呌他費心。雪雁出來說了,老婆子自去。這裡雪雁將黛玉的碗筯安放在小几兒上,因問黛玉道:「還有偺們南來的五香大頭菜,拌些麻油醋可好麽?」黛玉道:「也使得,只不必累墜了。」一面盛上粥来,黛玉吃了半碗,用𦎟匙𦥝了兩口湯喝,就擱下了。兩個丫嬛徹了下来,拭净了小几端下去,又換上一張常放的小几。黛玉漱了口,盥了手,便道:「紫鵑,添了香了没有?」紫鵑道:「就添去。」黛玉道:「你們就把那湯合粥吃了罷,味兒還好,且是乾凈。待我自己添香罷。」兩個人答應了,在外間自吃去了。
Daiyu hocha la tête, puis demanda : « Cette Wu’er dont tu viens de parler, n’est-ce pas la jeune fille qui se trouvait l’autre jour avec Fangguan, de chez le second maître Bao ? » Zijuan répondit : « C’est bien elle. » Daiyu demanda : « N’avais-je pas entendu dire qu’elle devait entrer au service de la maison ? » Zijuan répondit : « Si. Mais elle est tombée malade ; lorsqu’elle a enfin guéri et devait entrer, c’était justement le moment où l’affaire de Qingwen et des autres a éclaté. Tout a donc été remis. » Daiyu dit : « Cette petite me paraît pourtant avoir le visage assez propre. »
À cet instant, une vieille servante apporta la soupe. Lorsque Xueyan sortit la recevoir, la femme lui dit : « Belle-sœur Liu prie la demoiselle de l’excuser. C’est leur Wu’er qui a préparé ceci ; elles n’ont pas osé le faire dans les grandes cuisines, de peur que la demoiselle ne trouve cela malpropre. » Xueyan acquiesça et emporta le plat. Daiyu, qui avait tout entendu depuis sa chambre, lui ordonna de remercier la vieille femme de toute la peine qu’elle s’était donnée. Xueyan ressortit transmettre le message, puis la femme s’en alla.
Xueyan disposa le bol et les baguettes de Daiyu sur une petite table et lui demanda : « Il nous reste aussi du chou-rave aux cinq épices que nous avons apporté du Sud. Voulez-vous que j’en assaisonne avec un peu d’huile de sésame et de vinaigre ? » Daiyu répondit : « Cela ira, mais ne vous donnez pas trop de peine. » Xueyan servit la bouillie. Daiyu en mangea un demi-bol, prit deux cuillerées de soupe, puis reposa le tout. Les deux servantes desservirent, essuyèrent la petite table et l’emportèrent, avant d’en remettre une autre, celle qui se trouvait habituellement là.
Daiyu se rinça la bouche et se lava les mains, puis demanda : « Zijuan, as-tu ajouté de l’encens ? » Zijuan répondit : « J’y vais tout de suite. » Daiyu dit : « Mangez plutôt toutes les deux cette soupe et cette bouillie. Elles sont bonnes et, surtout, propres. Je vais ajouter moi-même l’encens. » Elles acquiescèrent et allèrent manger dans la pièce extérieure.
這裡黛玉添了香,自己坐着。纔要拿本書看,只𦗟得園内的風自西邊直透到東邊,穿過樹枝,都在那裡唏𠺕嘩喇不住的響。一囘兒,簷下的鐵馬也只管叮叮噹噹的亂敲起来。一時雪雁先吃完了,進來伺候。黛玉便問道:「天氣冷了,我前日呌你們把那些小毛兒衣服晾晾,可曾晾過没有?」雪雁道:「都晾過了。」黛玉道:「你拿一件來我披披。」雪雁走去將一包小毛衣服抱來,打開毡包,給黛玉自揀。只見内中夾着個絹包兒,黛玉伸手拿起打開看時,𨚫是寳玉病時送來的舊手帕,自己題的詩,上面淚㾗猶在,裡頭𨚫包着那剪破了的香囊扇袋并寳玉通靈玉上的穗子。原來晾衣服時從箱中檢出,紫鵑恐怕遣失了,遂夾在這毡包裡的。這黛玉不看則已,看了時也不說穿那一件衣服,手裡只拿着那兩方手帕,呆呆的看那舊詩。看了一面,不覺得簌簌淚下。紫鵑剛從外間進來,只見雪雁正捧着一毡包衣裳在傍邊呆立,小几上𨚫擱着剪破的香囊,兩三截兒扇袋和那鉸拆了的穗子,黛玉手中自拿着兩方舊帕,上邊寫着字跡,在那裡對着滴淚。正是:
Daiyu ajouta de l’encens et resta assise seule. Elle allait prendre un livre lorsque le vent du Jardin, soufflant droit de l’ouest à l’est à travers les branches, se mit à gémir et bruire sans relâche. Un moment plus tard, les clochettes de fer suspendues sous l’avant-toit commencèrent elles aussi à tinter en désordre.
Xueyan, qui avait fini de manger la première, revint la servir. Daiyu lui demanda : « Le temps s’est refroidi. Je vous avais dit l’autre jour d’aérer mes vêtements de petite fourrure ; l’avez-vous fait ? » Xueyan répondit : « Nous les avons tous aérés. » Daiyu dit : « Apporte-m’en un pour que je le mette sur mes épaules. » Xueyan alla chercher un paquet de vêtements de petite fourrure. Elle ouvrit l’enveloppe de feutre pour laisser Daiyu choisir. Un paquet de soie se trouvait au milieu. Daiyu le prit, l’ouvrit et reconnut les vieux mouchoirs que Baoyu lui avait envoyés lorsqu’il était malade. Elle y avait inscrit des poèmes, et les traces de ses larmes y demeuraient encore. Ils enveloppaient la bourse à parfums et l’étui d’éventail qu’elle avait tailladés, ainsi que la houppe détachée du Jade magique de Baoyu. En aérant les vêtements, on les avait retrouvés dans un coffre ; Zijuan, de peur qu’ils ne se perdent, les avait rangés dans cette enveloppe de feutre.
Dès qu’elle les eut vus, Daiyu ne parla plus de choisir un vêtement. Tenant seulement les deux mouchoirs, elle contempla d’un air absent les anciens poèmes. À mesure qu’elle lisait, ses larmes se mirent à tomber en silence. Zijuan revenait justement de la pièce extérieure. Elle vit Xueyan debout à côté, immobile, son paquet de vêtements dans les bras ; sur la petite table étaient posés la bourse à parfums tailladée, les deux ou trois morceaux de l’étui d’éventail et la houppe coupée, tandis que Daiyu tenait les deux vieux mouchoirs couverts d’écriture et pleurait en les regardant. Ainsi :
失意人逢失意事,新啼㾗間舊啼㾗。
L’âme déçue rencontre un souvenir décevant ; parmi les pleurs nouveaux se mêlent les traces des pleurs anciens.
紫鵑見了這樣,知是他觸物傷情,感懷舊事,料道勸也無益,只得笑着道:「姑娘還看那些東西作什麽,那都是那幾年寳二爺和姑娘小時一時好了,一時惱了,閙出來的笑話兒。要像如今這様斯抬斯敬,那裡能把這些東西白遭塌了呢。」紫鵑這話原給黛玉開心,不料這幾句話更提起黛玉初来時和寳玉的舊事來,一發珠涙連綿起來。紫鵑又勸道:「雪雁這裡等著呢,姑娘披上一件罷。」那黛玉纔把手帕撂下。紫鵑連忙拾起,將香袋等物包起拿開。這黛玉方披了一件皮衣,自己悶悶的走到外間来坐下,囬頭看見案上寳釵的詩啓尙未收好,又拿出來瞧了兩遍,歎道:「境遇不同,傷心則一。不免也賦四章,翻入琴譜,可弹可歌,明日寫出來寄去,以當和作。」便呌雪雁將外邊桌上筆硯拿来,濡墨揮毫,賦成四叠。又將琴譜翻出,借他《猗蘭》《思賢》兩操,合成音韶,與自己做的配齊了,然後寫出,以偹送與寳釵。又卽呌雪雁向箱中將自己帶来的短琴拿出,調上弦,又操演了指法。黛玉本是個絶頂聰明人,又在南邊學過幾時,雖是手生,到底一理就熟。撫了一番,夜已深了,便呌紫鵑收拾𪾶覺。不題。
À cette vue, Zijuan comprit que ces objets avaient réveillé la douleur de Daiyu et le souvenir du passé. Jugeant inutile de la consoler, elle se contenta de dire en souriant : « Pourquoi regardez-vous encore ces choses ? Ce ne sont que les témoins des scènes que le second maître Bao et vous faisiez autrefois, quand vous étiez enfants : un moment tendres, le suivant fâchés. Si vous vous étiez traités alors avec autant de respect et de cérémonie qu’aujourd’hui, jamais vous n’auriez ainsi gâché ces objets pour rien. »
Zijuan avait voulu lui rendre le sourire ; mais ses paroles rappelèrent plus vivement encore à Daiyu les événements qui avaient suivi son arrivée et son ancienne intimité avec Baoyu. Ses larmes se mirent à couler sans interruption. Zijuan reprit : « Xueyan attend toujours. Mettez donc un vêtement sur vos épaules. » Daiyu posa enfin les mouchoirs. Zijuan les ramassa aussitôt, enveloppa la bourse et les autres objets, puis les emporta.
Daiyu revêtit alors une fourrure et vint tristement s’asseoir dans la pièce extérieure. Se retournant, elle vit sur la table la lettre en vers de Baochai, qui n’avait pas encore été rangée. Elle la reprit et la relut deux fois, puis soupira : « Nos situations diffèrent, mais notre douleur est la même. Je vais à mon tour composer quatre chants et les adapter à une tablature de qin, afin qu’on puisse les jouer et les chanter. Demain, je les recopierai et les lui enverrai pour toute réponse. »
Elle ordonna à Xueyan d’apporter le pinceau et l’encrier posés sur la table extérieure, humecta l’encre et, faisant courir son pinceau, composa quatre chants. Puis elle sortit une tablature de qin et emprunta aux pièces « L’Orchidée admirable » et « Penser au sage » leurs motifs, dont elle combina les mélodies avec ses propres vers. Elle recopia ensuite le tout afin de pouvoir l’envoyer à Baochai.
Elle ordonna aussitôt à Xueyan de sortir d’un coffre le petit qin qu’elle avait apporté avec elle, en accorda les cordes et s’exerça au doigté. Daiyu était d’une intelligence incomparable et avait jadis étudié quelque temps cet instrument dans le Sud. Bien qu’elle eût perdu l’habitude d’en jouer, il lui suffit d’en retrouver le principe pour recouvrer son aisance. Lorsqu’elle eut joué un moment, la nuit était déjà profonde ; elle demanda donc à Zijuan de tout ranger et se coucha. Nous n’en dirons pas davantage.
𨚫說寳玉這日起來梳洗了,帶着焙茗正往書房中来,只見墨雨笑嘻嘻的跑來迎頭說道:「二爺今日便宜了,太爺不在書房裡,都放了學了。」寳玉道:「當真的麽?」墨雨道:「二爺不信,那不是三爺和蘭哥兒來了。」寳玉看時,只見賈嬛賈蘭跟着小厮們,兩個笑嘻的嘴裡咭咭呱呱不知說些什麽,迎頭来了。見了寳玉,都垂手跕住。寳玉問道:「你們兩個怎麽就囬來了?」賈𤨔道:「今日太爺有事,說是放一天學,明兒再去呢。」寶玉聼了,方囘身到賈母賈政處去禀明了,然後囘到怡紅院中。襲人問道:「怎麽又囬來了?」寳玉告訴了他,只坐了一坐兒,便往外走。襲人道:「徃那裡去,這様忙法?就放了學,依我說也該養養神兒了。」寳玉站住脚,低了頭,說道:「你的話也是。但是好容易放一天學,還不散散去,你也該可憐我些兒了。」襲人見說的可憐,笑道:「由爺去罷。」正說着,端了飯來。寳玉也没法兒,只得且吃飯,三口兩口忙忙的吃完,漱了口,一溜烟徃黛玉房中去了。
Ce jour-là, après s’être levé, coiffé et lavé, Baoyu se rendait à la salle d’étude avec Beiming, lorsqu’il vit Moyu accourir tout souriant à sa rencontre : « Second maître, vous avez de la chance aujourd’hui ! Le maître n’est pas dans la salle d’étude et il a donné congé à toute la classe. » Baoyu demanda : « Est-ce bien vrai ? » Moyu répondit : « Si le second maître ne me croit pas, voyez : voici le troisième jeune maître et le jeune maître Lan qui reviennent. »
Baoyu regarda et vit Jia Huan et Jia Lan arriver avec leurs jeunes serviteurs. Tous deux riaient et jacassaient sans qu’on pût comprendre ce qu’ils disaient. En apercevant Baoyu, ils s’arrêtèrent, les mains pendantes. Baoyu leur demanda : « Pourquoi êtes-vous déjà revenus tous les deux ? » Jia Huan répondit : « Le maître a une affaire aujourd’hui. Il nous a donné congé pour la journée et nous a dit de revenir demain. »
Baoyu retourna donc en informer l’aïeule Jia et Jia Zheng, puis revint à la cour du Bonheur rouge. Xiren lui demanda : « Pourquoi êtes-vous encore revenu ? » Baoyu lui expliqua la raison. À peine fut-il resté assis un instant qu’il voulut ressortir. Xiren demanda : « Où allez-vous si vite ? Même si l’on vous a donné congé, vous devriez, à mon avis, en profiter pour vous reposer. » Baoyu s’arrêta, baissa la tête et dit : « Tu as raison. Mais il est si rare que j’aie un jour de liberté ! Si je ne peux même pas aller me distraire un peu, tu pourrais bien avoir quelque pitié de moi. » Attendrie par ce ton plaintif, Xiren répondit en riant : « Allez donc où bon vous semble. »
À ce moment, on apporta le repas. Baoyu ne put faire autrement que de manger d’abord. Il avala tout à la hâte en quelques bouchées, se rinça la bouche et fila comme une flèche vers la demeure de Daiyu.
走到門口,只見雪雁在院中晾絹子呢。寳玉因問:「姑娘吃了飯了麽?」雪雁道:「早起喝了半碗粥,懶待吃飯。這時候打盹兒呢。二爺且到别處走走,囬來再来罷。」寳玉只得囬來。無處可去,忽然想起惜春有好幾天没見,便信歩走到蓼風軒來。剛到窻下,只見靜悄悄一無人聲。寳玉打諒他也𪾶午覺,不便進去。纔要走時,只聽屋裡㣲㣲一響,不知何聲。寳玉站住再聼,半日又㕷的一响。寶玉還未𦗟出,只見一個人道:「你在這裡下了一個子兒,那裡你不應麽?」寳玉方知是下大棋,但只急切聼不出這個人的語音是誰。底下方𦗟見惜春道:「怕什麽,你這麽一吃我,我這麽一應,你又這麽吃,我又這麽應。還緩着一着兒呢,終久連得上。」那一個又道:「我要這麽一吃呢?」惜春道:「阿嗄,還有一着『反撲』在裡頭呢!我倒没防備。」寳玉聼了,𦗟那一個聲音狠熟,却不是他們姊妹。料着惜春屋裡也没外人,輕輕的掀簾進去。看時不是别人,𨚫是那櫳翠𤲅的檻外人妙玉。這寳玉見是妙玉,不敢驚動。妙玉和惜春正在凝思之際,也没理會。寶玉𨚫跕在旁邉看他兩個的手叚。只見妙玉低着頭問惜春道:「你這個『𰣍角兒』不要了麽?」惜春道:「怎麽不要。你那裡頭都是死子兒,我怕什麽。」妙玉道:「且别說滿話,試試看。」惜春道:「我便打了起來,看你怎麽様。」妙玉𨚫微㣲笑着,把邊上子一接,𨚫搭轉一吃,把惜春的一個角兒都打起來了,笑着說道:「這呌做『倒脫靴勢』。」
Arrivé à la porte, il vit Xueyan qui faisait sécher des pièces de soie dans la cour. Il lui demanda : « La demoiselle a-t-elle mangé ? » Xueyan répondit : « Ce matin, elle a bu un demi-bol de bouillie, mais n’a pas voulu prendre son repas. Elle sommeille en ce moment. Que le second maître aille se promener ailleurs et revienne un peu plus tard. » Baoyu dut rebrousser chemin.
Ne sachant où aller, il se souvint soudain qu’il n’avait pas vu Xichun depuis plusieurs jours et se dirigea au hasard vers le pavillon des Persicaires au vent. À peine arrivé sous la fenêtre, il constata que tout était silencieux. Supposant qu’elle faisait elle aussi la sieste, il n’osa entrer. Il allait repartir lorsqu’un léger bruit se fit entendre dans la chambre. Baoyu s’arrêta pour écouter. Après un long moment, un autre claquement retentit. Il n’en avait toujours pas reconnu la cause lorsqu’une voix dit : « Tu as posé une pierre ici ; ne devrais-tu pas répondre là-bas ? » Baoyu comprit alors qu’on jouait au go, mais ne parvenait pas à reconnaître cette voix.
Il entendit ensuite Xichun dire : « Qu’y a-t-il à craindre ? Tu me prends ainsi, je réponds ainsi ; tu prends encore, je réponds encore. Il reste un coup de répit et, à la fin, mes pierres se rejoindront. » L’autre voix demanda : « Et si je prends de cette manière ? » Xichun s’écria : « Ah ! Il y a donc là un coup de reprise ! Je ne l’avais pas prévu. » Cette voix était très familière à Baoyu, sans pourtant appartenir à aucune de ses sœurs. Pensant qu’il ne pouvait y avoir d’étrangère dans la chambre de Xichun, il souleva doucement le rideau et entra.
Il vit alors que l’autre joueuse n’était autre que Miaoyu, « Celle qui demeure au-delà du seuil », de l’ermitage des Bambous verts. N’osant la déranger, Baoyu resta silencieux. Absorbées dans leurs réflexions, Miaoyu et Xichun ne prêtèrent aucune attention à lui. Il demeura debout à côté d’elles pour observer leur jeu. Miaoyu, la tête baissée, demanda à Xichun : « Tu renonces donc à ce coin ? » Xichun répondit : « Pourquoi y renoncerais-je ? Toutes tes pierres à l’intérieur sont mortes ; qu’aurais-je à craindre ? » Miaoyu dit : « Ne parle pas trop vite. Voyons cela. » Xichun répondit : « Je vais lancer l’attaque ; nous verrons ce que tu feras. » Miaoyu sourit légèrement, relia une pierre sur le bord, effectua une prise en retournant le jeu et captura tout le coin de Xichun. Elle dit en riant : « Cela s’appelle la position de la Botte ôtée à l’envers. »
惜春尚未答言,寶玉在旁情不自禁,哈哈一笑,把兩個人都唬了一大跳。惜春道:「你這是怎麽說,進來也不言語,這麽使促狹唬人。你多早晚進来的?」寳玉道:「我頭裡就進來了,看着你們兩個争這個『𰣍角兒』。」說着,一面與妙玉施禮,一面又笑問道:「妙公輕易不出禪關,今日何緣下凡一走?」妙玉聼了,忽然把臉一紅,也不答言,低了頭自看那碁。寳玉自覺造次,連忙陪笑道:「倒是出家人比不得我們在家的俗人,頭一件心是靜的。靜則靈,靈則慧。」寳玉尙未說完,只見妙玉㣲㣲的把眼一抬,看了寳玉一眼,復又低下頭去,那臉上的顔色漸漸的紅暈起來。寳玉見他不理,只得訕訕的旁邊坐了。惜春還要下子,妙玉半日說道:「再下罷。」便起身理理衣裳,重新坐下,痴痴的問着寳玉道:「你從何處來?」寳玉巴不得這一聲,好解釋前頭的話,忽又想道:「或是妙玉的機鋒。」轉紅了臉答應不出來。妙玉㣲㣲一笑,自合惜春說話。惜春也笑道:「二哥哥,這什麽難答的,你没的聽見人家常說的『從来處来』麽。這也值得把臉紅了,見了生人的是的。」妙玉聼了這話,想起自家,心上一動,臉上一熱,必然也是紅的,到覺不好意思起來。因站起來說道:「我來得久了,要囬𤲅裡去了。」惜春知妙玉爲人,也不深留,送出門口。妙玉笑道:「久已不來這裡,灣灣曲曲的,囬去的路頭都要迷住了。」寳玉道:「這到要我來指引指引何如?」妙玉道:「不敢,二爺前請。」
Avant que Xichun eût répondu, Baoyu, incapable de se contenir, éclata de rire. Toutes deux sursautèrent. Xichun s’écria : « Qu’est-ce que cela signifie ? Tu entres sans rien dire, puis tu t’amuses à nous effrayer ! Depuis quand es-tu là ? » Baoyu répondit : « Je suis entré depuis un moment déjà et je vous regardais vous disputer ce coin. » Tout en parlant, il salua Miaoyu, puis lui demanda en souriant : « Le vénérable Miao franchit rarement la clôture du Chan. Quelle affinité l’a donc conduite aujourd’hui à descendre dans le monde des mortels ? »
À ces mots, Miaoyu rougit soudain. Sans répondre, elle baissa la tête et regarda le damier. Comprenant qu’il avait été trop familier, Baoyu s’empressa d’ajouter avec un sourire d’excuse : « Les personnes qui ont quitté le monde ne ressemblent assurément pas aux profanes que nous sommes. Avant toute chose, leur cœur est paisible. Du calme naît la pénétration, et de la pénétration, la sagesse. » Il n’avait pas fini que Miaoyu leva légèrement les yeux, lui jeta un regard, puis baissa de nouveau la tête, tandis que son visage se colorait peu à peu.
Comme elle ne lui répondait pas, Baoyu alla s’asseoir à côté d’elles, fort embarrassé. Xichun voulait poser une autre pierre, mais Miaoyu dit après un long silence : « Nous reprendrons plus tard. » Elle se leva, arrangea ses vêtements, puis se rassit et demanda à Baoyu, l’air absent : « D’où venez-vous ? » Baoyu ne demandait pas mieux qu’une occasion d’expliquer ses paroles précédentes, mais il pensa soudain : « C’est peut-être une pointe énigmatique de Miaoyu. » Il rougit et ne sut que répondre.
Miaoyu sourit légèrement et se remit à parler avec Xichun. Celle-ci dit en riant : « Deuxième grand frère, qu’y a-t-il donc de si difficile à répondre ? N’as-tu jamais entendu dire : “Je viens du lieu d’où je viens” ? Cela vaut-il la peine de rougir comme si tu te trouvais devant une inconnue ? » Ces paroles remuèrent Miaoyu. Elle sentit son cœur battre et son visage s’échauffer ; comprenant qu’elle devait rougir elle aussi, elle se trouva embarrassée. Elle se leva donc et dit : « Je suis ici depuis longtemps ; il faut que je retourne à l’ermitage. »
Xichun, qui connaissait son caractère, n’insista pas et l’accompagna jusqu’à la porte. Miaoyu dit en souriant : « Il y a si longtemps que je ne suis pas venue ici ! Avec tous ces détours, je vais finir par perdre le chemin du retour. » Baoyu proposa : « Et si je vous guidais ? » Miaoyu répondit : « Je n’oserais vous l’imposer. Second maître, passez devant. »
于是二人别了惜春,離了蓼風軒,灣灣曲曲,走近瀟湘館,忽𦗟得叮咚之聲。妙玉道:「那裡的琴聲?」寳玉道:「想必是林妹妹那裡撫琴呢。」妙玉道:「原來他也會這個,怎麽素日不𦗟見提起?」寳玉悉把黛玉的事述了一遍,因說:「咱們去看他。」妙玉道:「從古只有聼琴,再没有『看琴』的。」寳玉笑道:「我原說我是個俗人。」說着,二人走至瀟湘舘外,在山子石坐着靜聽,甚𮗜音調淸切。只聼得低吟道:
Tous deux prirent congé de Xichun et quittèrent le pavillon des Persicaires au vent. Après maints tours et détours, ils approchaient du pavillon du Xiao et du Xiang lorsqu’un son de qin tinta soudain à leurs oreilles. Miaoyu demanda : « D’où vient ce qin ? » Baoyu répondit : « Ce doit être petite sœur Lin qui en joue. » Miaoyu dit : « Ainsi, elle connaît aussi cet art ! Pourquoi n’en ai-je jamais entendu parler ? » Baoyu lui raconta en détail ce qui concernait Daiyu, puis proposa : « Allons la voir jouer. » Miaoyu répondit : « Depuis l’Antiquité, on écoute le qin ; jamais on n’est allé “voir le qin”. » Baoyu rit : « Je l’ai bien dit : je ne suis qu’un profane. »
Ils parvinrent à l’extérieur du pavillon du Xiao et du Xiang, s’assirent sur les rochers de la montagne artificielle et écoutèrent en silence. La mélodie leur parut d’une limpidité pénétrante. Ils entendirent une voix chanter à mi-voix :
風蕭蕭兮秋氣深,美人干里兮獨沉吟。望故鄉兮何處,𠋣欄杆兮涕沾襟。
Le vent gémit, l’automne s’approfondit ; à mille lis, la belle médite seule. Où donc chercher le pays natal ? Appuyée à la balustrade, elle baigne de larmes le devant de sa robe.
歇了一囬,聼得又吟道:
Après une pause, ils l’entendirent chanter encore :
山迢超兮水長,照軒窻兮明月光。耿耿不寐兮銀河渺茫,羅衫怯怯兮風露凉。
Les montagnes s’étendent au loin, les eaux sont interminables ; la clarté de la lune illumine la fenêtre. Incapable de dormir, le cœur inquiet, je contemple la Voie lactée sans limites ; ma robe de gaze est trop légère contre la fraîcheur du vent et de la rosée.
又歇了一歇。妙玉道:「剛纔『侵』字韻是第一叠,如今『揚』字韻是第二叠了。咱們再𦗟。」裡邉又吟道:
Il y eut une nouvelle pause. Miaoyu dit : « Tout à l’heure, la rime en “in” formait le premier chant ; maintenant, la rime en “ang” forme le deuxième. Écoutons encore. » De l’intérieur vint ce nouveau chant :
子之遭兮不自由,予之遇兮多煩憂。之子與我兮心焉相投,思古人兮俾無尤。
Tu subis un destin qui ne te laisse aucune liberté ; mon propre sort est chargé de peines et de soucis. Toi et moi, nos cœurs se comprennent ; je songe aux anciens, afin que nul reproche ne nous atteigne.
妙玉道:「這又是一拍。何憂思之深也!」寳玉道:「我雖不懂得,但聼他音啊,也覺得過悲了。」裡頭又調了一囬弦。妙玉道:「君弦太高了,與無射律只怕不配呢。」裡邊又吟道:
Miaoyu dit : « Voilà encore une phrase musicale. Comme sa mélancolie est profonde ! » Baoyu répondit : « Je n’y comprends rien, mais à entendre ces sons, je les trouve moi aussi excessivement tristes. » À l’intérieur, on accorda de nouveau les cordes. Miaoyu dit : « La corde maîtresse est trop haute ; je crains qu’elle ne s’accorde pas avec le ton Wuyi. » Puis ils entendirent chanter :
人生斯世兮如輕塵,天上人間兮感夙因。感夙因兮不可惙,素心如何天上月。
Dans ce monde, la vie humaine est pareille à une poussière légère ; entre ciel et terre, je médite les causes formées dans une existence antérieure. Méditer ces causes anciennes, je ne puis m’en détourner ; comment mon cœur sans tache égalerait-il la lune au ciel ?
妙玉𦗟了,呀然失色道:「如何忽作變徴之聲?音䪨可裂金石矣。只是太過。」寳玉道:「太過便怎麽?」妙玉道:「恐不能持久。」正議論時,聼得君弦磞的一聲㫁了。妙玉站起来連忙就走,寶玉道:「怎麽様?」妙玉道:「日後自知,你也不必多說。」竟自走了。弄得寳玉滿肚疑團,没精打彩的歸至怡紅院中,不表。
En entendant cela, Miaoyu changea soudain de couleur : « Pourquoi vient-elle de passer au mode du zhi altéré ? Cette résonance pourrait fendre le métal et la pierre. Mais elle va trop loin. » Baoyu demanda : « Et si elle va trop loin, que se passera-t-il ? » Miaoyu répondit : « Je crains que cela ne puisse durer. » Tandis qu’ils parlaient, la corde maîtresse se rompit avec un claquement sec.
Miaoyu se leva et partit précipitamment. Baoyu lui demanda : « Qu’est-ce que cela signifie ? » Elle répondit : « Tu le sauras un jour. Inutile d’en dire davantage. » Et elle s’éloigna sans plus attendre. Baoyu, l’esprit rempli de doutes, rentra tout abattu à la cour du Bonheur rouge. Nous le laisserons là.
单說妙玉歸去,早有道婆接着,掩了𢊊門,坐了一囬,把「禪門日誦」念了一遍。吃了晚飯,㸃上香拜了菩薩,命道婆自去歇着,自己的禪床靠背俱已整齊,屏息垂簾,跏趺坐下,㫁除妄想,趨向真如。坐到三更過後,聼得屋上嗗碌碌一片𭺜响,妙玉恐有賊来,下了禪床,出到前軒,但見雲影横空,月華如水。那時天氣尙不狠凉,獨自一個凴欄站了一囘,忽𦗟房上兩個猫兒一遞一聲厮呌。那妙玉忽想起日間寳玉之言,不覺一陣心跳耳熱。自己連忙收攝心神,走進禪房,仍到禪床上坐了。怎奈神不守舍,一時如萬馬奔馳,覺得禪床便恍蕩起来,身子已不在𤲅中。便有許多王孫公子要来娶他,又有些媒婆扯扯拽拽扶他上車,自己不肯去。一囬兒又有盗賊刼他,持刀執棍的逼勒,只得哭喊求救。早驚醒了菴中女尼道婆等衆,都拿火来照看。只見妙玉兩手撒開,口中流沫。急呌醒時,只見眼睛直𥪡,兩顴鮮紅,罵道:「我是有菩薩保佑,你們這些强徒敢要怎麽様!」衆人都唬的没了主意,都說道:「我們在這裡呢,快醒轉來罷。」妙玉道:「我要囬家去,你們有什麽好人送我囬去罷。」道婆道:「這裡就是你住的房子。」說着,又呌别的女尼忙向觀音前禱告,求了籤,翻開籤書看時,是觸犯了西南角上的隂人。就有一個說:「是了。大觀園中西南角上本來没有人住,隂氣是有的。」一面弄湯弄水的在那裡忙亂。那女尼原是自南邉帶來的,伏侍妙玉自然比别人盡心,圍着妙玉,坐在禪床上。妙玉囬頭道:「你是誰?」女尼道:「是我。」妙玉仔細瞧了一瞧,道:「原來是你。」便抱住那女尼嗚嗚咽咽的哭起來,說道:「你是我的媽呀,你不救我,我不得活了。」那女尼一面喚醒他,一面給他揉着。道婆倒上茶來喝了,直到天明纔睡了。
Parlons seulement de Miaoyu. À son retour, une desservante l’accueillit et referma la porte de l’ermitage. Miaoyu resta assise un moment, puis récita une fois l’« Office quotidien de la porte du Chan ». Après le repas du soir, elle alluma de l’encens, se prosterna devant le bodhisattva et ordonna à la desservante d’aller se coucher. Son lit de méditation et son dossier étaient déjà disposés. Elle régla son souffle, abaissa les paupières, s’assit jambes croisées, s’efforça de retrancher toute pensée illusoire et de tendre vers l’Ainsité.
Après la troisième veille, elle entendit soudain les tuiles du toit rouler et gronder. Craignant qu’un voleur ne fût entré, elle descendit de son lit de méditation et sortit sous la galerie de devant. Des ombres de nuages traversaient le ciel, et l’éclat de la lune était pareil à de l’eau. Comme l’air n’était pas encore très froid, elle resta quelque temps seule, appuyée à la balustrade. Soudain, deux chats sur le toit se mirent à s’appeler tour à tour.
Miaoyu se rappela brusquement les paroles de Baoyu durant la journée ; son cœur se mit à battre et ses oreilles s’échauffèrent. Elle rassembla précipitamment son esprit, regagna sa cellule et se rassit sur le lit de méditation. Mais son esprit ne pouvait plus demeurer en place : dix mille chevaux semblaient galoper en elle. Elle sentit le lit osciller et crut que son corps n’était déjà plus dans l’ermitage.
Une foule de princes et de jeunes nobles venaient demander sa main ; des entremetteuses la tiraient et la poussaient pour la faire monter dans une voiture, tandis qu’elle refusait de partir. Puis des brigands l’enlevaient et, armés de sabres et de bâtons, la contraignaient par la force. Elle n’avait d’autre recours que de pleurer et de crier au secours.
Ses cris réveillèrent les nonnes et les desservantes de l’ermitage, qui accoururent toutes avec des lumières. Elles virent Miaoyu les bras écartés et l’écume aux lèvres. Lorsqu’elles s’efforcèrent de l’éveiller, ses yeux demeurèrent fixes, ses pommettes étaient écarlates, et elle criait : « Le bodhisattva me protège ! Que prétendez-vous me faire, misérables bandits ? » Toutes, terrifiées, ne savaient plus que faire. Elles lui répétèrent : « Nous sommes ici. Réveillez-vous vite ! » Miaoyu dit : « Je veux rentrer chez moi. Que l’une de vous, si elle est honnête, me reconduise chez moi. » Une desservante répondit : « Mais cette chambre est précisément celle où vous habitez. »
Elle ordonna ensuite à une autre nonne de prier en hâte devant Guanyin. Celle-ci tira un bâton divinatoire et consulta le livre des présages : Miaoyu avait offensé une entité féminine dans l’angle sud-ouest. Quelqu’un dit : « C’est bien cela. L’angle sud-ouest du Jardin aux Grandes Vues est inhabité ; il doit donc s’y trouver une influence yin. » Pendant ce temps, toutes s’affairaient à préparer de la soupe et de l’eau.
La nonne qui avait accompagné Miaoyu depuis le Sud la servait naturellement avec plus de dévouement que les autres. Assise sur le lit de méditation, elle la tenait entourée de ses bras. Miaoyu se retourna et lui demanda : « Qui es-tu ? » La nonne répondit : « C’est moi. » Miaoyu l’examina attentivement, puis dit : « Ah, c’est toi. » Elle l’enlaça et éclata en sanglots : « Tu es ma mère ! Si tu ne me sauves pas, je ne pourrai pas vivre. » La nonne tentait de la réveiller tout en lui frictionnant le corps. Une desservante lui versa du thé. Ce ne fut qu’à l’aube qu’elle finit par s’endormir.
女尼便打發人去請大夫来看脉,也有說是思慮傷脾的,也有說是熱入血室的,也有說是邪祟觸犯的,也有說是内外感冐的,終無定論。後請得一個大夫來看了,問:「曾打坐過没有?」道婆說道:「向來打坐的。」大夫道:「這病可是昨夜忽然來的麽?」道婆道:「是。」大夫道:「這是走魔入火的原故。」衆人問:「有碍没有?」大夫道:「幸虧打坐不久,魔還入得淺,可以有救。」寫了降伏心火的藥,吃了一劑,稍稍平復些。外面那些游頭浪子𦗟見了,便造作許多謡言說:「這様年紀,那裡忍得住。况且又是狠風流的人品,狠乖覺的性靈,以後不知飛在誰手裡,便宜誰去呢。」過了幾日,妙玉病雖略好,神思未復,終有些恍惚。
La nonne envoya quelqu’un chercher des médecins afin qu’ils prennent le pouls de Miaoyu. L’un parla de pensées excessives ayant lésé la rate ; un autre, de chaleur ayant pénétré la chambre du sang ; un autre encore, de l’atteinte d’un esprit malfaisant ; un autre enfin, d’une affection causée à la fois par des influences internes et externes. Nul ne parvenait à une conclusion certaine.
On fit ensuite venir un autre médecin. Après l’avoir examinée, il demanda : « Pratiquait-elle la méditation assise ? » La desservante répondit : « Elle la pratique depuis toujours. » Le médecin demanda : « Cette maladie est-elle survenue brusquement la nuit dernière ? » La desservante répondit : « Oui. » Le médecin déclara : « Elle a laissé le feu s’égarer et le démon entrer. » Toutes demandèrent : « Est-ce dangereux ? » Il répondit : « Par bonheur, sa séance de méditation n’avait pas duré longtemps et le démon n’a pénétré que superficiellement. On peut encore la sauver. »
Il prescrivit un remède destiné à soumettre le feu du cœur. Après une dose, Miaoyu retrouva un peu de calme. Mais les désœuvrés et les libertins du dehors, ayant appris la nouvelle, fabriquèrent toutes sortes de rumeurs : « À cet âge-là, comment pourrait-elle se contenir ? Avec une beauté si séduisante et un esprit si fin, qui sait entre quelles mains elle tombera ? Il y en a un qui fera une bonne affaire ! » Quelques jours plus tard, bien que sa maladie eût légèrement diminué, Miaoyu n’avait pas retrouvé toute sa lucidité et demeurait quelque peu égarée.
一日嬛春正坐著,彩屏忽然進來囬道:「姑娘知道妙玉師父的事嗎?」惜春道:「他有什麽事?」彩屏道:「我昨日𦗟見邢姑娘和大奶奶那裡說呢。他自從那日合姑娘下碁囬去,夜間忽然中了邪,嘴裡亂嚷說强盗來搶他來了,到如今還没好。姑娘你說這不是竒事嗎。」惜春聼了,黙然無語,因想:「妙玉雖然㓗净,𭺾竟塵緣未㫁。可惜我生在這種人家不便出家。我若出了家時,那有邪魔纒擾,一念不生,萬緣俱寂。」想到這裡,驀與神㑹,若有所得,便口占一偈云:
Un jour que Xichun était assise, Caiping entra soudain et lui demanda : « Mademoiselle, savez-vous ce qui est arrivé à maîtresse Miaoyu ? » Xichun demanda : « Que lui est-il arrivé ? » Caiping répondit : « Hier, j’ai entendu mademoiselle Xing en parler chez la première jeune dame. Depuis le jour où elle est revenue après avoir joué au go avec vous, elle est possédée. La nuit, elle criait que des brigands venaient l’enlever, et elle n’est toujours pas guérie. N’est-ce pas une chose étrange ? »
Xichun garda le silence et songea : « Miaoyu a beau être pure, ses attaches avec le monde de la poussière ne sont finalement pas rompues. Quel dommage que je sois née dans une famille qui ne me permet pas d’entrer en religion ! Si je quittais le monde, aucun démon ne viendrait me tourmenter : pas une pensée ne naîtrait, et les dix mille liens seraient tous réduits au silence. » À cet instant, son esprit rencontra soudain cette vérité et elle crut avoir obtenu une illumination. Elle improvisa cette stance :
大造本無方,云何是應住。旣從空中來,應向空中去。
La grande transformation ne suit aucune règle : comment donc y aurait-il un lieu où demeurer ?
Puisque l’on est venu du sein du vide, c’est vers le sein du vide qu’il faut repartir.
占𭺾,卽命丫頭焚香。自己靜坐了一囬,又翻開那棋譜來,把孔融王積薪等所著看了幾篇。内中「荷葉包蠏勢」、「黃鶯搏兎勢」都不出竒,「三十六局殺角勢」一時也難會難記,獨看到「八龍走馬」,覺得甚有意思。正在那裡作想,只𦗟見外面一個人走進院来,連呌彩屏。未知是誰,下囬分解。
Sa stance achevée, elle ordonna aussitôt à sa servante de brûler de l’encens. Elle resta un moment assise en silence, puis ouvrit un manuel de go et lut plusieurs pages des ouvrages de Kong Rong, Wang Jixin et d’autres auteurs.
La « Position du Crabe enveloppé dans une feuille de lotus » et la « Position du Loriot fondant sur le lièvre » ne lui parurent nullement extraordinaires. Quant aux « Trente-Six Positions pour tuer un coin », elles étaient difficiles à comprendre et à retenir sur-le-champ. Seule la « Marche des chevaux des Huit Dragons » lui parut fort intéressante. Elle y réfléchissait encore lorsqu’elle entendit quelqu’un entrer dans la cour en appelant Caiping à plusieurs reprises. Qui était-ce ? L’explication viendra au prochain chapitre.
Notes
賈 : le patronyme de Jia Zheng, Jia Baoyu, Jia Huan et Jia Lan se prononce comme 假, « faux » ; ce jeu de mots traverse tout le roman.
十里荷花,三秋桂子 : citation de Liu Yong décrivant Hangzhou ; 三秋 désigne ici le neuvième mois, dernier mois de l’automne.
北堂有萱 : la « salle du Nord » représente la demeure de la mère, et l’hémérocalle, 萱草, était réputée faire oublier les soucis.
李後主 : titre de Li Yu, dernier souverain des Tang du Sud, célèbre pour ses poèmes sur la perte de son royaume.
猗蘭、思賢 : deux anciennes pièces pour qin auxquelles Daiyu emprunte des motifs mélodiques.
檻外人 : « Celle qui demeure au-delà du seuil », formule par laquelle Miaoyu se désigne comme ayant quitté le monde profane.
無射、變徵 : Wuyi est l’un des douze tons de l’ancien système musical ; le zhi altéré est un mode traditionnel associé à une tension tragique.
走火入魔 : expression issue des pratiques méditatives et alchimiques, désignant un dérèglement intérieur où le « feu » s’égare et où les démons envahissent l’esprit.