Le Rêve dans le pavillon rouge
Le Rêve du pavillon rouge, Histoire de la pierre
Cao Xueqin, 1791. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.
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Chapitre 112 Vivante victime d’un injuste destin, la merveilleuse nonne subit un grand rapt ; morte, l’ennemie vengeresse entraîne la concubine Zhao devant le tribunal des ombres
活𡨚孽妙尼遭大刼 死讐仇趙妾赴㝠曹
Vivante victime d’un injuste destin, la merveilleuse nonne subit un grand rapt
morte, l’ennemie vengeresse entraîne la concubine Zhao devant le tribunal des ombres
話說鳯姐命捆起上夜衆女人送營審問,女人跪地哀求。林之孝同賈芸道:「你們求也無益。老爺𣲖我們看家,没有事是造化,如今有了事,上下都躭不是,誰救得你。若說是周瑞的乾兒子,連太太起,裡裡外外的都不干凈。」鳯姐喘吁吁的說道:「這都是命裡所招,和他們說什麽,帶了他們去就是了。都丢的東西你告訴營裡去說,寔在是老太太的東西,問老爺們纔知道。等我們報了去,請了老爺們囬来,自然開了失单送来。文官衙門裡我們也是這様報。」賈芸林之孝答應出去。
Xifeng ordonna de ligoter toutes les femmes qui avaient assuré la garde de nuit et de les envoyer au camp pour interrogatoire. Elles se mirent à genoux et implorèrent grâce. Lin Zhixiao leur dit avec Jia Yun : « Vos supplications ne servent à rien. Le maître nous a chargés de garder la maison : s’il ne s’était rien produit, ç’aurait été une chance ; maintenant qu’un malheur est arrivé, du haut en bas nous sommes tous responsables. Qui pourrait vous sauver ? Et s’il s’avère que c’était le fils adoptif de Zhou Rui, alors, en remontant jusqu’à Madame Wang, personne, dedans comme dehors, n’aura les mains propres. »
Xifeng dit en haletant : « Tout cela nous était destiné. À quoi bon discuter avec elles ? Emmenez-les, voilà tout. Quant aux objets perdus, dites au camp qu’ils appartenaient réellement à l’aïeule et que seuls les maîtres peuvent savoir ce qu’il y avait. Quand nous les aurons prévenus et qu’ils seront revenus, nous dresserons naturellement la liste des pertes et l’enverrons. Nous ferons la même déclaration aux bureaux civils. » Jia Yun et Lin Zhixiao acquiescèrent et sortirent.
惜春一句話也没有,只是哭道:「這些事我從來没有聽見過,爲什麽偏偏碰在咱們兩個人身上!明兒老爺太太呌囬來,我怎麽見人!說把家裡交給偺們,如今閙到這個分兒,還想活着麽!」鳳姐道:「偺們願意嗎!現在有上夜的人在那裡。」惜春道:「你𮟃能說,况且你又病着。我是没有說的。這都是我大嫂子害了我的,他攛掇着太太泒我看家的。如今我的臉擱在那裡呢!」說着,又痛哭起來。鳯姐道:「姑娘,你快别這麽想,若說没臉,大家一様的。你若這麽糊𡍼想頭,我更擱不住了。」二人正說着,只𦘏見外頭院子裡有人大嚷的說道:「我說那三姑六婆是再要不得的,我們甄府裡從來是一㮣不許上門的,不想這府裡倒不講䆒這個呢。昨兒老太太的𣩵纔出去,那個什麽𢊊裡的尼姑死要到偺們這裡來,我䶸喝着不准他們進来,腰門上的老婆子倒罵我,死央及呌放那姑子進去。那腰門子一㑹兒開着,一會兒關着,不知做什麽,我不放心没敢睡,𦗟到四更這裡就嚷起來。我来呌門倒不開了,我聼見聲兒𦂳了,打開了門,見西邉院子裡有人站着,我便赶走打死了。我今兒纔知道,這是四姑奶奶的屋子。那個姑子就在裡頭,今兒天没亮溜出去了,可不是那姑子引進來的賊麽。」平兒等聼着,都說:「這是誰這麽没規矩?姑娘奶奶都在這裡,敢在外頭混嚷嗎。」鳯姐道:「你聼見說『他甄府裡』,别就是甄家薦來的那個厭物罷。」惜春𦗟得明白,更加心裡過不的。
Xichun ne disait rien ; elle se contentait de pleurer : « Je n’avais jamais entendu parler de pareilles choses. Pourquoi fallait-il que cela nous arrive justement à toutes les deux ? Demain, quand les maîtres et les dames reviendront, comment oserai-je paraître devant eux ? Ils nous avaient confié la maison, et voilà où nous en sommes ! Pouvons-nous encore songer à vivre ? »
Xifeng répondit : « Crois-tu que nous l’ayons voulu ? Les femmes chargées de la garde sont toujours là. » Xichun dit : « Toi, tu peux encore te justifier, d’autant que tu es malade. Moi, je n’ai rien à dire. Tout est la faute de ma belle-sœur aînée : c’est elle qui a poussé Madame Wang à me charger de la maison. Où cacherai-je maintenant ma honte ? » Et elle recommença à sangloter.
Xifeng lui dit : « Mademoiselle, ne pense surtout pas ainsi. S’il est question de honte, nous sommes toutes dans le même cas. Si tu te mets pareilles idées insensées en tête, moi-même je ne pourrai plus tenir. »
Tandis qu’elles parlaient, on entendit quelqu’un crier à tue-tête dans la cour extérieure : « Je l’ai toujours dit : il ne faut jamais rien avoir à faire avec ces nonnes et ces entremetteuses ! Dans notre résidence Zhen, on ne leur permet absolument jamais de franchir la porte. Je ne pensais pas que cette maison-ci fût si négligente en la matière. Hier, le cercueil de l’aïeule venait à peine de sortir qu’une nonne de je ne sais quel ermitage a voulu entrer chez nous à toute force. J’ai crié qu’on ne devait pas la laisser passer, mais les vieilles de la porte latérale m’ont injurié et ont supplié qu’on laisse entrer cette religieuse. Cette porte s’ouvrait et se fermait sans arrêt : allez savoir ce qu’on y faisait ! Inquiet, je n’ai pas osé dormir. À la quatrième veille, les cris ont commencé ici. Je suis venu appeler, mais on ne m’ouvrait pas. Comme le tumulte redoublait, j’ai forcé la porte et aperçu quelqu’un dans la cour de l’ouest. Je l’ai poursuivi et tué. C’est seulement aujourd’hui que j’ai appris que cette cour était celle de la quatrième demoiselle. La religieuse se trouvait dans ses appartements et s’est éclipsée avant l’aube. N’est-ce pas elle qui a fait entrer les voleurs ? »
Ping’er et les autres, qui l’entendaient, s’écrièrent : « Qui donc se conduit avec si peu de respect ? Les demoiselles et les maîtresses sont ici, et quelqu’un ose brailler ainsi dehors ! » Xifeng dit : « Tu l’as entendu parler de “notre résidence Zhen” : ce doit être cet odieux personnage recommandé par les Zhen. » Xichun avait parfaitement compris et en fut plus mortifiée encore.
鳯姐接着問惜春道:「那個人混說什麽姑子,你們那裡弄了個姑子住下了?」惜春便將妙玉来瞧他留着下棋守夜的話說了。鳳姐道:「是他麽,他怎麽肯這様,是再没有的話。但是呌這討人嫌的東西嚷出來,老爺知道了也不好。」惜春愈想愈怕,站起來要走。鳯姐雖說坐不住,又怕惜春害怕弄出事來,只得呌他先别走,「且看着人把偷剰下的東西𭣣起來,再派了人看着纔好走呢。」平兒道:「偺們不敢收,等衙門裡来了踏看了纔好𭣣呢。偺們只好看着。但只不知老爺那裡有人去了没有?」鳯姐道:「你呌老婆子問去。」一囬進來說:「林之孝是走不開,家下人要伺候查騐的,再有的是說不淸楚的,已經芸二爺去了。」鳯姐㸃頭,同惜春坐着發愁。
Xifeng demanda alors à Xichun : « Que raconte cet homme à propos d’une religieuse ? Vous en avez donc installé une chez vous ? » Xichun lui expliqua que Miaoyu était venue la voir et qu’elle l’avait retenue pour jouer aux échecs et passer la nuit avec elle.
Xifeng dit : « Miaoyu ? Comment aurait-elle pu faire une chose pareille ? C’est absolument impossible. Mais si cet odieux individu répand partout cette histoire, ce ne sera pas bon lorsque le maître l’apprendra. »
Plus Xichun y pensait, plus elle prenait peur ; elle se leva pour partir. Xifeng, bien qu’incapable de rester assise, craignait qu’épouvantée Xichun ne commît quelque malheur. Elle dut donc lui demander de ne pas encore partir : « Attendons que quelqu’un rassemble ce que les voleurs ont laissé et qu’une garde soit postée ; alors seulement nous pourrons nous en aller. »
Ping’er dit : « Nous n’osons rien ramasser. Il vaut mieux attendre que les gens du yamen viennent examiner les lieux. Nous pouvons seulement monter la garde. Mais je ne sais pas si quelqu’un est allé prévenir le maître. » Xifeng répondit : « Envoie une vieille femme se renseigner. »
Un moment plus tard, celle-ci revint annoncer : « Lin Zhixiao ne peut s’absenter, car les domestiques doivent assister à l’inspection ; quant aux autres, ils seraient incapables de s’expliquer clairement. Le second maître Yun est déjà parti. » Xifeng hocha la tête et demeura assise avec Xichun, toutes deux rongées d’inquiétude.
且說那夥賊原是何三等邀的,偷搶了好些金銀財寶接運出去,見人追赶,知道都是那些不中用的人,要往西邊屋内偷去,在牕外看見裡面燈光底下兩個美人:一個姑娘,一個姑子。那些賊那顧性命,頓起不良,就要踹進來,因見包勇來赶,纔獲賍而逃。只不見了何三。大家且躱入窩家。到第二天打𦗟動靜,知是何三被他們打死,已經報了文武衙門。這裡是躱不住的,便商量趂早歸入海洋大盗一處,去若遲了,通緝文書一行,關津上就過不去了。内中一個人胆子極大,便說:「偺們走是走,我就只捨不得那個姑子,長的寔在好看。不知是那個𢊊裡的雛兒呢?」一個人道:「啊呀,我想起來了,必就是賈府園裡的什麽櫳翠𢊊裡的姑子。不是前年外頭說他和他們家什麽寳二爺有原故,後來不知怎麽又害起相思病来了,請大夫吃藥的就是他。」那一個人𦗟了,說:「偺們今日躱一天,呌偺們大哥借錢置辦些買賣行頭,明兒亮鐘時候陸贖出關。偺們在關外二十里坡等我。」衆賊議定,分賍俵散。不題。
Or cette bande de voleurs avait été rassemblée par He San et ses compagnons. Après avoir dérobé quantité d’or, d’argent et d’objets précieux, ils les avaient fait passer au-dehors. Se voyant poursuivis et sachant que ceux qui les poursuivaient étaient tous des incapables, ils voulurent encore piller les appartements de l’ouest. Par la fenêtre, à la lumière des lampes, ils aperçurent deux beautés : une demoiselle et une religieuse. Sans plus se soucier de leur vie, ils conçurent aussitôt de mauvaises intentions et s’apprêtaient à enfoncer la porte quand Bao Yong arriva à leur poursuite ; ils s’enfuirent donc avec leur butin. Seul He San avait disparu.
Tous allèrent provisoirement se cacher chez leur receleur. Le lendemain, ils s’informèrent de ce qui s’était passé et apprirent que He San avait été tué et que l’affaire avait déjà été signalée aux bureaux civils et militaires. Comme ils ne pouvaient rester cachés là, ils décidèrent de rejoindre au plus vite une bande de grands pirates des mers. S’ils tardaient et que les avis de recherche fussent diffusés, ils ne pourraient plus franchir les barrières ni les passages.
L’un d’eux, particulièrement hardi, déclara : « Partir, soit ; mais je ne parviens pas à oublier cette religieuse. Elle était vraiment belle. De quel ermitage peut bien venir cette novice ? »
Un autre répondit : « Ah, j’y suis ! Ce doit être la religieuse de je ne sais plus quel ermitage des Bambous verts, dans le jardin de la maison Jia. N’a-t-on pas raconté au-dehors, il y a deux ans, qu’elle avait une liaison avec leur second maître Bao ? Ensuite, on ne sait comment, elle serait tombée malade d’amour, et c’est elle pour qui l’on avait fait venir un médecin et préparé des remèdes. »
Le premier reprit : « Cachons-nous ici aujourd’hui. Demandons à notre chef d’emprunter de l’argent pour nous procurer des vêtements et du matériel de marchands. Demain, à la cloche de l’aube, vous franchirez successivement la passe. Attendez-moi à la colline des Vingt-Lis. » Les voleurs arrêtèrent leur plan, partagèrent le butin et se dispersèrent. N’en parlons plus.
且說賈政等送殡,到了寺内安厝𭺾,親友散去。賈政在外廂房伴靈,邢、王二夫人等在内,一宿無非哭泣。到了第二日,重新上祭。正擺飯時,只見賈芸進來,在老太太靈前磕了個頭,忙忙的跑到賈政跟前跪下請了安,喘吁吁的將昨夜被盗,將老太太上房的東西都偷去,包勇赶賊打𭮀了一個,已經呈報文武衙門的話說了一遍。賈政𦗟了發怔。邢王二夫人等在裡頭也𦗟見了,都唬得魂不附體,並無一言,只有啼哭。賈政過了一㑹子問失单怎様開的,賈芸囬道:「家裡的人都不知道,還没有開單。」賈政道:「還好,偺們動過家的,若開出好的來反躭罪名。快呌璉兒。」賈璉領了寳玉等去别處上祭未囬,賈政呌人赶了囬來。賈璉𦗟了,急得直跳,一見芸兒,也不顧賈政在那裡,便把賈芸狠狠的罵了一頓說:「不配抬舉的東西,我將這様重任托你,押着人上夜廵更,你是死人麽!虧你還有臉來告訴!」說着,徃賈芸臉上啐了幾口。賈芸𡸁手跕着,不敢囬一言。賈政道:「你罵他也無益了。」賈璉然後跪下說:「這便怎麽様?」賈政道:「也没法兒,只有報官緝賊。但只是一件:老太太遺下的東西偺們都没動,你說要銀子,我想老太太死得几天,誰忍得動他那一項銀子。原打諒完了事算了賬還人家,再有的在這裡和南邉置坟產的,再有東西也没見數兒。如今說文武衙門要失單,若將几件好的東西開上恐有碍,若說金銀若干,衣餙若干,又没有寔在數目,謊開使不得。倒可笑你如今竟换了一個人了,爲什麽這様了理不開。你跪在這裡是怎麽様呢!」
Jia Zheng et les autres, qui accompagnaient le convoi funèbre, arrivèrent au temple et y déposèrent provisoirement le cercueil. Les parents et les amis se dispersèrent. Jia Zheng veilla le cercueil dans une chambre latérale extérieure, tandis que Mesdames Xing et Wang et les autres restaient à l’intérieur. Toute la nuit ne fut que pleurs.
Le lendemain, on présenta de nouvelles offrandes. Au moment où l’on disposait le repas, Jia Yun entra, se prosterna devant le cercueil de l’aïeule, puis courut auprès de Jia Zheng, s’agenouilla pour le saluer et, tout haletant, lui raconta le cambriolage de la nuit précédente : tout ce qui se trouvait dans les appartements principaux de l’aïeule avait été volé ; Bao Yong avait poursuivi les malfaiteurs et en avait tué un ; enfin, l’affaire avait été déclarée aux bureaux civils et militaires.
Jia Zheng demeura stupéfait. Mesdames Xing et Wang, qui avaient tout entendu depuis l’intérieur, furent si effrayées qu’elles en perdirent l’âme ; incapables de prononcer un mot, elles ne firent que pleurer.
Au bout d’un moment, Jia Zheng demanda comment avait été dressée la liste des pertes. Jia Yun répondit : « Les gens de la maison ne savent pas ce qui se trouvait là ; aucune liste n’a encore été établie. »
Jia Zheng dit : « Tant mieux. Notre maison ayant déjà subi une confiscation, si nous déclarions des objets trop précieux, cela pourrait au contraire nous attirer une accusation. Faites vite venir Lian. » Jia Lian avait emmené Baoyu et les autres présenter des offrandes ailleurs et n’était pas encore revenu. Jia Zheng envoya quelqu’un le chercher.
À la nouvelle, Jia Lian bondit de colère. Dès qu’il vit Yun, sans même se soucier de la présence de Jia Zheng, il l’accabla d’injures : « Misérable indigne des faveurs qu’on lui accorde ! Je t’avais confié une responsabilité aussi lourde et chargé de diriger les rondes de nuit. Étais-tu mort ? Et tu as encore le front de venir me le raconter ! » Là-dessus, il lui cracha plusieurs fois au visage. Jia Yun resta debout, les bras pendants, sans oser répondre.
Jia Zheng dit : « L’injurier ne sert plus à rien. » Jia Lian s’agenouilla alors et demanda : « Que faire maintenant ? »
Jia Zheng répondit : « Il n’y a aucun remède, sinon prévenir les autorités et poursuivre les voleurs. Mais il y a une difficulté. Nous n’avons touché à aucun des biens laissés par l’aïeule. Tu réclamais de l’argent, mais je songeais qu’elle n’était morte que depuis quelques jours : qui aurait eu le cœur de puiser dans cette somme ? Je pensais régler les comptes après les funérailles, rembourser ce que nous devons, puis employer le reste ici et dans le Sud à acquérir des terres funéraires. Quant aux autres objets, personne n’en connaît le nombre. Maintenant que les bureaux civils et militaires exigent une liste, déclarer plusieurs pièces précieuses pourrait nous nuire. Mais si nous inscrivons telle quantité d’or et d’argent ou tant de bijoux et de vêtements, nous n’avons aucun chiffre certain, et il est impossible de faire une fausse déclaration. C’est curieux : te voilà devenu un autre homme ! Pourquoi es-tu désormais incapable de débrouiller une affaire pareille ? Et que fais-tu encore à genoux ? »
賈璉也不敢答言,只得站起來就走。賈政又呌道:「你那裡去?」賈璉又跳下道:「趕囘去料理淸楚再來囘。」賈政哼的一聲,賈璉把頭低下。賈政道:「你進去囘了你母親,呌了老太太的一兩個丫頭去,呌他們細細的想了開單子。」賈璉心裡明知老太太的東西都是鴛鴦經管,他死了問誰?就問珍珠,他們那裡記得清楚。只不敢駁囬,連連的答應了,起來走到裡頭。邢、王夫人又埋怨了一頓,呌賈璉快囬去,問他們這些看家的說「明兒怎麼見我們!」賈璉也只得答應了出来,一面命人套車預偹琥珀等進城,自己𮪍上騾子,跟了幾個小厮,如飛的囬去。賈芸也不敢再囬賈政,斜簽着身子慢慢的溜出來,𮪍上了馬來趕賈璉。一路無話。
Jia Lian n’osa répondre. Il se releva et allait sortir quand Jia Zheng le rappela : « Où vas-tu ? » Jia Lian se remit à genoux et répondit : « Je retourne vite à la maison mettre les choses au clair, puis je viendrai vous rendre compte. » Jia Zheng grogna ; Jia Lian baissa la tête.
Jia Zheng dit : « Entre d’abord prévenir ta mère. Qu’elle envoie une ou deux anciennes servantes de l’aïeule et qu’elles s’efforcent de se rappeler chaque détail pour dresser la liste. »
Jia Lian savait fort bien que tous les biens de l’aïeule avaient été administrés par Yuanyang. Puisqu’elle était morte, qui pouvait-on interroger ? Même Zhenzhu n’aurait pu se souvenir de tout avec précision. Mais il n’osa contredire Jia Zheng, acquiesça plusieurs fois, se releva et entra.
Mesdames Xing et Wang lui adressèrent encore force reproches et lui ordonnèrent de rentrer au plus vite pour interroger ceux qui gardaient la maison : « Comment oserons-nous paraître devant les autres demain ? » Jia Lian dut encore promettre d’obéir.
Une fois sorti, il ordonna d’atteler une voiture afin que Hupo et les autres regagnent la ville. Lui-même monta sur sa mule et partit à toute allure, accompagné de quelques jeunes domestiques. Jia Yun, qui n’osait plus se présenter devant Jia Zheng, se glissa lentement dehors, le corps de biais, enfourcha son cheval et suivit Jia Lian. Rien d’autre ne se produisit en chemin.
到了囬家中,林之孝請了安,一直跟了進來。賈璉到了老太太上屋,見了鳯姐、惜春在那裡,心裡又恨又說不出來,便問林之孝道:「衙門裡瞧了没有?」林之孝自知有罪,便跪下囬道:「文武衙門都瞧了,來踪去跡也看了,屍也騐了。」賈璉吃驚道:「又騐什麽屍?」林之孝又將包勇打死的夥賊似周瑞的乾兒子的話囘了賈璉。賈璉道:「呌芸兒。」賈芸進來也跪着聽話。賈璉道:「你見老爺時怎麽没有囬周瑞的乾子做了賊被包勇打死的話?」賈芸說道:「上夜的人說像他的,恐怕不直,所以没有囬。」賈璉道:「好糊𡍼東西!你若告訴了我,就帶了周瑞來一認可不就知道了。」林之孝囬道:「如今衙門裡把屍首放在市口兒招認去了。」賈璉道:「這又是個糊𡍼東西,誰家的人做了賊,被人打死,要償命麽!」林之孝囬道:「這不用人家認,奴才就認得是他。」賈璉聼了想道:「是啊,我記得珍大爺那一年要打的可不是周瑞家的麽。」林之孝囬說:「他和鮑二爺打架來着,還見過的呢。」賈璉聼了更生氣,便要打上夜的人。林之孝哀告道:「請二爺息怒,那些上夜的人,𣲖了他們,還敢偷懶?只是爺府上的規矩,三門裡一個男人不敢進去的,就是奴才們,裡頭不呌,也不敢進去。奴才在外同芸哥兒刻刻查㸃,見三門關的嚴嚴的,外頭的門一重没有開。那賊是從後夾道子来的。」賈璉道:「裡頭上夜的女人呢。」林之孝將分更上夜奉奶奶的命捆着等爺審問的話囬了。賈璉又問「包勇呢?」林之孝說:「又徃園裡去了。」賈璉便說:「去呌來。」小厮們便將包勇帶来。說:「還虧你在這裡,若没有你,只怕所有房屋裡的東西都搶了去了呢。」包勇也不言語。惜春恐他說出那話,心下着急。鳯姐也不敢言語。只見外頭說:「琥珀姐姐等囬来了。」大家見了,不免又哭一塲。
De retour à la maison, Jia Lian reçut le salut de Lin Zhixiao, qui le suivit directement à l’intérieur. Dans les appartements de l’aïeule, il trouva Xifeng et Xichun. Il était furieux, mais ne savait que dire. Il demanda à Lin Zhixiao : « Les gens des yamens sont-ils venus examiner les lieux ? »
Conscient de sa faute, Lin Zhixiao s’agenouilla et répondit : « Les bureaux civils et militaires ont envoyé leurs gens. Ils ont relevé les traces d’entrée et de sortie et examiné le cadavre. »
Jia Lian s’étonna : « Quel cadavre ont-ils encore examiné ? » Lin Zhixiao lui rapporta alors que le voleur tué par Bao Yong ressemblait au fils adoptif de Zhou Rui.
Jia Lian ordonna : « Faites venir Yun. » Jia Yun entra et s’agenouilla lui aussi pour recevoir ses ordres. Jia Lian lui demanda : « Quand tu as vu le maître, pourquoi ne lui as-tu pas dit que le fils adoptif de Zhou Rui était devenu voleur et avait été tué par Bao Yong ? »
Jia Yun répondit : « Les gardiens de nuit ont seulement dit qu’il lui ressemblait. Comme je craignais que cela ne fût pas exact, je ne l’ai pas rapporté. »
Jia Lian s’écria : « Quel imbécile ! Si tu me l’avais dit, nous aurions amené Zhou Rui pour qu’il l’identifie, et nous aurions aussitôt su la vérité. »
Lin Zhixiao dit : « Le yamen a maintenant exposé le cadavre à l’entrée du marché afin que quelqu’un le reconnaisse. »
Jia Lian répliqua : « Encore une sottise ! Si un homme devient voleur et se fait tuer, faudra-t-il que sa famille en réponde de sa vie ? »
Lin Zhixiao dit : « Il n’est pas nécessaire que sa famille vienne : votre serviteur le reconnaît lui-même. »
Jia Lian réfléchit : « C’est vrai. Je me souviens que l’homme que le premier maître Zhen voulait battre cette année-là n’était-il pas précisément de la famille de Zhou Rui ? » Lin Zhixiao répondit : « Il s’était battu avec Bao Er ; je l’avais vu à cette occasion. »
Jia Lian, plus irrité encore, voulut faire battre les gardiens de nuit. Lin Zhixiao le supplia : « Que le second maître apaise sa colère ! Ceux qui avaient été affectés à la garde auraient-ils osé paresser ? Seulement, d’après les règles de votre résidence, aucun homme n’ose franchir la troisième porte. Même nous, les serviteurs, nous n’entrons jamais sans être appelés de l’intérieur. Yun et moi sommes restés dehors à faire constamment nos rondes. La troisième porte était hermétiquement fermée, et aucune des portes extérieures ne s’est ouverte. Les voleurs sont venus par le passage de derrière. »
Jia Lian demanda : « Et les femmes qui montaient la garde à l’intérieur ? » Lin Zhixiao rapporta que, sur l’ordre de la seconde maîtresse, celles qui s’étaient relayées pendant les veilles avaient été ligotées dans l’attente de son interrogatoire.
Jia Lian demanda encore : « Où est Bao Yong ? » Lin Zhixiao répondit : « Il est reparti dans le jardin. » Jia Lian ordonna qu’on l’appelât. Les jeunes domestiques amenèrent Bao Yong.
Jia Lian lui dit : « Heureusement que tu te trouvais ici. Sans toi, je crains qu’ils n’eussent emporté tout ce que contiennent les appartements. » Bao Yong garda le silence. Xichun craignait qu’il ne racontât l’autre affaire et s’inquiétait fort ; Xifeng, elle non plus, n’osait rien dire.
On annonça alors du dehors : « Sœur Hupo et les autres sont revenues. » À leur vue, tout le monde éclata de nouveau en sanglots.
賈璉呌人檢㸃偷剰下的東西,只有些衣服尺頭錢箱未動,餘者都没有了。賈璉心裡更加着急,想着「外頭的棚杠銀、厨房的錢都没有付給,明兒拿什麽𮟃呢!」便呆想了一會。只見琥珀等進去,哭了一會,見箱櫃開着,所有的東西怎能記憶,便胡亂想猜,虛擬了一張失單,命人卽送到文武衙門。賈璉復又派人上夜。鳯姐、惜春各自囬房。賈璉不敢在家安歇,也不及埋怨鳯姐,竟自𮪍馬趕出城外。這裡鳳姐又恐惜春短見,又打發了豐兒過去安慰。
Jia Lian fit inventorier ce que les voleurs avaient laissé. Seuls quelques vêtements, des pièces d’étoffe et des coffres d’argent n’avaient pas été touchés ; tout le reste avait disparu. Il s’alarma davantage encore et songea : « Les frais des tentes funéraires et l’argent des cuisines ne sont toujours pas payés. Avec quoi réglerai-je demain ? » Il demeura un moment plongé dans une morne réflexion.
Hupo et les autres entrèrent et pleurèrent quelque temps. Voyant les coffres et les armoires ouverts, comment auraient-elles pu se rappeler tout ce qu’ils contenaient ? Elles cherchèrent au hasard dans leurs souvenirs, firent des conjectures et fabriquèrent une liste approximative des pertes, que Jia Lian envoya aussitôt aux bureaux civils et militaires.
Il affecta ensuite de nouvelles personnes à la garde de nuit. Xifeng et Xichun regagnèrent chacune leurs appartements. Jia Lian n’osa rester se reposer chez lui et n’eut même pas le temps de faire des reproches à Xifeng : il remonta à cheval et repartit directement hors de la ville. Xifeng, craignant que Xichun ne commît quelque geste désespéré, envoya Feng’er la réconforter.
天已二更。不言這裡賊去關門,衆人更加小心,誰敢睡覺。且說夥賊一心想着妙玉,知是孤菴女衆,不難欺負。到了三更靜,便拿了短兵器,帶了些悶香,跳上高墻。遠遠瞧見櫳翠菴内燈光猶亮,便潛身溜下,藏在房頭僻處。等到四更,見裡頭只有一盞海燈,妙玉一人在蒲團上打坐。歇了一㑹,便噯聲嘆氣的說道:「我自元墓到京,原想𫝊個名的,爲這裡請來,不能又棲他處。昨兒好心去瞧四姑娘,反受了這蠢人的氣,夜裡又受了大驚。今日囬来,那蒲團再坐不穏,只覺肉跳心驚。」因素常一個打坐的,今日又不肯呌人相伴。豈知到了五更,寒顫起來。正要呌人,只聼見窻外一响,想起昨晚的事,更加害怕,不免呌人。豈知那些婆子都不答應。自己坐着,覺得一股香氣透入顖門,便手足麻木,不能動弹,口裡也說不出話来,心中更自着急。只見一個人拿着明晃晃的刀進來。此時妙玉心中𨚫是明白,只不能動,想是要殺自己,索性橫了心,倒也不怕。那知那個人把刀挿在背後,騰出手來將妙玉輕輕的抱起,輕薄了一會子,便拖起背在身上。此時妙玉心中只是如醉如痴。可憐一個極潔極凈的女兒,被這强盗的悶香薰住,由着他掇弄了去了。
La deuxième veille avait déjà sonné. Sans reparler des voleurs qui avaient franchi les portes de la ville, chacun, dans la maison, redoublait de prudence : qui aurait osé dormir ?
Or l’un des voleurs ne songeait qu’à Miaoyu. Sachant qu’il s’agissait d’un ermitage isolé habité par des femmes, il estimait qu’il serait facile de les maîtriser. Au silence de la troisième veille, il prit une arme courte et de l’encens narcotique, puis escalada la haute muraille. De loin, il vit que des lampes brillaient encore dans l’ermitage des Bambous verts. Il se laissa furtivement glisser à l’intérieur et se cacha dans un coin écarté, près des bâtiments.
À la quatrième veille, il ne vit plus à l’intérieur qu’une lampe perpétuelle. Miaoyu méditait seule sur un coussin. Au bout d’un moment, elle poussa un soupir et dit : « Lorsque j’ai quitté Yuanmu pour venir à la capitale, j’espérais me faire un nom. Puisqu’on m’a invitée ici, je ne pouvais aller résider ailleurs. Hier, je me suis rendue par bonté auprès de la quatrième demoiselle, mais je n’ai fait que subir les insolences de cet imbécile, puis une grande frayeur pendant la nuit. Depuis mon retour aujourd’hui, je ne parviens plus à rester tranquille sur mon coussin ; ma chair tressaille et mon cœur tremble sans cesse. »
Comme elle avait toujours médité seule, elle n’avait pas voulu ce jour-là non plus demander à quelqu’un de lui tenir compagnie. À la cinquième veille, elle se mit pourtant à frissonner. Elle allait appeler quand un bruit retentit derrière la fenêtre. Se rappelant les événements de la veille, elle prit davantage peur et appela quelqu’un. Mais aucune des vieilles femmes ne répondit.
Toujours assise, elle sentit soudain un parfum pénétrer jusqu’au sommet de son crâne. Ses mains et ses pieds s’engourdirent ; elle ne put plus bouger ni prononcer une parole, ce qui augmenta encore son angoisse. Elle vit alors entrer un homme tenant un couteau étincelant.
Miaoyu avait l’esprit parfaitement lucide, mais elle ne pouvait remuer. Pensant qu’il allait la tuer, elle s’arma de résolution et ne ressentit plus aucune peur. Mais l’homme remit son couteau derrière son dos, libéra ses mains, souleva doucement Miaoyu et la lutina un moment ; puis il la hissa sur son dos et l’emporta. Miaoyu, à cet instant, était comme ivre et privée de raison.
Hélas ! Cette jeune fille d’une pureté et d’une propreté extrêmes, paralysée par l’encens narcotique du brigand, fut emportée et livrée sans défense à ses manipulations.
𨚫說這賊背了妙玉來到園後墻邉,搭了軟梯,𭺗上墻跳出去了。外邊早有夥計弄了車輛在園外等着,那人將妙玉放倒在車上,反打起官銜燈籠,呌開柵欄,急急行到城門,正是開門之時。門官只知是有公幹出城的,也不及查詰。赶出城去,那夥賊加鞭赶到二十里坡,和衆强徒打了照面,各自分頭奔南海而去。不知妙玉被刼或是甘受汚辱,還是不屈而死,不知下落,也難妄擬。
Le voleur, portant Miaoyu sur son dos, gagna la muraille arrière du jardin. Il dressa une échelle de corde, monta au sommet du mur et sauta dehors. Un complice avait déjà préparé une voiture et l’attendait hors du jardin. L’homme étendit Miaoyu dans la voiture, puis alluma, pour donner le change, une lanterne portant un titre officiel. Il se fit ouvrir les barrières et se hâta vers la porte de la ville au moment précis où celle-ci s’ouvrait.
Les gardes crurent qu’il sortait pour une mission officielle et n’eurent pas le temps de l’interroger. Une fois hors de la ville, les voleurs fouettèrent leurs chevaux jusqu’à la colline des Vingt-Lis. Ils y rejoignirent le reste de la bande, puis se séparèrent pour fuir vers les mers du Sud.
Miaoyu fut-elle seulement enlevée, consentit-elle à subir la souillure, ou mourut-elle plutôt que de céder ? Nul ne sait ce qu’elle devint, et il serait difficile de le conjecturer sans fondement.
只言櫳翠𤲅一個跟妙玉的女尼,他本住在静寳後面,睡到五更,聼見前面有人聲响,只道妙玉打坐不安。後來聼見有男人脚歩,門牕响動,欲要起来瞧看,只是身子發軟懶怠開口,又不聼見妙玉言語,只睁着兩眼聽着。到了天亮,終覺得心裡淸楚,披衣起來,呌了道婆預偹妙玉茶水,他便往前面來看妙玉。豈知妙玉的踪跡全無,門𥦗大開。心裡咤異,昨晚响動甚是疑心,說:「這様早,他到那裡去了?」走出院門一看,有一個軟梯靠墻立着,地下還有一把刀鞘,一條搭膊,便道:「不好了,昨晚是賊燒了悶香了!」急呌人起來查看,菴門仍是𦂳閉。那些婆子女侍們都說:「昨夜煤氣熏着了,今早都起不起来,這麽早呌我們做什麽。」那女尼道:「師父不知那裡去了。」衆人道:「在觀音堂打坐呢。」女尼道:「你們𮟃做夢呢,你来瞧瞧。」衆人不知,也都着忙,開了菴門,滿園裡都找到了,「想來或是到四姑娘那裡去了。」衆人來叩腰門,又被包勇罵了一頓。衆人說道:「我們妙師父昨晚不知去向,所以來找。求你老人家呌開腰門,問一問來了没来就是了。」包勇道:「你們師父引了賊來偷我們,已經偷到手了,他跟了賊去受用去了。」衆人道:「阿彌陀佛,說這些話的防着下割舌地獄!」包勇生氣道:「胡說,你們再閙我就要打了。」衆人陪笑央告道:「求爺呌開門我們瞧瞧,没若有,再不敢驚動你太爺了。」包勇道:「你不信你去找,若没有,囘來問你們。」包勇說着呌開腰門,衆人且找到惜春那裡。
Parlons seulement d’une religieuse de l’ermitage des Bambous verts qui servait Miaoyu. Elle logeait derrière Jingbao. Vers la cinquième veille, elle entendit du bruit à l’avant et crut que Miaoyu ne parvenait pas à méditer en paix. Puis elle distingua des pas d’homme et le bruit des portes et des fenêtres. Elle voulut se lever pour regarder, mais son corps était sans force et elle répugnait à ouvrir la bouche. Comme elle n’entendait pas non plus Miaoyu parler, elle resta les yeux ouverts à écouter.
À l’aube, son esprit finit par retrouver sa clarté. Elle passa un vêtement, ordonna à une desservante de préparer le thé de Miaoyu et se rendit elle-même à l’avant. Mais Miaoyu avait entièrement disparu et portes et fenêtres étaient grandes ouvertes. Très étonnée, elle se rappela avec suspicion les bruits de la nuit : « Où a-t-elle pu aller de si bonne heure ? »
En sortant dans la cour, elle vit une échelle de corde appuyée contre le mur ; à terre se trouvaient encore un fourreau et une ceinture de portage. Elle s’écria : « Malheur ! Les voleurs ont brûlé de l’encens narcotique cette nuit ! » Elle appela vivement tout le monde pour procéder à des recherches. La porte de l’ermitage était pourtant toujours hermétiquement fermée.
Les vieilles femmes et les servantes dirent toutes : « Les fumées du charbon nous ont asphyxiées cette nuit, et ce matin aucune de nous ne peut se lever. Pourquoi nous appelez-vous si tôt ? »
La religieuse répondit : « On ne sait pas où est passée notre maîtresse. » Elles dirent : « Elle médite dans le pavillon de Guanyin. » La religieuse répliqua : « Vous rêvez encore ! Venez voir vous-mêmes. »
Ignorant ce qui s’était passé, elles s’affolèrent toutes. Elles ouvrirent la porte de l’ermitage et cherchèrent partout dans le jardin. Enfin, elles dirent : « Elle est peut-être allée chez la quatrième demoiselle. »
Elles vinrent frapper à la porte latérale et reçurent encore une bordée d’injures de Bao Yong. Elles expliquèrent : « Nous ignorons où notre maîtresse Miaoyu est passée cette nuit, et nous sommes venues la chercher. Nous vous en prions, honorable monsieur, faites ouvrir la porte latérale afin que nous demandions simplement si elle est venue. »
Bao Yong répondit : « Votre maîtresse a amené des voleurs pour nous cambrioler. Maintenant qu’ils ont réussi leur coup, elle les a suivis pour prendre du bon temps avec eux. »
Les femmes s’écrièrent : « Amitabha ! Celui qui tient de tels propos doit craindre l’enfer où l’on arrache la langue ! »
Bao Yong se fâcha : « Assez de sottises ! Si vous continuez ce tapage, je vous frappe. »
Elles sourirent humblement et le supplièrent : « Monsieur, veuillez faire ouvrir la porte et nous laisser regarder. Si elle ne s’y trouve pas, nous n’oserons plus déranger votre seigneurie. »
Bao Yong dit : « Puisque vous ne me croyez pas, allez donc chercher. Si elle n’y est pas, vous aurez affaire à moi en revenant. » Là-dessus, il fit ouvrir la porte latérale, et elles allèrent d’abord chercher chez Xichun.
惜春正是愁悶,惦着「妙玉淸早去後不知𦗟見我們姓包的話了没有,只怕又得罪了他,以後總不肯來。我的知己是没有了。况我現在寔難見人。父母早死,嫂子嫌我,頭裡有老太太,到底還疼我些,如今也𭮀了,留下我孤苦伶仃,如何了局!」想到:「迎春姐姐磨折死了,史姐姐守着病人,三姐姐遠去,這都是命裡所招,不能自由。獨有妙玉如閒雲野鶴,無拘無束。我能學他,就造化不小了。但我是世家之女,怎能遂意。這囬看家已大躭不是,還有何顔在這裡。又恐太太們不知我的心事,將來的後事如何呢?」想到其間,便要把自己的靑絲絞去,要想出家。彩屏等聼見,急忙來勸,豈知已將一半頭髮絞去。彩屏愈加着忙,說道:「一事不了又出一事,這可怎麼好呢!」正在吵閙,只見妙玉的道婆來找妙玉。彩屏問起來由,先唬了一跳,說是昨日一早去了没來。裡靣惜春聼見,急忙問道:「那裡去了?」道婆們將昨夜𦗟見的响動,被煤氣董着,今早不有見妙玉,菴内梯刀鞘的話說了一遍。惜春驚疑不定,想起昨日包勇的話來,必是那些强盗看見了他,昨晚搶去了也未可知。但是他素來孤潔的狠,豈肯惜命?「怎麽你們都没𦗟見麽?」衆人道:「怎麽不𦘏見!只是我們這些人都是睁着眼連一句話也說不出,必是那賊子燒了悶香。妙姑一人想也被賊悶住,不能言語。况且賊人必多,拿刀弄杖威逼着,他還敢聲喊麽?」正說着,包勇又在腰門那裡嚷,說:「裡頭快把這些混賬的婆子赶了出来罷,快關腰門!」彩屏𦗟見恐躭不是,只得呌婆子出去,呌人關了腰門。惜春于是更加苦楚,無奈彩屏等再三以禮相勸,仍舊將一半靑絲籠起。大家啇議不必聲張,就是妙玉被搶也當作不知,且等老爺太太囬来再說。惜春心裡的死定下一個出家的念頭,暫且不提。
Xichun était justement plongée dans la tristesse. Elle songeait : « Après son départ de bon matin, Miaoyu aura-t-elle entendu ce qu’a dit cet homme nommé Bao ? Je crains qu’il ne l’ait encore offensée et qu’elle refuse désormais de revenir. Je n’aurai plus de confidente. Et moi-même, je peux difficilement paraître devant les autres. Mes parents sont morts tôt, ma belle-sœur ne peut me souffrir. Tant que l’aïeule était là, elle avait encore quelque tendresse pour moi ; maintenant qu’elle est morte, elle me laisse seule et abandonnée. Comment tout cela finira-t-il ? »
Elle poursuivit ses réflexions : « Ma sœur Yingchun a été tourmentée jusqu’à la mort ; sœur Shi veille un malade ; la troisième demoiselle est partie au loin. Tout cela leur était destiné, elles n’étaient pas libres de leur sort. Seule Miaoyu est pareille au nuage oisif et à la grue sauvage, sans lien ni entrave. Si je pouvais l’imiter, ce serait une grande chance. Mais je suis la fille d’une ancienne famille : comment ferais-je à mon gré ? En gardant cette fois la maison, je me suis déjà chargée d’une lourde faute. De quel front resterais-je encore ici ? Et je crains que les dames ne connaissent pas mes véritables sentiments : quel avenir me réserveront-elles ? »
À cette pensée, elle voulut couper ses cheveux noirs et quitter le monde. Caiping et les autres, l’ayant appris, accoururent pour l’en dissuader ; mais elle en avait déjà coupé la moitié. Caiping, plus affolée encore, dit : « Une affaire n’est pas terminée qu’une autre survient ! Comment arranger cela ? »
Au milieu de ce tumulte, les desservantes de Miaoyu arrivèrent à sa recherche. Caiping leur en demanda la raison et sursauta de frayeur. Elle leur dit que Miaoyu était partie tôt la veille et n’était pas revenue.
Depuis l’intérieur, Xichun entendit ces paroles et demanda précipitamment : « Où est-elle allée ? » Les desservantes racontèrent les bruits entendus pendant la nuit, les fumées de charbon qui les avaient étourdies, la disparition de Miaoyu au matin, ainsi que l’échelle et le fourreau découverts dans l’ermitage.
Xichun, partagée entre la stupeur et le doute, se rappela les paroles de Bao Yong. Les brigands avaient certainement aperçu Miaoyu la veille et avaient peut-être bien dû l’enlever pendant la nuit. Mais elle avait toujours été d’une farouche pureté : aurait-elle consenti à sauver sa vie ? Xichun demanda : « Comment se fait-il qu’aucune de vous n’ait rien entendu ? »
Elles répondirent : « Comment n’aurions-nous rien entendu ? Mais nous gardions les yeux ouverts sans pouvoir prononcer une seule parole. Les voleurs avaient sûrement brûlé de l’encens narcotique. Miaoyu, étant seule, aura elle aussi été paralysée et incapable de parler. D’ailleurs, les brigands devaient être nombreux ; s’ils la menaçaient avec des couteaux et des bâtons, aurait-elle osé appeler au secours ? »
Tandis qu’elles parlaient, Bao Yong cria de nouveau près de la porte latérale : « Qu’on fasse vite sortir ces maudites vieilles femmes et qu’on referme la porte ! » Caiping, craignant d’être tenue pour responsable, dut les faire sortir et ordonna qu’on fermât la porte latérale.
Xichun en éprouva une douleur plus grande encore. Cependant, Caiping et les autres la raisonnèrent à maintes reprises en invoquant les convenances, puis relevèrent et arrangèrent la moitié de ses cheveux qui lui restait. Toutes convinrent de ne pas ébruiter l’affaire : même si Miaoyu avait été enlevée, elles feraient comme si elles n’en savaient rien et attendraient le retour des maîtres et des dames pour en parler. Dès cet instant, Xichun arrêta fermement dans son cœur la résolution de quitter le monde. N’en parlons plus pour le moment.
且說賈璉囬到鐵檻寺,將到家中查㸃了上夜的人,開了失单報去的話囬了。賈政道:「怎様開的?」賈璉便將琥珀所記得的數目單子呈出,並說:「這上頭元𡚱賜的東西已經註明。還有那人家不大有的東西不便開上,等侄兒脫了孝出去托人細細的緝訪,少不得弄出來的。」賈政𦗟了合意,就㸃頭不言。賈璉進内見了邢王二夫人,商量着「勸老爺早些囬家纔好呢,不然都是亂麻是的。」邢夫人道:「可不是,我們在這裡也是驚心吊胆。」賈璉道:「這是我們不敢說的,𮟃是太太的主意二老爺是依的。」邢夫人便與王夫人啇議妥了。
Jia Lian retourna au temple du Seuil de fer et rapporta qu’il avait inspecté la maison, interrogé les gardiens de nuit, dressé la liste des pertes et l’avait envoyée aux autorités.
Jia Zheng demanda : « Comment l’avez-vous établie ? » Jia Lian présenta alors la liste des quantités dont Hupo s’était souvenue et ajouta : « Les objets accordés par la concubine impériale Yuanchun y sont expressément signalés. Il y avait encore des pièces rares, qu’on ne trouve guère dans les autres familles, mais il n’était pas commode de les inscrire. Quand votre neveu aura quitté le deuil, il chargera quelqu’un de mener discrètement des recherches minutieuses ; nous finirons certainement par les retrouver. »
Jia Zheng, satisfait de cette réponse, hocha la tête sans rien dire. Jia Lian entra voir Mesdames Xing et Wang et leur dit : « Il faudrait persuader le maître de rentrer bientôt. Sinon, tout restera aussi embrouillé qu’un écheveau. »
Madame Xing répondit : « Assurément. Nous restons ici le cœur suspendu par la peur. » Jia Lian dit : « Nous autres, nous n’osons pas lui en parler. Mais si l’idée vient de vous, le second maître vous écoutera. » Madame Xing se concerta alors avec Madame Wang, et elles se mirent d’accord.
過了一夜,賈政也不放心,打發寳玉進來說:「請太太們今日囬家,過兩三日再来。家人們已經派定了,裹頭請太太們𣲖人罷。」邢夫人派了鸚哥等一干人伴靈,將周瑞家的等人派了總管,其餘上下人等都囬去。一時忙亂套車備馬。賈政等在賈母靈前辭别,衆人又哭了一場。都起來正要走時,只見趙姨娘還𭺗在地下不起。周姨娘打諒他還哭,便去拉他。豈知趙姨媽滿嘴白沫,眼睛直𥪡,把舌頭吐出,反把家人唬了一大跳。賈𤨔過來亂嚷。趙姨娘醒來說道:「我是不囬去的,跟着老太太囬南去。」衆人道:「老太太那用你来!」趙姨娘道:「我跟了一輩子老太太,大老爺還不依,弄神弄鬼的來筭計我。我想仗着馬道婆要出出我的氣,銀子白花了好些,也没有弄死了一個。如今我囬去了,又不知誰来算計我。」衆人𦗟見,早知是鴛鴦附在他身上。邢王二夫人都不言語瞅着。只有彩雲等代他央告道:「鴛鴦姐姐,你死是自己願意的,與趙姨娘什麽相干,放了他罷。」見邢夫人在這裡,也不敢說别的。趙姨娘道:「我不是鴛鴦,他早到仙界去了。我是閻王差人拿我去的,要問我爲什麽和馬婆子用魘魔法的案件。」說着便呌「好璉二奶奶,你在這裡老爺面前少頂一句兒罷,我有一千日的不好還有一天的好呢。好二奶奶,親二奶奶,並不是我要害你,我一時糊塗,𦗟了那個老娼婦的話。」正閙着,賈政打發人進來呌𤨔兒。婆子們去囬說:「趙姨娘中了邪了,三爺看着呢。」賈政道:「没有的事,我們先走了。」于是爺們等先囬。這裡趙姨娘還是混說,一時救不過來。邢夫人恐他又說出什麽來,便說:「多𣲖幾個人在這裡瞧着他,偺們先走,到了城裡打發大夫出來瞧罷。」王夫人本嫌他,也打撒手兒;寳釵本是仁𫝗的人,雖想着他害寳玉的事,心裡究竟過不去,背地裡托了周姨娘在這裡照應;周姨娘也是個好人,便應承了。李紈說道:「我也在這裡罷。」王夫人道:「可以不必。」于是大家都要起身。賈𤨔急忙道:「我也在這裡嗎?」王夫人啐道:「糊𡍼東西!你姨媽的𭮀活都不知,你還要走嗎!」賈環就不敢言語了。寳玉道:「好兄弟,你是走不得的。我進了城打發人來瞧你。」說𭺾,都上車囬家。寺裡只有趙姨娘、賈𤨔、鸚鵡等人。
Une nuit passa. Jia Zheng, lui aussi inquiet, envoya Baoyu leur transmettre ce message : « Que les dames rentrent aujourd’hui et reviennent dans deux ou trois jours. Les domestiques de l’extérieur ont déjà reçu leurs tâches ; que les dames affectent elles-mêmes ceux de l’intérieur. »
Madame Xing désigna Yingge et plusieurs autres pour veiller le cercueil et plaça la femme de Zhou Rui et ses compagnes à la direction du service. Tous les autres, supérieurs comme subalternes, devaient rentrer. Dans une grande agitation, on attela les voitures et prépara les montures.
Jia Zheng et les autres prirent congé devant le cercueil de l’aïeule, et tous pleurèrent de nouveau. Ils se relevaient pour partir lorsqu’ils virent que la concubine Zhao était toujours étendue à terre. La concubine Zhou, pensant qu’elle pleurait encore, alla la relever. Mais la bouche de la concubine Zhao était pleine d’écume blanche, ses yeux restaient fixes et sa langue pendait ; toute la maisonnée en fut épouvantée. Jia Huan accourut en criant.
La concubine Zhao reprit connaissance et déclara : « Je ne rentrerai pas. Je suivrai l’aïeule dans le Sud. »
Tous dirent : « Qu’aurait-elle besoin de vous ? »
La concubine Zhao répondit : « J’ai servi l’aïeule toute ma vie, mais le premier maître ne me laisse toujours pas en paix et emploie dieux et démons pour comploter contre moi. Je comptais sur la nonne Ma pour assouvir ma colère ; j’ai dépensé inutilement beaucoup d’argent sans parvenir à tuer une seule personne. Si je rentre maintenant, je ne sais pas encore qui cherchera à me perdre. »
À ces mots, tous crurent comprendre que Yuanyang avait pris possession de son corps. Mesdames Xing et Wang la regardaient sans rien dire. Seules Caiyun et les autres intercédèrent pour elle : « Sœur Yuanyang, tu as choisi toi-même de mourir. En quoi la concubine Zhao est-elle responsable ? Laisse-la donc. » Comme Madame Xing était présente, elles n’osèrent rien ajouter.
La concubine Zhao dit : « Je ne suis pas Yuanyang ; elle a depuis longtemps gagné le monde des Immortels. Le roi Yama a envoyé quelqu’un me chercher afin de m’interroger dans l’affaire des sortilèges que j’ai pratiqués avec la vieille Ma. »
Puis elle appela : « Bonne seconde maîtresse Lian, devant le maître, dites donc un mot de moins contre moi ! Même si j’ai été mauvaise mille jours, j’ai bien dû être bonne un seul jour. Bonne maîtresse, chère maîtresse, ce n’est pas moi qui voulais vous faire du mal. J’ai perdu la tête un instant et écouté cette vieille prostituée. »
Au milieu de ce tumulte, Jia Zheng envoya quelqu’un appeler Huan. Les vieilles femmes allèrent répondre : « La concubine Zhao est possédée ; le troisième maître reste auprès d’elle. » Jia Zheng dit : « Absurdités ! Partons les premiers. » Les maîtres et les jeunes hommes repartirent donc avant les autres.
La concubine Zhao continuait à délirer et ne revenait pas à elle. Madame Xing, craignant qu’elle ne révélât encore quelque chose, dit : « Laissons ici plusieurs personnes pour la surveiller et partons. De retour en ville, nous enverrons un médecin l’examiner. »
Madame Wang, qui avait toujours détesté la concubine Zhao, s’en désintéressa entièrement. Baochai était naturellement généreuse et bonne ; bien qu’elle se rappelât que cette femme avait voulu nuire à Baoyu, elle ne put se résoudre à l’abandonner. En secret, elle pria la concubine Zhou de rester et de veiller sur elle. Celle-ci, qui était également une brave personne, accepta.
Li Wan dit : « Je peux rester moi aussi. » Madame Wang répondit : « Ce n’est pas nécessaire. » Tous s’apprêtèrent donc à partir.
Jia Huan demanda précipitamment : « Dois-je rester ici, moi aussi ? » Madame Wang lui cracha avec mépris : « Imbécile ! Ta mère peut mourir ou vivre, tu n’en sais rien, et tu voudrais encore t’en aller ? » Jia Huan n’osa plus parler.
Baoyu lui dit : « Mon bon frère, tu ne peux pas partir. Une fois rentré en ville, j’enverrai quelqu’un prendre de tes nouvelles. » Là-dessus, tous montèrent en voiture et regagnèrent la maison. Il ne resta dans le temple que la concubine Zhao, Jia Huan, Yingwu et quelques autres.
賈政、邢夫人等先後到家,到了上房哭了一塲。林之孝帶了家下衆人請了安,跪着。賈政喝道:「去罷!明日問你!」姐鳯那日發暈了几次,竟不能出接,只有惜春見了,覺得滿面差慚。邢夫人也不理他,王夫人仍是照常,李紈、寳釵拉着手說了几句話。獨有尤氏說道:「姑娘,你操心了,倒照應了好几天!」惜春一言不答,只紫漲了臉。寶釵將尤氏一拉,使了個眼色。尤氏等各自歸房去了。賈政畧畧的看了一看,嘆了口氣,並不言語。到書房席地坐下,呌了賈璉、賈蓉、賈芸吩咐了几句話。寳玉要在書房来陪賈政,賈政道:「不必。」蘭兒仍跟他母親。一宿無話。
Jia Zheng, Madame Xing et les autres arrivèrent successivement à la maison. Ils se rendirent dans les appartements principaux et y pleurèrent quelque temps. Lin Zhixiao conduisit devant eux tous les domestiques de la maison, qui les saluèrent à genoux.
Jia Zheng leur cria : « Allez-vous-en ! Je vous interrogerai demain ! »
Ce jour-là, Xifeng s’était évanouie plusieurs fois et ne put sortir pour les accueillir. Seule Xichun se présenta devant eux, le visage plein de honte. Madame Xing ne lui prêta aucune attention ; Madame Wang la traita comme d’ordinaire ; Li Wan et Baochai lui prirent la main et lui adressèrent quelques mots.
Seule Madame You lui dit : « Mademoiselle, vous avez pris bien de la peine et veillé sur tout pendant plusieurs jours ! » Xichun ne répondit pas ; son visage devint pourpre. Baochai tira Madame You par la manche et lui fit un signe des yeux. Madame You et les autres regagnèrent chacune leurs appartements.
Jia Zheng jeta un bref regard autour de lui, poussa un soupir et ne dit rien. Il se rendit dans son cabinet et s’assit à même le sol. Il fit appeler Jia Lian, Jia Rong et Jia Yun et leur donna quelques instructions. Baoyu voulut rester dans le cabinet pour tenir compagnie à Jia Zheng, mais celui-ci dit : « Ce n’est pas nécessaire. » Lan resta auprès de sa mère. La nuit se passa sans autre incident.
次日,林之孝一早進書房跪着,賈政將前後被盗的事問了一遍。並將周瑞供了出来,又說:「衙門拿住了鮑二,身邊搜出了失單上的東西。現在夾訊,要在他身上要這一夥賊呢。」賈政聼了大怒道:「家奴負恩,引賊偷窃家主,真是反了!」立刻呌人到城外將周瑞捆了,送到衙門審問。林之孝只管跪着不敢起來。賈政道:「你還跪着做什麽?」林之孝道:「奴才該死,求老爺開恩。」正說著,賴大等一千辦事家人上來請了安,呈上喪事賬簿。賈政道:「交給璉二爺算明了来囬。」䶸喝着林之孝起來出去了。賈璉一腿跪着,在賈政身邊說了一句話。賈政把眼一瞪道:「胡說,老太太的事,銀兩被賊偷去,就該罰奴才拿出來麽!」賈璉紅了臉不敢言語,跕起來也不敢動。賈政道:「你媳婦怎麼樣?」賈璉又跪下說:「看來是不中用了。」賈政嘆口氣道:「我不料家運衰敗一至如此!况且𤨔哥兒他媽尙在廟中病着,也不知是什麽症候,你們知道不知道?」賈璉也不敢言語。賈政道:「傳出話去,呌人帶了大夫瞧去。」賈璉卽忙答應着出来,呌人帶了大夫到鐵檻寺去瞧趙姨娘。未知死活,下囬分解。
Le lendemain, Lin Zhixiao entra de bonne heure dans le cabinet et s’agenouilla. Jia Zheng l’interrogea sur tous les détails du cambriolage. Lin Zhixiao dénonça également Zhou Rui et ajouta : « Le yamen a arrêté Bao Er. On a trouvé sur lui des objets inscrits sur la liste des pertes. Il est maintenant soumis à la question afin qu’on lui fasse livrer toute la bande. »
Jia Zheng entra dans une grande colère : « Un esclave de la maison trahit les bienfaits reçus et introduit des voleurs pour dérober son maître ! C’est une véritable rébellion ! » Il ordonna aussitôt qu’on se rendît hors de la ville, qu’on ligotât Zhou Rui et qu’on le livrât au yamen pour interrogatoire.
Lin Zhixiao restait à genoux, sans oser se relever. Jia Zheng lui demanda : « Pourquoi es-tu encore agenouillé ? » Lin Zhixiao répondit : « Votre serviteur mérite la mort. Que le maître lui fasse grâce ! »
À cet instant, Lai Da et une foule de domestiques chargés des affaires vinrent présenter leurs salutations et remirent les livres de comptes des funérailles. Jia Zheng dit : « Donnez-les au second maître Lian. Qu’il vérifie les comptes et vienne m’en rendre compte. » Puis il cria à Lin Zhixiao de se relever et de sortir.
Jia Lian mit un genou en terre près de Jia Zheng et lui glissa quelques mots. Jia Zheng ouvrit de grands yeux : « Absurde ! Parce que l’argent destiné aux funérailles de l’aïeule a été volé, faudrait-il obliger les serviteurs à le remplacer comme punition ? »
Jia Lian rougit et n’osa parler. Il se releva à demi, sans oser bouger. Jia Zheng demanda : « Comment va ta femme ? » Jia Lian se remit à genoux et répondit : « À ce qu’il semble, elle ne s’en tirera pas. »
Jia Zheng soupira : « Je n’aurais jamais pensé que la fortune de notre famille pût décliner à ce point ! De plus, la mère de Huan est toujours malade au temple. On ignore même de quel mal elle souffre. Le savez-vous, oui ou non ? » Jia Lian n’osa toujours rien dire.
Jia Zheng ordonna : « Faites transmettre l’ordre qu’on conduise un médecin auprès d’elle. » Jia Lian acquiesça rapidement, sortit et chargea quelqu’un de mener un médecin au temple du Seuil de fer afin d’examiner la concubine Zhao. On ignore si elle survivra ; la suite l’expliquera au prochain récit.
Notes
活𡨚孽 : l’expression désigne une personne devenue, de son vivant, victime ou incarnation d’un injuste enchaînement karmique ; elle annonce le rapt de Miaoyu.
大刼 : signifie à la fois « grande calamité » et, par homophonie avec 劫, un rapt violent ; le titre joue sur les deux sens.
甄府 : le patronyme 甄, « Zhen », s’entend comme 真, « vrai », en contraste ironique avec 賈, « Jia », homophone de 假, « faux ».
悶香 : encens ou drogue fumigène censé engourdir les victimes et les priver de parole.
三門 : limite intérieure d’une grande résidence, au-delà de laquelle les serviteurs masculins ne pouvaient normalement pénétrer.
海燈 : lampe bouddhique alimentée pour brûler durablement devant une image ou dans un lieu de méditation.
下割舌地獄 : l’enfer où l’on arrache la langue est réservé, dans l’imaginaire bouddhique populaire, aux calomniateurs et aux menteurs.
閻王 : le roi Yama, juge des morts, préside les tribunaux du monde souterrain.