Lavis à l’encre : Sun Wukong, le Roi Singe, debout au sommet d’un piton rocheux au-dessus d’une mer de nuages, vêtu d’une tunique ceinte, un cerceau d’or autour de la tête et son long bâton de fer à la main ; des pics émergent au loin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

La Pérégrination vers l’Ouest

Le Voyage en Occident, Le Roi-Singe

Wou Tcheng-en, 1592. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.

Traduction française assistée par intelligence artificielle, établie pour Chine Informations à partir du texte chinois original, puis relue par la rédaction. Aucune traduction française du 西遊記 n’est dans le domaine public : le roman est absent du Wikisource français, et les deux traductions intégrales existantes (Louis Avenol, 1957 ; André Lévy, 1991) sont sous droits. Le texte français ci-dessous a donc été établi à partir du seul chinois de 1592, chapitre par chapitre, par le modèle OpenAI gpt-5.6-sol, puis relu ; le chinois en regard, lui, est recopié verbatim et permet de le contrôler caractère par caractère. Le texte chinois est dans le domaine public ; la traduction française est protégée : © Chine Informations (chine.in), tous droits réservés.

Chapitre 22 Bajie livre un grand combat dans la Rivière des Sables Mouvants, — Muzha, exécutant la Loi, reçoit Wujing.

Bajie livre un grand combat dans la Rivière des Sables Mouvants,

Muzha, exécutant la Loi, reçoit Wujing.

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Or donc, le moine des Tang et ses deux disciples, délivrés de leur épreuve, poursuivirent leur route. Quelques jours plus tard, ils avaient franchi la Crête du Vent Jaune et avançaient vers l’ouest à travers une vaste plaine. Le temps passa rapidement : l’été s’écoula, puis vint l’automne ; les cigales frileuses chantaient dans les saules flétris, et le Grand Feu déclinait vers l’occident. Comme ils cheminaient, ils virent soudain un large cours d’eau aux flots déchaînés, où se soulevaient des vagues troubles. Du haut de son cheval, Sanzang s’écria en hâte : « Disciples, voyez comme ces eaux sont vastes ! Pourquoi n’aperçoit-on aucun bateau ? Par où allons-nous passer ? » Bajie regarda et dit : « Ce sont vraiment des flots furieux, et il n’y a point de barque pour les traverser. » Le pèlerin bondit dans les airs et, la main en auvent au-dessus des yeux, observa les lieux. Lui-même en fut alarmé : « Maître, voilà qui est vraiment difficile, vraiment difficile ! Pour traverser cette rivière, le vieux Sun n’aurait qu’à se tortiller un peu les reins et se retrouverait de l’autre côté ; mais pour vous, maître, la traversée est mille fois difficile, et le passage impraticable pour dix mille ans. » Le Sanzang demanda : « À perte de vue, je n’en distingue pas les limites. Quelle est donc sa largeur ? » Le pèlerin répondit : « Elle fait environ huit cents lis d’une rive à l’autre. » Bajie demanda : « Frère, comment peux-tu en fixer ainsi la distance ? » Le pèlerin répondit : « Je ne te le cacherai pas, digne frère : en plein jour, mes deux yeux discernent d’ordinaire le bonheur et le malheur à mille lis de distance. À l’instant, depuis les airs, je n’ai pu voir jusqu’où cette rivière s’étendait en amont ni en aval, mais j’ai constaté qu’elle mesurait bien huit cents lis d’une rive à l’autre. » Le vénérable, inquiet et tourmenté, fit faire demi-tour à son cheval. Soudain, il aperçut sur la berge une stèle de pierre. Tous trois s’en approchèrent et virent, gravés en caractères sigillaires, les trois mots « Rivière des Sables Mouvants » ; plus bas figuraient quatre petites lignes en écriture régulière :

Huit cents lis dans le domaine des Sables Mouvants,

Trois mille brasses au profond des eaux faibles.

Une plume d’oie ne peut y flotter,

Une fleur de roseau y coule jusqu’au fond.

Tandis que le maître et ses disciples lisaient l’inscription, ils entendirent les vagues se dresser comme des montagnes et les flots se renverser tels des crêtes. Du milieu de la rivière jaillit brusquement un monstre d’une féroce laideur :

Sur sa tête, des cheveux rouges comme une flamme, épars et touffus ;

Deux yeux ronds, brillants comme des lampes.

Son visage, ni noir ni vert, était bleu comme l’indigo ;

Sa voix de vieux dragon grondait comme le tonnerre et les tambours.

Il portait un manteau jaune d’oison,

Et sa taille était ceinte de rotin blanc noué en doubles boucles.

Neuf crânes pendaient à son cou,

Et dans sa main se dressait un imposant bâton précieux.

便使

Le monstre, porté par un tourbillon, se précipita sur la berge et fonça droit sur le moine des Tang. Affolé, le pèlerin saisit son maître, gravit en hâte la rive élevée et l’emmena hors d’atteinte. Bajie posa les bagages, tira son râteau à pointes et en frappa le monstre, qui para le coup de son bâton précieux. Tous deux, sur la rive de la Rivière des Sables Mouvants, rivalisèrent alors de vaillance. Ce fut un beau combat :

戧。

Râteau à neuf dents, bâton dompteur de démons : tous deux s’affrontent sur la berge.

L’un est le Grand Marshal Tianpeng, commandant suprême ; l’autre, le Général qui relevait le Rideau, banni du Ciel.

Jadis ils s’étaient rencontrés au Palais des Brumes Divines ; aujourd’hui ils disputent de force et de bravoure.

Le râteau de l’un va sonder un dragon aux griffes tendues ; le bâton de l’autre pare un éléphant qui grince des dents.

Ils déploient la grande garde carrée, puis s’enfoncent dans une charge contre le vent.

L’un frappe à l’aveugle et sans répit ; l’autre riposte sans trouble et sans laisser de vide.

L’un est un mangeur d’hommes qui occupe depuis longtemps le domaine des Sables Mouvants ; l’autre, un guerrier qui cultive la Voie en observant l’enseignement bouddhique.

Ils allèrent et revinrent ainsi pendant vingt passes sans parvenir à se départager.

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Le Grand Saint protégeait le moine des Tang, tenait le cheval et gardait les bagages. En voyant Bajie lutter contre le monstre, il grinçait des dents, se frottait les paumes et serrait les poings, tant il brûlait d’aller le frapper. N’y tenant plus, il tira son bâton et dit : « Maître, restez assis et n’ayez crainte. Le vieux Sun va aller s’amuser un peu avec lui. » Son maître eut beau s’efforcer de le retenir, il poussa un cri, bondit en avant et arriva au moment où le monstre et Bajie se battaient avec le plus d’ardeur, sans que l’un pût se dégager de l’autre. Le pèlerin fit tournoyer son bâton de fer et en asséna un coup sur la tête du monstre. Celui-ci se retourna vivement, esquiva de justesse et plongea droit dans la Rivière des Sables Mouvants. Bajie, furieux, sautait sur place : « Frère, qui t’a demandé de venir ? Les gestes du monstre se ralentissaient peu à peu, et il avait du mal à parer mon râteau. En trois ou cinq passes de plus, je le capturais ! Mais en te voyant si redoutable, il a fui le combat. Qu’allons-nous faire maintenant ? » Le pèlerin répondit en riant : « Frère, pour tout te dire, depuis que nous avons soumis le Monstre du Vent Jaune et quitté la montagne, voilà plus d’un mois que je n’ai pas manié mon bâton. En vous voyant vous battre de si belle manière, mes pieds me démangeaient irrésistiblement ; j’ai donc bondi ici pour m’amuser un peu. Comment aurais-je su que ce monstre ne savait pas jouer et prendrait la fuite ? »

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Bras dessus, bras dessous, ils revinrent en devisant et en riant auprès du moine des Tang. Celui-ci demanda : « Avez-vous capturé le monstre ? » Le pèlerin répondit : « Il n’a pu soutenir le combat ; vaincu, il a replongé dans l’eau. » Le Sanzang dit : « Disciple, ce monstre habite ici depuis longtemps : il connaît certainement les hauts-fonds et les profondeurs. Devant cette eau faible sans limites, et en l’absence de toute embarcation, il nous faudrait quelqu’un qui connaisse la nage pour nous guider. » Le pèlerin répondit : « C’est exactement cela. Comme le dit le proverbe : “Qui approche le vermillon devient rouge, qui approche l’encre devient noir.” Puisque ce monstre demeure ici, il connaît nécessairement les eaux. Capturons-le donc sans le tuer ; nous lui ferons d’abord conduire notre maître de l’autre côté, puis nous déciderons de son sort. » Bajie dit : « Frère, inutile d’hésiter. Va le capturer le premier, tandis que le vieux Zhu gardera le maître. » Le pèlerin répondit en riant : « Digne frère, sur ce point je n’oserais me vanter : le vieux Sun n’est pas très expert dans les affaires aquatiques. Pour marcher sous l’eau sans me transformer, je dois former un signe, puis réciter une formule qui écarte les eaux ; autrement, il me faut prendre l’apparence d’un poisson, d’une crevette, d’un crabe ou d’une tortue. Alors seulement puis-je y aller. Quant aux prouesses, que ce soit dans les hautes montagnes ou parmi les nuages, si étrange ou extraordinaire que soit la chose, le vieux Sun sait l’accomplir ; mais sous l’eau, je suis quelque peu empêtré. » Bajie répondit : « Jadis, le vieux Zhu commandait la Rivière Céleste et dirigeait quatre-vingt mille soldats des eaux ; j’ai donc appris à m’y connaître un peu. Seulement, je crains que le monstre n’ait sous l’eau toute une parentèle, vieux et jeunes, sept nichées et huit générations réunies. Je ne pourrai alors en venir à bout, et ils risquent de me harponner ! » Le pèlerin dit : « Si tu l’affrontes dans l’eau, ne t’attarde pas au combat. Tu as le droit de perdre, mais non de vaincre : attire-le dehors, et le vieux Sun te prêtera main-forte. » Bajie répondit : « Bien dit. J’y vais ! » Sur ces mots, il ôta sa robe droite de brocart bleu, se déchaussa, brandit son râteau à deux mains et écarta les eaux. Retrouvant ses anciennes techniques, il bondit parmi les vagues, renversa les flots et s’enfonça jusqu’au fond, où il avança droit devant lui.

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Cependant, le monstre, revenu vaincu, venait à peine de reprendre haleine lorsqu’il entendit quelqu’un fendre bruyamment les eaux. Il se leva soudain pour regarder : c’était Bajie, son râteau à la main, qui avançait dans l’eau. Le monstre leva son bâton et lui cria en face : « Moine, où vas-tu ? Prends garde à mon coup ! » Bajie para avec son râteau et demanda : « Quelle sorte de monstre es-tu, pour oser barrer le passage en ce lieu ? » Le démon répondit : « Tu ne me connais donc pas. Je ne suis ni un démon ni un esprit malfaisant, et je ne suis pas davantage un inconnu sans nom ni lignage. » Bajie dit : « Si tu n’es ni démon ni esprit malfaisant, pourquoi tues-tu des êtres ici ? Dis-moi franchement ton nom véritable, et je t’épargnerai la vie. » Le monstre répondit : « Moi :

沿滿便殿便。」

Dès ma naissance, mon souffle divin fut puissant ;

Sur dix mille lis entre Ciel et Terre, j’ai longtemps vagabondé.

Parmi les héros du monde, mon redoutable renom s’est illustré ;

Aux hommes de valeur, j’ai servi de modèle.

J’ai parcouru librement les dix mille royaumes et les neuf provinces ;

J’ai sillonné à mon gré les cinq lacs et les quatre mers.

C’est pour étudier la Voie que j’errais aux confins du monde ;

C’est afin de trouver un maître que je parcourais les vastes contrées.

Toute l’année, je gardais soigneusement sur moi robe et bol ;

Chaque jour, mon esprit et mon cœur demeuraient vigilants.

J’ai pérégriné sous les nuages des dizaines de fois par toutes les terres ;

J’ai voyagé à loisir en plus de cent endroits.

C’est ainsi que je pus enfin rencontrer un Vrai Homme,

Qui m’ouvrit la Grande Voie, brillante d’une lumière d’or.

Il recueillit d’abord l’Enfant et la Fille merveilleuse,

Puis libéra la Mère de Bois et le Seigneur de Métal.

L’eau des reins, depuis le Hall de Lumière, entra dans l’Étang Fleuri ;

Le feu du foie, depuis la Tour à étages, se jeta dans le cœur.

Mes trois mille mérites accomplis, je contemplai la face céleste ;

D’un cœur résolu, je me prosternai tourné vers la splendeur lumineuse.

L’Empereur de Jade m’accorda aussitôt une promotion ;

De sa propre bouche, il me nomma Général qui relève le Rideau.

À l’intérieur de la Porte céleste du Sud, j’étais tenu en grand honneur ;

Devant la salle de l’Empyrée, j’occupais le premier rang.

À ma ceinture pendait une tablette à tête de tigre ;

Dans ma main je tenais fermement le bâton dompteur de démons.

Sur ma tête, mon casque d’or éblouissait la lumière du soleil ;

Sur mon corps, l’armure étincelait comme de brillants nuages pourprés.

Quand j’allais et venais pour escorter le souverain, je marchais en tête ;

Quand j’entrais et sortais pour suivre la cour, je tenais le premier rang.

Mais la Reine Mère fit descendre des pêches d’immortalité,

Et donna un banquet à l’Étang de Jade, où elle convia tous les généraux.

Par mégarde, je brisai une coupe de cristal de jade ;

Tous les dieux célestes en perdirent l’âme de terreur.

L’Empereur de Jade entra aussitôt dans une violente colère,

Et donna cet ordre au Ministre assistant de gauche qui présidait la cour :

“Ôtez-lui casque et armure, retranchez-le des rangs officiels,

Et poussez-le de votre main jusqu’au lieu d’exécution.”

Par bonheur, le Grand Immortel aux Pieds Nus

Sortit des rangs et présenta une requête qui me sauva.

Épargné et rendu à la vie, je ne subis pas le châtiment suprême,

Mais fus banni sur la rive orientale des Sables Mouvants.

Rassasié, je dors dans cette montagne ;

Affamé, je renverse les flots en quête de nourriture.

Le bûcheron qui me rencontre ne conserve pas la vie ;

Le pêcheur qui me voit perd aussitôt la sienne.

J’ai dévoré tant de passants allant et venant,

Et sans relâche répandu la mort et les miasmes.

Tu oses venir faire violence devant ma porte :

Aujourd’hui, mon ventre peut donc nourrir quelque espoir.

Ne dis pas que ta chair grossière est immangeable ;

Une fois pris, tu seras tranquillement haché en sauce de poisson.

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À ces mots, Bajie entra dans une grande colère et l’injuria : « Misérable créature ! Tu n’as vraiment aucun discernement. Le vieux Zhu peut encore faire jaillir l’écume de sa chair quand on la pince, et tu oses me dire grossier et vouloir me hacher en sauce de poisson ? À t’entendre, tu me prends pour un vieux porc desséché au salpêtre ! Cesse ton insolence et reçois un coup de râteau de ton ancêtre ! » Voyant venir le râteau, le monstre exécuta le mouvement du « phénix qui incline la tête » et l’esquiva. Tous deux combattirent dans l’eau jusqu’à refaire surface, puis foulèrent chacun les vagues et chevauchèrent les flots. Ce duel différait du précédent. Voyez plutôt :

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Le Général qui relève le Rideau, le Marshal Tianpeng, déploient chacun leurs pouvoirs : quel admirable spectacle !

L’un fait tournoyer vers la tête son précieux bâton dompteur de démons ; l’autre manie avec agilité son râteau à neuf dents.

Ils bondissent dans les vagues et ébranlent monts et fleuves ; ils repoussent les flots et enténèbrent le monde.

Ils sont féroces comme le Grand Année heurtant les bannières, cruels comme la Porte du Deuil renversant les dais précieux.

L’un, le cœur loyal et sévère, protège le moine des Tang ; l’autre, accablé de crimes, s’est fait monstre des eaux.

Chaque coup de râteau laisse neuf sillons ; chaque coup de bâton met les âmes en déroute.

Ils s’efforcent avec joie de se tenir tête, appliqués à rivaliser jusqu’au bout.

Tout bien compté, c’est seulement pour l’homme en quête des Écritures que leur colère monte au ciel sans pouvoir se contenir.

Ils troublent tant les cyprins, brèmes, carpes et mandarins que ceux-ci retirent leurs fraîches écailles ; tortues, trionyx, grandes tortues et alligators blessent leurs tendres carapaces.

Crevettes rouges et crabes pourpres y perdent tous la vie ; les dieux du Palais des Eaux se prosternent vers le haut.

On n’entend que les flots renversés et les vagues roulantes gronder comme le tonnerre ; soleil et lune perdent leur éclat, et Ciel et Terre s’en étonnent.

Tous deux combattirent deux heures entières sans que la victoire se décidât. C’était vraiment une bassine de cuivre rencontrant un balai de fer, un carillon de jade répondant à une cloche d’or.

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Cependant, le Grand Saint se tenait près du moine des Tang pour le protéger. Il regardait avec impatience les deux adversaires lutter sur l’eau, mais ne pouvait intervenir. Bajie fit soudain une feinte de son râteau, simula la défaite et battit en retraite vers la rive orientale. Le monstre le poursuivit et approchait déjà du rivage. N’y tenant plus, le pèlerin abandonna son maître, tira son bâton de fer, bondit au bord de la rivière et en frappa le monstre à la tête. La créature n’osa lui faire face et replongea dans la rivière en sifflant. Bajie s’écria : « Bimawen, tu es décidément un singe impatient ! Si tu avais attendu encore un peu que je l’attire sur la hauteur, puis barré le bord de la rivière pour l’empêcher de revenir, ne l’aurions-nous pas capturé ? Maintenant qu’il est rentré dans l’eau, quand consentira-t-il à ressortir ? » Le pèlerin répondit en riant : « Idiot, ne crie pas, ne crie pas ! Retournons d’abord auprès du maître. »

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Bajie remonta avec le pèlerin sur la rive élevée et retrouva Sanzang, qui se redressa pour leur dire : « Disciples, vous avez pris bien de la peine. » Bajie répondit : « Ne parlons pas encore de peine. Il faut soumettre le monstre et vous faire traverser la rivière : ce sera seulement alors une solution parfaite. » Le Sanzang demanda : « Comment s’est passé ton combat avec le monstre ? » Bajie répondit : « Ses techniques sont à la mesure de celles du vieux Zhu. Au plus fort du combat, j’ai feint la défaite et il m’a poursuivi jusqu’à la rive ; mais en voyant notre frère aîné lever son bâton, il s’est enfui. » Le Sanzang demanda : « Dans ce cas, que pouvons-nous faire ? » Le pèlerin répondit : « Maître, soyez tranquille et ne vous tourmentez pas. Le jour baisse déjà. Restez assis sur cette berge escarpée pendant que le vieux Sun va mendier quelque nourriture végétarienne. Vous mangerez puis dormirez, et demain nous déciderons. » Bajie dit : « Voilà qui est bien parlé. Va vite et reviens vite. »

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Le pèlerin s’élança en hâte sur son nuage et bondit dans les airs. Il se rendit droit vers le nord, où il mendia un bol de nourriture végétarienne dans une maison, puis revint l’offrir à son maître. Le voyant revenir si vite, celui-ci lui dit : « Wukong, si nous allions jusqu’à la maison où tu as mendié pour demander un moyen de traverser la rivière, ne serait-ce pas préférable à cette lutte contre le monstre ? » Le pèlerin répondit en riant : « Cette famille habite terriblement loin, à cinq ou sept mille lis d’ici. Comment connaîtrait-elle ces eaux ? À quoi servirait de l’interroger ? » Bajie dit : « Frère, te voilà encore en train de mentir ! Si le chemin fait cinq ou sept mille lis, comment as-tu pu faire si vite l’aller et retour ? » Le pèlerin répondit : « Qu’en sais-tu ? D’un seul bond, le nuage-culbute du vieux Sun parcourt cent huit mille lis. Pour cinq ou sept mille lis comme ceux-ci, il me suffit d’incliner deux fois la tête et de courber une fois les reins : l’aller et retour est déjà fait. Où est la difficulté ? » Bajie dit : « Frère, puisque c’est si facile, prends le maître sur ton dos ; quelques mouvements de tête et de reins suffiront pour bondir de l’autre côté. Pourquoi peiner à lutter contre ce monstre ? » Le pèlerin demanda : « Ne sais-tu pas chevaucher les nuages ? Pourquoi ne portes-tu pas toi-même le maître de l’autre côté ? » Bajie répondit : « Le maître possède un corps mortel de chair et d’os, plus lourd que le mont Tai. Comment mon nuage pourrait-il le soulever ? Il faut nécessairement ton nuage-culbute. » Le pèlerin dit : « Mon nuage-culbute n’est, à bien parler, qu’une manière de chevaucher les nuages, même s’il porte un peu plus loin. Si toi tu ne peux le transporter, comment le pourrais-je ? Depuis l’Antiquité, on dit : “Déplacer le mont Tai est aussi léger que soulever une graine de moutarde ; emporter un mortel hors de la poussière rouge est difficile.” Les démons violents et venimeux qui usent de sortilèges de capture et soulèvent le vent ne font pourtant que tirer et traîner sur le sol : ils ne peuvent emporter personne dans les airs. Le vieux Sun sait lui aussi pratiquer ces techniques. Je connais également l’invisibilité et le raccourcissement des distances, ainsi que toutes les autres méthodes. Mais notre maître doit parcourir jusqu’au bout les pays étrangers et ne peut se soustraire à l’océan des souffrances ; voilà pourquoi chaque pas lui est difficile. Toi et moi pouvons seulement l’escorter, protéger son corps et préserver sa vie ; nous ne pouvons subir ces peines à sa place, pas plus que nous ne pouvons rapporter les Écritures pour lui. Même si nous étions capables d’aller voir le Bouddha avant lui, celui-ci ne consentirait pas à nous donner gratuitement les Écritures. C’est précisément ce qu’on appelle : “Ce que l’on obtient trop aisément, on le tient pour chose sans valeur.” » L’idiot, à ces mots, acquiesça et reçut la leçon. Ils mangèrent donc un peu de nourriture végétarienne sans légumes, puis le maître et ses disciples se reposèrent au pied de l’escarpement oriental de la Rivière des Sables Mouvants.

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Le lendemain matin, Sanzang demanda : « Wukong, que ferons-nous aujourd’hui ? » Le pèlerin répondit : « Il n’y a pas d’autre solution : Bajie doit encore descendre dans l’eau. » Bajie dit : « Frère, pour t’épargner toute peine, tu ne fais qu’envoyer le pauvre que je suis dans l’eau. » Le pèlerin répondit : « Digne frère, cette fois je ne serai plus impatient. Contente-toi de l’attirer dehors ; je lui barrerai le bord de la rivière et l’empêcherai de rentrer. Il faut absolument le capturer. »

沿:「。」:「?」:「

Ce brave Bajie s’essuya le visage, rassembla ses forces, prit son râteau à deux mains et, arrivé au bord de la rivière, écarta les eaux pour redescendre jusqu’au repaire. Le monstre venait de s’éveiller lorsqu’il entendit soudain l’eau qu’on repoussait. Il tourna vivement la tête, ouvrit les yeux et vit Bajie s’approcher, son râteau à la main. Il bondit au-dehors, lui barra le passage et cria : « Attends, attends ! Prends garde à mon bâton ! » Bajie leva son râteau pour parer et dit : « Quel bâton de deuil es-tu donc pour ordonner sans cesse à ton ancêtre de prendre garde au bâton ? » Le monstre répondit : « Vraiment, tu n’y connais rien. Le mien :

殿。」

Ce bâton précieux jouit depuis toujours d’une grande renommée ;

Il provient d’un arbre suoluo de la Lune.

Wu Gang en abattit une branche,

Et Lu Ban la façonna avec un art incomparable.

À l’intérieur court un fil d’or qui répond au cœur ;

À l’extérieur, dix mille fils de perles forment sa parure.

Nommé bâton précieux, il excelle à soumettre les démons ;

Il garde à jamais la salle de l’Empyrée et dompte les monstres.

Lorsque je fus nommé grand général,

L’Empereur de Jade me l’accorda pour le porter toujours sur moi.

Long ou court, il se conforme à mon cœur ;

Fin ou épais, il obéit à mon désir.

Il m’accompagna quand j’escortais le souverain au banquet des pêches d’immortalité ;

Il me suivit à la cour lorsque je résidais dans le Monde Supérieur.

Quand je gardais le palais, les saints venaient tous me saluer ;

Quand je relevais le rideau, les immortels s’inclinaient devant moi.

Nourri d’une nature spirituelle, c’est une arme divine,

Et non un vulgaire instrument du monde humain.

Depuis que j’ai été banni hors de la Porte du Ciel,

Je parcours à mon gré les régions au-delà des mers.

Ce n’est point par vaine audace que je me vante :

Aucune lance ni lame au monde ne saurait rivaliser avec lui.

Quant à ton râteau aux pointes rouillées,

Il est tout juste bon à sarcler les champs et butter les légumes.

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Bajie répondit en riant : « Misérable créature que je n’ai pas encore assez battue ! Ne t’inquiète pas de savoir s’il sert à butter les légumes. Crains plutôt qu’un seul coup ne te laisse aucun endroit où coller un emplâtre et ne fasse saigner ensemble les neuf trous de ton corps. Même si tu n’en meurs pas, tu garderas le tétanos jusqu’à la fin de tes jours. » Le monstre écarta sa garde et, au fond des eaux, reprit le combat avec Bajie jusqu’à refaire surface. Cette lutte fut réellement différente de la précédente. Voyez-les :

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Le bâton précieux tournoie, le râteau à pointes frappe ; ils ne s’entendent pas et ne sont point parents.

C’est seulement parce que la Mère de Bois domine le Coin de métal que les deux camps en viennent à s’affronter.

Ni vainqueur ni vaincu, sans recul ni revirement, ils bouleversent les flots et retournent les vagues dans une lutte sans concorde.

Comment celui-ci pourrait-il contenir sa colère ? Comment celui-là, le cœur blessé, pourrait-il supporter l’humiliation ?

Le râteau arrive, le bâton pare : chacun montre sa vaillance ; les eaux bouillonnantes des Sables Mouvants révèlent toute leur cruauté.

Souffle hautain, labeur incessant : tout vient de ce que Sanzang se rend vers les Régions occidentales.

Le râteau à pointes est d’une grande férocité ; le bâton précieux, d’une parfaite maîtrise.

Celui-ci l’empoigne et veut le traîner vers la rive ; celui-là le saisit et veut le plonger dans l’eau.

Le bruit, pareil à la foudre, ébranle poissons et dragons ; les nuages obscurcissent le ciel, tandis que dieux et démons se terrent.

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Ils allèrent et revinrent ainsi pendant trente passes sans que l’un se montrât plus fort que l’autre. Bajie recourut de nouveau à la feinte : traînant son râteau, il prit la fuite. Le monstre se lança encore à sa poursuite, poussant les flots et soulevant les vagues, jusqu’au bord de l’escarpement. Bajie l’injuria : « Misérable monstre, monte donc ici ! Sur cette hauteur, nous aurons les pieds sur terre et pourrons nous battre à notre aise. » Le démon répliqua : « Tu veux me tromper pour me faire monter, puis appeler ton auxiliaire ! Descends plutôt ; nous continuerons à nous battre dans l’eau. » En vérité, le démon avait appris la prudence : il refusait désormais de monter sur la rive et se querellait avec Bajie au seul bord de la rivière.

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Voyant qu’il refusait de monter, le pèlerin brûlait d’impatience et de colère, au point de vouloir l’empoigner d’un seul geste. Il dit : « Maître, restez assis. Je vais lui faire “l’aigle affamé qui ravit sa proie”. » Il s’élança sur son nuage-culbute, bondit à mi-hauteur du ciel et fondit soudain pour saisir le démon. Celui-ci se disputait encore avec Bajie lorsqu’il entendit le vent siffler. Tournant vivement la tête, il vit le pèlerin descendre de son nuage ; il ramena aussitôt son bâton et plongea la tête la première dans l’eau. Il effaça ses traces, cacha sa présence et disparut sans laisser le moindre signe. Debout sur la rive, le pèlerin dit à Bajie : « Frère, ce démon est devenu rusé. Il refuse absolument de monter sur la rive. Que faire ? » Bajie répondit : « Difficile, difficile, difficile ! Je ne peux le vaincre. Même en déployant toute la force que j’ai reçue avec le lait maternel, j’arrive seulement à faire jeu égal. » Le pèlerin dit : « Retournons d’abord auprès du maître. »

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Tous deux remontèrent sur la rive élevée et, retrouvant le moine des Tang, lui expliquèrent combien le monstre était difficile à capturer. Les yeux pleins de larmes, le vénérable demanda : « Face à pareille difficulté, comment traverserons-nous ? » Le pèlerin répondit : « Maître, ne vous tourmentez pas. Ce monstre se cache au plus profond des eaux ; il est réellement difficile d’agir contre lui. Bajie, reste ici pour protéger le maître et ne retourne plus le combattre. Le vieux Sun va faire un voyage jusqu’à la Mer du Sud. » Bajie demanda : « Frère, qu’y vas-tu faire ? » Le pèlerin répondit : « Notre quête des Écritures fut arrangée par le bodhisattva Guanyin, et c’est aussi lui qui nous a délivrés. Aujourd’hui, la Rivière des Sables Mouvants nous barre la route et nous empêche d’avancer. Sans lui, comment régler l’affaire ? Je vais le prier de venir : ce sera toujours préférable à lutter contre ce démon. » Bajie dit : « C’est juste, c’est juste. Frère aîné, quand tu le verras, présente-lui absolument mes respects et dis-lui que je lui suis reconnaissant de ses enseignements passés. » Le Sanzang dit : « Wukong, si tu vas inviter le bodhisattva, ne tarde pas. Va vite et reviens vite. »

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Le pèlerin s’élança aussitôt sur son nuage-culbute et se dirigea droit vers la Mer du Sud. Ah ! En moins d’une demi-heure, il apercevait déjà le domaine du mont Putuo. En un instant, il quitta son nuage-culbute devant la Forêt de Bambous Pourpres. Les Vingt-Quatre Devas vinrent l’accueillir et demandèrent : « D’où vient le Grand Saint ? » Le pèlerin répondit : « Mon maître est en difficulté ; je viens spécialement demander audience au bodhisattva. » Les devas dirent : « Veuillez vous asseoir pendant que nous l’annonçons. » Les devas de garde ce jour-là se rendirent directement à l’entrée de la Grotte du Son des Marées et annoncèrent : « Sun Wukong demande audience pour une affaire. » Le bodhisattva se trouvait avec la Fille-Dragon Porteuse de Perle au bord de l’Étang du Lotus Précieux, où ils contemplaient les fleurs, appuyés à la balustrade. À cette annonce, il revint aussitôt vers son ermitage dans les nuages, ouvrit la porte et fit entrer le visiteur. Le Grand Saint, plein de gravité, se prosterna avec dévotion.

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Le bodhisattva lui demanda : « Pourquoi ne protèges-tu pas le moine des Tang ? Pour quelle affaire reviens-tu me voir ? » Le pèlerin exposa respectueusement : « Bodhisattva, à la Maison des Gao, mon maître a encore reçu un disciple appelé Zhu Bajie, auquel vous avez eu la bonté d’accorder le nom religieux de Wuneng. Nous venons de franchir la Crête du Vent Jaune et sommes arrivés à la Rivière des Sables Mouvants, large de huit cents lis, où les eaux faibles ont trois mille brasses de profondeur. Mon maître ne peut déjà pas les traverser ; en outre, un monstre d’une grande adresse martiale vit dans la rivière. Wuneng a pris beaucoup de peine à l’affronter trois fois sur l’eau, mais sans pouvoir le vaincre. Il nous barre donc la route et nous empêche de traverser. C’est pourquoi je viens vous en informer et vous supplier de nous prendre en pitié et de nous aider à franchir la rivière. » Le bodhisattva dit : « Singe, tu t’es encore montré trop sûr de toi : n’as-tu pas voulu lui dire que vous protégiez le moine des Tang ? » Le pèlerin répondit : « Nous voulions seulement le capturer pour lui faire conduire notre maître de l’autre côté. Comme je ne suis pas très habile dans les affaires aquatiques, seul Wuneng a trouvé son repaire et lui a parlé. Je suppose qu’il ne lui a jamais mentionné la quête des Écritures. » Le bodhisattva dit : « Le monstre de la Rivière des Sables Mouvants est le Grand Général qui relevait le Rideau, descendu dans le monde des mortels. C’est aussi un fidèle que j’ai converti et auquel j’ai ordonné de protéger ceux qui vont quérir les Écritures. Si vous aviez déclaré que votre maître venait de les Terres de l’Est pour les chercher, il ne se serait certainement pas opposé à vous et se serait soumis sans hésitation. » Le pèlerin dit : « Le monstre craint maintenant le combat et refuse de monter sur l’escarpement ; il se dissimule dans l’eau. Comment obtenir sa soumission ? Et comment mon maître franchira-t-il les eaux faibles ? » Le bodhisattva appela alors Huian, tira de sa manche une petite gourde rouge et lui ordonna : « Prends cette gourde et accompagne Sun Wukong jusqu’à la surface de la Rivière des Sables Mouvants. Il te suffira d’appeler “Wujing” pour qu’il sorte. Amène-le d’abord à se soumettre au moine des Tang. Ensuite, enfile ensemble les neuf crânes qu’il porte, dispose-les selon les Neuf Palais et place cette gourde au milieu : ils formeront un bateau magique capable de faire traverser au moine des Tang tout le domaine de la Rivière des Sables Mouvants. »

À ces mots, Huian se conforma respectueusement aux ordres de son maître. Portant la gourde avec le Grand Saint, il sortit de la Grotte du Son des Marées et, chargé du décret, prit congé de la Forêt de Bambous Pourpres. Un poème en témoigne :

調

Les Cinq Éléments, appariés, s’unissent à la vérité céleste ;

Ils reconnaissent leur ancien maître d’autrefois.

Se raffiner soi-même et établir la base produit le merveilleux usage ;

Distinguer clairement l’hétérodoxe du droit en révèle la cause première.

Le Métal vient retrouver sa nature et rejoindre ceux de son espèce ;

Le Bois va demander grâce, et tous ensemble retournent au même courant.

Les deux Terres achèvent leur œuvre et atteignent la quiétude ;

L’Eau et le Feu s’harmonisent, sans un grain de poussière.

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Peu après, tous deux abaissèrent leur nuage et arrivèrent sur la rive de la Rivière des Sables Mouvants. Zhu Bajie reconnut le pèlerin Muzha et conduisit son maître au-devant de lui. Après avoir échangé les salutations avec Sanzang, Muzha rencontra aussi Bajie. Celui-ci dit : « Vénérable, grâce à vos indications passées, j’ai pu voir le bodhisattva. Le vieux Zhu s’est effectivement conformé à son enseignement et se réjouit aujourd’hui d’être entré dans la communauté bouddhique. Depuis lors, je n’ai cessé de courir et de peiner sur la route, sans trouver l’occasion de vous remercier. Pardonnez-moi, pardonnez-moi. » Le pèlerin dit : « Ne nous attardons pas à évoquer le temps passé. Allons appeler ce gaillard. » Le Sanzang demanda : « Appeler qui ? » Le pèlerin répondit : « Le vieux Sun a vu le bodhisattva et lui a raconté toute l’affaire. Il a dit que le monstre de la Rivière des Sables Mouvants était le Grand Général qui relevait le Rideau descendu parmi les mortels. Pour un crime commis au Ciel, il fut précipité dans cette rivière, où, oubliant sa véritable nature, il est devenu un monstre. Le bodhisattva l’a jadis converti, et il a promis de se soumettre à vous pour se rendre au Ciel occidental. Mais comme nous ne lui avons pas parlé de la quête des Écritures, nous avons lutté avec acharnement. Le bodhisattva a maintenant envoyé Muzha avec cette gourde pour la joindre à ce gaillard et en faire un bateau magique qui vous transportera de l’autre côté. » À ces mots, Sanzang se prosterna maintes fois, puis salua Muzha et dit : « Je supplie le vénérable d’agir sans retard. » Muzha, tenant fermement la gourde, s’éleva à demi dans les nuages et la brume, puis se rendit droit au-dessus de la Rivière des Sables Mouvants et cria d’une voix sévère : « Wujing ! Wujing ! L’homme en quête des Écritures est ici depuis longtemps. Pourquoi ne t’es-tu pas encore soumis ? »

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Or donc, le monstre, qui craignait le Roi des Singes, était retourné au fond de l’eau et se reposait dans son repaire lorsqu’il entendit appeler son nom religieux. Il comprit que cela venait de Guanyin ; et comme on disait aussi que « l’homme en quête des Écritures est ici », il ne craignit plus ni hache ni supplice, souleva vivement les flots et passa la tête hors de l’eau. Reconnaissant le pèlerin Muzha, il s’approcha tout souriant, le salua et dit : « Vénérable, pardonnez-moi de ne pas être venu vous accueillir. Où se trouve maintenant le bodhisattva ? » Muzha répondit : « Mon maître n’est pas venu. Il m’a envoyé le premier pour t’ordonner de devenir sans tarder le disciple du moine des Tang. Tu dois prendre les crânes suspendus à ton cou et, avec cette gourde, les disposer selon les Neuf Palais afin d’en faire un bateau magique qui lui permettra de franchir les eaux faibles. » Wujing demanda : « Où est donc l’homme en quête des Écritures ? » Muzha le lui montra de la main : « N’est-ce pas celui qui est assis sur la rive orientale ? » Wujing aperçut Bajie et dit : « Cette misérable créature, je ne sais d’où elle vient. Voilà deux jours entiers qu’elle lutte contre moi, sans jamais prononcer un seul mot sur une quête des Écritures ! » Puis il vit le pèlerin et ajouta : « Ce maître-là est son auxiliaire, et il est terriblement redoutable. Je n’irai pas. » Muzha répondit : « Celui-là est Zhu Bajie, et celui-ci le pèlerin Sun. Tous deux sont disciples du moine des Tang et tous deux ont été convertis par le bodhisattva. Pourquoi les craindrais-tu ? Viens avec moi rencontrer le moine des Tang. »

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Wujing rangea alors son bâton précieux, rajusta sa robe droite de brocart jaune et bondit sur la rive. Il s’agenouilla devant le moine des Tang et dit : « Maître, votre disciple avait des yeux sans prunelles et n’a pas reconnu votre noble visage. Je vous ai gravement offensé ; je vous supplie de me pardonner. » Bajie dit : « Espèce de propre à rien ! Pourquoi ne t’es-tu pas soumis plus tôt, au lieu de vouloir sans cesse te battre contre moi ? Que signifie pareille conduite ? » Le pèlerin répondit en riant : « Frère, ne lui en veux pas. C’est nous qui ne lui avions révélé ni notre quête des Écritures ni nos noms. » Le vénérable demanda : « Acceptes-tu vraiment et d’un cœur sincère de te réfugier dans notre enseignement ? » Wujing répondit : « Le bodhisattva m’a jadis converti, m’a donné Sha pour nom de famille et m’a conféré le nom religieux de Sha Wujing. Comment pourrais-je refuser de suivre mon maître ? » Le Sanzang dit : « Puisqu’il en est ainsi… Wukong, apporte le couteau monastique et fais-lui tomber les cheveux. » Obéissant, le Grand Saint lui rasa aussitôt la tête avec le couteau monastique. Wujing salua de nouveau Sanzang, puis le pèlerin et Bajie, et chacun prit son rang d’ancienneté. Voyant que ses manières rituelles étaient bien celles d’un moine, Sanzang lui donna également le nom de Moine Sha. Muzha dit : « Puisqu’il a embrassé la discipline bouddhique, cessons les paroles inutiles et allons vite fabriquer le bateau magique. »

Wujing n’osa tarder. Il détacha aussitôt les crânes suspendus à son cou, les relia par une corde selon la disposition des Neuf Palais et plaça au milieu la gourde du bodhisattva, puis invita son maître à descendre sur la rive. Le vénérable monta sur le bateau magique et s’y assit : celui-ci se révéla aussi stable qu’une barque légère. Bajie le soutenait à gauche, Wujing le portait à droite ; derrière eux, le pèlerin Sun tirait le cheval-dragon et les suivait parmi les nuages et la brume ; au-dessus de leur tête, Muzha assurait encore leur protection. Leur maître traversa enfin, léger et paisible, le domaine de la Rivière des Sables Mouvants ; les vagues s’apaisèrent et le vent tomba tandis qu’il franchissait les eaux faibles. Ils volaient véritablement comme une flèche et, peu après, atteignirent l’autre rive, échappant aux flots immenses. Sans avoir pataugé dans la boue ni s’être mouillé, les pieds secs et les mains nettes, dans la pureté et le non-agir, le maître et ses disciples retrouvèrent la terre ferme. Muzha arrêta son nuage auspicieux et reprit la gourde. À l’instant même, les crânes se défirent et se changèrent en neuf souffles de vent obscur, qui disparurent sans bruit. Le Sanzang remercia Muzha, puis se prosterna devant le bodhisattva. C’est bien ainsi que :

西

Muzha regagna tout droit la mer de l’océan Oriental,

Le Sanzang remonta à cheval et reprit sa route vers l’ouest.

Après tout, nul ne sait quand ils obtiendront enfin le vrai fruit et les Écritures ; écoutez les explications du prochain chapitre.

Texte chinois de Wou Tcheng-en (1592), dans le domaine public. Source : https://zh.wikisource.org/wiki/西遊記.

Traduction française assistée par intelligence artificielle et relue par la rédaction. © Chine Informations (chine.in), tous droits réservés — sa reproduction, même partielle, est soumise à autorisation.

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