Visa Chine
Les Français, les Belges, les Suisses, les Luxembourgeois, les Monégasques et les Canadiens entrent aujourd'hui en Chine sans visa pour un séjour de moins de trente jours. Cette dispense est un dispositif temporaire, reconduit d'année en année, et tout le reste, les catégories, la procédure, les empreintes, les frais, a changé plusieurs fois depuis 2023. Ce qui suit décrit le dispositif tel qu'il ressort des textes chinois et des avis consulaires : cela ne remplace pas une vérification auprès du consulat compétent avant le départ.
SOMMAIRE

Passeport ouvert sur une page de visa vierge. Illustration.
Ce que cette fiche peut dire, et ce qu'elle ne peut pas garantir
Un visa chinois est l'autorisation, délivrée par une ambassade ou un consulat de la République populaire de Chine, d'entrer sur le territoire chinois et d'y séjourner pour un motif déterminé. Il prend la forme d'une vignette collée dans le passeport. Pour la Chine continentale, il n'existe aucun visa électronique : la demande se dépose en ligne, mais le visa lui-même reste un document physique, et le passeport doit passer par un guichet.
Les règles d'entrée ont davantage changé depuis 2023 qu'au cours des quinze années précédentes. Exemption de visa pour les séjours courts, transit sans visa porté à dix jours, suppression du rendez-vous, demande entièrement dématérialisée, suspension de la prise d'empreintes digitales : chacune de ces mesures est arrivée par un avis consulaire publié quelques jours avant son entrée en vigueur, et plusieurs portent une date d'expiration.
Deux conséquences, et la fiche entière se lit avec elles. La première : seuls l'ambassade et les consulats de Chine du pays de résidence font foi, avec le ministère des Affaires étrangères de ce même pays pour ce qui touche aux documents de voyage et à la sécurité. Aucune page de ce site, ni d'aucun autre, ne peut en tenir lieu. La seconde : la vérification se fait la veille du dépôt, jamais le mois précédent.
Les montants, les délais et les échéances qui suivent sont donnés pour ce qu'ils sont, des repères qui vieillissent. Les listes de pays, les durées et les principes, eux, bougent moins vite.
Faut-il encore un visa pour aller en Chine ?
Pour un francophone d'Europe ou du Canada, la réponse est aujourd'hui négative dans le cas le plus courant, et c'est le renversement le plus important de ces vingt dernières années. La Chine dispense unilatéralement de visa les ressortissants d'une cinquantaine de pays pour les séjours de moins de trente jours. Cette dispense n'est pas un accord de réciprocité : c'est une décision chinoise, que la Chine peut modifier ou interrompre seule.
Parmi les pays francophones, six sont concernés : la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, Monaco et le Canada. Les dates d'entrée dans le dispositif diffèrent, et elles expliquent bien des informations contradictoires que l'on trouve encore en ligne :
- la France depuis le 1er décembre 2023, dans la première vague, avec quinze jours seulement à l'époque ;
- la Belgique, la Suisse et le Luxembourg depuis le 14 mars 2024 ;
- Monaco depuis le 30 novembre 2024, le jour même où la durée est passée à trente jours ;
- le Canada depuis le 17 février 2026, en même temps que le Royaume-Uni.
Aucun pays d'Afrique francophone ne figure sur cette liste, et il vaut mieux le savoir avant d'acheter un billet. Un ressortissant sénégalais, marocain, tunisien, ivoirien, camerounais ou congolais reste soumis au visa pour un voyage de tourisme, quel que soit le pays où il réside. Deux exceptions existent, par accord bilatéral et non par dispense unilatérale : les Seychelles, dont les ressortissants séjournent trente jours sans visa, et Maurice, soixante jours. Les accords conclus avec le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Congo, Madagascar ou le Liban ne couvrent que les passeports diplomatiques, de service ou d'affaires publiques : ils ne changent rien pour le voyageur ordinaire.
Enfin, le dispositif reste une mesure temporaire. Il a été prolongé au moins trois fois depuis sa création, chaque prolongation étant annoncée quelques semaines avant l'échéance de la précédente. Une fiche encyclopédique ne peut pas promettre qu'il deviendra permanent, et le voyageur qui prépare un départ lointain doit vérifier que l'échéance en cours couvre bien ses dates. Deux pays font exception à ce régime d'échéances : Brunei, dont l'exemption n'a pas de terme annoncé, et la Russie, dont l'échéance est plus lointaine que celle des autres.
L'exemption de visa pour les séjours courts, en détail
La durée est de trente jours consécutifs au maximum. Le dispositif n'en accordait que quinze à sa création ; il est passé à trente le 30 novembre 2024. Le décompte commence à zéro heure le lendemain du jour d'entrée, ce qui laisse en pratique une journée de plus que ne le suggère le calcul immédiat.
Cinq motifs sont autorisés, et cinq seulement : les affaires et le commerce, le tourisme, la visite à des parents ou à des amis, la visite d'échanges, le transit. Les administrations chinoises rangent dans la visite d'échanges les compétitions sportives, les conférences et salons, et les voyages d'études du type camp d'été ou d'hiver. La dispense vaut pour les voyages individuels comme pour les voyages organisés.
Ce que l'exemption ne couvre jamais est l'endroit où se prennent les mauvaises surprises : le travail, les études et le journalisme. Ces trois motifs exigent un visa obtenu avant le départ, sans exception et quelle que soit la durée du séjour. Un stage, même court et non rémunéré, relève du travail. Entrer sans visa puis exercer une activité étrangère au motif déclaré expose à une reconduite à la frontière et compromet les demandes ultérieures.
Seul le passeport ordinaire ouvre droit à l'exemption. Les passeports de service, les titres de voyage, les documents temporaires et les passeports d'urgence, ceux que l'on obtient en un jour pour un an de validité, en sont exclus. La partie chinoise demande un passeport valable au moins pour la durée du séjour prévu ; les ministères français et canadien recommandent, eux, six mois de validité au-delà de la sortie du territoire. C'est cette seconde exigence qu'il faut retenir, parce que c'est celle que la compagnie aérienne appliquera au comptoir d'embarquement.
Aucune formalité préalable n'est requise : ni déclaration auprès d'un consulat, ni autorisation électronique, ni frais. On se présente à la frontière avec son passeport. Les entrées sont multiples, sans limite publiée du nombre d'entrées ni du total de jours passés en Chine sur l'année, et l'on peut arriver de n'importe quel pays, par air, par terre ou par mer, par tout point de passage ouvert aux étrangers.
Les justificatifs restent utiles. La partie chinoise les présente comme une recommandation : emporter la lettre d'invitation, le billet de retour et la réservation d'hôtel, pour établir le motif du voyage si la police aux frontières le demande. Les autorités belges vont plus loin et exigent un titre de transport prouvant que le voyageur quittera la Chine dans les trente jours. Dans le doute, on emporte les trois.
La dispense ne se prolonge pas. Elle n'est pas un visa et ne s'étend donc pas comme un visa. Pour rester au-delà de trente jours, il faut soit avoir demandé un visa avant le départ, soit, pour un motif sérieux survenu sur place, solliciter un permis de séjour auprès du service des entrées et sorties du bureau de la sécurité publique local. C'est une démarche d'exception, pas une formalité de confort.
Dépasser la durée coûte cher. La loi chinoise sur l'administration de l'entrée et de la sortie prévoit un avertissement et, si les circonstances sont graves, une amende de cinq cents yuans par jour de dépassement, plafonnée à dix mille yuans, ou une détention administrative de cinq à quinze jours. Le retard d'un vol n'est pas une excuse recevable.
Le transit sans visa
Le transit sans visa est un dispositif distinct et plus ancien, qui garde toute son utilité pour les nationalités ne bénéficiant pas de l'exemption de trente jours. Deux régimes coexistent.
Le transit de vingt-quatre heures est ouvert à toutes les nationalités et à tous les points d'entrée, sur présentation d'un billet de correspondance à date et siège confirmés vers un pays ou une région tiers.
Le transit de deux cent quarante heures, soit dix jours pleins, existe depuis le 17 décembre 2024. Ce régime a d'abord été de soixante-douze heures, puis de cent quarante-quatre. Il concerne aujourd'hui cinquante-cinq nationalités, parmi lesquelles la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, Monaco et le Canada, et il s'exerce par soixante-cinq points d'entrée répartis dans vingt-quatre provinces, régions autonomes et municipalités.
Les conditions sont strictes :
- un document de voyage valable, d'au moins trois mois pour le régime de dix jours ;
- un billet de correspondance à date et siège confirmés vers un pays ou une région tiers. Repartir vers son pays de départ n'est pas un transit, et c'est le refus le plus fréquent ;
- l'entrée par l'un des points d'entrée désignés ;
- le séjour dans les seules zones autorisées, et la sortie avant l'échéance.
Un point a changé et il est souvent mal repris : le voyageur n'est plus assigné à sa ville d'arrivée. Il peut circuler d'une province à l'autre à l'intérieur des zones autorisées des vingt-quatre provinces concernées. Mais la zone autorisée n'est pas toujours la province entière : dans le Shanxi, le Heilongjiang, le Jiangxi, le Guangxi, le Sichuan et le Yunnan, elle se limite à une liste de villes. C'est le piège classique du dispositif, et il ne pardonne pas.
Les points d'entrée couvrent les grands aéroports, Pékin Capitale et Daxing, Shanghai Hongqiao et Pudong, Canton Baiyun, Chengdu Shuangliu et Tianfu, Xi'an Xianyang, Kunming Changshui, Hangzhou Xiaoshan, Chongqing Jiangbei, ainsi que des ports maritimes, un port ferroviaire au Yunnan et, dans le Guangdong, le pont Hong Kong-Zhuhai-Macao et la gare de West Kowloon. Le Tibet ne figure dans aucune des zones autorisées : ce dispositif ne permet pas de s'y rendre.
Pendant ce séjour, le tourisme, les affaires, les visites et les visites familiales sont permis. Le travail, les études et le reportage ne le sont pas.
Pour un Français, un Belge, un Suisse, un Luxembourgeois, un Monégasque ou un Canadien, ce régime est aujourd'hui presque sans objet : l'exemption de trente jours est plus longue, plus souple, et le transit y figure comme motif admis. Le transit sans visa redeviendrait utile le jour où l'exemption cesserait.
Hong Kong, Macao et Hainan : trois régimes à part
Hong Kong et Macao ont leur propre contrôle de l'immigration. Entrer à Hong Kong ou à Macao ne donne aucun droit d'entrer en Chine continentale, et le trajet inverse est également un franchissement de frontière, avec ses formalités.
À Hong Kong, les ressortissants français, belges, suisses, luxembourgeois, monégasques et canadiens sont admis sans visa pour quatre-vingt-dix jours. Le passeport doit rester valable au moins un mois au-delà de la fin du séjour prévu. Hong Kong délivre par ailleurs un véritable visa électronique pour certaines catégories d'admission, ce que la Chine continentale ne fait pas.
À Macao, les Français sont admis sans visa pour quatre-vingt-dix jours, avec un passeport valable trois mois au-delà du séjour ; les Canadiens pour trente jours, prolongeables sur place. Les autres durées se vérifient auprès des services d'immigration de Macao, dont les pages officielles sont la seule référence fiable en la matière.
La province de Hainan applique un régime régional plus large que celui du continent : les ressortissants de cinquante-neuf pays, dont les six pays francophones cités plus haut, y entrent sans visa pour trente jours, y compris pour un traitement médical, une conférence, un salon ou une compétition sportive, motifs que l'exemption générale ne prévoit pas. Le séjour reste confiné au territoire de la province ; pour aller ailleurs en Chine, il faut demander un visa au service des entrées et sorties de Hainan avant l'expiration. Le travail et les études sont exclus.
Deux régimes de groupe complètent l'ensemble. Les groupes d'au moins deux personnes constitués par une agence enregistrée à Hong Kong ou à Macao entrent sans visa pour cent quarante-quatre heures dans dix villes du Guangdong, celles de la grande baie et Shantou, ou dans la province de Hainan. Les groupes de croisiéristes reçus par une agence enregistrée en Chine entrent sans visa pour quinze jours par l'un des treize ports de croisière, à condition de repartir sur le même navire ; leur zone de circulation couvre Pékin et onze provinces côtières.
Les catégories de visa ordinaire
Le règlement chinois sur l'administration de l'entrée et de la sortie des étrangers désigne chaque catégorie de visa ordinaire par une lettre. Il faut choisir la bonne dès le formulaire : une catégorie ne se corrige pas après délivrance, et le motif réel du séjour doit correspondre à celui du visa.
- L : tourisme. Un visa L collectif peut être délivré à un groupe.
- M : activités commerciales.
- F : échanges, visites, études de terrain, sans caractère commercial.
- Z : travail. Il suppose un permis de travail obtenu au préalable par l'employeur en Chine.
- X1 : études de plus de cent quatre-vingts jours. X2 : études plus courtes.
- Q1 : regroupement familial auprès d'un citoyen chinois ou d'un étranger titulaire de la résidence permanente, ainsi que le placement familial. Q2 : visite familiale courte auprès des mêmes personnes.
- S1 : visite longue au conjoint, aux parents, aux enfants de moins de dix-huit ans ou aux beaux-parents d'un étranger qui travaille ou étudie en Chine. S2 : la même visite, courte.
- J1 : journaliste étranger en poste permanent. J2 : reportage de courte durée.
- R : personnalités de haut niveau et spécialistes rares dont l'État a un besoin urgent.
- C : équipages des trains, des avions et des navires internationaux, conducteurs du transport routier international, et les membres de leur famille qui les accompagnent.
- G : transit.
- D : résidence permanente.
La frontière entre les paires, X1 et X2, Q1 et Q2, S1 et S2, J1 et J2, tient à un seuil de cent quatre-vingts jours et, corrélativement, à la nécessité de demander ou non un permis de résidence après l'arrivée.
Une catégorie s'est ajoutée depuis : le visa K, créé par un décret du Conseil des affaires d'État entré en vigueur le 1er octobre 2025 et destiné aux jeunes talents étrangers en science et technologie. Il vise les personnes titulaires au moins d'une licence en sciences, technologie, ingénierie ou mathématiques obtenue dans un établissement reconnu, ou qui y enseignent ou y font de la recherche. Sa singularité est réelle : c'est le seul visa qui n'exige ni employeur, ni invitation, ni permis de travail préalable, et il ouvre à son titulaire les échanges universitaires et scientifiques, la création d'entreprise et les affaires. Ses conditions précises, à commencer par la limite d'âge, n'avaient toutefois pas été publiées à la date de la vérification, et la catégorie ne figurait dans aucune des listes des centres de visas consultées en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. Il faut donc l'interroger auprès du consulat plutôt que de compter dessus.
À côté du visa ordinaire existent trois autres familles, qui ne concernent pas le voyageur : le visa diplomatique, le visa de courtoisie et le visa de service.
Trouver sa catégorie : les cas courants
La plupart des demandes se rangent dans un petit nombre de situations.
- Un voyage touristique de plus de trente jours, ou un touriste d'une nationalité non dispensée : visa L.
- Une mission d'affaires, un salon professionnel, une négociation : visa M, avec une lettre d'invitation d'une entreprise ou d'un organisme chinois.
- Une invitation universitaire, une conférence, une visite d'échanges sans objet commercial : visa F.
- Un emploi salarié : visa Z, précédé d'un permis de travail que l'employeur obtient en Chine, et suivi d'un permis de résidence dans les trente jours de l'arrivée.
- Un semestre ou une année d'université : visa X1 au-delà de cent quatre-vingts jours, X2 en deçà, sur présentation de la lettre d'admission et du formulaire délivré par l'établissement chinois.
- Rejoindre un conjoint expatrié : visa S1 pour une installation, S2 pour une visite.
- Rendre visite à un parent de nationalité chinoise : visa Q2 pour une visite, Q1 pour une installation durable.
Deux erreurs de rangement reviennent sans cesse. La première consiste à demander un visa L pour un stage ou une mission rémunérée : le tourisme n'autorise aucune activité professionnelle. La seconde consiste à confondre la famille chinoise, qui relève des visas Q, et la famille d'un étranger installé en Chine, qui relève des visas S.
Où déposer sa demande selon son pays de résidence
La demande se dépose dans la circonscription consulaire du lieu de résidence, et non du lieu de naissance ou de nationalité. Dans la plupart des pays, elle ne se dépose plus au consulat mais dans un centre de service des visas pour la Chine, structure mandatée qui reçoit les dossiers et les transmet.
- France : deux centres seulement, à Paris et à Marseille. Il n'y a pas de centre à Lyon ni à Strasbourg, bien que la Chine y entretienne des consulats généraux, ni dans les collectivités d'outre-mer où le consulat reçoit directement.
- Belgique : un centre, à Bruxelles.
- Suisse : deux centres, à Berne et à Zurich.
- Canada : cinq centres, à Ottawa, Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary. Au Canada, les passeports ordinaires passent obligatoirement par le centre ; seuls les passeports diplomatiques, spéciaux et de service sont reçus à l'ambassade.
Les adresses de ces centres ne sont volontairement pas reproduites ici : celui de Bruxelles a déménagé en janvier 2026, et l'adresse du site officiel des centres a elle-même changé de forme, au point que des pages consulaires pointaient encore vers l'ancienne. Une adresse recopiée sur une page tierce est une adresse à vérifier. Le site officiel des centres et la page consulaire du pays de résidence sont les deux seules références.
La procédure, dans l'ordre
La chaîne s'est simplifiée en trois temps, et beaucoup de guides en ligne décrivent encore l'état antérieur.
- Le rendez-vous a été supprimé. En Suisse depuis le 23 octobre 2023, en France depuis le 20 novembre 2023, au Canada également : on se présente au centre pendant les heures de dépôt, sans réservation.
- Le formulaire est en ligne et obligatoire. La bascule a eu lieu le 23 août 2024 en Belgique, le 26 août 2024 en Suisse, le 31 mars 2025 en France, le 30 septembre 2025 au Canada. On crée un compte sur le site des centres de visas, on remplit le formulaire, on téléverse les pièces, et l'on attend la validation.
- Le dépôt reste physique. Une fois la vérification en ligne achevée, on imprime le formulaire, on le signe et l'on apporte le dossier avec le passeport.
Sur ce dernier point, les postes n'exigent pas la même chose, et il faut lire la consigne de son propre centre : Paris demande la signature de la première et de la dernière page, la Suisse celle de la dernière page seule, la Belgique celle du bas de la page de confirmation et d'une rubrique du formulaire. Une signature manquante fait revenir le demandeur.
Deux délais de procédure méritent d'être connus. Le dossier doit être déposé dans les trente jours ouvrables qui suivent la validation en ligne, faute de quoi la demande peut être considérée comme annulée. Et après deux retraits de demande, le centre n'en accepte plus de nouvelle.
Les empreintes digitales
C'est le point le plus contre-intuitif de la procédure actuelle, et celui sur lequel circulent le plus d'informations périmées.
La prise d'empreintes digitales, généralisée en 2019, a été suspendue pour les séjours courts. Le périmètre de la dispense s'est élargi par étapes : d'abord quelques catégories, puis tous les visas de moins de cent quatre-vingts jours à une ou deux entrées, enfin tous les demandeurs de court séjour sans condition sur le nombre d'entrées, à partir du 17 décembre 2025 au Canada, du 18 décembre en Belgique et en Suisse, du 24 décembre en France. Cette suspension porte une échéance et sera donc à revérifier.
Les empreintes restent relevées pour les visas D, J1, Q1, S1, X1 et Z, c'est-à-dire pour tous ceux qui exigent un permis de résidence après l'arrivée.
Quatre dispenses sont permanentes et ne dépendent pas de la mesure temporaire : les demandeurs de moins de quatorze ans ou de plus de soixante-dix ans ; les titulaires d'un passeport diplomatique ou les personnes éligibles à un visa diplomatique, de service ou de courtoisie ; les personnes ayant déjà déposé une demande au même poste avec le même passeport et laissé leurs empreintes au cours des cinq dernières années ; les personnes dont aucune empreinte n'est exploitable.
Faire prendre ses empreintes par un tiers est une fraude, et les centres l'écrivent : la personne concernée se voit refuser l'entrée en Chine.
Le passeport et la photographie
Deux pièces concentrent la plus grande part des rejets, et toutes deux se vérifient en dix minutes avant le dépôt.
Le passeport doit être ordinaire, valable au moins six mois, et comporter des pages de visa vierges. Le nombre exact de pages exigé n'est chiffré dans aucun texte officiel : les chiffres que l'on lit ailleurs viennent des agences, pas de la norme. Dans le doute, un passeport dont il reste deux pages entièrement libres évite la discussion.
La photographie obéit à une norme précise, et le centre refuse le dossier lorsqu'elle n'est pas respectée :
- en couleur, prise dans les six derniers mois ;
- au format 48 sur 33 millimètres, la tête mesurant de 15 à 22 millimètres de large et de 28 à 33 millimètres de haut ;
- de face, yeux ouverts, lèvres fermées, les deux oreilles dégagées, expression naturelle ;
- tête nue, sans lunettes à monture épaisse, teintées ou réfléchissantes. Un couvre-chef porté pour un motif religieux est admis s'il ne masque pas le visage ;
- sans bordure, sur fond blanc ou proche du blanc, sans ombre ni surexposition.
La photographie téléversée en ligne et la photographie papier remise au guichet doivent être identiques. Un dossier portant l'image d'une autre personne est rejeté d'office.
Les frais et les délais
Le prix d'un visa chinois se compose de deux parts qu'il ne faut pas confondre : le droit consulaire, fixé par la Chine, et les frais de service du centre, qui s'y ajoutent et varient d'un pays à l'autre.
Une réduction du droit consulaire est en vigueur depuis décembre 2023 et a été reconduite chaque année depuis. Elle place le droit consulaire aux alentours de 45 euros pour un passeport de l'espace Schengen, de 45 francs pour un passeport suisse, de 75 dollars pour un passeport canadien, quel que soit le nombre d'entrées. Les frais de service du centre, la procédure express et l'envoi postal s'ajoutent à ce montant et peuvent le doubler. Ces chiffres sont des ordres de grandeur : la réduction porte une échéance, les frais de service ne sont pas alignés d'un pays à l'autre, et les moyens de paiement acceptés diffèrent, la carte bancaire étant parfois le seul admis.
Les délais de traitement se déclinent en trois niveaux, ordinaire, express et urgent, dont le nombre de jours ouvrés n'est pas publié de façon stable. La règle pratique est ancienne et n'a pas changé : déposer plusieurs semaines avant le départ, et davantage aux abords du Nouvel An chinois et de la fête nationale du 1er octobre, pendant lesquelles les postes ferment plusieurs jours d'affilée.
Ce qui fait rejeter ou refuser un dossier
Il faut distinguer deux choses, que les demandeurs confondent presque toujours.
Le rejet administratif intervient au guichet ou à la vérification en ligne, avant tout examen sur le fond. Il tient à des causes matérielles, et c'est la bonne nouvelle : elles sont toutes évitables. Sont rejetés les dossiers dont le nom, le sexe, la date de naissance, le numéro du passeport ou le pays d'émission sont inexacts ; ceux dont la photographie n'est pas conforme, ou représente une autre personne ; ceux dont une information essentielle est dissimulée ou fausse ; ceux dont la signature manque ; ceux qui arrivent après le délai de dépôt.
Le refus de visa est une décision de fond. La loi chinoise énumère six cas dans lesquels le visa ne doit pas être délivré : la personne a été expulsée ou reconduite et la période d'interdiction n'est pas écoulée ; elle souffre de troubles mentaux graves, de tuberculose contagieuse ou d'une autre maladie transmissible menaçant gravement la santé publique ; elle peut porter atteinte à la sécurité ou aux intérêts de la Chine, à l'ordre public, ou se livrer à des activités illégales ; elle a eu recours à la fraude dans sa demande, ou ne peut garantir ses dépenses sur place ; elle n'a pas fourni les informations demandées ; ou l'autorité estime qu'il ne convient pas de délivrer le visa.
Sur ce dernier motif, le texte est explicite et il vaut mieux le savoir avant de s'épuiser en recours : l'autorité qui délivre les visas n'est pas tenue de motiver un refus. La même règle vaut à la frontière, où la police aux frontières n'a pas à justifier un refus d'entrée.
Un durcissement est venu s'ajouter. Un décret du Conseil des affaires d'État applicable à partir du 15 septembre 2026 permet d'interdire l'entrée du territoire pendant un à cinq ans à l'étranger qui fournit de fausses pièces ou fait de fausses déclarations, lors d'une demande de visa comme au poste frontière. Le même texte pose que le motif de la demande doit être véridique et licite, et que celui qui délivre une invitation répond de la véracité de son contenu. La tentation d'arrondir un dossier a désormais un tarif.
Deux causes de refus souvent citées ne figurent en revanche dans aucun texte officiel : la mention de certaines régions dans le formulaire, et un dépassement de séjour ancien. Le second est plausible, puisque la loi retient l'expulsion et la reconduite parmi les motifs de refus, mais il n'est écrit nulle part sous cette forme. En revanche, un refus d'entrée ou une sortie forcée antérieurs justifient officiellement de convoquer le demandeur à un entretien.
À l'arrivée : carte d'arrivée et enregistrement
Deux formalités attendent le voyageur, et la seconde surprend ceux qui ne logent pas à l'hôtel.
La carte d'arrivée se remplit désormais en ligne, depuis le 20 novembre 2025, sur le site de l'Administration nationale de l'immigration ou par ses applications. Elle n'a pas été supprimée. Sept catégories de voyageurs en sont dispensées, dont les titulaires d'une carte de résident permanent, les groupes sous visa collectif, les passagers en transit direct de moins de vingt-quatre heures qui ne quittent pas la zone de transit, et les croisiéristes qui repartent sur le même navire.
L'enregistrement du lieu de résidence est obligatoire dans les vingt-quatre heures qui suivent l'arrivée pour tout étranger qui ne loge pas à l'hôtel : chez des amis, dans une location entre particuliers, dans un logement de fonction. Il se fait au poste de police du quartier, par le voyageur ou par la personne qui l'héberge. À l'hôtel, c'est l'établissement qui s'en charge lors de l'enregistrement. Le manquement est sanctionné par une amende. Le délai de quarante-huit heures que l'on lit parfois pour les zones rurales ne figure pas dans la loi, qui dit vingt-quatre heures sans exception.
Le permis de résidence
Un visa de long séjour n'est pas un titre de séjour : il sert à entrer, puis il faut le convertir.
Lorsque le visa porte la mention correspondante, ce qui est le cas des visas D, J1, Q1, S1, X1 et Z, son titulaire doit demander un permis de résidence dans les trente jours suivant son entrée, auprès du service des entrées et sorties de l'organe de sécurité publique du lieu de résidence, au niveau du district au moins. Les empreintes digitales sont relevées à cette occasion, y compris pour ceux qui en avaient été dispensés au stade du visa. L'administration statue dans les quinze jours de la réception du dossier.
La durée du permis dépend de son objet : de quatre-vingt-dix jours à cinq ans pour un permis lié au travail, de cent quatre-vingts jours à cinq ans pour les autres. Le délai de trente jours ne se rattrape pas : c'est l'une des rares échéances chinoises dont le dépassement se voit immédiatement, puisqu'elle conditionne à peu près tout le reste, du bail au compte bancaire.
Le certificat de santé
Le critère officiel n'est ni le travail ni la durée des études, contrairement à ce que l'on lit souvent : c'est la durée du permis de résidence demandé. Un certificat de santé est exigé pour tout permis de résidence d'une validité supérieure à un an, quel qu'en soit le motif, et il est valable six mois à compter de sa date d'établissement.
Il intervient donc après l'arrivée, au moment de la demande de permis, et non au stade du visa : les listes de pièces des consulats n'en demandent pas pour les visas Z ou X1. Le contenu exact de l'examen et l'établissement habilité à le pratiquer se vérifient auprès de l'administration locale, les pratiques n'étant pas uniformes d'une province à l'autre.
La résidence permanente
La carte de résident permanent, que l'on appelle couramment la carte verte chinoise, s'obtient dans sept cas, et la barre est haute.
- un investissement direct en Chine, stable pendant trois années consécutives, avec des dossiers fiscaux satisfaisants ;
- un poste de direction ou un titre professionnel supérieur, avec quatre années consécutives d'emploi, ou plus de trois ans de résidence sur quatre, et une situation fiscale en règle ;
- une contribution importante et exceptionnelle à la Chine ;
- le conjoint et les enfants célibataires de moins de dix-huit ans des personnes relevant des trois premiers cas ;
- le conjoint d'un citoyen chinois ou d'un résident permanent, marié depuis cinq ans, ayant vécu cinq années consécutives en Chine à raison d'au moins neuf mois par an, avec des moyens d'existence et un domicile stables ;
- les enfants célibataires de moins de dix-huit ans à la charge de leurs parents ;
- les personnes d'au moins soixante ans sans famille immédiate hors de Chine continentale, dépendant d'un proche en Chine, dans les mêmes conditions de présence.
Le dossier comporte le passeport, un certificat médical et un extrait de casier judiciaire du pays d'origine, en plus des pièces propres à chaque cas. Les frais sont de l'ordre de mille cinq cents yuans pour la demande et de trois cents yuans pour la carte. L'instruction est longue, la décision intervenant dans les six mois de la réception, et elle est définitive. La carte se révoque, notamment lorsque son titulaire réside moins de trois mois par an en Chine, ou moins d'un an cumulé sur cinq, sans autorisation.
Le Tibet, un permis en plus du visa
Le visa pour la Chine ne suffit pas à entrer au Tibet. L'accès à la région autonome est soumis à une autorisation spéciale, obtenue avant le départ ou depuis la Chine par l'intermédiaire d'une agence de tourisme titulaire d'une licence gouvernementale, et la présence d'un guide est obligatoire, pour un voyage individuel comme pour un voyage de groupe. Les visites privées non accompagnées ne sont pas autorisées.
Deux précautions s'imposent. La délivrance des permis peut être suspendue sans préavis, et l'accès aux préfectures tibétaines des provinces voisines peut être restreint même pour qui détient un permis. Et le Tibet ne figurant dans aucune des zones ouvertes au transit sans visa, ce dispositif ne permet pas d'y aller.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
À la lecture des consignes officielles et de ce que les postes consulaires écartent, quelques fautes reviennent plus que les autres.
- Croire que l'exemption couvre tout. Elle ne couvre ni le travail, ni les études, ni le journalisme, et un stage relève du travail.
- Compter sur un visa à l'arrivée. Il existe, mais pour des motifs d'urgence, et il ne se planifie pas.
- Chercher un visa électronique. Il n'y en a pas pour la Chine continentale. Les sites qui en proposent un ne sont pas officiels.
- Prendre un billet de retour vers son pays de départ pour bénéficier du transit sans visa. Le transit suppose un pays tiers.
- Sortir de la zone autorisée pendant un transit sans visa, ou croire que la zone est toujours la province entière.
- Négliger l'enregistrement des vingt-quatre heures lorsqu'on loge chez des particuliers.
- Laisser passer les trente jours du permis de résidence après une entrée sous visa long.
- Recopier une adresse ou un tarif trouvés sur un site tiers. Les centres déménagent, les tarifs changent, et l'adresse même du site officiel des centres a changé.
- Arrondir un dossier. Une fausse pièce ou une fausse déclaration expose désormais à une interdiction d'entrée de un à cinq ans.
La règle qui les résume toutes tient en une ligne : le motif déclaré doit être le motif réel, et la dernière vérification se fait sur le site du consulat, la veille du départ.