HSK 3.0
Le HSK 3.0 est la génération actuelle de l'examen officiel de chinois pour les non-sinophones, bâtie sur une norme nationale publiée en 2021 qui découpe la compétence en trois paliers et neuf niveaux. Cette fiche en détaille la structure, les quantités officielles de vocabulaire, de caractères et de grammaire, les épreuves et le calendrier de mise en place.
SOMMAIRE

Une pile de livres sans titre, un cahier ouvert, un crayon et une tasse de thé sur un bureau près d'une fenêtre — Photo d'illustration
Ce que désigne le nom HSK 3.0
Le HSK est l'examen officiel de compétence en chinois destiné aux personnes dont le chinois n'est pas la langue première. Son nom vient de la romanisation de son intitulé chinois, Hanyu Shuiping Kaoshi, littéralement examen de niveau de langue chinoise. Il est placé sous l'autorité du ministère chinois de l'Éducation et exploité par une société spécialisée, Chinese Testing International.
L'appellation HSK 3.0 est un usage, non un nom de norme. Elle désigne la troisième génération de l'examen, et par extension l'ensemble formé par deux documents officiels distincts, séparés par quatre ans.
- Une norme nationale de langue et d'écriture, publiée le 24 mars 2021 et entrée en vigueur le 1er juillet 2021, qui définit les niveaux de compétence. Elle porte le numéro GF 0025-2021 et un titre anglais imprimé sur sa couverture, Chinese Proficiency Grading Standards for International Chinese Language Education.
- Un programme d'examen, publié en novembre 2025, qui traduit cette norme en épreuves : tâches, thèmes, vocabulaire, caractères et grammaire de chaque niveau. Il porte en couverture une mention d'entrée en application datée de juillet 2026.
Les deux générations qui ont précédé se datent facilement. La première, dite HSK 1.0, naît au début des années 1990 : le ministère chinois de l'Éducation publie en 1992 un règlement de l'examen, alors destiné surtout aux étudiants étrangers venus en Chine et centré sur les structures grammaticales. La deuxième, le HSK 2.0, date de 2009, année où le ministère publie un nouveau standard organisant l'épreuve en six niveaux de difficulté croissante. C'est encore ce système à six niveaux que passent aujourd'hui la plupart des candidats.
La norme de 2021 : trois paliers, neuf niveaux
La norme a été publiée conjointement par le ministère chinois de l'Éducation et la Commission nationale de la langue et de l'écriture, après validation par le comité chargé d'examiner les normes linguistiques nationales. Elle a été élaborée par le Centre de coopération et d'échanges linguistiques du ministère, à partir d'un groupe de travail constitué en mai 2017, en s'appuyant sur une dizaine de référentiels de langue étrangers parmi les plus diffusés. C'est la première norme nationale chinoise destinée aux apprenants étrangers qui décrive complètement leurs compétences en chinois.
Elle organise la compétence en trois paliers, appelés élémentaire, intermédiaire et supérieur, chacun subdivisé en trois niveaux, soit neuf niveaux au total :
- palier élémentaire : niveaux 1, 2 et 3 ;
- palier intermédiaire : niveaux 4, 5 et 6 ;
- palier supérieur : niveaux 7, 8 et 9.
Le texte comprend huit parties : un avant-propos, le champ d'application, les termes et définitions, la description des niveaux, une table des syllabes, une table des caractères, une table du vocabulaire et, en annexe normative, un programme de grammaire par niveau.
Les cinq compétences et les trois dimensions d'évaluation
La norme évalue cinq compétences linguistiques, et non quatre : écouter, parler, lire, écrire et traduire. La traduction y est donc une compétence à part entière, au même titre que les quatre autres.
Elle croise trois dimensions d'évaluation :
- la capacité de communication verbale, c'est-à-dire ce que l'apprenant sait faire en combinant les cinq compétences dans une situation donnée ;
- le contenu des thèmes et des tâches, c'est-à-dire ce dont il est capable de parler et ce qu'il est capable d'accomplir ;
- les indicateurs quantifiés de langue, c'est-à-dire le matériel linguistique qu'il doit maîtriser à chaque niveau.
Ces indicateurs quantifiés reposent sur quatre éléments de base, que la norme appelle sa référence à quatre dimensions : les syllabes, les caractères, le vocabulaire et la grammaire. Chacun est chiffré niveau par niveau, ce qui est la nouveauté la plus concrète du texte.
Le tableau officiel des quantités
La norme publie un tableau récapitulatif des indicateurs quantifiés. Pour chaque niveau, elle indique ce que le niveau ajoute, puis le total cumulé atteint à ce niveau. Le palier supérieur n'est pas détaillé niveau par niveau : la norme précise expressément qu'à ce stade les quantités ne sont plus subdivisées.
- Niveau 1 : 269 syllabes, 300 caractères, 500 mots, 48 points de grammaire.
- Niveau 2 : 199 syllabes nouvelles pour 468 au total, 300 caractères nouveaux pour 600, 772 mots nouveaux pour 1 272, 81 points de grammaire nouveaux pour 129.
- Niveau 3 : 140 nouvelles syllabes pour 608, 300 caractères pour 900, 973 mots pour 2 245, 81 points de grammaire pour 210.
- Niveau 4 : 116 nouvelles syllabes pour 724, 300 caractères pour 1 200, 1 000 mots pour 3 245, 76 points de grammaire pour 286.
- Niveau 5 : 98 nouvelles syllabes pour 822, 300 caractères pour 1 500, 1 071 mots pour 4 316, 71 points de grammaire pour 357.
- Niveau 6 : 86 nouvelles syllabes pour 908, 300 caractères pour 1 800, 1 140 mots pour 5 456, 67 points de grammaire pour 424.
- Palier 7 à 9 : 202 nouvelles syllabes pour 1 110, 1 200 caractères pour 3 000, 5 636 mots pour 11 092, 148 points de grammaire pour 572.
Le total du référentiel est donc de 1 110 syllabes, 3 000 caractères, 11 092 mots et 572 points de grammaire.
Le palier élémentaire, pris dans son ensemble, demande ainsi 608 syllabes, 900 caractères, 2 245 mots et 210 points de grammaire, dont 300 caractères que l'apprenant doit savoir écrire à la main. La norme va jusqu'à fixer des vitesses : au niveau 1, elle attend une compréhension orale sur un débit d'au moins 100 caractères par minute, une lecture d'au moins 80 caractères par minute et une écriture manuscrite d'au moins 10 caractères par minute.
Ce que chaque niveau permet de faire
Le programme d'examen publie, en une page, la description de la compétence attendue à chacun des neuf niveaux. Elle se résume ainsi :
- Niveau 1 : communiquer simplement dans des situations de la vie quotidienne.
- Niveau 2 : communiquer de façon élémentaire dans la vie quotidienne, les études et le travail.
- Niveau 3 : communiquer efficacement dans ces mêmes situations.
- Niveau 4 : y communiquer de façon complète et suivie.
- Niveau 5 : communiquer avec justesse et à-propos dans le travail et les études.
- Niveau 6 : communiquer de façon riche et fluide dans le milieu professionnel, les études et des domaines spécialisés courants.
- Niveau 7 : communiquer de façon correcte et fluide dans le milieu professionnel, les domaines spécialisés courants et le contexte universitaire général.
- Niveau 8 : y communiquer de façon appropriée et approfondie.
- Niveau 9 : communiquer avec précision et en profondeur dans tous les contextes professionnels, spécialisés et universitaires.
Le programme d'examen de 2025
La norme de 2021 ne décrit aucune épreuve : elle sert de référence. Il fallait donc un second texte pour passer du référentiel à l'examen. Il a été publié en novembre 2025 par le Centre de coopération et d'échanges linguistiques et par Chinese Testing International, pendant la Conférence mondiale de la langue chinoise réunie à Pékin du 14 au 16 novembre 2025, avec des sujets d'entraînement mis en ligne le mois suivant. Il se télécharge librement depuis le site officiel de l'examen.
Ce programme compte 406 pages et se divise en cinq parties : un programme des tâches, un programme des thèmes, un programme du vocabulaire, un programme des caractères et un programme de grammaire. Le programme des caractères est une nouveauté de cette génération : les précédentes ne comportaient pas de liste de caractères distincte de la liste de vocabulaire.
Le vocabulaire de l'examen, niveau par niveau
Le programme numérote son vocabulaire d'un seul tenant, de 1 à 11 000. Chaque entrée porte son rang, son niveau, sa forme écrite, son pinyin et sa catégorie grammaticale. Les tranches sont les suivantes :
- Niveau 1 : mots 1 à 300, soit 300 mots.
- Niveau 2 : mots 301 à 500, soit 200 mots nouveaux, 500 au total.
- Niveau 3 : mots 501 à 1 000, soit 500 nouveaux, 1 000 au total.
- Niveau 4 : mots 1 001 à 2 000, soit 1 000 nouveaux, 2 000 au total.
- Niveau 5 : mots 2 001 à 3 600, soit 1 600 nouveaux, 3 600 au total.
- Niveau 6 : mots 3 601 à 5 400, soit 1 800 nouveaux, 5 400 au total.
- Palier 7 à 9 : mots 5 401 à 11 000, soit 5 600 nouveaux, 11 000 au total.
Le palier supérieur porte donc à lui seul plus de la moitié du vocabulaire de l'examen.
Les caractères : reconnaître et écrire
Le programme distingue deux listes de caractères, ce qui est sa différence la plus visible avec les générations précédentes. La première réunit les caractères à reconnaître en lecture, la seconde ceux qu'il faut savoir tracer à la main.
Les caractères à reconnaître se répartissent ainsi : 246 au niveau 1, 125 de plus au niveau 2, 284 au niveau 3, 441 au niveau 4, 431 au niveau 5, 413 au niveau 6 et 1 148 au palier supérieur, soit 3 088 en tout.
Les caractères à écrire sont moins nombreux et suivent un découpage plus régulier : 100 pour les niveaux 1 et 2 réunis, puis 150 à chacun des niveaux 3, 4, 5 et 6, et 500 au palier supérieur, soit 1 200 en tout. Autrement dit, l'examen demande de savoir lire environ deux fois et demie plus de caractères qu'il n'en fait écrire.
Les cartes mémoire du site reprennent ce découpage : elles se révisent niveau par niveau, du niveau 1 au palier 7 à 9.
La grammaire, les thèmes et les tâches
Le programme de grammaire ne se présente pas sous forme de liste numérotée mais de tableaux, organisés par catégorie, nom de catégorie, entrée détaillée et contenu grammatical. On y trouve, niveau par niveau, les morphèmes et affixes, les catégories de mots, les types de syntagmes, les fonctions dans la phrase, les tournures figées, les types de phrases et les phrases complexes. Les niveaux élémentaires y traitent par exemple les localisatifs, les verbes modaux et les premières formes d'aspect ; le palier supérieur y aborde les tournures figées de quatre caractères et les constructions comparatives les plus élaborées.
Le programme des tâches décrit, pour chaque niveau, les actes que le candidat doit savoir accomplir : au niveau 1, demander et donner des informations personnelles, des informations sur un événement, sur un objet, sur le temps qu'il fait. Le programme des thèmes en fournit le contenu.
Les épreuves des niveaux 1 à 6
Dans le nouveau système, l'expression orale n'est plus un examen séparé. Elle se passe le même jour que l'écrit, et l'inscription aux deux est simultanée à partir du niveau 3. C'est un changement de fond : dans le système à six niveaux, l'oral fait l'objet d'un examen distinct, le HSKK, qui ne comporte que trois niveaux.
Les durées annoncées pour les sessions d'essai de 2026 sont les suivantes :
- Niveau 1 : environ 40 minutes, sans oral.
- Niveau 2 : environ 60 minutes, sans oral.
- Niveau 3 : environ 83 minutes d'écrit, puis environ 15 minutes d'oral.
- Niveau 4 : environ 85 minutes d'écrit, puis environ 20 minutes d'oral.
- Niveau 5 : environ 110 minutes d'écrit, puis environ 23 minutes d'oral.
- Niveau 6 : environ 125 minutes d'écrit, puis environ 23 minutes d'oral.
Les épreuves écrites se passent au choix sur papier ou sur ordinateur, selon ce que le centre propose. Pour ces sessions d'essai, les résultats sont publiés quinze jours après une épreuve sur ordinateur et trente jours après une épreuve sur papier ; le certificat reste valable deux ans à compter du jour de l'examen, comme pour les autres sessions.
Le palier supérieur : une épreuve, trois niveaux
Le palier 7 à 9 obéit à une logique différente. Il n'existe pas trois examens mais un seul, dont le résultat détermine lequel des trois niveaux est attribué, ou aucun. Le classement s'appuie sur la théorie de réponse à l'item, une méthode statistique qui situe le candidat sur une échelle continue au lieu de compter simplement les bonnes réponses, et chaque compétence reçoit une note sur 100.
L'épreuve compte 98 questions, dont 67 objectives et 31 subjectives, pour environ 210 minutes réparties en cinq parties : compréhension orale, 40 questions en une trentaine de minutes ; compréhension écrite, 47 questions en 60 minutes ; expression écrite, 2 questions en 55 minutes ; traduction, 4 questions en 41 minutes ; expression orale, 5 questions en une vingtaine de minutes. La journée se déroule en deux blocs séparés par une pause. Le palier supérieur ne se passe que sur ordinateur.
La traduction y consiste notamment à traduire vers le chinois depuis la langue maternelle du candidat, possibilité ouverte à sept langues : l'anglais, l'espagnol, le japonais, le coréen, le thaï, le mongol et le vietnamien. Ce palier fait l'objet d'une fiche détaillée dans le guide.
Qui passe quel niveau
Le niveau 4 sert de repère d'entrée : c'est l'exigence linguistique de base pour venir étudier en Chine. Les niveaux élémentaires concernent surtout les apprenants scolarisés et les débutants, tandis que le palier supérieur vise un public restreint, décrit officiellement comme celui des étudiants étrangers inscrits en master ou en doctorat en Chine, des étudiants spécialisés en chinois dans leur pays, et des professionnels engagés dans des échanges universitaires, économiques, culturels ou technologiques conduits en chinois.
Le HSK sert de justificatif pour candidater à une université chinoise, demander une bourse, obtenir un permis de travail en Chine, ou postuler dans une entreprise chinoise à l'étranger et dans les multinationales. Plusieurs ministères de l'Éducation, en Asie et au Moyen-Orient, l'ont intégré à leurs programmes scolaires et l'acceptent comme épreuve de langue étrangère à leurs examens de fin d'études. Environ 44 % des candidats ont entre 16 et 22 ans.
Deux comptes de vocabulaire, et pourquoi
Une difficulté revient constamment dès qu'on cherche le nombre de mots du HSK 3.0 : deux totaux circulent, 11 092 et 11 000, et les deux sont officiels.
Le premier vient de la norme de 2021, dont la table de vocabulaire s'arrête à 11 092 entrées, avec des cumuls de 500, 1 272, 2 245, 3 245, 4 316 et 5 456 mots aux niveaux 1 à 6. Le second vient du programme d'examen de 2025, dont le lexique est numéroté de 1 à 11 000 par tranches rondes.
Les deux textes n'ont pas le même objet. Une norme de compétence décrit ce qu'un apprenant devrait maîtriser à un niveau donné ; un programme d'examen délimite ce sur quoi une épreuve peut l'interroger. Les ressources pédagogiques publiées par les institutions chinoises se réclament d'ailleurs explicitement des deux documents à la fois. Il n'y a donc pas de chiffre à trancher, mais un document à nommer : 11 092 est le total de la norme, 11 000 celui du programme d'examen.
Le calendrier de mise en place
Le passage d'une génération à l'autre s'étale sur plusieurs années, et il a commencé par le haut.
Le palier 7 à 9, conçu directement sur la norme de 2021, a été ouvert le premier : son premier examen mondial s'est tenu le 26 novembre 2022. À ce moment, les autorités avaient annoncé que les niveaux 1 à 6 ne changeraient pas dans l'immédiat, que les résultats et certificats déjà obtenus resteraient valables et que les manuels existants resteraient utilisables, l'ajustement étant prévu pour deux à trois ans plus tard.
La suite a suivi ce calendrier. Le programme d'examen a été publié en novembre 2025, les sujets d'entraînement en décembre. Une première session d'essai mondiale des niveaux 1 à 6 s'est tenue le 31 janvier 2026 dans une partie des centres, couvrant l'Asie, l'Europe, les Amériques, l'Afrique et l'Océanie. Une deuxième session d'essai est fixée au 20 septembre 2026, avec des inscriptions ouvertes depuis le 3 août 2026.
Pendant ce temps, le calendrier ordinaire de 2026 continue de proposer les niveaux 1 à 6 dans leur forme ancienne, sur onze sessions réparties dans l'année, et le palier supérieur deux fois seulement, le 9 mai et le 22 novembre. Aucune date de bascule complète n'a été annoncée à ce jour.
L'échelle du dispositif
Ces changements portent sur un examen devenu massif. Le réseau du HSK est passé de 61 centres dans 34 pays en 2004 à 1 477 centres dans 168 pays et plus de 30 000 salles d'examen. Le nombre de candidats payants est passé de 32 000 par an en 2004 à 719 000 en 2024, et a encore progressé de près de 20 % au premier semestre 2025. Le site officiel de l'examen annonce environ 800 000 candidats servis chaque année et plus de 60 000 personnels certifiés.
Le HSK n'est d'ailleurs plus seul : il est devenu la tête d'une famille d'examens qui comprend aussi un examen pour les élèves du primaire et du secondaire, un examen de chinois des affaires et une certification pour les enseignants de chinois.