Entretiens de Confucius
Les Analectes — Lunyu
Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.
Passage 85 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「父母在,不遠遊;遊必有方。」
19. Le Maître dit : « Durant la vie de vos parents, n’allez pas voyager au loin. Si vous voyagez, que ce soit dans une direction déterminée. (afin qu’ils sachent où vous êtes). »
Passage 86 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「三年無改於父之道,可謂孝矣。」
Couvreur ne traduit pas ce passage ici : le Liun Iu le répète, et il le rend à sa première place, au chapitre I.11.
Passage 87 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「父母之年,不可不知也。一則以喜,一則以懼。」
20. Le Maître dit : « Vous devez vous rappeler souvent l’âge de vos parents, vous réjouir de leur longévité, et craindre qu’ils ne viennent à mourir. »
Passage 88 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「古者言之不出,恥躬之不逮也。」
21. Le Maître dit : « Les anciens n’osaient pas émettre de maximes ; ils craignaient que leurs actions ne répondissent pas à leurs paroles. »
Passage 89 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「以約失之者,鮮矣。」
22. Le Maître dit : « On s’égare rarement en s’imposant à soi-même des règles sévères. »
Passage 90 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「君子欲訥於言而敏於行。」
23. Le Maître dit : « Le sage s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions. »
Passage 91 CHAPITRE IV. LI JENN
子曰:「德不孤,必有鄰。」
24. Le Maître dit : « La vertu ne va jamais seule ; un homme vertueux attire toujours des imitateurs. »
Passage 92 CHAPITRE IV. LI JENN
子游曰:「事君數,斯辱矣。朋友數,斯疏矣。」
25. Tzeu iou dit : « Celui qui par des avis réitérés se rend importun à son prince tombe dans la disgrâce ; celui qui par des remontrances réitérées se rend importun à son ami perd son amitié. »
Passage 93 CHAPITRE V. KOUNG IE TCH’ANG
子謂公冶長,「可妻也;雖在縲絏之中,非其罪也。」以其子妻之。子謂南容,「邦有道,不廢;邦無道,免於刑戮。」以其兄之子妻之。
1. Le Maître dit que Koung ie Tch’ang était un homme à qui l’on pouvait convenablement donner une fille en mariage ; que, bien qu’il fût dans les fers, il n’avait mérité aucun châtiment. Il lui donna sa fille en mariage. Le Maître dit que Nan Ioung, dans un État bien gouverné, aurait toujours une charge ; que, dans un État mal gouverné, il saurait, (par sa circonspection), échapper aux tourments et à la peine capitale. Il lui donna en mariage la fille de son frère. Nan Ioung, disciple de Confucius, habitait Nan koung. Il s’appelait T’ao et Kouo. Son surnom était Tzeu ioung, et son nom posthume King chou. Il était le frère aîné de Meng I tzeu.
Passage 94 CHAPITRE V. KOUNG IE TCH’ANG
子謂子賤:「君子哉若人!魯無君子者,斯焉取斯?」
2. Le Maître dit de Tzeu tsien : « Quelle sagesse est en cet homme ! Si la principauté de Lou n’avait pas de sages, où celui-ci aurait il puisé une telle sagesse ? » (Tzeu tsien était disciple de Confucius. Son nom de famille était Fou ; son nom propre, Pou ts’i).
Passage 95 CHAPITRE V. KOUNG IE TCH’ANG
子貢問曰:「賜也何如?」子曰:「女器也」。曰:「何器也?」曰:「瑚璉也。」
3. Tzeu koung demanda : « Que dites vous de moi ? » Le Maître répondit : « Vous êtes un vase (qui peut être employé, mais à un seul usage). » Tzeu koung reprit : « Quel vase ? » « Un vase pour les offrandes, dit (Confucius). » Les vases que les Hia appelaient hou, ceux que les Chang appelaient lien, et ceux que les Tcheou appelaient fou et kouei, servaient à offrir le millet dans les temples des ancêtres ; ils étaient ornés de pierres précieuses. Bien que Tzeu koung (n’eût encore d’aptitude que pour une seule chose, et) ne fût encore qu’un vase, c’était un vase très noble. Ses talents lui permettaient de traiter les affaires publiques et d’exercer la charge de grand préfet, ce qui était honorable. Son langage avait une élégance remarquable, ce qui faisait comme l’ornement de sa personne.
Passage 96 CHAPITRE V. KOUNG IE TCH’ANG
或曰:「雍也,仁而不佞。」子曰:「焉用佞?禦人以口給,屢憎於人。不知其仁;焉用佞?」
4. Quelqu’un dit : « Ioung est très vertueux, mais peu habile à parler. » Le Maître répondit : « Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. Je ne sais si Ioung est vertueux ; mais que lui servirait d’être habile à parler ? »