Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 229 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

Couvreur ne traduit pas ce passage ici : le Liun Iu le répète, et il le rend à sa première place, au chapitre I.8.

Passage 230 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

24. Le Maître dit : « On peut enlever de force à une armée de trois légions son général en chef ; il est impossible d’arracher de force au moindre particulier sa détermination de pratiquer la vertu. »

Passage 231 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!『?』:「?」

25. Le Maître dit : « Iou (Tzeu lou) est homme à ne pas rougir de se trouver vêtu d’une tunique de toile usée au milieu d’hommes vêtus de fourrures de renard et de martre. (On peut lui appliquer ces deux vers du Cheu king) : Celui qui ne fait tort à personne et n’est pas cupide, ne sera-t-il pas bon envers tout le monde ? » Tzeu lou, flatté de cet éloge, répétait sans cesse les deux vers du Cheu king. Confucius dit : « Ces deux choses (n’être ni injuste ni cupide), suffisent elles pour être parfaitement bon (vertueux) ? »

Passage 232 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

26. Le Maître dit : « C’est seulement quand le froid de l’hiver est arrivé, qu’on s’aperçoit que le pin et le cyprès perdent leurs feuilles après tous les autres arbres. » Le froid de l’hiver est l’image d’une époque de trouble. La persistance du feuillage est l’image de la volonté ferme et constante du sage. Quand la tranquillité règne, l’homme vulgaire pourra ne pas se distinguer de l’homme sage. C’est seulement au milieu des avantages ou des désavantages apportés par une révolution, qu’on reconnaît la constance du sage.

Passage 233 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

27. Le Maître dit : « Un homme éclairé et prudent n’hésite pas ; un homme parfait est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur. »

Passage 234 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

28. Le Maître dit : « On doit faire avancer son disciple graduellement ; à celui à qui on doit permettre seulement d’étudier avec le maître, on ne doit pas encore permettre d’entrer dans la voie de la vertu ; à celui à qui l’on doit permettre seulement d’entrer dans la voie de la vertu, on ne doit pas encore permettre de s’y fixer solidement ; à celui à qui l’on doit seulement permettre de s’affermir dans la vertu, on ne doit pas encore permettre de décider si une loi générale oblige ou non dans tel cas particulier. »

Passage 235 CHAPITRE IX. TZEU HAN

」。:「?」

29. (Un ancien chant disait) : « Le cerisier sauvage lui-même agite ses fleurs (comme s’il avait du sentiment). Comment ne penserais je pas à vous ? Mais vous demeurez loin d’ici. » Le Maître, après avoir cité cette strophe, disait : « Les hommes ne pensent pas à la vertu. Ont-ils à surmonter la difficulté de la distance ? »

Passage 236 CHAPITRE X. HIANG TANG

便便

1. Confucius, dans le village où demeurait sa famille, était très simple ; il semblait ne pas savoir parler. Dans le temple des ancêtres et à la cour du prince, il s'exprimait clairement, mais avec une attention respectueuse.

Passage 237 CHAPITRE X. HIANG TANG

2. Dans le palais du prince, il parlait aux tai fou inférieurs avec fermeté et sans détours, aux tai fou supérieurs avec affabilité et franchise. En présence du prince (de Lou), il montrait une crainte presque respectueuse, une noble gravité.

Passage 238 CHAPITRE X. HIANG TANG

使退:「。」

3. Quand il était chargé par le prince de Lou de recevoir les hôtes, l’air de son visage semblait changé et sa démarche embarrassée. Pour saluer les hôtes à leur arrivée, il joignait les mains, (tenait le corps immobile), tournait seulement les mains jointes à droite et à gauche (vers les hôtes qui étaient à ses côtés) ; sa tunique restait bien ajustée par devant et par derrière. En introduisant les hôtes, il marchait d’un pas rapide, tenant (les mains jointes et) les bras un peu étendus, comme les ailes d’un oiseau. Après le départ d’un hôte, il ne manquait pas d’avertir le prince (qui attendait à la porte, où il avait lui-même reconduit l’hôte). Il lui disait : « L’hôte ne tourne plus la tête en arrière, (le prince peut rentrer dans ses appartements).

Passage 239 CHAPITRE X. HIANG TANG

,屛

4. En entrant à la porte du palais, il se courbait comme si la porte avait été trop basse pour le laisser passer. Il ne se tenait pas au milieu de l’entrée ; en marchant, il évitait de mettre le pied sur le seuil. En passant auprès du siège du prince (entre la porte et la cloison intérieure, Confucius éprouvait un sentiment de respect si profond que) l’air de son visage paraissait changé et sa démarche embarrassée ; les paroles remblaient lui manquer. Il montait à la salle, tenant sa tunique relevée, ayant le corps incliné, et retenant son haleine comme s’il ne pouvait plus respirer. En sortant, dès qu’il avait descendu le premier degré, son visage reprenait son air accoutumé ; il paraissait affable et joyeux. Arrivé au bas des degrés, il hâtait le pas, (tenant les mains jointes, et les bras un peu soulevés) comme un oiseau qui étend les ailes. En retournant à sa place, il paraissait éprouver une crainte respectueuse. (D’après Tchou Hi, Confucius exposait ainsi les devoirs de celui qui recevait les hôtes ; peut-être n’a-t-il jamais rempli lui-même cet office).

Passage 240 CHAPITRE X. HIANG TANG

覿

5. (Lorsque Confucius se présentait comme envoyé dans une cour étrangère), il tenait la tablette de son prince (des deux mains), le corps incliné, comme s’il n’avait pas la force de la soutenir ; il la levait comme s’il avait salué, c’est à dire à la hauteur de la tête ; il l’abaissait comme s’il avait offert un objet, c’est-à dire à la hauteur de la poitrine. Il avait l’air d’un homme qui tremble de peur. Il levait à peine les pieds en marchant, comme s’il avait cherché à suivre les traces de quelqu’un. En offrant au prince étranger les présents de son prince, il avait un air affable et joyeux. En lui offrant ses propres présents dans une visite particulière, il se montrait encore plus affable.

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