Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 373 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

宿:「?」:「。」:「?」

41. Tzeu lou passa une nuit à Chenn menn (dans le pays de Ts’i). Le gardien de la porte (qui était un sage) lui dit : « D’où venez vous ? » « De l’école de Confucius, répondit Tzeu lou. » « C’est, reprit le gardien, un homme qui s’applique à faire une chose qu’il sait être impossible (à réformer les mœurs). »

Passage 374 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

衞。:「!」:「!『。』」:「!」

42. Le Maître, dans la principauté de Wei, jouait d’un instrument de musique composé de pierres sonores, (exprimant par des sons plaintifs la douleur que lui causait l’état malheureux de la société). Un lettré, (qui demeurait dans la vie privée), venant à passer devant la porte du philosophe, avec une corbeille sur les épaules, dit : « Les sons de son instrument font connaître qu’il aime beaucoup les hommes. » Peu après il ajouta : « Quelle aveugle opiniâtreté (de vouloir réformer la société) ! Personne ne le connaît (n’estime sa doctrine). Qu’il cesse donc d’enseigner, et voilà tout. (Le sage demeure dans la retraite ou se montre en public selon les circonstances, conformément à cet enseignement du Cheu king) : « Si le gué est profond, je le traverserai les jambes nues ; s’il ne l’est pas, je relèverai mes vêtements seulement jusqu’aux genoux. » Le Maître dit : « Qu’il est cruel (cet homme qui demeure dans la vie privée, et n’a pas compassion des autres) ! Son genre de vie n’a rien de difficile. »

Passage 375 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

:「:『。』?」:「。」

43. Tzeu tchang dit : « Les Annales rapportent que l’empereur Kao tsoung (à la mort de son père) se retira dans une cabane, où il demeura sans parler durant trois ans. Que signifie cette cérémonie ? » Le Maître répondit : « Qu’est il besoin de citer Kao tsoung ? Tous les anciens faisaient la même chose. Quand un souverain mourait, (son successeur gardait le deuil et s’abstenait de parler) ; les officiers remplissaient leurs fonctions sous la direction du premier ministre pendant trois ans. » La cabane où l’empereur passait les trois années de deuil s’appelait leang ngan, parce qu’elle était tournée au nord et ne recevait pas les rayons du soleil.

Passage 376 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

:「使。」

44. Le Maître dit : « Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger. »

Passage 377 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

:「。」:「?」:「。」:「?」:「!」

45. Tzeu lou demanda ce que c’est qu’un vrai disciple de la sagesse. Le Maître répondit : « Un disciple de la sagesse se perfectionne en veillant attentivement sur lui-même. » « Cela suffit il ? reprit Tzeu lou. » Confucius répondit : « Il se perfectionne lui-même, puis il travaille à la perfection et à la tranquillité des autres. » « Est ce tout ? » demanda Tzeu lou. » Confucius dit : « Il se perfectionne lui-même, ensuite il fait régner la vertu et la paix parmi le peuple. Se perfectionner soi-même, faire régner la vertu et la paix parmi le peuple, c’est ce que Iao et Chouenn eux mêmes trouvaient très difficile, et croyaient être au dessus de leurs forces. »

Passage 378 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

:「。」

46. Iuen Jang attendait Confucius en se tenant accroupi. Le Maître lui dit : « Quand vous étiez jeune, vous ne respectiez pas ceux qui étaient plus âgés que vous. Devenu grand, vous n’avez rien fait de louable. Devenu vieux, vous ne mourez pas. Vos exemples sont très nuisibles. » Confucius avec son bâton lui frappa légèrement les jambes.

Passage 379 CHAPITRE XIV. HIEN WENN

:「?」:「。」

47. Confucius employait au service des hôtes et des visiteurs un enfant du village de K’iue tang. Quelqu’un demanda s’il faisait des progrès (dans l’étude de la sagesse). Le Maître répondit : « Je le vois prendre place parmi les hommes faits, et marcher côte à côte avec ceux qui sont plus âgés que lui. Il ne cherche pas à progresser peu à peu ; mais il voudrait être parfait tout de suite. »

Passage 380 CHAPITRE XV. WEI LING KOUNG

:「。」:「?」:「。」

1. Ling, prince de Wei, interrogea Confucius sur l’art de ranger les armées en bataille. Confucius répondit : « On m’a enseigné la manière de ranger les supports et les vases de bois pour les sacrifices ; je n’ai pas appris à commander les armées. » Confucius, (voyant que le prince était peu dis¬posé à étudier la sagesse), s’en alla dès le lendemain. Dans la principauté de Tch’enn, (il fut assiégé durant sept jours, par ordre du prince), les vivres lui manquèrent. Ses compagnons étaient affaiblis par la faim ; aucun d’eux n’avait plus la force de se lever. Tzeu lou indigné se présenta devant lui et dit : « Le sage est il aussi exposé à manquer de tout ? » « Le sage, répondit le Maître, demeure constant et courageux dans la détresse. Un homme vulgaire, dans la détresse, ne connaît plus aucune loi. »

Passage 381 CHAPITRE XV. WEI LING KOUNG

:「?」:「?」:「。」

2. Le Maître dit : « Seu, me considérez vous comme un homme qui a beaucoup appris et beaucoup retenu ? » « Oui, répondit Tzeu koung. Suis je dans l’erreur ? » « Vous êtes dans l’erreur, reprit Confucius. (Je n’ai étudié qu’une seule chose, à savoir, la nature de mes facultés intellectuelles et morales ; une seule chose me donne l’intelligence de tout. »

Passage 382 CHAPITRE XV. WEI LING KOUNG

:「!」

3. Le Maître dit : « Iou, peu d’hommes connaissent la vertu. » Celui qui ne la possède pas ne peut en connaître ni la nature ni les charmes.

Passage 383 CHAPITRE XV. WEI LING KOUNG

:「。」

4. Le Maître dit : « Chouenn était un prince qui, presque sans avoir besoin de rien faire, maintenait l’empire dans un ordre parfait. Que faisait il ? Il veillait attentivement sur lui-même et se tenait gravement le visage tourné vers le midi. »

Passage 384 CHAPITRE XV. WEI LING KOUNG

:「輿。」

5. Tzeu tchang demanda quel était le moyen d’agir (d'exercer une action, une influence) sur les autres hommes. Le Maître répondit : « Un homme sincère et véridique dans ses paroles, prudent et circonspect dans ses actions, aura de l’influence, même au milieu des barbares du midi ou du septentrion. Un homme qui n’est ni sincère ni véridique dans ses paroles, ni prudent ni circonspect dans ses actions, aura-t-il quelque influence, même dans une ville ou un village ? Quand vous êtes debout, voyez par la pensée ces quatre vertus (la sincérité, la véracité, la prudence et la circonspection) se tenant auprès de vous, devant vos yeux. Quand vous êtes en voiture, contemplez les assises sur le joug. Par ce moyen, vous acquerrez de l’influence. » Tzeu tchang écrivit sur sa ceinture ces paroles du Maître.

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