Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 193 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「使使。」

9. Le Maître dit : « On peut amener le peuple à pratiquer la vertu ; mais on ne peut lui en donner une connaissance raisonnée. »

Passage 194 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

10. Le Maître dit : « Celui qui aime à montrer de la bravoure et supporte avec peine sa pauvreté causera du désordre. Si un homme, qui n’est pas vertueux, se voit trop détesté, il tombera dans le désordre. »

Passage 195 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「使!」

11. Le Maître dit : « Un homme eût il les belles qualités de Tcheou koung, s’il est orgueilleux et avare, rien en lui ne mérite d’être regardé. »

Passage 196 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

12. Le Maître dit : « Il est rare de trouver un homme qui se livre trois ans à l’étude de la sagesse, sans avoir en vue les appointements de la magistrature. » Le philosophe Iang dit : « Tzeu tchang, malgré toute sa sagesse, fut convaincu de convoiter les revenus attachés aux charges ; à plus forte raison, ceux qui sont moins vertueux que lui. »

Passage 197 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

13. Le Maître dit : « Le sage s’attache aux préceptes de la sagesse, et il aime à les étudier. Il les observe fidèlement jusqu’à la mort, et par l’étude il se convainc de leur excellence. Il n’entre pas dans un pays menacé d’une révolution ; il ne demeure pas dans un État troublé par les dissensions. Si l’empire est bien gouverné, il se montre (il peut et doit accepter une charge dans l’intérêt de l’empereur et du peuple). Si l’empire est mal gouverné, il se cache (il cultive la vertu dans sa vie privée). Quand l’État est bien gouverné, le sage aurait honte de n’avoir ni richesses ni honneurs (parce qu’alors il peut et doit exercer une charge). Quand l’État est mal gouverné, il aurait honte d’avoir des richesses et des honneurs. »

Passage 198 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

14. Le Maître dit : « Ne cherchez pas à vous immiscer dans les affaires d’une charge publique qui n’est pas confiée à vos soins. »

Passage 199 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「!」

15. Le Maître dit : « Lorsque le chef de musique Tcheu commença à exercer sa charge (dans la principauté de Lou), comme le chant final La Mouette chantant charmait et satisfaisait l’oreille ! »

Passage 200 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「!」

16. Le Maître dit : « Je n’accepte pas pour disciple un homme ambitieux et sans droiture, ou ignorant et léger, ou peu intelligent et peu sincère. »

Passage 201 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

17. Le Maître dit : « Travaillez sans relâche à acquérir la sagesse, comme si vous aviez toujours à acquérir ; de plus, craignez de perdre ce que vous avez acquis. » Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour.

Passage 202 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

18. Le Maître dit : « Oh ! quelle grandeur d’âme ! Chouenn et Iu ont possédé l’empire, et leur cœur ne s’y est pas attaché. »

Passage 203 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「!」

19. Le Maître dit : « Que Iao a été un grand prince ! qu’il a fait de grandes choses ! Seul le Ciel est grand ; seul Iao lui a été semblable. L’influence de sa vertu a été sans limites ; le peuple n’a pu trouver de terme pour la nommer. Que ses mérites ont été insignes ! Que ses cérémonies, sa musique et ses lois ont été belles ! »

Passage 204 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」:「『』,!」

20. Chouenn avait cinq ministres d’État, et l’empire était bien gouverné. Ou wang (fondateur de la dynastie des Tchéou) disait : J’ai dix ministres qui m’aident à bien gouverner (Parmi eux il comptait sa femme, l’impératrice I Kiang, qui gouvernait la ville impériale). Confucius ajoute : « On dit communément que les hommes de talent sont rares. Ce dicton populaire n’est-il pas vrai (Il est vrai, puisque Chouenn n’a trouvé que cinq ministres capables, et Ou wang dix). L’époque de Iao et de Chouenn a été plus florissante que la nôtre (celle de la dynastie des Tchéou). Cependant elle ne paraît pas l’emporter par le nombre des hommes de talent. Car Chouenn n’a trouvé que cinq ministres capables ; Ou wang a trouvé une femme de talent et neuf hommes, mais pas davantage. Posséder les deux tiers de l’empire, et employer sa puissance au service de la dynastie des In, ce fut le mérite de la famille des Tcheou ; ce mérite a été très grand. »

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