Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 157 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「!」:「?」:「。」

10. Le Maître dit à Ien Iuen : « Vous et moi, nous sommes les seuls qui soyons toujours disposés à remplir une charge, quand on nous l’offre, et à rentrer dans la vie privée, quand on nous la retire. » Tzeu lou dit : « Maître, si vous aviez trois légions à conduire, quel serait celui que vous prendriez pour vous aider ? » Le Maître répondit : « Je ne prendrais pas un homme qui serait disposé à saisir sans aucune arme un tigre avec les mains, à travers un fleuve sans barque, à braver la mort sans aucun souci de sa vie. Je choisirais certainement un homme qui n’entreprendrait rien qu’avec circonspection, et qui réfléchirait avant d’agir. »

Passage 158 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

11. Le Maître dit : « S’il convenait de chercher à amasser des richesses, ’fallût il, pour y parvenir), remplir l’office de valet qui tient le fouet, je le remplirais. Mais tant qu’il ne convient pas de les rechercher, je poursuis l’objet de mes désirs (la sagesse). »

Passage 159 CHAPITRE VII. CHOU EUL

愼:

12. Trois choses excitaient surtout la sollicitude du Maître : l’abstinence avant une cérémonie, la guerre et la maladie. Confucius était attentif à tout. Mais trois choses attiraient spécialement son attention : l’abstinence, parce qu’elle prépare à entrer en communication avec les intelligences spirituelles ; la guerre, parce que la vie ou la mort d’un grand nombre d’hommes, le salut ou la ruine de l’État en dépendent ; la maladie, parce que notre vie en dépend.

Passage 160 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「!」

13. Le Maître, étant dans la principauté de Ts’i, entendit exécuter les chants de Chouenn. Pendant trois mois qu’il les étudia, il avait l’esprit tellement absorbé qu’il ne percevait pas la saveur des viandes. « Je ne pensais pas, dit il, que l’auteur de ces chants eût atteint une si grande perfection. »

Passage 161 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「?」:「」。:「?」:「。」:「?」:「?」:「。」

14. Jen Iou dit : « Notre maître est il pour le prince de Wei, (nommé Tche) ? » Tzeu koung répondit : « Bien ; je le lui demanderai. » Entrant (dans le lieu où était Confucius), il dit : « Que faut il penser de Pe i et de Chou ts’i ? » Confucius répondit : C’étaient deux sages de l’antiquité. Tzeu koung reprit : « Se sont ils repentis (d’avoir renoncé à la royauté ?) » Confucius répondit : « Ils ont voulu être parfaits dans leur conduite, et ils ont atteint leur but. Pourquoi auraient ils eu du repentir ? » Tzeu koung, quittant Confucius, (retourna auprès de Jen Iou, et lui) dit : Notre maître n’est pas pour (le prince Tche). Ling, prince de Wei, chassa de ses États son fils K’ouai kouei, qui devait hériter du titre de prince. Le prince Ling étant mort, ses sujets mirent à sa place Tche, fils de K’ouai kouei. Mais les habitants de la principauté de Tsin ramenèrent K’ouai kouei dans la principauté de Wei : et Tche entra en lutte avec son père. Confucius était alors dans la principauté de Wei. Les habitants croyaient que, K’ouai kouei ayant encouru la disgrâce de son père, Tche, petit fils légitime du prince Ling, devait lui succéder. Jen Iou eut des doutes et interrogea à ce sujet.

Pe i et Chou ts’i étaient deux fils du prince de Kou tchou (pays actuellement compris dans le Tcheu li). Leur père en mourant légua son titre de prince à Chou ts’i (qui était son troisième fils). Quand il fut mort, Chou ts’i voulut céder le titre de prince à Pe i, (qui était son frère aîné). Pe i rappela la volonté de son père ; et prenant la fuite, se retira dans un autre pays. Chou ts’i n’accepta pas non plus l’héritage, et s’enfuit également. Les habitants établirent héritier le deuxième des fils du prince défunt. Plus tard, Ou wang (fondateur de la dynastie des Tcheou), ayant chassé Tcheou (dernier empereur de la dynastie des Chang), Pe i et Chou ts’i montèrent à cheval, et allèrent en toute hâte reprocher à Ou wang d’avoir éteint la dynastie des Chang. Considérant comme une honte de manger le grain récolté dans l’empire des Tcheou, ils se retirèrent sur le mont Cheou iang, où ils moururent de faim.

Tzeu koung, quittant Confucius, dit à Jen Iou : « Puisque notre maître approuve la conduite des deux frères Pe i et Chou ts’i, qui se cédèrent l’un à l’autre la dignité de prince, certainement il désapprouve le prince de Wei qui dispute à son père cette même dignité. Evidemment il n’est pas pour le prince de Wei. »

Passage 162 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「,飮。」

15. Le Maître dit : « Le sage, fût il réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tête appuyée sur son bras, il conservera sa joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues par de mauvaises voies me paraissent comme des nuées qui flottent dans les airs. (elles ne rendent pas l’homme vraiment heureux). »

Passage 163 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

16. Le Maître dit : « Si le Ciel me donnait encore quelques années de vie, après avoir étudié le Livre des Changements durant cinquante années, je pourrais éviter les fautes graves. »

Passage 164 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

17. Les entretiens du Maître roulaient ordinairement sur le Cheu king, sur le Chou king, et sur le Li ki, qui enseigne les devoirs à remplir. Tels étaient les sujets ordinaires de ses discours.

Passage 165 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「:『。』」

18. Le prince de Che ayant interrogé Tzeu lou sur la personne de Confucius, Tzeu lou ne répondit pas. Le Maître dit : « Pourquoi n’avez vous pas répondu : C’est un homme qui s’applique (à l’étude et à la pratique de la vertu) avec une telle ardeur qu’il oublie de manger ; éprouve une telle joie qu’il oublie tout chagrin ; (qui est si absorbé dans l’étude de la sagesse qu’il) ne sent pas venir la vieillesse ? » Le prince de Che était Chenn Tchou leang, nommé Tzeu kao, préfet de Che bien. Il avait usurpé le titre de prince.

Passage 166 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

19. Le Maître dit : « La connaissance des choses n’est pas innée en moi ; mais j’aime l’antiquité, et je m’applique à l’étude avec ardeur. » En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un grand sage, parce que la sagesse était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés.

Passage 167 CHAPITRE VII. CHOU EUL

20. Le Maître ne parlait pas des choses extraordinaires, ni des actes de violence, ni des troubles, ni des esprits. Parler des choses extraordinaires, c’est exciter les hommes à ne pas suivre les règles ordinaires ; parler des actes d’audace et de violence, c’est affaiblir dans les hommes les sentiments de douceur ; parler de résistance aux lois ou à l’autorité, c’est porter les hommes à violer la justice ; parler des esprits, c’est brouiller les idées de ceux qui écoutent.

Passage 168 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

21. Le Maître dit : « Si je voyageais avec deux compagnons, (l’un vertueux et l’autre vicieux), tous deux me serviraient de maîtres. J’examinerais ce que le premier a de bon et je l’imiterais ; les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. »

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