Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 61 CHAPITRE III. PA I

:「:『使。』」:「。」

21. Ngai, prince de Lou, ayant interrogé Tsai Ngo au sujet des autels élevés en l’honneur de la Terre, Tsai Ngo répondit : « Les Hia y plantaient des pins, et les In, des cyprès. Les Tcheou y plantent des châtaigniers , afin d’inspirer au peuple la crainte et la terreur. » Le Maître entendant ces paroles dit : « Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. » Tsai Ngo, nommé Iu, était disciple de Confucius. Les anciens plantaient auprès des autels érigés à la Terre les arbres qui convenaient le mieux au terrain. Tsai Ngo avait mal interprété leur intention et prêté aux princes actuellement régnants le désir de châtier et de mettre à mort leurs sujets. Confucius l’en reprit sévèrement, et lui marqua plusieurs choses dont il ne convenait pas de parler.

Passage 62 CHAPITRE III. PA I

:「!」:「?」:「?」「?」:「?」

22. Le Maître dit : « Que Kouan Tchoung a l’esprit étroit ! » Quelqu’un demanda si Kouan Tchoung était trop parcimonieux. (Confucius) répondit : « Le chef de la famille Kouan a élevé (à grands frais) la tour de San kouei ; dans sa maison aucun officier n’est chargé de deux emplois. Comment pourrait on le croire trop économe ? » « Mais, reprit l’interlocuteur, s’il fait tant de dépenses, n’est ce pas parce qu’il connaît (et veut observer) les convenances ? » (Confucius) répliqua : « Les princes ont une cloison devant la porte de leurs palais (pour en dérober la vue aux passants) ; le chef de la famille Kouan a aussi une cloison devant sa porte. Quand les princes ont une entrevue amicale, ils ont une crédence sur laquelle on renverse les coupes ; Kouan Tchoung a une crédence semblable. Si le chef de la famille Kouan connaît les convenances, quel est celui qui ne les connaît pas ? » Kouan Tchoung, nommé I ou, grand préfet de Ts’i, aida Houan, prince de Ts’i, à établir son autorité sur tous les grands feudataires. Il avait l’esprit étroit, il ne connaissait pas les grands principes de conduite suivis et enseignés par les sages.

Passage 63 CHAPITRE III. PA I

:「。」

23. Le Maître, instruisant le grand directeur de musique de Lou, dit : « Les règles de la musique sont faciles à connaître. Les divers instruments commencent par jouer tous ensemble ; ils jouent ensuite d’accord, distinctement et sans interruption, jusqu’à la fin du morceau. »

Passage 64 CHAPITRE III. PA I

:「。」:「。」

24. Dans la ville de I (où Confucius s’était retiré après avoir été dépouillé de sa charge par le prince de Lou), un officier préposé à la garde des frontières demanda à lui être présenté, en disant : « Chaque fois qu’un sage est venu dans cette ville, il m’a toujours été donné de le voir. » Les disciples, qui avaient suivi Confucius dans son exil, introduisirent cet officier auprès de leur maître. Cet homme dit en se retirant : « Disciples, pourquoi vous affligez vous de ce que votre maître a perdu sa charge ? Le désordre est dans l’empire depuis longtemps déjà. Mais le Ciel va donner au peuple en ce grand sage un héraut de la vérité. » Il y avait deux sortes de clochettes. L’une, à battant de métal, servait pour les affaires militaires. L’autre, à battant de bois, servait à l’officier chargé d’enseigner ou d’avertir le peuple.

Passage 65 CHAPITRE III. PA I

:「。」:「。」

25. Le Maître disait que les Chants du Successeur étaient tout à fait beaux et doux ; que les Chants du Guerrier étaient tout à fait beaux, mais non tout à fait doux. Les chants de Chouenn sont appelés les Chants du Successeur, parce qu’il succéda à l’empereur Iao, et comme lui, gouverna parfaitement. Les chants de Ou wang sont nommés les Chants du Guerrier, parce qu’ils célèbrent les exploits de Ou wang, qui délivra le peuple de la tyrannie de Tcheou. Les Chants du Successeur sont au nombre de neuf, parce qu’il y eut neuf péripéties ; les Chants du Guerrier sont au nombre de six, parce qu’il y eut six péripéties.

Passage 66 CHAPITRE III. PA I

:「!」

26. Le Maître dit : « De quelle règle puis je me servir pour juger la conduite d’un homme qui exerce une haute autorité avec un cœur étroit, qui s’acquitte d’une cérémonie sans respect, ou qui, à la mort de son père ou de sa mère, est (ou se lamente) sans douleur ?

Passage 67 CHAPITRE IV. LI JENN

:「?」

1. Le Maître dit : « Un bon voisinage est celui où règne la probité. Pourrait on appeler sage un homme qui, ayant à choisir un lieu pour sa demeure, ne voudrait pas avoir des voisins honnêtes ? »

Passage 68 CHAPITRE IV. LI JENN

:「。」

2. Le Maître dit : « Un homme qui n’est pas vertueux ne peut demeurer longtemps dans l’indigence ou dans l’opulence (sans devenir plus mauvais). Un homme vertueux trouve son bonheur dans la vertu ; un homme sage n’ambitionne que le trésor de la vertu. »

Passage 69 CHAPITRE IV. LI JENN

:「。」

3. Le Maître dit : « Seul l’homme vertueux sait aimer et haïr les hommes comme il convient. »

Passage 70 CHAPITRE IV. LI JENN

:「。」

4. Le Maître dit : « Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu s’abstient de mal faire. »

Passage 71 CHAPITRE IV. LI JENN

:「。」

5. Le Maître dit : « Les richesses et les honneurs sont très ambitionnés des hommes ; si vous ne pouvez les obtenir par des voies honnêtes, ne les acceptez pas. La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. Si l’homme sage abandonne la voie de la vertu, comment soutiendra-t-il son titre de sage ? L’homme sage ne l’abandonne jamais, pas même le temps d’un repas. Il y demeure toujours, même au milieu des affaires les plus pressantes, même au milieu des plus grands troubles. »

Passage 72 CHAPITRE IV. LI JENN

:「使。」

6. Le Maître dit : « Je n’ai pas encore vu, un homme qui aimât vraiment la vertu et haït sincèrement le vice. Celui qui aime vraiment la vertu la préfère à toute autre chose ; celui qui hait sincèrement le vice cultive la vertu, et fuit toute atteinte du mal. Est il un homme qui travaille de toutes ses forces à pratiquer la vertu un jour entier ? Je n’ai jamais vu aucun homme qui n’eût pas assez de forces pour être vertueux. Peut être en existe-t-il ; mais je n’en ai jamais vu. » Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut atteindre la perfection.

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