Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 181 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「?」:「:『。』:「!」

34. Confucius étant gravement malade, Tzeu lou lui proposa de faire des prières. Le Maître dit : « Cela convient il ? » Tzeu lou répondit : « Cela convient. Dans les oraisons funèbres il est dit : « Nous vous supplions, esprits du ciel et de la terre. » Le Maître répliqua : « Il y a longtemps que je prie. » — Lei, discours dans lequel on raconte les actions d’un homme dont on déplore la perte. Chang hia, le ciel et la terre. Les esprits du ciel s’appellent cheun ; ceux de la terre K’i. Tao, se repentir de ses fautes, pratiquer la vertu, et demander ainsi la protection des esprits. Le Philosophe répondit : « Il y a longtemps que je prie. En effet, prier, ce n’est autre chose que pratiquer la vertu, se corriger de ses défauts, et solliciter ainsi le secours des esprits. Moi, tous les jours, si j’ai quelque défaut, je le corrige, s’il est une vertu à pratiquer, je la pratique. Ma prière est vraiment continuelle. Comment aurais je attendu jusqu’aujourd’hui pour prier ? »

Passage 182 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

35. Le Maître dit : « La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. »

Passage 183 CHAPITRE VII. CHOU EUL

:「。」

36. Le Maître dit : « Le sage est calme, il a le cœur dilaté ; l’homme vulgaire est toujours accablé de soucis. »

Passage 184 CHAPITRE VII. CHOU EUL

37. Le Maître était affable avec gravité, sévère sans dureté ; dans les cérémonies son maintien était respectueux, sans avoir rien de forcé.

Passage 185 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

1. Le Maître dit : T’ai pe doit être considéré comme un homme d’une vertu très parfaite. Il a cédé résolument l’empire, et il n’a pas laissé au peuple la possibilité de célébrer son désintéressement. Anciennement, T’ai wang, prince de Tcheou, eut trois fils, dont l’aîné fut nommé T’ai pe, le second Tchoung ioung, et le troisième Ki li. Ki li eut pour fils Tchang, qui devint Wenn wang. T’ai wang, voyant que Wenn wang possédait toutes les vertus au plus haut degré, résolut de léguer la dignité de prince à Ki li, afin qu’elle passât à Wenn wang. T’ai pe ayant connu l’intention de son père, aussitôt, sous prétexte d’aller cueillir des plantes médecinales, s’en alla avec son frère cadet Tchoung ioung, et se retira au milieu des tribus barbares du midi. Alors T’ai wang transmit sa principauté à Ki li. Plus tard, Ou wang (fils de Wenn wang) gouverna tout l’empire. Si l’on considère la conduite de T’ai pe comme elle parut aux yeux de ses contemporains, il n’a cédé qu’une principauté (la principauté de Tcheou). Mais si on la considère avec les connaissances actuelles, on voit qu’il a réellement refusé l’empire et l’a cédé au fils de son frère. Après l’avoir cédé, il s’est caché, il a disparu, il n’est pas resté trace de lui. Pour cette raison, le peuple n’a pu célébrer ses louanges. T’ai pe a enseveli dans l’ombre sa personne et son nom ; il a fait en sorte d’oublier le monde et d’en être oublié. C’est le plus haut degré de la vertu.

Passage 186 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「,愼。」

2. Le Maître dit : « Celui qui fait des politesses outre mesure est fatigant ; celui qui est circonspect outre mesure est craintif ; celui qui est courageux outre mesure cause du désordre ; celui qui est franc outre mesure offense par des avis trop pressants. Si le prince remplit avec zèle ses devoirs envers ses parents et ses ancêtres, la piété filiale fleurit parmi le peuple. Si le prince n’abandonne pas ses anciens serviteurs ni ses anciens amis, le peuple suit son exemple. »

Passage 187 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「:『。』!」

3. Tseng tzeu, sur le point de mourir, appela ses disciples et leur dit : « Découvrez mes pieds et mes mains (et voyez que j’ai conservé tous mes membres dans leur intégrité). On lit dans le Cheu king : « Tremblant et prenant garde, comme si j’étais sur le bord d’un gouffre profond, comme si je marchais sur une glace très mince » (C’est avec cette crainte et cette précaution que j’ai pris soin de mon corps). A présent et pour toujours, je vois avec plaisir que j’ai pu préserver mon corps de toute lésion, ô mes enfants. Un fils doit rendre entier à la terre ce que ses parents lui ont donné entier, et ne pas les déshonorer en laissant endommager son corps. Sans doute, la principale obligation d’un bon fils est de se bien conduire, de faire honneur à ses parents en rendant son nom illustre ; mais celui qui sait conserver ses membres intacts sait aussi mener une vie irréprochable. S’il n’est pas permis de laisser perdre l’intégrité de son corps, à plus forte raison est il blâmable de déshonorer ses parents par sa mauvaise conduite.

Passage 188 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

4. Tseng tzeu mourant reçut la visite de Meng King tzeu. Prenant la parole, il lui dit : « L’oiseau qui va mourir crie d’une voix plaintive ; un homme qui va mourir donne de bons avis. Un prince sage a surtout soin de trois choses : il a soin d’éviter la raideur et le laisser aller dans la tenue du corps, la simulation dans l’air du visage, la grossièreté et l’inconvenance dans le ton de la voix. Pour ce qui est des vases de bambou ou de bois employés dans les cérémonies, (un prince sage n’y attache pas une grande importance, et ne s’en occupe pas lui-même, mais) il a des officiers qui en prennent soin. » (Meng K’ing tzeu, nommé Tsie, chef de la famille Tchoung suenn, grand préfet dans la principauté de Lou. »

Passage 189 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

5. Tseng tzeu dit : « Être habile, et interroger ceux qui ne le sont pas, avoir beaucoup (de scince et de vertu), et interroger ceux qui en ont peu, avoir (de la science et de la vertu), et se considérer comme n’ayant rien, être riche, et se regarder comme dépourvu de tout, recevoir des offenses, et ne pas contester, voilà ce qu’était et ce que faisait mon condisciple (Ien luen). »

Passage 190 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「!」

6. Tseng tzeu dit : « Un homme à qui l’on peut confier la tutelle d’un jeune prince haut de six palmes (environ douze décimètres), et le gouvernement d’un État ayant cent stades d’étendue, et qui, au moment d’un grand trouble ou d’une révolution, reste fidèle à son devoir, un tel homme n’est il pas un sage ? Certainement c’est un sage.

Passage 191 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

7. Tseng tzeu dit : « Il faut que le disciple de la sagesse ait le cœur grand et courageux. Le fardeau est lourd, et le voyage long. Son fardeau, c’est la pratique de toutes les vertus ; n’est ce pas lourd ? Son voyage ne finira qu’après la mort ; n’est ce pas long ? »

Passage 192 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「。」

8. Le Maître dit : « Le disciple de la sagesse excite en son cœur des sentiments honnêtes par la lecture des Vers (du Cheu king) ; il affermit sa volonté par l’étude et la pratique des cérémonies et des devoirs mentionnés dans le Li ki ; il perfectionne sa vertu par l’étude de la musique (du Io ki). »

Partager cette page