Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 253 CHAPITRE X. HIANG TANG

:「!」

17. Lorsqu’un oiseau voit un homme à l’air menaçant, il s’envole, tournoie, puis se repose. Confucius dit : « Que cette faisane, sur le pont, dans la montagne, sait bien choisir son temps (pour s’envoler et pour se reposer) ! » Tzeu lou s’étant tourné vers elle pour la prendre, elle poussa trois cris, et s’envola (Les interprètes expliquent diversement ce passage. Quelques uns disent Tzeu lou prit, fit cuire et servit cette faisane. Confucius en respira trois fois l’odeur et se leva ; il n’en mangea pas). Si un oiseau remarque si bien tous les indices, l’homme devrait il aller et venir sans examen ni délibération ?

Passage 254 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」

1. Le Maître dit : En ce qui concerne l’urbanité et la musique, les anciens passent pour des hommes peu civilisés, et les modernes, pour des hommes sages. Dans la pratique, j’imite les anciens. Confucius appelle anciens les hommes qui vivaient au temps de Wenn wang, de Ou wang, de Tch’eng wang et de K’ang wang ; et modernes, ceux qui vivaient dans les derniers temps de la dynastie des Tcheou. Chez les anciens, l’urbanité et la musique étaient parfaites et pour le fond et pour la forme. Au temps de Confucius, elles étaient considérées comme trop simples, et les anciens eux mêmes passaient pour des hommes grossiers. Plus tard, l’urbanité et la musique eurent plus d’apparence que de réalité. Néanmoins, au temps de Confucius, elles étaient considérées comme parfaites pour le fond et pour la forme, et les modernes passaient pour des sages.

Passage 255 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」

2. Le Maître dit : « De tous les disciples qui m’ont accompagné, (et ont partagé mes périls et mes souffrances), dans les principautés de Tch’enn et de Ts’ai, aucun ne fréquente plus mon école. Ien Houei, Min Tzeu k’ien, Jen Pe gniou et Tchoung koung étaient remarquables par leurs vertus ; Tsai Ngo et Tzeu koung, par leur habileté à parler ; Jen Iou et Ki Lou, par leur habileté à gouverner ; Tzeu iou et Tzeu hia, par leur habileté dans les lettres et leur érudition. » Les uns étaient dans leurs foyers, les autres, dans les charges ; les uns vivaient encore, les autres étaient morts.

Passage 256 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」

3. Le Maître dit : « Houei ne m’excitait pas à parler ; il était content de tout ce que je disais. » Il n’avait jamais ni doute ni difficulté et n’interrogeait pas son maître. Comment l’aurait il excité à discourir ?

Passage 257 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」

4. Le Maître dit : « Que Min Tzeu k’ien était remarquable par sa piété filiale ! Les étrangers n’en parlent pas autrement que son père, sa mère et ses frères (tout le monde s’accorde à le louer). »

Passage 258 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

》,

5. Nan Ioung, (pour se souvenir qu’il fallait parler avec circonspection), répétait souvent ces mots du Cheu king : La tablette blanche (peut être polie et ses défauts disparaîtront). Confucius lui donna en mariage la fille de son frère.

Passage 259 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「?」:「。」

6. Ki K’ang tzeu demanda à Confucius lequel de ses disciples s’appliquait de tout son cœur à l’étude de la sagesse. Le Maître répondit : « Ien Houei s’y appliquait de tout son pouvoir. Malheureusement il a peu vécu. A présent personne ne l’égale. »

Passage 260 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」

7. Ien Iuen étant mort, Ien Lou, (son père, qui était pauvre), demanda la voiture de Confucius, afin d’en employer le prix à acheter un second cercueil au défunt. Le Maître répondit : « Aux yeux d’un père, un fils est toujours un fils, qu’il ait du talent ou non. Quand (mon fils) Li est mort, il a eu un cercueil, mais pas de second cercueil pour contenir et protéger le premier. Je ne suis pas allé à pied, afin de lui procurer un second cercueil. Comme je viens immédiatement après les grands préfets, il ne convient pas que j’aille à pied. » Li, nommé aussi Pe iu, était le fils de Confucius. Il mourut avant son père. Confucius dit que Li, bien qu’inférieur à Ien Iuen en talents et en vertus, était cependant son fils, comme Ien Iuen était le fils de Ien Lou. A cette époque, Confucius n’exerçait plus aucune charge ; mais il avait encore rang parmi les grands préfets. Par modestie, il dit qu’il vient après eux.

Passage 261 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「!」

8. Ien Iuen étant mort, le Maître dit : « Hélas ! le Ciel m’a ôté la vie ! le Ciel m’a anéanti ! »

Passage 262 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「!」:「?」

9. Le Maître pleura amèrement la mort de Ien Iuen. Ses disciples lui dirent : « Maître, votre douleur est excessive. » Il répondit : « Ma douleur est elle excessive ? S’il y a lieu d’éprouver jamais une grande affliction, n’est ce pas après la perte d’un tel homme ? »

Passage 263 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「。」:「。」

10. Ien Iuen étant mort, les disciples de Confucius voulurent faire de grands frais pour sa sépulture. Le Maître dit : « Cela ne convient pas, (parce qu’il était pauvre). » Les disciples l’enterrèrent néanmoins à grands frais. Le Maître dit : « Houei (Ien Iuen) me considérait comme son père ; moi, je n’ai pu le traiter comme mon fils, c’est à dire l’enterrer pauvrement comme mon fils Li. Ce n’est pas moi qui en suis la cause, mais ces quelques disciples. »

Passage 264 CHAPITRE XI. SIEN TSIN

:「?」「?」:「?」

11. Ki lou (Tzeu lou) interrogea Confucius sur la manière d’honorer les esprits. Le Maître répondit : « Celui qui ne sait pas remplir ses devoirs envers les hommes, comment saura-t-il honorer les esprits ? » (Tzeu lou reprit) : « Permettez moi de vous interroger sur la mort. » Le Maître répondit : « Celui qui ne sait pas ce que c’est que la vie, comment saura-t-il ce que c’est que la mort ? » Le philosophe Tch’eng dit : « Celui qui sait ce que c’est que la vie, sait ce que c’est que la mort. Celui qui remplit parfaitement ses devoirs envers ses supérieurs, remplit parfaitement ses devoirs envers les esprits. »

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