Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 205 CHAPITRE VIII. T’AI PE

:「!」

21. Le Maître dit : « Je ne découvre aucun défaut dans l’empereur Iu. Sa nourriture et sa boisson étaient fort simples ; mais ses offrandes aux esprits étaient splendides. Ses vêtements ordinaires étaient grossiers ; mais sa robe et son bonnet de cérémonie étaient magnifiques. Son habitation et ses chambres étaient basses ; mais il donnait tous ses soins aux canaux d’irrigation. Je ne trouve aucun défaut dans l’empereur Iu. »

Passage 206 CHAPITRE IX. TZEU HAN

1. Le Maître parlait rarement du gain, de la Providence céleste, de la vertu parfaite. Celui qui cherche sa propre utilité blesse la justice. La question de la Providence céleste est très subtile. La voie de la vertu parfaite est immense. Confucius parlait rarement de ces trois choses. Il parlait peu du gain, de peur de porter les hommes à ne désirer que des choses basses, à ne chercher que leurs propres intérêts. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, de peur d’exciter les hommes à vouloir faire des choses trop au dessus de leurs forces. Il parlait peu de gain, de peur que ces disciples ne fussent trop portés à chercher leur propre intérêt. Il parlait peu de la Providence céleste et de la vertu parfaite, parce que ses disciples n’auraient pas facilement comprit ces hautes questions.

Passage 207 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」:「!」

2. Un homme du bourg Ta hiang avait dit : « Le philosophe K’oung est certainement un grand homme. Il a beaucoup de science ; mais il n’a pas ce qu’il faut pour se faire un nom (parce qu’il n’exerce aucun des six arts libéraux). » Confucius, en ayant été informé, dit : « Quel art exercerai-je ? Exercerai-je l’art de conduire une voiture ? Exercerai-je l’art du tir à l’arc ? Je me ferai conducteur de voiture. » Un conducteur de voiture est le serviteur d’autrui. Son métier est encore plus vil que celui d’archer. Le philosophe, entendant faire son éloge, répondit en s’abaissant lui-même. Ce grand sage n’avait pas réellement l’intention de se faire conducteur de voiture.

Passage 208 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

3. Le Maître dit : « Le bonnet de chanvre est conforme à l’ancien usage. A présent on porte le bonnet de soie, qui (se tisse plus facilement, et) coûte moins cher. Je me conforme à l’usage général, (qui n’a rien d’inconvenant). Anciennement, un officier saluait son prince au bas (des degrés qui conduisaient à la salle). A présent, on le salue au haut des, degrés ; c’est de l’orgueil. Contrairement à tout le monde, je m’en tiens à l’ancien usage.

Passage 209 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

4. Le Maître évitait quatre défauts : il n’avait pas de désir désordonné, ni de détermination irrévocable, ni d’opiniâtreté, ni d’égoïsme.

Passage 210 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「?」

5. Le Maître se trouvant en péril dans le bourg de K’ouang, dit : « Wenn wang étant mort, la doctrine (la connaissance des cérémonies, des devoirs, de la musique, des lois) n’est elle pas ici (en moi) ? Si le Ciel avait voulu que la doctrine disparût de la terre, il ne me l’aurait pas confiée après la mort de Wenn wang. Le Ciel ne veut pas encore ravir la doctrine à la terre, (par conséquent il ne permettra pas que je périsse). Que peuvent me faire les habitants de K’ouang ? » Iang Hou avait exercé des cruautés dans le bourg de Kouang. Confucius extérieurement ressemblait à Iang Hou. Les habitants le cernèrent pour le prendre.

Passage 211 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「?」:「。」:「!」:「:『。』」

6. Le premier ministre dit à Tzeu koung : « Votre maître est-il un sage parfait ? Que d’arts lui sont familiers ! » Tzeu koung répondit : « Certainement le Ciel lui a prodigué ses dons sans mesure ; il possède à peu près la plus haute sagesse possible et, de plus, une grande habileté dans beaucoup d’arts. » Le Maître en ayant été informé, dit : « Le premier ministre me connaît il ? Quand j’étais jeune, j’étais d’un condition humble, j’ai appris plusieurs arts, qui sont choses de peu d’importance. Le sage en apprend il beaucoup ? Pas beaucoup. »

Lao dit : « Confucius disait : « J’ai cultivé les arts, parce que je n’ai pas été employé dans les charges publiques. » (Lao, disciple de Confucius. Son nom de famille était K’in, et son surnom Tzeu k’ai ou Tzeu tchang).

Passage 212 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

7. Le Maître dit : « Est ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, fût il très ignorant, je discute la question d’un bout à l’autre, sans rien omettre. »

Passage 213 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

8. Le Maître dit : « Je ne vois ni phénix arriver, ni dessin sortir du fleuve. C’en est fait de moi (de ma doctrine). » Le phénix est un oiseau qui annonce les choses futures. Au temps de Chouenn, il a été apporté et offert en présent à ce prince. Au temps de Wenn wang, il a chanté sur le mont K’i. Le dessin sorti du fleuve est un dessin qui est sorti du Fleuve Jaune sur le dos d’un cheval dragon au temps de Fou hi. Le phénix et le dessin sorti du fleuve ont annoncé les règnes d’empereurs très sages. Confucius dit : « Il ne paraît aucun présage annonçant le règne d’un empereur très sage ; un tel empereur ne viendra donc pas. Quel empereur se servira de moi pour enseigner le peuple ? C’en est fait de ma doctrine ; elle ne sera pas mise en pratique. »

Passage 214 CHAPITRE IX. TZEU HAN

9. Lorsque le Maître voyait un homme en deuil, ou un magistrat en costume officiel, ou un aveugle, fût ce un homme moins âgé que lui, aussitôt (par commisération ou par honneur) il se levait (s’il était assis), ou il passait vite.

Passage 215 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

10. Ien Iuen disait avec un soupir d’admiration : « Plus je considère la doctrine du Maître, plus je la trouve élevée ; plus je la scrute, plus il me semble impossible de la comprendre entièrement ; je crois la voir devant moi, et soudain je m’aperçois qu’elle est derrière moi (je n’arrive pas à la saisir). Heureusement le Maître enseigne avec ordre et méthode, et dirige les hommes avec habileté. Il augmente mes connaissances en m’expliquant les raisons des choses, et il règle ma conduite en m’enseignant mes devoirs. Quand même je voudrais m’arrêter, je ne le pourrais. Mais, après que j’ai épuisé toutes mes forces, il reste toujours, (dans la doctrine du maître), quelque chose qui semble se dresser devant moi comme une montagne, qu’il m’est impossible de gravir. »

Passage 216 CHAPITRE IX. TZEU HAN

使:「?」

11. Le Maître étant gravement malade, Tzeu Iou engagea les disciples (de Confucius) à lui servir d’intendants (comme si leur maître exerçait encore une charge importante, et à lui préparer de pompeuses funérailles, comme à un haut dignitaire). Le mal ayant un peu diminué, (Confucius qui jusque là était sans connaissance, revint à lui, et voyant ce que Tzeu lou lui avait fait), Confucius dit : « Il y a longtemps que Iou use de faux semblants. je n’ai pas (et je ne dois pas avoir) d’intendants, et cependant je suis comme si j’en avais. Puis je tromper quelqu’un par cette ruse ? Espéré je tromper le Ciel ? D’ailleurs, ne m’est il pas préférable de mourir entre les mains de mes disciples qu’entre les mains d’intendants ? Et quand même je n’aurais pas un pompeux enterrement, (peu importe) ; resterai-je sans sépulture, comme un homme qui meurt dans un chemin ? »

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