Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 217 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「?」:「!」

12. Tzeu koung dit à Confucius : « S’il y avait ici une belle pierre précieuse, la mettriez vous dans un coffre, et la tiendriez vous cachée, ou bien chercheriez-vous un acheteur qui en donnât un prix élevé ? » Le Maître répondit : « Je la vendrais, certainement je la vendrais ; mais j’attendrais qu’on m’en offrît un prix convenable. » Tzeu koung adressa à Confucius cette double question, parce qu’il voyait un homme doué de tant de vertus n’exercer aucune charge. Confucius répondit qu’il fallait vendre la pierre précieuse ; mais qu’il ne convenait pas d’aller chercher les acheteurs. Le sage est toujours disposé à accepter et à exercer une charge ; mais il veut que les principes soient observés. Il attend une invitation régulière, comme la pierre précieuse attend les offres d’un acheteur.

Passage 218 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「?」:「?」

13. Le Maître aurait voulu aller vivre au milieu des neuf tribus de barbares qui sont à l’orient (le long des côtes de la Mer Jaune). Quelqu’un lui dit : « Ils sont grossiers ; convient il de vivre parmi eux ? » Il répondit : « Si un homme sage demeure au milieu d’eux, (il changera leurs mœurs), qu’auront ils encore de grossier ? » Confucius, voyant que ses enseignements étaient infructueux, aurait désiré quitter l’empire chinois et se retirer dans une contrée étrangère. Il lui échappait, malgré lui, des gémissements par lesquels il manifestait comme le désir de vivre au milieu des neuf tribus des barbares orientaux. Il disait de même qu’il aurait désiré se confier à la mer sur un radeau (et se retirer dans une île déserte). Il n’avait pas réellement le dessein d’aller habiter au milieu des barbares dans l’espoir de les civiliser.

Passage 219 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

14. Le Maître dit : « Depuis que je suis revenu de la principauté de Wei dans celle de Lou, (par mes soins) la musique a été corrigée, les odes des parties du Cheu king qui sont intitulées Ia et Soung ont été remises en ordre. »

Passage 220 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「?」

15. Le Maître dit : « Hors de la maison, remplir mes devoirs envers les grands et les ministres d’État ; à la maison, remplir mes devoirs envers mes parents et ceux de mes frères qui sont plus âgés que moi ; observer le mieux possible toutes les prescriptions du deuil ; éviter l’ivresse ; ces quatre mérites se trouvent ils en moi ? »

Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »

Passage 221 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : « Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. » Le philosophe, pour instruire les autres en s’abaissant lui-même, dit : « C’est au prix de grands efforts et à grand’peine que j’accomplis ces quatre choses. »

16. Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. Le sage imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de se faire violence, jusqu’à ce qu’il arrive au sommet de la perfection.

Passage 222 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「。」

17. Le Maître dit : « Je n’ai pas encore rencontré un homme qui aimât la vertu autant que l’éclat extérieur. » L’histoire raconte que, Confucius se trouvant dans la principauté de Wei, le prince Ling, porté sur une même voiture avec sa femme, fit monter Confucius sur une seconde voiture, et, pour frapper les regards, lui fit traverser la place publique. Le philosophe trouva ce procédé de très mauvais goût et dit à cette occasion les paroles qui viennent d’être citées.

Passage 223 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

18. Le Maître dit : « Si, après avoir entrepris d’élever un monticule, j’abandonne mon travail, quand il ne manquerait qu’un panier de terre, il sera vrai de dire que j’ai abandonné mon entreprise. Si, après avoir commencé à faire un remblai, je continue mon travail, quand même je ne mettrais qu’un panier de terre, mon entreprise avancera. » Si le disciple de la sagesse fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à moitié chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli.

Passage 224 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

19. Le Maître dit : « Un homme qui, dès qu’il avait reçu un enseignement utile, le mettait en pratique avec ardeur, c’était Houei (Ien Iuen). »

Passage 225 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

20. Le Maître parlant de Ien Iuen, disait : « Oh ! que sa perte est regrettable ! je l’ai toujours vu progresser, jamais s’arrêter. »

Passage 226 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

21. Le Maître dit : « Il est parfois des moissons qui n’arrivent pas à fleurir ; il en est aussi qui, après avoir fleuri, n’ont pas de grain. » Ainsi en est-il des hommes qui s’adonnent à l’étude de la sagesse, s’ils ne sont pas persévérants.

Passage 227 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

22. Le Maître dit : « Nous devons (nous efforcer de faire sans cesse de nouveaux progrès dans la vertu, et) prendre garde que les jeunes gens n’arrivent à nous surpasser. Qui sait si (moyennant des efforts), ils ne parviendront pas à égaler les hommes de notre temps ? A l’âge de quarante ou cinquante ans, s’ils ne se sont pas encore signalés par leur vertu, il n’y aura plus lieu d’avoir la même crainte, (car ils ne pourront plus atteindre la perfection). »

Passage 228 CHAPITRE IX. TZEU HAN

:「!」

23. Le Maître dit : « Peut on fermer l’oreille à un avis juste et sincère ? Mais l’essentiel c’est de se corriger. Un avis donné doucement et adroitement peut il déplaire ? Mais il faut surtout le méditer. je n’ai rien à faire d’un homme qui aime les avis, mais ne les médite pas, qui prête l’oreille, mais ne se corrige pas. »

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