Lavis à l’encre : une estrade de pierre vide sous un abricotier en fleurs, ses pétales tombés sur la pierre usée, dans une cour close et déserte au petit matin.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Entretiens de Confucius

Les Analectes — Lunyu

Confucius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 445 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「?」

11. Le Maître dit : « Quand on parle d’urbanité, et qu’on vante l’urbanité, veut on parler seulement des pierres précieuses et des soieries (qu’on a coutume d’offrir en présent) ? Quand on parle de musique, et qu’on vante la musique, veut on parler seulement des cloches et des tambours ? » L’urbanité exige avant tout le respect, et la musique a pour objet principal l’harmonie (la concorde). Les pierres précieuses, les soieries, les cloches, les tambours ne sont que des accessoires.

Passage 446 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「穿?」

12. Le Maître dit : « Ceux qui en apparence sont rigides observateurs des préceptes de la sagesse et, au fond, n’ont aucune énergie, ne ressemblent ils pas à ces hommes de la lie du peuple qui (la nuit) passent à travers ou par dessus les murs pour voler, (et le jour, paraissent honnêtes) ? »

Passage 447 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「。」

13. Le Maître dit : « Ceux qui passent pour hommes de bien aux yeux des villageois (et ne le sont pas) ruinent la vertu (ils en donnent une fausse idée). »

Passage 448 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「。」

14. Le Maître dit : « Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin, (sans se donner la peine de le méditer ni de le mettre en pratique), c’est jeter la vertu au vent. »

Passage 449 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「!」

15. Le Maître dit : « Convient-il (de faire admettre à la cour) des hommes abjects, et de servir le prince avec eux ? Avant d’avoir obtenu les charges, ils sont en peine de les obtenir. Après les avoir obtenues, ils sont en peine de les conserver. Alors, ils ne reculent devant aucun crime pour ne pas les perdre. »

Passage 450 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「忿。」

16. Le Maître dit : « Les anciens étaient sujets à trois défauts, qui n’existent peut être plus à présent (mais qui ont fait place à d’autres beaucoup plus graves). Anciennement, ceux qui avaient de grandes aspirations négligeaient les petites choses ; à présent, ils s’abandonnent à la licence. Anciennement, ceux qui étaient constants dans leurs résolutions se montraient peu accessibles ; à présent, ils sont colères et intraitables. Anciennement, les ignorants étaient simples et droits ; à présent, ils sont fourbes. »

Passage 451 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「。」

Couvreur ne traduit pas ce passage ici : le Liun Iu le répète, et il le rend à sa première place, au chapitre I.3.

Passage 452 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「。」

17. Le Maître dit : « Je n’aime pas la couleur pourpre, parce qu’elle est plus foncée que le rouge (qui est une couleur naturelle). Je déteste la musique de Tcheng, parce qu’elle est plus brillante que la bonne musique. Je hais les langues bavardes, parce qu’elles troublent les États et les familles. »

Passage 453 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「!」:「?」:「?」

18. Le Maître dit : « Je voudrais ne plus parler. » « Maître, dit Tzeu koung, si vous ne parlez pas, quels enseignements vos disciples transmettront-ils à la postérité ? » Le Maître répondit : « Est ce que le Ciel parle ? Les quatre saisons suivent leur cours ; tous les êtres reçoivent l’existence. Est ce que le Ciel parle jamais ? » Dans la conduite du sage par excellence, tout, jusqu’aux moindres mouvements, est la claire manifestation de la plus haute raison ; de même que le cours des saisons, la production des différents êtres, tout dans la nature est un écoulement de la puissance céleste. Est ce que le Ciel a besoin de parler pour manifester sa vertu ?

Passage 454 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

使

19. Jou Pei désirait voir Confucius. Confucius s’excusa sous prétexte de maladie. Lorsque celui qui porta cette réponse au visiteur eut passé la porte de la maison, Confucius, prenant son luth, se mit à jouer et à chanter, afin que jou Pei l’entendît, (comprît qu’il s’était attiré ce refus par quelque faute, et changeât de conduite).

Passage 455 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「。」:「?」:「!」「!」:「?」

20. Tsai Ngo interrogeant Confucius sur le deuil de trois ans, dit : « Une année est déjà un temps assez long. Si le sage s’abstient de remplir les devoirs de convenance durant trois années, ces devoirs tomberont en désuétude ; s’il abandonne la musique pendant trois années, la musique sera en décadence. Dans le courant d’une année, les grains anciens sont consumés, les nouveaux sont recueillis ; les différentes sortes de bois ont tour à tour donné du feu nouveau. Il convient que le deuil ne dure pas plus d’un an. »

Le Maître répondit : « Au bout d’un an de deuil, pourriez vous bien vous résoudre à manger du riz et à porter des vêtements de soie ? » « Je le pourrais, dit Tsai Ngo. » Si vous le pouvez, reprit Confucius, faites le. Le sage, en temps de deuil, ne trouve aucune saveur aux mets les plus exquis, n’aime pas à entendre la musique, et ne goûte aucun repos dans ses appartements ordinaires (il demeure retiré dans une cabane, V. page 236). Aussi ne le ferait il pas, ( Pour vous, si vous pouvez vous résoudre à le faire, faites le. Tsai Ngo se retirant, le Maître dit : « Iu a mauvais cœur. Les parents portent leur enfant sur leur sein durant trois années ; c’est pour reconnaître ce bienfait que le deuil de trois ans a été adopté partout. Iu n’a t il pas été l’objet de la tendresse de ses parents durant trois années ? » Les anciens tiraient le feu nouveau d’un instrument de bois, qu’ils faisaient tourner comme une tarière. Le bois employé était, au printemps, l’orme ou le saule ; au commencement de l’été, le jujubier ou l’abricotier ; vers la fin de l’été, le mûrier ordinaire ou le mûrier des teinturiers ; en automne, le chêne ou le iou ; en hiver, le sophora ou le t’an. Un fils, après la mort de son père ou de sa mère, durant trois ans, ne prenait qu’une nour-riture grossière, portait des vêtements de chanvre, et couchait sur la paille, la tête appuyée sur une motte de terre.

Passage 456 CHAPITRE XVII. IANG HOUO

:「!」

21. Le Maître dit : « Quand on ne fait que boire et manger toute la journée, sans appliquer son esprit à aucune occupation, qu’il est difficile de devenir vertueux ! N’a t on pas des tablettes et des échecs ? Mieux vaudrait se livrer à ces jeux que de rester à ne rien faire. »

Partager cette page