L’Art de la guerre
Sun Tzu, le traité de stratégie
Sun Tzu, 400 av. J.-C.. Texte chinois du domaine public, d'après Wikisource.
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Chapitre 1 始計第一 — Les calculs initiaux
孫子曰:兵者,國之大事,死生之地,存亡之道,不可不察也。故經之以五事,校之以七計,而索其情:一曰道,二曰天,三曰地,四曰將,五曰法。道者,令民與上同意,可與之死,可與之生,而不畏危也。天者,陰陽、寒暑、時制也。地者,高下、遠近、險易、廣狹、死生也。將者,智、信、仁、勇、嚴也。法者,曲制、官道、主用也。凡此五者,將莫不聞,知之者勝,不知者不勝。故校之以七計而索其情,曰:主孰有道?將孰有能?天地孰得?法令孰行?兵眾孰強?士卒孰練?賞罰孰明?吾以此知勝負矣。將聽吾計,用之必勝,留之;將不聽吾計,用之必敗,去之。計利以聽,乃為之勢,以佐其外。勢者,因利而制權也。兵者,詭道也。故能而示之不能,用而示之不用,近而示之遠,遠而示之近。利而誘之,亂而取之,實而備之,強而避之,怒而撓之,卑而驕之,佚而勞之,親而離之。攻其無備,出其不意。此兵家之勝,不可先傳也。夫未戰而廟算勝者,得算多也;未戰而廟算不勝者,得算少也。多算勝,少算不勝,而況於無算乎?吾以此觀之,勝負見矣。
Sun Tzu dit : La guerre est une affaire capitale pour l’État, le lieu où se jouent la vie et la mort, la voie qui mène à la survie ou à la ruine ; elle exige un examen attentif.
Il faut donc l’évaluer selon les cinq facteurs, la comparer selon les sept calculs et ainsi en déterminer la situation : le premier est la voie, le deuxième le ciel, le troisième la terre, le quatrième le général, le cinquième la méthode.
La voie fait partager au peuple les mêmes intentions que son souverain, de sorte qu’il soit prêt à mourir ou à vivre avec lui sans craindre le danger.
Le ciel, ce sont l’ombre et la lumière, le froid et la chaleur, le rythme des saisons.
La terre, ce sont les hauteurs et les dépressions, le lointain et le proche, les passages difficiles et faciles, les espaces larges et étroits, les lieux de mort et les lieux de vie.
Le général se définit par l’intelligence, la loyauté, la bienveillance, le courage et la rigueur.
La méthode comprend l’organisation des unités, la hiérarchie des fonctions et l’administration des ressources.
Tout général a entendu parler de ces cinq facteurs ; celui qui les connaît remporte la victoire, celui qui ne les connaît pas ne la remporte pas.
Il faut donc comparer les sept calculs afin de déterminer la situation : quel souverain possède la voie ?
Quel général est le plus capable ?
Quel camp bénéficie du ciel et de la terre ?
Dans quel camp les lois et les ordres sont-ils exécutés ?
De quel camp les forces sont-elles les plus puissantes ?
De quel camp les soldats sont-ils les mieux entraînés ?
Dans quel camp récompenses et châtiments sont-ils les plus clairement établis ?
C’est par là que je connais la victoire et la défaite.
Le général qui suit mes calculs vaincra nécessairement si on l’emploie : qu’on le garde. Celui qui ne les suit pas sera nécessairement vaincu si on l’emploie : qu’on l’écarte.
Une fois mon calcul avantageux adopté, je crée l’impulsion pour soutenir son action au-dehors.
L’impulsion consiste à prendre appui sur l’avantage pour adapter son action aux circonstances.
La guerre est la voie de la tromperie.
Ainsi, capable, montre-toi incapable ; actif, montre-toi inactif ; proche, fais croire que tu es loin ; loin, fais croire que tu es proche.
Attire l’ennemi par un avantage ; s’il est en désordre, prends-le ; s’il est plein, prépare-toi contre lui ; s’il est fort, évite-le ; s’il est irritable, trouble-le ; s’il est humble, rends-le arrogant ; s’il est reposé, fatigue-le ; s’il est uni, divise-le.
Attaque-le là où il n’est pas préparé, surgis là où il ne t’attend pas.
Voilà comment l’homme de guerre remporte la victoire, mais cela ne peut se transmettre à l’avance.
Avant le combat, celui que le calcul au temple ancestral donne vainqueur dispose de nombreux calculs favorables ; celui qu’il ne donne pas vainqueur en dispose de peu.
Avec beaucoup de calculs, on remporte la victoire ; avec peu, on ne la remporte pas : que dire alors de l’absence de calcul ?
En observant les choses ainsi, la victoire et la défaite apparaissent clairement.