Meng Tzeu
Les œuvres de Mencius
Mencius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.
Passage 247 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
浩生不害問曰:「樂正子,何人也?」孟子曰:「善人也,信人也。」「何謂善?何謂信?」曰:「可欲之謂善。有諸己之謂信。充實之謂美。充實而有光輝之謂大。大而化之之謂聖。聖而不可知之之謂神。樂正子,二之中、四之下也。」
25. Hao chen Pou hai (qui était de la principauté de Ts’i) dit à Meng tzeu : « Que faut il penser de Io tcheng tzeu ? » « C’est un homme bon, un homme sincère, répondit Meng tzeu. » — « Qu’appelez vous homme bon, homme sincère ? » Meng tzeu répondit : « On appelle bon celui qui est digne d’être aimé ; sincère, celui dont la bonté est réelle et véritable ; excellent, celui dont la bonté est parfaite ; grand, celui dont la bonté est parfaite et brille d’un grand éclat ; sage par excellence, celui qui est grand, et pour qui la vertu est devenue comme naturelle ; spirituel, celui dont la sagesse est si grande que personne ne peut la connaître parfaitement. Io tcheng tzeu a dépassé le premier de ces six degrés ; il n’atteint pas le second, encore moins les quatre autres. »
Passage 248 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
孟子曰:「逃墨必歸於楊,逃楊必歸於儒。歸,斯受之而已矣。今之與楊、墨辯者,如追放豚,既入其苙,又從而招之。」
26. Meng tzeu dit : « Ceux qui abandonnent la doctrine de Me se tournent ordinairement vers celle de Iang. Ceux qui abandonnent celle de Iang, se tournent ordinairement vers la vraie doctrine, qui est la nôtre. Lorsqu’ils viennent à nous, contentons nous de les recevoir. A présent, ceux qui discutent avec les sectateurs de Iang et de Me, font comme un homme qui poursuivrait un porc échappé de son étable, et qui, après l’avoir fait rentrer, le lierait par les pattes. » (Lorsque les sectateurs de Iang et de Me reviennent de leurs erreurs, les lettrés continuent à les attaquer, au lieu de les recevoir et de les instruire avec bonté).
Passage 249 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
孟子曰:「有布縷之征,粟米之征,力役之征。君子用其一,緩其二。用其二而民有殍;用其三而父子離。」
27. Meng tzeu dit : « Il y a une contribution en toile de chanvre et en fil de soie, une contribution en grains, une contribution par le service personnel. Un prince sage n’en exige qu’une d’abord, et remet les deux autres à plus tard. Si le prince en exigeait deux à la fois, parmi le peuple on verrait des hommes mourir de faim ; s’il exigeait les trois en même temps, le père et le fils (forcés par l’indigence) se sépareraient l’un de l’autre. (Il exige la toile de chanvre et le fil de soie en été, les grains en automne, le service personnel en hiver). »
Passage 250 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
孟子曰:「諸侯之寶三:土地、人民、政事。寶珠玉者,殃必及身。」
28. Meng tzeu dit : « Un prince doit estimer surtout trois choses : son territoire, son peuple, les règles et les affaires administratives. Celui qui estime beaucoup les perles et les pierres précieuses, attire des malheurs sur sa personne. »
Passage 251 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
盆成括仕於齊。孟子曰:「死矣盆成括!」盆成括見殺,門人問曰:「夫子何以知其將見殺?」曰:「其為人也,小有才,未聞君子之大道也,則足以殺其軀而已矣。」
29. P’enn tch’eng Kouo ayant obtenu une charge dans la principauté de Ts’i, Meng tzeu dit : « P’enn tch’eng Kouo périra. » P’enn tch’eng Kouo ayant été tué, les disciples de Meng tzeu dirent à leur maître : « Maître, comment saviez vous qu’il serait tué ? » Meng tzeu répondit : « C’était un homme qui avait quelque talent, mais ne connaissait pas la grande voie de la sagesse ; il avait juste ce qu’il fallait pour s’attirer la mort. »
Passage 252 LIVRE VII. TSIN SIN — CHAPITRE II
孟子之滕,館於上宮。有業屨於牖上,館人求之弗得。或問之曰:「若是乎從者之廋也。」曰:「子以是為竊屨來與?」曰:「殆非也。夫子之設科也,往者不追,來者不拒。茍以是心至,斯受之而已矣。」
30. Meng tzeu étant allé à la capitale de T’eng, fut logé par le prince dans le Palais Supérieur (qui était destiné aux hôtes). Sur l’appui d’une fenêtre était déposé un soulier de chanvre encore inachevé. Le gardien du palais le cherchait, et ne le trouvait pas. Quelqu’un dit à Meng tzeu : « Est ce ainsi que vos disciples cachent les objets ? » Meng tzeu répondit : « Pensez vous qu’ils soient venus pour voler des souliers ? » « Non, (mais j’ai lieu d’avoir des soupçons. Car) vous, maître, vous vous contentez de diviser vos disciples en catégories ; vous ne recherchez pas leurs fautes passées. Vous ne repoussez personne ; vous recevez tous ceux qui viennent à vous avec un désir sincère de s’instruire. »