Lavis à l’encre : un vieux pin tordu, seul au bord d’une terrasse en pente, et à son pied de jeunes pousses sortant de la terre nue ; au loin, des collines noyées de brume au lever du soleil.
Illustration engendrée par un modèle d’image pour Chine Informations ; ce n’est pas une peinture d’époque.

Meng Tzeu

Les œuvres de Mencius

Mencius. Traduction de Séraphin Couvreur, Ho Kien Fou, Imprimerie de la Mission catholique, 1895. Texte du domaine public, d'après Wikisource. Texte chinois d'après le Wikisource chinois, apparié passage par passage sur la numérotation traditionnelle des 章.

Passage 55 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「?」:「?」:「。」:「輿輿?」:「輿?」:「?」:「。」:「?」:「。」:「。」

4. P’eng Keng (disciple de Meng tzeu) dit : « Avoir à votre suite plusieurs dizaines de voitures et plusieurs centaines de compagnons, parcourir les principautés et partout vivre aux frais des princes (comme vous le faites), n’est ce pas excessif ? » Meng tzeu répondit : « Par une mauvaise voie, il n’est pas même permis d’accepter une écuelle de riz. Par une bonne voie, (on peut accepter les dons les plus considérables) ; Chouenn a reçu de Iao l’empire, et il n’a pas cru que ce fût excessif. Vous, pensez vous que ce fût trop ? » « Non, répliqua P’eng Keng ; mais un lettré qui ne fait rien pour les princes, ne doit pas recevoir d’eux sa nourriture. »

Meng tzeu répondit : « Si vous n’avez pas soin que les hommes travaillent les uns pour les autres, fassent des échanges, et avec leur superflu acquièrent ce qui leur manque, les laboureurs auront trop de grain (et manqueront de toile) ; les femmes auront trop de toile (et manqueront de grain). Si vous obtenez que les hommes travaillent les uns pour les autres, les menuisiers et les charrons eux-mêmes devront leur nourriture à vos soins. Voici un homme qui obéit à ses parents, respecte ceux qui sont au dessus de lui, garde et observe les préceptes des anciens souverains pour les transmettre aux futurs disciples de la sagesse ; supposons qu’il ne reçoive pas de vous sa nourriture. Pourquoi auriez-vous plus d’estime pour les menuisiers et les charrons que pour un homme adonné à la pratique de l’humanité et de la justice ? »

« Les menuisiers et les charrons, réplique P’eng Keng, travaillent dans l’intention de gagner leur vie : Est ce que le sage pratique aussi la vertu en vue d’obtenir sa nourriture ? » « Que vous fait à vous l’intention, répartit Meng tzeu ? Celui qui mérite bien de vous, a droit à sa nourriture, et vous devez le nourrir. Est ce l’intention, ou bien est-ce le travail que vous payez ? » « Je paye l’intention, répondit P’eng Keng. »

« Supposons, dit Meng tzeu, qu’un homme casse vos tuiles et barbouille le crépi de vos murs, en vue de recevoir sa nourriture. La lui donnerez vous ? » « Non, répondit P’eng Keng. » « Ce n’est donc pas l’intention, dit Meng tzeu, mais le travail que vous payez. »

Passage 56 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「?」:「使:『?』:『。』使使:『?』:『。』使。《:『』,:『。』西:『?』。《:『。』『。』漿。《:『。』?」

5. Wan Tchang (disciple de Meng tzeu) dit : « La principauté de Soung est petite. A présent, le prince de Soung veut rétablir dans tout l’empire la sage administration des anciens souverains. Mais les princes de Ts’i et de Tch’ou mécontents l’attaqueront. Que doit il faire ? »

Meng tzeu répondit : « T’ang habitait la ville de Pouo ; sa principauté était limitrophe de celle de Ko. Le prince de Ko se donnait toute licence, et ne faisait pas d’offrandes à ses ancêtres. T’ang lui fit demander pourquoi il ne faisait pas d’offrandes. Il répondit qu’il n’avait pas moyen d’avoir des victimes. T’ang lui envoya des bœufs et des brebis. Le prince de Ko les mangea, au lieu de les immoler en sacrifice. T’ang lui fit demander de nouveau pourquoi il ne faisait pas d’offrandes. Il répondit qu’il n’avait pas moyen d’avoir le millet nécessaire. T’ang lui envoya de Pouo un grand nombre d’hommes labourer pour lui un champ (afin qu’il eût du millet à offrir), et chargea les vieillards, les femmes et les enfants de porter des vivres aux laboureurs. Le prince de Ko, à la tête d’une troupe de ses gens, arrêta et dépouilla ceux qui portaient du vin, du millet, du riz et d’autres provisions. Il tua ceux d’entre eux qui voulurent résister.

« Un enfant portait aux laboureurs du millet et de la viande. Le prince de Ko le mit à mort, et prit le millet et la viande. Les Annales disent : « Le prince de Ko traita en ennemi celui qui portait des vivres. » C’est de ce dernier crime qu’il est question. A cause du meurtre de cet enfant, T’ang prit les armes et châtia le prince coupable. Entre les quatre mers, tout le monde dit qu’il avait fait la guerre, non pour avoir l’empire, mais pour venger un homme et une femme du peuple, les parents de l’enfant mis à mort.

« T’ang commença par Ko ses expéditions contre les mauvais princes. Il en châtia onze, sans que personne lui fit résistance. Lorsqu’il allait à l’est châtier les princes, les barbares de l’ouest se plaignaient ; et lorsqu’il allait au midi, ceux du nord n’étaient pas satisfaits. Les uns et les autres disaient : « Pourquoi ne vient il pas à nous en premier lieu ? » Les peuples désiraient sa venue, comme en temps de sécheresse on désire la pluie. (Dans les pays même où il faisait la guerre), on continuait d’aller au marché et de cultiver les champs, comme en temps ordinaire. Il châtiait les mauvais princes, et consolait les peuples. Les Annales (dans l’Avis du ministre Tchoung houei) disent : « Nous avons attendu notre roi ; notre roi est venu ; pour nous plus de tourments (à craindre de la part des princes cruels). »

« Ou wang, n’ayant pas encore soumis toute la Chine, alla porter ses armes dans l’est. Il rendit la paix aux habitants de cette région. Ils lui offrirent des corbeilles pleines de soie de couleur bleue et de couleur jaune. « En servant les princes de Tcheou, comme nous avons servi ceux de Chang, disaient il ; nous jouirons de la prospérité. » ils se mirent tous sous la dépendance de la grande capitale des Tcheou. Les chefs allèrent au devant des officiers de l’armée de Ou wang avec des corbeilles pleines de soie de couleur bleue et de couleur jaune. Les hommes du peuple allèrent au devant des simples soldats, avec des corbeilles pleines de vivres et des vases pleins de liqueurs. C’est que Ou wang venait sauver le peuple comme du milieu de l’eau et du feu (le délivrer d’un gouvernement tyrannique), et faire disparaître les tyrans.

Ou wang dit dans son Grand Avis : « Je vais déployer la puissance de mes armes, envahir les États de ce tyran Tcheou, et m’emparer de sa personne. Partout on ressentira les heureux effets de sa défaite et de sa mort. Ma gloire surpassera celle de Tch’eng T’ang. »

« (Le prince de Soung) n’imite pas les grands souverains de l’antiquité. S’il gouvernait comme eux, partout entre les quatre mers, toutes les têtes se lèveraient, tous les regards se tourneraient vers lui ; chacun voudrait l’avoir pour souverain. Les princes de Ts’i et de Tch’ou, avec toute leur puissance, seraient ils capables de l’effrayer ? »

Passage 57 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「使使?」:「使。」:「使?」

6. Meng tzeu dit à Tai Pou cheng (ministre du prince de Soung) : « Désirez vous que votre prince soit bon ? Je vous dirai clairement ce qu’il faut pour qu’il soit bon. S’il y avait ici un grand préfet de Tch’ou qui voulût faire apprendre à son fils la langue de Ts’i, lui donnerait il pour maître un homme de Ts’i, ou un homme de Tch’ou ? » Tai Pou cheng répondit : « Il lui donnerait pour maître un homme de Ts’i. » Meng tzeu reprit : « Supposons qu’il lui donne un maître de Ts’i et qu’il laisse une multitude d’habitants de Tch’ou venir parler en tumulte aux oreilles de son fils, quand même il le frapperait tous les jours pour le forcer à parler la langue de Ts’i, il ne l’obtiendrait pas. Au contraire s’il le mettait à la capitale de Ts’i dans la rue Tchouang ou dans le quartier Io, et qu’il l’y laissât plusieurs années ; quand même il le frapperait chaque jour pour l’obliger à parler la langue de Tch’ou, il ne l’obtiendrait pas.

« Vous avez dit que Sie Kiu tcheou (descendant des princes de Sie) était un homme de bien, et vous lui avez fait donner une place dans la maison du prince de Soung. Si ceux qui demeurent dans la maison du prince, jeunes ou vieux, grands ou petits, étaient tous des Sie Kiu tcheou, avec qui le prince pourrait-il faire le mal ? Si, au contraire, ceux qui demeurent auprès du prince, jeunes et vieux, grands et petits, sont tous différents de Sie Kiu tcheou, avec qui le prince fera-t-il le bien ? Un seul Sie Kiu tcheou suffit il pour rendre vertueux le prince de Soung ? »

Passage 58 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「?」:「:『。』:『。』。」

7. Koung suenn Tch’eou demanda pourquoi le sage n’allait pas voir les princes. « Les anciens, répondit Meng tzeu, n’allaient pas voir un prince, à moins qu’ils n’eussent une charge dans ses États. Touan Kan mou passa par-dessus un mur pour ne pas voir (Wenn, prince de wei, qui était venu lui faire visite). Sie Liou ferma sa porte, pour ne pas recevoir (Mou, prince de Lou). Ces deux sages ont été beaucoup trop rigides ; car, si un prince fait des instances, il est permis de le voir.

« Iang Houo (grand préfet de Lou) voulait déterminer Confucius à lui faire visite ; mais sans violer les règles de l’urbanité. Lorsqu’un grand préfet envoie un présent à un lettré, si le lettré n’est pas dans sa maison pour recevoir le présent, il va à la maison du grand préfet le saluer et le remercier. Iang Houo épia le moment où Confucius serait absent de sa maison, et lui envoya un jeune cochon cuit. Confucius épia aussi le moment où Iang Houo ne serait pas chez lui, et alla comme pour le saluer. Iang Houo avait fait les premières avances ; Confucius pouvait il se dispenser d’aller à sa maison ?

« Tseng tzeu disait : « (Les courtisans) contractent les épaules, sourient d’un air d’approbation, et se donnent plus de mal que n’en ont les jardiniers (ou les laboureurs) en été. » Tzen Ien disait : « J’ai en horreur ceux qui s’efforcent de lier conversation avec des inconnus, et dont l’embarras se trahit par la rougeur de leur visage. » D’après ces paroles, nous pouvons juger quels sont les sentiments du sage. »

Passage 59 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「?」:「:『。』:『。』?」

8. Tai Ing tcheu (grand préfet de Soung) dit à Meng tzeu : « N’exiger en tribut que la dixième partie des revenus, supprimer les droits qui se perçoivent aux barrières et sur le marché, c’est ce que je ne puis faire dès maintenant. Je me propose de diminuer les impôts et les taxes ; puis, l’année prochaine, de les abolir. Que vous en semble ? »

Meng tzeu répondit : « Supposons qu’un homme vole chaque jour des poules à ses voisins. Quelqu’un lui représente que sa conduite n’est pas celle d’un honnête homme. Il répond : « Je diminuerai le nombre de mes vols ; je ne prendrai plus qu’une poule par mois. L’année prochaine, je cesserai entièrement. Si vous reconnaissez que vous violez la justice, cessez promptement. Pourquoi attendez vous l’année prochaine ? »

Passage 60 LIVRE III. T’ENG WENN KOUNG — CHAPITRE II

:「?」:「。《:『。』使。」「使。《:『。』」「》。《》,:『!』」「:『。』。」「。《:『。』。」

9. Koung tou tzeu dit : « Maître, les étrangers disent tous que vous aimez à discuter. Permettez moi de vous demander si c’est vrai. » Meng tzeu répondit : « Est ce que j’aime à discuter ? Je ne puis me dispenser de discuter. Depuis que le genre humain existe, tantôt la tranquillité, tantôt le trouble règne dans le monde.

« Au temps de Iao, les eaux, arrêtées dans leur cours, avaient débordé et inondé l’empire. Le pays était plein de serpents et de dragons ; les hommes n’avaient pas d’endroit pour se fixer. Dans les terrains bas, ils se faisaient des huttes sur des pieux ; dans les terrains élevés, ils se creusaient des cavernes. Chouenn dit dans le Chou King : « Le débordement des rivières m’avertit de prendre garde. » Ce débordement des rivières est l’inondation qui eut lieu sous le règne de Iao.

« Chouenn chargea Iu de remédier à ce mal : Iu creusa des canaux, et fit écouler les eaux dans la mer. Il chassa les serpents et les dragons, et les relégua dans les herbes des marais. Les eaux s’écoulèrent à travers les terres ; et formèrent le Kiang, la Houai, le Fleuve Jaune et la Han. Les obstacles (qui arrêtaient le cours de l’eau) étant écartés, les animaux nuisibles disparurent. La terre offrit à l’homme une habitation commode.

« Après la mort de Iao et de Chouenn, leur sage administration fut peu à peu abandonnée. Des princes cruels se succédèrent. Ils détruisirent les maisons et les bâtiments des particuliers, pour y faire creuser des étangs et des bassins ; le peuple n’eut plus de demeure tranquille. Ils changèrent les champs cultivés en jardins et en parcs ; et réduisirent le peuple à manquer de vivres et de vêtements., Des doctrines perverses et de grands désordres firent invasion en même temps. Les jardins, les parcs, les étangs, les viviers, les marais et les lacs étant nombreux, les animaux sauvages s’y rassemblèrent. Sous le règne de Tcheou, le trouble fut à son comble.

« Avec l’aide de Tcheou Koung, Ou wang châtia Tcheou, attaqua la principauté de Ien (qui soutenait le parti de Tcheou) ; au bout de trois ans, il prit et mit à mort le prince de Ien. Il poursuivit jusqu’au rivage de la mer et mit à mort Fei lien (favori de Tcheou) ; il détruisit cinquante principautés (qui reconnaissaient encore l’autorité de Tcheou). Il chassa bien loin les tigres, les léopards, les rhinocéros et les éléphants (que Tcheou avait dans ses parcs). Tout l’empire fut dans la joie. On lit dans le Chou King : « Que le dessein de Wenn wang fut grand et glorieux ! Avec quelle grandeur et par quels brillants exploits Ou wang a-t-il exécuté le plan de son père ! Tout ce que ces deux princes ont fait pour notre utilité et notre instruction, est parfait et irréprochable. »

« Plus tard, les temps devinrent mauvais ; la vertu diminua ; les fausses doctrines et les anciens désordres reparurent. On vit des sujets mettre à mort leurs princes, et des fils ôter la vie à leurs pères.

« Confucius craignit. (Pour remédier à ce mal) il composa le Tch’ouenn Ts’iou. Le Tch’ouenn Ts’iou rapporte les actions des empereurs, (loue les bonnes, blâme les mauvaises, et enseigne les devoirs d’un souverain). Confucius disait à ce sujet : « Ceux qui me connaissent, n’est ce pas uniquement par le Tch’ouenn Ts’iou qu’ils m’ont connu ? Ceux qui me blâment, n’est ce pas uniquement à cause du Tch’ouenn Ts’iou qu’ils me blâment ? Ceux qui savaient apprécier Confucius, disaient que, par la publication de ce livre, il avait arrêté le débordement des passions, préservé les mœurs publiques d’une corruption complète, et fait une œuvre très utile, aux âges futurs même les plus reculés. (Les princes et les ministres ambitieux et cruels) qui accusaient Confucius, disaient que, sans avoir la dignité impériale, il s’était attribué l’autorité des empereurs qui s’étaient succédé durant deux cent quarante ans, pour obliger les sujets rebelles et les fils dénaturés à réprimer leurs passions, et à s’imposer un frein. Ils étaient mécontents.

« A présent, il ne paraît pas de sage souverain qui rétablisse l’ordre dans tout l’empire ; les princes s’abandonnent à la licence. Les lettrés qui demeurent dans la vie privée, se livrent à des discussions insensées. Les principes de Iang Tchou et de Me Ti sont répandus dans tout l’empire. Quand on ne parle pas comme Iang Tchou, on parle comme Me Ti. Le sectateur de Iang Tchou n’a en vue que lui-même (rapporte tout à soi) ; c’est ne pas reconnaître de prince. (Celui qui ne cherche que sa propre utilité, n’est pas disposé à donner sa vie pour son prince). Le sectateur de Me Ti aime tous les hommes également, (il n’a pas plus d’affection pour ses parents que pour les étrangers) ; c’est ne pas reconnaître de père : Ne reconnaître ni prince ni père, c’est ressembler aux animaux.

« Koung ming I disait : « Le prince a des viandes grasses dans ses cuisines, et des chevaux gras dans ses écuries ; cependant ses sujets ont l’air d’hommes affamés, et dans la campagne on en trouve qui sont morts de faim. (Nourrir et engraisser les animaux domestiques avec les grains qu’on devrait distribuer aux malheureux), c’est faire dévorer les hommes par les animaux. » Si les doctrines de Iang Tchou et de Me Ti ne cessent d’être en vogue, si la doctrine de Confucius n’est pas mise en lumière, les faux docteurs tromperont le peuple, et étoufferont tout sentiment d’humanité et de justice. Étouffer les sentiments d’humanité et de justice, (c’est transformer les hommes en animaux), c’est faire dévorer les hommes par les animaux. Bientôt les hommes se dévoreront les uns les autres.

« Dans cette crainte, je soutiens la doctrine des anciens sages ; je combats Iang Tchou et Me Ti ; je bannis les mauvais principes, pour qu’ils n’arrivent pas à prévaloir, S’ils prévalaient dans l’esprit d’un homme, ils nuiraient à sa conduite ; s’ils prévalaient dans sa conduite, ils nuiraient à ses mesures administratives. S’il surgissait un grand sage, il approuverait entièrement ce que je viens de dire. Tch’eng tzeu dit : « Iang Tchou et Me Ti ont fait plus de mal que Chenn Pou hai et Han Fei tzeu. La secte de Bouddha est encore plus nuisible que Iang Tchou et Me Ti... La doctrine des Bouddhistes, est incomparablement moins contraire à la raison que celles de Iang Tchou et de Me Ti ; aussi est elle plus pernicieuse. »

« Autrefois, Iu dirigea les eaux de l’inondation, et l’ordre fut rétabli dans l’empire. Tcheou koung étendit ses exploits même aux pays barbares de l’ouest et du nord, chassa les animaux féroces, et le peuple jouit de la paix. Confucius composa le Tch’ouenn Ts’iou ; les ministres turbulents et les fils dénaturés furent dans la terreur. On lit dans le Cheu King : « Les barbares de l’ouest et du nord, je les ai repoussés ; ceux de King et de Chou, je les ai châtiés ; dès lors, personne n’a plus osé me résister. » Des hommes qui ne reconnaissent ni prince ni parents, Tcheou koung les aurait repoussés (comme il a repoussé les barbares).

« Moi aussi, je désire inspirer aux hommes des sentiments honnêtes, arrêter le cours des mauvaises doctrines, mettre un frein à la licence, bannir les discours insensés, et continuer ainsi l’œuvre des trois grands sages (Iu, Tcheou koung et Confucius). Est ce que j’aime la discussion ? Je ne puis me dispenser de discuter. Quiconque peut réfuter et repousser les doctrines de Iang Tchou et de Me Ti, est le disciple de ces trois grands sages. »

Partager cette page