蝶化庄周
dié huà zhuāng zhōu
le papillon devient Zhuang Zhou
Ce que l’expression veut dire
Se dit de l’illusion et de l’instabilité des choses, en particulier de la vie humaine. Synonyme de «蝶化庄生».
比喻事物的虚幻无常。同“蝶化庄生”。
D’où elle vient
Dans le récit philosophique attribué à Zhuang Zhou, le penseur rêve qu’il est un papillon qui vole librement, sans plus se souvenir de son identité humaine. À son réveil, il s’interroge sur la frontière entre le rêve et la réalité : était-il Zhuang Zhou rêvant d’être un papillon, ou un papillon rêvant d’être Zhuang Zhou ? Cette histoire illustre l’incertitude des apparences et l’impermanence de la vie.
« Jadis, Zhuang Zhou rêva qu’il était un papillon, un papillon virevoltant, heureux et à son aise. Il ne savait plus qu’il était Zhou. Soudain, il se réveilla et redevint Zhou, parfaitement éveillé. Il ne savait pas si Zhou avait rêvé qu’il était un papillon ou si le papillon avait rêvé qu’il était Zhou. » (allusion au Zhuangzi, « Discours sur l’identité des choses »)
昔者庄周梦为胡蝶,栩栩然胡蝶也,自喻适志与!不知周也。俄然觉,则蘧蘧然周也。不知周之梦为胡蝶与,胡蝶之梦为周与?
Quand l’employer
S’emploie comme complément d’objet ou épithète, souvent dans une évocation mélancolique de la vie et de ses incertitudes. Le registre est littéraire.
Exemples
人生变化无常,很多事情今天真实,明天就像蝶化庄周。
Rénshēng biànhuà wúcháng, hěn duō shìqing jīntiān zhēnshí, míngtiān jiù xiàng dié huà Zhuāng Zhōu.
La vie est changeante : bien des choses réelles aujourd’hui semblent irréelles dès le lendemain.
多年以后回头看,那段感情仿佛蝶化庄周,真假已经分不清了。
Duō nián yǐhòu huítóu kàn, nà duàn gǎnqíng fǎngfú dié huà Zhuāng Zhōu, zhēn jiǎ yǐjīng fēn bù qīng le.
Des années plus tard, cette relation paraît si irréelle qu’il est impossible de distinguer le vrai du faux.
新闻中的盛衰变化太快,令人感到蝶化庄周。
Xīnwén zhōng de shèngshuāi biànhuà tài kuài, lìng rén gǎndào dié huà Zhuāng Zhōu.
Les changements rapides de fortune rapportés dans les actualités donnent le sentiment que tout est irréel et instable.
鹿随郑相应难辨,蝶化庄周未可知。
« Le cerf suit le premier ministre Zheng, ce qui est déjà difficile à distinguer ; que ce soit le papillon devenu Zhuang Zhou, nul ne peut encore le savoir. » (Le Jin Ping Mei, chapitre 94)
明·兰陵笑笑生《金瓶梅词话》第九十四回