Let the Bullets Fly
Let the Bullets Fly 让子弹飞 (Ràng zǐdàn fēi) est un film chinois de Jiang Wen, sorti en Chine continentale le 16 décembre 2010.

Jiang Wen, réalisateur et interprète principal de Let the Bullets Fly, au Festival du film asiatique de Deauville en 2008.
SYNOPSIS
Dans la Chine des seigneurs de la guerre, un chef de bandits attaque le train d'un préfet fraîchement nommé, prend sa place et vient s'installer dans une petite ville que tient un notable tout-puissant.
Années 1920, au Sichuan. Ma Bangde a acheté sa charge de préfet et se rend en train vers la ville de l'Oie, où il compte se rembourser sur le dos des habitants. Le convoi déraille : c'est la bande de Zhang Muzhi, dit « Zhang le Grêlé », ancien officier de l'entourage du général Cai E devenu bandit de grand chemin. Pour sauver sa peau, Ma Bangde se fait passer pour le secrétaire du préfet et persuade le bandit d'occuper le poste à sa place, le temps de vider les caisses de la ville et de partager.
Zhang entre donc dans la ville de l'Oie en habit de fonctionnaire. Il s'y heurte à Huang Silang, notable retranché dans une tour fortifiée, qui prélève l'impôt de longue date avec la complicité des préfets successifs. Commence une partie de dupes faite d'attentats, d'enlèvements et de proclamations publiques, où chacun cherche moins à tuer l'autre qu'à retourner la population contre lui. Le fils adoptif de Zhang, poussé au suicide par un homme de Huang, en est la première victime ; Ma Bangde y laisse aussi la vie.
Décidé à en finir, Zhang fait décapiter en place publique le sosie de Huang Silang pour briser l'emprise du notable, puis entraîne la ville à l'assaut de la citadelle. Huang se donne la mort ; les compagnons du bandit partent pour Shanghai, et Zhang reste seul.
DISTRIBUTION
- Jiang Wen : Zhang Muzhi, dit « Zhang le Grêlé »
- Chow Yun-fat : Huang Silang, et son sosie Yang Wanlou
- Ge You : Ma Bangde, qui se fait passer pour le secrétaire Tang
- Carina Lau : la femme du préfet
- Chen Kun : Hu Wan, homme de confiance et principal exécuteur de Huang Silang
- Zhou Yun : Huajie, dite « sœur Fleur »
- Jiang Wu : Wu Zhichong, maître d'armes de la maison Huang
- Hu Jun : le faux Grêlé
- Shao Bing : le deuxième frère
- Liao Fan : le troisième frère
- Zhang Mo : Xiao Liuzi, le sixième frère
- Feng Xiaogang : le secrétaire Tang
FICHE TECHNIQUE
- Titre : Let the Bullets Fly
- Titre original : 让子弹飞 (Ràng zǐdàn fēi)
- Réalisation : Jiang Wen
- Scénario : Zhu Sujin, Shu Ping, Jiang Wen, Guo Junli, Wei Xiao et Li Bukong, d'après un récit de Ma Shitu
- Musique : Joe Hisaishi et Shu Nan
- Photographie : Zhao Fei
- Montage : Cao Weijie et Jiang Wen
- Costumes et maquillages : William Chang
- Production et distribution : China Film Group, Emperor Motion Pictures et Beijing Buyilehu Film Culture
- Pays d'origine : Chine, Hong Kong
- Langues : mandarin, mandarin du Sichuan
- Genre : comédie d'action, western
- Durée : 132 minutes
- Dates de sortie : Chine : 16 décembre 2010 / Hong Kong : 13 janvier 2011 / Taïwan : 11 mars 2011
RÉCOMPENSES
- Golden Horse Awards 2011 (48e cérémonie) : meilleur scénario adapté et meilleure photographie (Zhao Fei).
- Hong Kong Film Awards 2012 (31e cérémonie) : meilleurs costumes et maquillages (William Chang).
- Prix de la Société des critiques de cinéma de Hong Kong 2011 : meilleur réalisateur (Jiang Wen).
- Asian Film Awards 2011 (5e cérémonie) : meilleurs costumes (William Chang).
- Guilde des réalisateurs chinois 2011 : meilleur film, meilleur réalisateur (Jiang Wen) et meilleur acteur (Ge You).
AUTOUR DU FILM
Le scénario est tiré de « Dao guan ji », récit du romancier sichuanais Ma Shitu (1915-2024), que Jiang Wen et son équipe ont réécrit une trentaine de fois. Le tournage s'est déroulé dans le Guangdong, à Taishan, où fut bâti le décor de la ville de l'Oie, et à Kaiping, dont les tours fortifiées élevées par les émigrés de retour au pays, les diaolou, inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco en 2007, servent de citadelle à Huang Silang.
Les recettes ont fait l'objet d'une controverse. En février 2011, la production annonce le franchissement des 700 millions de yuans et revendique le record du film en langue chinoise en Chine continentale. Le bilan officiel du marché du film, publié en mai, ne crédite l'exploitation, arrêtée fin février, que de 659 millions de yuans ; la presse chinoise parle alors de chiffre gonflé, tandis que le producteur Ma Ke explique l'écart par des remontées de recettes incomplètes hors des grandes villes. Le film a rapporté 104,7 millions de dollars dans le monde (Box Office Mojo, août 2026).
Le film a nourri en Chine une abondante littérature d'interprétation politique : chaque réplique y a été lue comme une allusion, et plusieurs travaux universitaires y voient un pastiche du cinéma de propagande, où le bandit reprend la rhétorique de la mobilisation des masses pour finir par remplacer les puissants qu'il a renversés. Jiang Wen en a fait le premier volet d'une trilogie sur l'époque des seigneurs de la guerre, poursuivie avec Gone with the Bullets (2014) et Hidden Man (2018).
Illustration : Étienne ANDRÉ, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.