拔辖投井
bá xiá tóu jǐng
retirer la cheville de l’essieu et la jeter dans un puits
Ce que l’expression veut dire
Le caractère 辖 désigne la cheville située aux deux extrémités de l’essieu d’un véhicule. L’expression signifie retenir chaleureusement un hôte pour le faire boire.
辖,车轴两端的键。指殷勤留客饮酒。
D’où elle vient
À la fin des Han occidentaux, Chen Zun, préfet de Jingzhao, était réputé pour son talent, sa générosité et son hospitalité. Des fonctionnaires et des hommes de renom venaient souvent lui rendre visite. Pour les retenir à ses banquets, il faisait enlever les chevilles des essieux de leurs voitures et les jeter dans un puits, de sorte qu’ils devaient rester boire avec lui.
« Chen Zun loved wine. Every day he drank, and whenever his hall was full of guests, he would close the gate, remove the pins from the guests’ carriage axles and throw them into a well; even if they were in a hurry, they could never leave. » Extrait du Hanshu, le Livre des Han, « Biographie de Chen Zun ».
遵耆酒,每天饮,宾客满堂,辄关门,取客车辖投井中,虽有急,终不得去。
Quand l’employer
S’emploie comme prédicat ou complément d’objet, dans un registre littéraire, pour évoquer une hospitalité particulièrement insistante et chaleureuse.
Exemples
老同学来我家做客,我拔辖投井,非要他吃完晚饭才让他走。
Lǎo tóngxué lái wǒ jiā zuòkè, wǒ bá xiá tóu jǐng, fēi yào tā chī wán wǎnfàn cái ràng tā zǒu.
Un ancien camarade est venu chez moi ; je l’ai chaleureusement retenu et n’ai accepté de le laisser partir qu’après le dîner.
主人太热情了,简直拔辖投井,我们聊到半夜才离开。
Zhǔrén tài rèqíng le, jiǎnzhí bá xiá tóu jǐng, wǒmen liáo dào bànyè cái líkāi.
L’hôte était si chaleureux qu’il nous a presque empêchés de partir ; nous ne sommes partis qu’à minuit.
朋友搬家那天请大家吃饭,还拔辖投井地劝我们多喝几杯。
Péngyou bānjiā nà tiān qǐng dàjiā chīfàn, hái bá xiá tóu jǐng de quàn wǒmen duō hē jǐ bēi.
Le jour de son déménagement, mon ami nous a invités à manger et nous a chaleureusement incités à boire encore quelques verres.
拔辖投井,于是口涌鼻溢,濡首及乱。
« Il retira les chevilles des essieux et les jeta dans le puits ; bientôt le vin déborda de la bouche et du nez, mouillant les cheveux et mettant tout en désordre. » Extrait du Baopuzi, « Le Maître qui embrasse la simplicité », « Mise en garde contre l’ivresse », de Ge Hong, sous les Jin.
晋·葛洪《抱朴子·洒诫》