Hotan

SOMMAIRE

Des pans de murs en terre ocre, rongés par le vent jusqu'à perdre leurs angles, tiennent debout au milieu d'une plaine de sable ; au fond, une longue crête désertique barre l'horizon sous un ciel blanchi de chaleur.
Les ruines de Melikawat, dans le désert au sud de Hotan.

Hotan, que les livres anciens écrivent aussi Khotan, est une ville-district de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, chef-lieu de la préfecture du même nom. C'est une oasis, au sens strict : une tache de verdure irriguée posée entre le désert du Taklamakan au nord et la chaîne du Kunlun au sud, sur la plaine alluviale que forment deux rivières, la Karakash et la Yurungkash. La ville se tient entre 1 300 et 1 450 mètres d'altitude et comptait 501 028 habitants au recensement de 2020, à plus de neuf dixièmes ouïghours.

Une étape de la branche sud de la route de la Soie

Hotan est l'une des grandes escales de la voie qui contournait le Taklamakan par le sud, entre Yarkand à l'ouest et Minfeng à l'est. Elle a été la capitale du royaume de Khotan, l'un des plus anciens États bouddhiques du monde et le pont par lequel la culture et les textes du bouddhisme sont passés de l'Inde vers la Chine. Au troisième siècle, ce royaume comptait parmi les cinq grands États du bassin du Tarim. Il tombe vers 1006 devant le Karakhanide Yusuf Qadir Khan, et l'islam s'y installe. Marco Polo, qui traverse la ville entre 1271 et 1275, la décrit riche en coton, en vignes et en vergers, peuplée de marchands et d'artisans.

De cette épaisseur historique il reste surtout des ruines dans le sable. Melikawat, à une trentaine de kilomètres au sud de la ville, est le plus vaste de ces sites : un grand centre bouddhique du royaume de Khotan, peut-être sa capitale, dont ne subsistent que des murs de terre érodés, des tessons et du verre. C'est aussi de la région que proviennent les momies du Tarim, ces corps conservés par la sécheresse et datés des deuxième et premier millénaires avant notre ère.

Les trois trésors

La ville se résume traditionnellement à trois produits, et le voyageur les retrouve partout.

  • Le jade. La Yurungkash porte le nom de rivière du jade blanc, et c'est de son lit qu'on tire depuis l'Antiquité le jade dit graisse de mouton, le plus recherché de Chine. Le ramassage sur les galets et les marchés au jade de la ville font encore partie du spectacle.
  • La soie. Hotan est le premier centre de filature du Xinjiang et fournit environ les sept dixièmes de la production régionale de cocons. La soie locale, teinte par réserve en motifs fondus, se vend au mètre sur les marchés ; les ateliers du bourg de Jiya, à l'est de la ville, la fabriquent encore à la main.
  • Le tapis. Tissé en laine locale, il se reconnaît, disent les acheteurs avertis, à ses motifs de vase et de grenade.

Le marché du dimanche

Moins couru que celui de Kachgar, le bazar hebdomadaire de Hotan est pourtant plus grand, et il sert d'abord les habitants plutôt que les visiteurs. On y trouve pêle-mêle des tapis, de la soie, des calottes brodées, des pigments, de la laine, du bois, des couteaux, des remèdes, des épices, des harnais, des poêles, des motos, de la ferraille, et un marché aux bestiaux où se vendent vaches, chevaux, ânes, moutons et chèvres.

Le climat, et ce qu'il impose

Le climat est désertique et sec. La température moyenne annuelle tourne autour de 12,5 degrés, avec des étés brûlants et des hivers courts mais froids. Il tombe de l'ordre de 35 millimètres de pluie par an quand l'évaporation dépasse 2 400 millimètres : autant dire qu'il ne pleut pas. Le vrai sujet n'est pas la chaleur, c'est la poussière. Hotan compte plus de deux cent vingt jours par an de sable en suspension, dont une soixantaine de véritables tempêtes, et la ville figurait en 2024 parmi les vingt agglomérations les plus polluées du monde. Le ciel y est blanc plus souvent que bleu, et les mois les moins chargés sont ceux de l'automne.

Y aller

La ville est reliée par le rail depuis Kachgar, avec une gare desservie par la ligne qui longe le pied du Kunlun, et par les routes nationales 315 et 580. L'aéroport de Hotan, rebaptisé Hotan-Kungang en février 2023, la relie à Ouroumtsi. Comme partout au Xinjiang, les contrôles d'identité sont fréquents et la circulation entre districts peut être soumise à vérification : mieux vaut prévoir du temps, garder son passeport sur soi et se renseigner sur les conditions d'accès avant de partir.

Illustration : Colegota, CC BY-SA 2.5 es, via Wikimedia Commons.

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