Signe chinois 2027 : l'année de la Chèvre de Feu
L'année 2027 est celle de la Chèvre de Feu : elle commence le samedi 6 février 2027 et s'achève le 25 janvier 2028. Qui naît avant cette date reste sous le signe du Cheval — c'est l'erreur la plus fréquente, et elle se corrige en une ligne.
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L'année de la Chèvre de Feu s'ouvre le 6 février 2027 et s'achève le 25 janvier 2028.
L'animal de l'année 2027 est la Chèvre — 羊, yáng, huitième des douze signes —, et son élément est le Feu. Le calendrier traditionnel ne la nomme pas autrement que par un binôme, 丁未 (dīng wèi), quarante-quatrième des soixante paires du cycle sexagésimal. Cette année-là commence le samedi 6 février 2027 et s'achève le mardi 25 janvier 2028 : trois cent cinquante-quatre jours, douze mois lunaires, pas un de plus.
Ce qui la précède n'est pas elle. Du 1er janvier au 5 février 2027, l'année chinoise en cours est encore celle du Cheval, ouverte le 17 février 2026. Un enfant né le 3 février 2027 est Cheval ; celui qui naît trois jours plus tard est Chèvre ; et rien dans la date grégorienne ne le laisse deviner. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet, et une bonne part de ce qui suit sert à ne pas la commettre.
Pourquoi le 6 février, et comment on le vérifie
Le calendrier chinois est luni-solaire : ses mois suivent la Lune, son année suit le Soleil, et la date du Nouvel An est le point où les deux se raccordent. Trois règles suffisent à la fixer, et aucune n'est approximative.
La première : un mois commence le jour de la conjonction du Soleil et de la Lune — la nouvelle lune —, le jour se comptant à l'heure légale chinoise, celle du fuseau UTC+8. La deuxième : le onzième mois est celui qui contient le solstice d'hiver. La troisième : le premier mois de l'année neuve est celui qui vient deux rangs plus loin, ce que l'on résume d'ordinaire par « la deuxième nouvelle lune après le solstice » — formule exacte tant qu'aucun mois intercalaire ne vient s'y glisser.
Pour 2027, l'application se suit à la main. Le solstice d'hiver tombe le 22 décembre 2026. Les nouvelles lunes qui l'encadrent sont, en heure de Pékin, celles du 9 décembre 2026, du 8 janvier 2027 et du 6 février 2027. Le mois ouvert le 9 décembre contient donc le solstice : c'est le onzième. Celui du 8 janvier est le douzième. Celui du 6 février 2027 est le premier de l'année de la Chèvre, et la fête tombe ce jour-là.
Un détail mérite d'être relevé, parce qu'il montre à quoi cette date tient. La conjonction du 6 février 2027 se produit à 15 h 56 en temps universel — c'est la valeur publiée par l'observatoire naval des États-Unis —, soit 23 h 56 à Pékin. Quatre minutes plus tard, elle serait tombée le 7 février, et le Nouvel An chinois avec elle. Une fête que l'on croit réglée par la coutume se joue ici sur quelques minutes d'astronomie.
Le résultat se contrôle sans avoir à nous croire sur parole. La table de conversion grégorien-lunaire que publie l'observatoire de Hong Kong pour 2027 s'intitule « Ding-wei year of the Goat » et porte le 6 février comme premier jour du premier mois lunaire. Le calendrier chinois du site, qui refait le calcul par ses propres moyens, donne la même date, et la table des prochaines dates du Nouvel an chinois également.
Né en janvier, on n'est pas du signe de son millésime
La difficulté vient de ce que les deux calendriers ne commencent pas ensemble. L'année grégorienne s'ouvre toujours le 1er janvier ; l'année chinoise se déplace. Entre 1900 et 2100, elle commence au plus tôt le 21 janvier — ce fut le cas en 1966 — et au plus tard le 20 février, comme en 1920. Il existe donc chaque année une bande de trois à sept semaines pendant laquelle le millésime a changé mais pas l'animal.
La règle de décision tient en une phrase : comparez votre date de naissance à la date du Nouvel An de votre année de naissance, et si vous la précédez, votre signe est celui de l'année d'avant. Une personne née le 20 janvier 1966 n'est donc pas Cheval de Feu, comme le voudrait la table courante, mais Serpent, parce que le Nouvel An de 1966 est tombé le lendemain, le 21 janvier. Les listes qui font commencer chaque signe au 1er janvier se trompent ainsi sur un bon mois, tous les ans, sans jamais le signaler.
Le cas n'est pas rare au point d'être théorique : il concerne, année après année, tous ceux qui naissent entre le Jour de l'an et le Nouvel An chinois. Pour trancher sans calcul, notre outil des signes chinois accepte une date complète et applique cette règle, et le calendrier des signes du zodiaque chinois donne les bornes exactes de chaque année depuis 1930.
Le lichun, l'autre seuil — et pourquoi 2027 le rend visible
Il existe une seconde date de bascule, et elle ne tombe pas au même endroit. Les écoles de calcul du destin — le bazi, les quatre piliers — ne changent pas d'année au Nouvel An mais au lichun (立春), le début du printemps, premier des vingt-quatre termes solaires, atteint quand le Soleil parvient à 315° de longitude écliptique : chaque année entre le 3 et le 5 février.
En 2027, le lichun tombe le jeudi 4 février, deux jours avant le Nouvel An. Les 4 et 5 février 2027, les deux comptages se contredisent donc : au calendrier lunaire on est encore Cheval, au lichun on est déjà Chèvre. Le désaccord n'a rien d'anormal, il est de règle ; simplement, il est cette fois très court. En 2026 il durait treize jours, le lichun étant tombé le 4 février et le Nouvel An le 17. Et il change de sens selon que le Nouvel An précède ou suit le début du printemps, sans jamais dépasser trois semaines dans un sens ou dans l'autre.
Lequel des deux a raison ? Ni l'un ni l'autre, parce qu'ils ne répondent pas à la même question. Le zodiaque des vœux, des estampes et des conversations suit le Nouvel An ; les systèmes de calcul suivent le lichun. La distinction est ancienne, et l'article sur la naissance de l'astrologie chinoise et du zodiaque en raconte la formation, depuis le comptage des jours des devins Shang jusqu'aux quatre piliers des Song.
Ce que la tradition prête à la Chèvre
Ici le texte change de nature, et autant le dire : la date du 6 février se démontre, les qualités prêtées à la Chèvre se racontent. La rédaction rapporte les secondes sans les partager, comme un fait de culture chinoise — ce qui n'ôte rien à leur intérêt ni à la place qu'elles occupent dans la vie quotidienne. Le portrait de caractère est dans la fiche Chèvre (astrologie chinoise) ; ce qui suit est ce que la langue et les usages en ont retenu.
D'abord le nom. Le caractère 羊 ne distingue pas la chèvre du mouton : le chinois précise au besoin 山羊 (shānyáng, littéralement « mouton de montagne », la chèvre) ou 绵羊 (miányáng, le mouton laineux), mais le signe du zodiaque s'écrit 羊 tout court. De là les traductions concurrentes que l'on rencontre partout — Chèvre, Mouton, Bélier —, qui désignent le même animal et le même rameau. Le site a retenu Chèvre ; l'anglais hésite entre Goat, Sheep et Ram pour la même raison.
Ensuite la valeur. 羊 est, dans l'écriture, un composant de mots favorables. Le Shuowen jiezi, premier dictionnaire analytique de la langue chinoise, achevé en l'an 100 et présenté à la cour en 121, le glose en trois caractères : « 羊,祥也 » — le mouton, c'est l'auspicieux. Il explique 美, le beau, par « 从羊从大 », composé de 羊 et de 大, et ajoute que le mouton est, des six animaux domestiques, le principal fournisseur de nourriture. On retrouve le même élément dans 善, le bien, dans 祥, le favorable, et dans 義, le juste.
Puis la formule. Les vœux d'une année de la Chèvre s'écrivent volontiers 三羊开泰, « trois moutons ouvrent la prospérité », et les estampes du Nouvel An représentent alors trois bêtes dans un pré. C'est un jeu de mots. La formule d'origine est 三阳开泰, où 阳 (yáng) désigne le principe lumineux ; elle renvoie à l'hexagramme 泰 du Yi jing, qui porte trois traits pleins à sa base et que la numérologie des Han rattachait au premier mois lunaire, celui où le yin recule et où le yang monte. 阳 et 羊 se prononçant de même, le mouton a pris la place du trait, et la formule y a gagné une image que tout le monde comprend.
Enfin l'heure. 未 (wèi), le rameau de la Chèvre, est le huitième des douze rameaux terrestres, et il ne sert pas qu'à nommer les années : dans la journée traditionnelle, découpée en douze doubles heures, il désigne la tranche de 13 à 15 heures, que les textes appellent aussi 日昳, le moment où le soleil décline.
2027, une année sans printemps
Une particularité de l'année de la Chèvre occupera vraisemblablement la presse chinoise en 2027 : elle ne contient pas de lichun. La vérification est arithmétique. Le lichun de 2027 tombe le 4 février, deux jours avant l'ouverture de l'année ; le suivant tombera le 4 février 2028, dix jours après sa clôture, fixée au 25 janvier. Entre les deux, aucun début de printemps.
Le chinois appelle cela une 无春年 (wúchūnnián), une « année sans printemps », et l'usage populaire une 寡妇年 (guǎfùnián), une « année de veuve » : d'où la réputation qu'on y évite de se marier. Le phénomène n'a pourtant rien de mystérieux. Une année lunaire ordinaire compte trois cent cinquante-quatre jours contre trois cent soixante-cinq au Soleil, si bien qu'elle recule d'une dizaine de jours à chaque tour, jusqu'à ce qu'un treizième mois vienne la rattraper. Une année courte qui s'ouvre juste après le début du printemps ne peut plus en atteindre un second : il n'y a pas la place.
Le compte se fait sans peine sur dix-neuf ans, durée au bout de laquelle les deux calendriers retombent d'accord. De 2011 à 2029, sept années lunaires sont dépourvues de lichun — 2013, 2016, 2019, 2021, 2024, 2027 et 2029 — et sept autres en contiennent deux, dont 2028, qui suivra immédiatement celle de la Chèvre avec ses treize mois et ses trois cent quatre-vingt-quatre jours. Il y en a nécessairement autant d'un côté que de l'autre, puisque chaque début de printemps tombe dans une année lunaire et une seule.
« Sur dix moutons, neuf sont incomplets »
Une autre croyance attend 2027, et celle-là laisse des traces mesurables. Un dicton chinois, 十羊九不全 — « sur dix moutons, neuf sont incomplets » —, veut que les enfants nés une année de la Chèvre connaissent un sort contrarié. Il est récent au regard du zodiaque, et l'explication qu'on en donne le plus souvent le fait naître à la fin des Qing : l'impératrice douairière Cixi, née le 29 novembre 1835, l'était une année de la Chèvre, et la formule aurait servi à la discréditer. L'explication est plausible ; elle est aussi invérifiable, et c'est le sort ordinaire des étymologies de dictons. Ce qui est sûr, c'est qu'elle contredit une réputation bien plus ancienne, celle du 羊 auspicieux du Shuowen.
Ses effets, eux, se lisent dans les statistiques. En 2015, dernière année de la Chèvre — et, par un retour de cycle, la même paire 乙未 qu'en 1835, trois cycles sexagésimaux plus tôt —, la Chine a enregistré 16,55 millions de naissances, soit 320 000 de moins que l'année précédente selon le Bureau national des statistiques. La commission nationale de la santé et du planning familial a cité la croyance parmi les causes du recul. Le Beijing Times lui a répondu que la baisse s'expliquait d'abord par la diminution du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, et il avait de bonnes raisons de le dire. Les deux explications peuvent être vraies ensemble, et on ne sait pas dans quelle proportion.
Ce que cet article ne dit pas
Il ne dit pas ce que 2027 vous réserve. Il donne la date à laquelle l'année de la Chèvre commence, la façon dont cette date se calcule et se vérifie, le moyen de savoir de quel signe on relève quand on est né en janvier ou dans les premiers jours de février, et ce que la langue chinoise a déposé autour de l'animal 羊. Pour le reste — affinités entre signes, portraits de caractère, prédictions annuelles —, le site les traite là où c'est leur place : la fiche Astrologie chinoise en expose le fonctionnement, la légende des 12 signes raconte comment le rat a doublé le buffle sur la ligne d'arrivée, et l'outil des signes chinois donne le vôtre à partir de votre date de naissance exacte.
Reste le plus simple, et le seul point sur lequel il n'y a pas à hésiter : le Nouvel An chinois du samedi 6 février 2027, qui ouvrira quinze jours de fête jusqu'à la fête des lanternes, le 20 février.