Batterie externe en avion en Chine : la règle CCC, et comment en acheter une avant de partir
La Chine interdit en cabine, sur ses vols intérieurs, les batteries externes dépourvues du marquage CCC. Le voyageur venu de l'étranger l'apprend souvent au pire moment, au contrôle, alors que son téléphone est justement ce dont il a le plus besoin les premiers jours.
SOMMAIRE

Trois batteries externes et leurs câbles dans un bac de contrôle, à l'entrée du tunnel à rayons X d'un poste de sûreté. — Photo d'illustration
Ce que la règle interdit, et depuis quand
Depuis le 28 juin 2025, l'administration de l'aviation civile chinoise interdit aux passagers d'emporter en cabine une batterie externe qui ne porte pas le marquage CCC, la certification obligatoire chinoise. Le même texte vise trois cas : l'appareil sans marquage, celui dont le marquage est illisible, et celui dont le modèle a fait l'objet d'un rappel.
La mesure a été annoncée deux jours avant son entrée en vigueur, et plusieurs aéroports l'ont appliquée par anticipation. Elle vient d'une série de rappels et d'incidents à bord : au cours de l'été 2025, un fabricant chinois a suspendu sa production après un rappel doublé de l'interdiction en vol, et un autre a ouvert un programme de reprise pour ses modèles dépourvus du marquage.
Un détail explique l'ampleur de l'effet dès le premier jour : les batteries fabriquées avant 2024 ne portent généralement pas ce marquage. Ce ne sont donc pas seulement les appareils douteux qui sont refusés, mais la plupart des batteries un peu anciennes, y compris celles de marques connues et parfaitement en état.
Sur quels vols, exactement
C'est la question qui décide de tout, et la réponse est plus étroite que la rumeur : la règle porte sur les vols intérieurs de Chine continentale. Un vol Paris-Pékin n'y est pas soumis. Une vérification publiée par la presse taïwanaise dès le premier jour rappelait déjà que les liaisons vers la Chine n'étaient pas concernées, et un relevé hongkongais d'avril 2026 constatait qu'à cette date, aucune obligation de marquage ne pesait sur les vols internationaux au départ ou à l'arrivée du pays.
Le piège est donc mécanique. La batterie franchit sans encombre le vol de l'aller, puisque personne ne la contrôle à ce titre, et elle est refusée au premier vol intérieur. Pékin vers Xi'an, Shanghai vers Chengdu, Canton vers Kunming : un itinéraire de deux semaines en compte presque toujours un, et c'est souvent le deuxième ou le troisième jour du voyage. Notre fiche prendre l'avion en Chine décrit le reste du parcours en aérogare.
C'est aussi le moment où le téléphone sert le plus. Réserver une voiture, payer par application, montrer un billet de train, traduire un menu, retrouver une adresse : tout passe par lui, et rien ne se fait sans réseau ni batterie. Perdre son chargeur de secours au contrôle de sécurité n'est pas un désagrément théorique, c'est une journée de voyage qui devient compliquée.
Ce qui arrive à la batterie refusée
Elle est retirée sur place, au poste de contrôle. Les premiers jours, des images ont montré des paniers entiers d'appareils saisis dans plusieurs aéroports, et la revente des lots confisqués sur les plateformes d'occasion a occupé la presse de Hong Kong et de Taïwan pendant l'été 2025.
Des consignes gratuites ont été ouvertes pour les voyageurs pris de court, Pékin ayant annoncé le service dans ses aéroports dès la première semaine. Rien n'indique qu'il existe partout ni qu'il ait été maintenu depuis : mieux vaut ne pas bâtir son voyage dessus. Notre fiche sur les aéroports de Chine donne les points de repère de chaque plateforme.
Enfin, porter le marquage ne garantit pas toujours le passage. Un certificat peut avoir été suspendu, un modèle rappelé après sa mise en vente ; des cas de batteries pourtant marquées et malgré tout refusées ont été rapportés au printemps 2026. La vérification tient au numéro de certificat, pas au seul sigle imprimé sur la coque.
Les autres règles, qui n'ont rien de chinois
Elles se cumulent avec la précédente, et le voyageur les rencontrera de toute façon.
- Une batterie externe ne voyage jamais en soute. C'est une règle internationale, valable au départ de Paris comme de Pékin, et elle vaut aussi pour les batteries de rechange d'appareil photo.
- La capacité se compte en wattheures. En dessous de 100 Wh, l'appareil est admis en cabine sans démarche. Entre 100 et 160 Wh, il faut l'accord de la compagnie. Au-delà, il est refusé. Une batterie de 20 000 mAh reste sous le premier seuil.
- Depuis 2026, une limite s'ajoute partout : l'agence des Nations unies pour l'aviation civile a fixé en mars un plafond de deux batteries externes par passager, que les États et les compagnies ont appliqué au printemps. Plusieurs interdisent en outre de s'en servir ou de la recharger pendant le vol, et certaines de la ranger dans le coffre à bagages.
Autrement dit, le voyageur qui prépare un séjour en Chine a deux jeux de règles à satisfaire : celui de son transporteur, international, et celui de l'aviation civile chinoise, qui ne s'appliquera qu'une fois sur place.
Reconnaître le marquage avant de payer

Le marquage CCC, en haut à gauche, avec un numéro imprimé sous l'ovale, parmi les autres certifications portées au dos d'un bloc d'alimentation.
Optimike / Wikimedia Commons, domaine public
C'est le geste le plus utile, et il tient en trente secondes. Le marquage CCC se présente sous la forme du sigle imprimé sur l'étiquette collée au dos ou sous la semelle de l'appareil, à côté de la capacité et de la tension. Il n'est jamais seul : un numéro de certificat l'accompagne, et c'est lui qui compte, parce qu'il se vérifie sur le registre public de l'organisme chinois de certification.
Deux précautions, parce que le marquage se contrefait. Une chaîne de télévision chinoise a montré en juin 2026 que de fausses certifications circulaient largement, et des relevés du mois de mars de la même année constataient que les plateformes de vente en ligne en étaient pleines. Un sigle sur une photo de fiche produit ne prouve donc rien à lui seul ; un numéro de certificat qui répond dans le registre, si.
Depuis mars 2026, un code de traçabilité à scanner s'ajoute progressivement au marquage, introduit par le régulateur chinois du marché et déployé par étapes selon les catégories de produits. Sur un appareil récent, sa présence est un bon signe. Sur un appareil plus ancien, son absence ne dit rien à elle seule.
Où en acheter, et en combien de temps
Trois chemins, et c'est le délai qui les départage.
Les places de marché chinoises, AliExpress au premier rang, vendent les modèles destinés au marché intérieur, ceux-là mêmes qui doivent porter le marquage. Cela ne dispense pas de le vérifier, on l'a vu. L'acheminement vers l'Europe se compte en semaines : c'est la solution de celui qui part dans deux mois, pas dans dix jours. Sur ces plateformes plus qu'ailleurs, la fiche produit doit afficher le marquage et le numéro de certificat, et il faut les lire avant de payer.
Les marques chinoises distribuées en Europe livrent en quelques jours par les circuits habituels : Lisen, Ugreen, Xiaomi et quelques autres sont vendues chez les revendeurs français. La vigilance porte ici sur un point précis : un modèle vendu en Europe n'est pas automatiquement certifié pour la Chine, puisque la certification concerne le marché chinois. Une même marque peut très bien proposer des références certifiées et d'autres non. La référence exacte se vérifie, la marque ne suffit pas.
Acheter sur place reste la solution de celui qui a déjà perdu la sienne. La certification étant obligatoire pour la vente en Chine, un appareil pris dans un commerce ordinaire, une boutique de marque ou une grande enseigne d'électronique doit la porter. La réserve est réelle : des journalistes ont constaté en mars 2026 qu'un grand nombre de produits en vente sur le marché intérieur restaient dépourvus du code attendu. Le réflexe est le même que partout ailleurs, regarder l'étiquette.
Trois choses, pour finir, qu'il ne faut pas faire : croire qu'une grande marque internationale est forcément certifiée pour la Chine, se rassurer avec un sigle vu sur une photographie de vendeur, et compter sur la soute, qui est fermée à ces appareils dans le monde entier.
La Rédaction
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