Baotou

SOMMAIRE

Un pavillon à deux toits de tuiles sombres coiffe la porte d'une enceinte de pierre grise, un lion blanc de chaque côté du passage voûté ; derrière, une longue chaîne de montagnes pelées et rocheuses sous un ciel bleu strié de nuages.
Une porte fortifiée à pavillon, dans la bannière droite de Tumd, à l'est de Baotou, au pied des montagnes qui ferment la plaine au nord.

Baotou est la plus grande ville de la région autonome de Mongolie-Intérieure. C'est une ville-préfecture de 27 768 kilomètres carrés, posée sur la rive nord du fleuve Jaune, à l'endroit où le fleuve dessine sa grande boucle vers le nord. Le recensement de 2010 lui donnait 2 650 364 habitants pour l'ensemble de la préfecture, dont 1 720 099 dans les trois districts urbains qui forment la ville proprement dite.

Elle exerce sa juridiction sur neuf subdivisions : six districts, un district rural et deux bannières, la bannière droite de Tumd et la bannière unie de Darhan Muminggan. Le nom vient du mongol.

La ville de l'acier et des terres rares

Baotou est d'abord une ville industrielle, et l'une des plus importantes de Chine dans son domaine. Elle est devenue la capitale mondiale des terres rares : ses mines, au nord du territoire municipal, détiennent la très grande majorité des réserves chinoises de ces métaux dont dépendent les aimants, les batteries et l'électronique. Le district minier de Baiyun, séparé du reste de la ville par plus de cent kilomètres de steppe, en est le coeur. La sidérurgie s'y est développée en parallèle à partir des années 1950.

Cette richesse a un revers, largement documenté. Un bassin de boues de dix kilomètres carrés retient les résidus de l'extraction, à une dizaine de kilomètres au nord du fleuve Jaune ; il a été construit dans les années 1950 sans l'étanchéité qui est devenue la norme ailleurs deux décennies plus tard. En hiver et au printemps, la boue sèche et le vent en soulève une poussière chargée de plomb, de cadmium et de traces de thorium ; en été, la pluie noie le tout et l'infiltration gagne la nappe. Des études publiées en 2003 puis en 2017 ont relevé des effets sur la santé des enfants de la ville.

Ce qu'on va voir depuis Baotou

La ville elle-même est large, plate et moderne ; ce sont ses alentours qui font l'intérêt du séjour, et ils tirent dans deux directions opposées.

  • Au nord, la steppe. Passé les montagnes qui ferment la plaine, on entre dans les pâturages de la bannière unie de Darhan Muminggan, un territoire de 17 410 kilomètres carrés pour cent mille habitants, où se pratique le séjour sous la yourte, le cheval et la lutte mongole.
  • Au nord-est, un grand monastère. Le monastère de Wudang, également connu sous son nom mongol de Badekar, est le plus vaste ensemble de bouddhisme tibétain de Mongolie-Intérieure. De l'école des Gelugpa, bâti à l'architecture tibétaine, restauré en 1749, il a reçu en 1756 de l'empereur Qianlong un nom officiel en quatre langues. Il est classé site historique et culturel majeur protégé au niveau national depuis 1996.
  • Au sud, le fleuve et les sables. De l'autre côté du fleuve Jaune commencent les dunes qui bordent le plateau des Ordos, et c'est de Baotou qu'on part les visiter.

Y aller

La gare de Baotou relie la ville à Pékin, Yinchuan, Lanzhou et Xi'an ; une seconde gare, Baotou-Est, complète la desserte. L'aéroport de Baotou-Donghe assure les liaisons intérieures. La ville se parcourt en voiture : les distances entre les districts se comptent en dizaines de kilomètres.

La saison confortable va de mai à septembre. L'hiver est long et très froid, le printemps porte les tempêtes de sable qui viennent des Ordos et de la steppe.

Illustration : 月亮河呼和, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Partager cette page