Cinq femmes chinoises qui font briller la Chine

Hong Wang, médaille Fields 2026, devant un tableau portant la mention Kakeya sets, le problème dont elle a démontré la conjecture.
Institut des hautes études scientifiques (IHES) / Wikimedia Commons / CC BY 4.0
Une médaille Fields, un prix Nobel, une sortie dans le vide, un titre olympique et la base d'images qui a mis l'intelligence artificielle en marche : cinq Chinoises dont le nom circule aujourd'hui bien au-delà de la Chine.
Hong Wang, les mathématiques. Née à Guilin en 1991, elle a reçu la médaille Fields le 23 juillet 2026 à Philadelphie : troisième femme distinguée depuis la création du prix en 1936, et la première née en Chine. Elle enseigne à l'université de New York et à l'Institut des hautes études scientifiques, près de Paris. Le problème qu'elle a résolu se raconte en une phrase : quelle est la plus petite surface dans laquelle on peut faire pivoter une aiguille jusqu'à ce qu'elle ait pointé dans toutes les directions ? Un siècle que personne ne savait répondre dans l'espace à trois dimensions (sa biographie).
Fei-Fei Li, l'intelligence artificielle. Née à Pékin en 1976, arrivée aux États-Unis à seize ans, professeure à Stanford. En 2007 elle lance ImageNet : quatorze millions d'images étiquetées une par une, à la main. Cinq ans plus tard, un programme entraîné là-dessus écrase tous ses concurrents, et c'est le moment où l'apprentissage profond s'impose. Elle a fondé depuis World Labs, qui cherche à apprendre aux machines à se représenter l'espace (sa biographie).
Tu Youyou, la médecine. À 84 ans, en 2015, elle est devenue la première citoyenne de Chine populaire à recevoir un prix Nobel, toutes catégories confondues. Elle avait isolé en 1972 l'artémisinine, tirée de l'armoise annuelle, en dépouillant les traités de médecine anciens pour un programme militaire ouvert pendant la guerre du Vietnam. Le remède a fait reculer le paludisme partout dans le monde.
Wang Yaping, l'espace. Le 7 novembre 2021, elle est sortie de la station spatiale chinoise : première Chinoise à marcher dans le vide, et première sortie du programme chinois menée conjointement par un homme et une femme. L'opération a duré six heures et vingt-cinq minutes.
Zheng Qinwen, le tennis. À 21 ans, sur la terre battue de Roland-Garros, elle a battu la Croate Donna Vekic 6-2, 6-3 et décroché aux Jeux de Paris, en août 2024, le premier titre olympique chinois en simple. Sur sa route, la numéro un mondiale Iga Swiatek, quatre fois victorieuse dans ce stade. Li Na elle-même n'avait jamais gagné cet or-là.
Une médaille, un prix, une sortie dans le vide, un titre : aucune de ces cinq femmes n'est ici pour son image, et c'est leur seul point commun.
La Rédaction