Tashkurgan

SOMMAIRE

Un pâturage d'un vert vif ondule au pied de montagnes brunes striées de neige ; un sommet blanc se découpe au centre, sous un ciel bleu profond parsemé de petits nuages ronds.
Les pâturages d'altitude et les sommets enneigés des abords du col du Khunjerab, sur la route du Karakoram.

Tashkurgan est le chef-lieu du district autonome tadjik du même nom, à l'extrémité occidentale du Xinjiang, à 3 090 mètres d'altitude, dans le Pamir chinois. Le bourg est petit : 8 919 habitants au recensement de 2010, pour un district qui en comptait 39 946 en 2020 sur 25 000 kilomètres carrés. C'est le dernier point habité d'importance avant la frontière pakistanaise, et la seule agglomération de Chine où les Tadjiks du Pamir sont majoritaires.

Un pays tadjik

Les Tadjiks, ou Pamiris, représentent environ 82 % de la population du district, devant les Han (6,56 %), les Kirghizes (5,78 %) et les Ouïgours (5,20 %). Ils parlent le sarikoli, une langue iranienne orientale qui n'a rien à voir avec les langues turques du reste du Xinjiang ni avec le chinois. C'est un dépaysement dans le dépaysement : le voyageur qui arrive de Kachgar change de monde linguistique en une journée de route.

La forteresse de pierre

Le nom de la ville signifie « forteresse de pierre » dans les langues turques, et la forteresse existe. Elle occupe l'angle nord-est du bourg, dominant la plaine et ses marécages. Les ruines visibles datent de la dynastie Yuan (1279-1368), mais le lieu était déjà la capitale du royaume de Sarikol, que les sources chinoises anciennes appellent la ville de pierre. On y monte en quelques minutes, et la vue sur les pâturages humides qui bordent la rivière, ce que l'on nomme localement la prairie d'or, vaut à elle seule le détour.

La route du Karakoram

Tashkurgan est à environ 230 kilomètres au sud de Kachgar par la route du Karakoram, et à 120 kilomètres de Sust, au Pakistan, par le col du Khunjerab. Le poste-frontière n'est ouvert qu'entre le 1er mai et le 15 octobre, la neige le fermant le reste de l'année. La route elle-même est l'un des grands itinéraires de montagne du monde : elle passe au pied du Muztagh Ata, 7 546 mètres, et non loin du Kongur Tagh, 7 719 mètres, les deux géants du Pamir chinois.

Y aller

Longtemps, il n'y avait que la route depuis Kachgar, à faire en une journée avec des arrêts, car on gagne près de deux mille mètres d'altitude. L'aéroport de Tashkurgan-Khunjerab a été ouvert en décembre 2022 et raccourcit considérablement le trajet, mais la route reste le meilleur moyen de voir le paysage, qui est la raison d'être du voyage.

À savoir avant de partir

Le climat est désertique froid : les hivers sont très rigoureux, les étés doux, et les précipitations ne dépassent pas 68 millimètres par an. L'altitude se fait sentir, surtout si l'on monte directement depuis Kachgar, qui est à un peu plus de mille mètres ; il est prudent de prévoir une nuit d'acclimatation avant toute marche. La région est frontalière de quatre pays, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et, tout près, le Kirghizstan : les conditions d'accès et les autorisations changent, et se vérifient avant de partir plutôt que sur place.

Illustration : Fahadullah16, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

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