Lhatse
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Un ruisseau dans une plaine d'herbe rase, au pied d'une crête enneigée coupée par la brume. Illustration.
Lhatse est un district de la ville-préfecture de Shigatse, dans la région autonome du Tibet. Posé sur le haut bassin du Yarlung Tsangpo, à quelque quatre mille mètres, c'est une étape plus qu'une destination : presque tous ceux qui s'y arrêtent y arrivent par la route et en repartent le lendemain, vers le camp de base de l'Everest, vers la frontière népalaise ou vers l'ouest tibétain.
Le nom, et ce qu'il dit du lieu
En tibétain, Lhatse se comprend comme la cime de la montagne sacrée, celle que la lumière touche en premier. Le district est né en 1959 de la fusion de deux anciennes circonscriptions, Lhatse et Phuntsoling, et de quatre domaines. Le chef-lieu s'est d'abord tenu au bourg de Lhatse, puis a été transféré en 1968 au bourg de Quxar, une trentaine de kilomètres plus loin, sur la grand-route. C'est là que se trouvent aujourd'hui les hôtels, les restaurants et la station-service, et c'est ce que les voyageurs appellent Lhatse.
Le district comptait 56 355 habitants à la fin de 2020. Il figure parmi les plus pauvres du pays, et son économie reste agricole et pastorale.
Le carrefour
Lhatse doit tout à sa position. La route nationale 318, que les voyageurs connaissent sous le nom de route de l'Amitié dans sa partie tibétaine, y passe : elle vient de Lhassa par Shigatse et file vers la frontière du Népal. C'est de ce tronçon que se détache la piste devenue route qui monte au camp de base nord de l'Everest, à environ deux cents kilomètres de là. C'est aussi à Lhatse que commence, pour beaucoup, la longue traversée vers l'ouest, en direction de la préfecture de Ngari et du mont Kailash.
Quiconque descend de voiture ici le fait pour dormir, manger et refaire le plein, rarement pour visiter : c'est la fonction du lieu, et elle est ancienne.
Ce que l'on peut y voir
Lhatse est surtout un foyer d'artisanat et de danse. Le duixie, danse chantée accompagnée du luth tibétain dranyen, est associé au district au point qu'on le dit son pays d'origine ; il figure sur la liste nationale du patrimoine culturel immatériel, tout comme la forge du couteau tibétain, inscrite en 2008. Les ateliers du bourg de Lhatse travaillent encore la lame et le fourreau ciselé, et se transmettent de père en fils.
Quand y aller, et ce qu'il faut savoir
La bonne saison va de mai à octobre ; l'hiver ferme parfois les cols et rend la route de l'Everest difficile. L'altitude est le vrai sujet : on n'arrive pas à Lhatse sans avoir passé plusieurs jours à Lhassa ou à Shigatse, sous peine de payer le mal des montagnes au moment précis où la route devient exigeante. Il fait froid la nuit toute l'année, et le rayonnement solaire est violent de jour, même par température basse.
Comme partout dans la région autonome, les voyageurs étrangers doivent passer par une agence, qui organise le circuit et obtient les permis ; il n'y a pas d'exception. La région ferme d'ordinaire aux visiteurs étrangers de la mi-février au tout début d'avril, une fermeture qui n'a pas été appliquée en 2026.
Illustration : mayanming, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.