Langmusi
SOMMAIRE

Les bâtiments d'un des deux monastères de Langmusi, adossés à la falaise.
Langmusi est un petit bourg de haute montagne du plateau tibétain oriental, à 3 325 mètres d'altitude, peuplé d'environ quatre mille habitants, tibétains pour la plupart. Sa particularité tient en une ligne : il est à cheval sur deux provinces. Administrativement, le bourg relève du district de Luqu, dans la préfecture autonome tibétaine de Gannan, au Gansu ; mais sa partie sud se trouve dans le district de Zoigê, préfecture autonome tibétaine et qiang d'Ngawa, au Sichuan. Un torrent, qui n'est autre que le cours supérieur de la rivière Bailong, sert de frontière au milieu du village.
Deux monastères qui se font face
Le bourg tire son nom du monastère fondé en 1748, à l'époque où la région appartenait à la partie méridionale de l'Amdo, sous administration mandchoue. La configuration est restée : chaque rive a le sien. Côté sichuanais se dresse le monastère de Kirti, côté gansuan celui de Sertri, plus haut sur la pente. Les deux se visitent ; seul le premier fait payer un droit d'entrée.
Ce sont des ensembles vivants, avec leurs salles d'assemblée à bandeaux rouges, leurs toits dorés, leurs moulins à prières et leurs collèges. Adossés à des falaises rousses plantées de conifères, ils donnent au village sa silhouette et, à l'aube et au crépuscule, ses processions.
Le cadre
Langmusi est au point de partage de deux mondes. À l'est se lèvent les monts Min, qui forment le rebord oriental du plateau tibétain ; à l'ouest, les monts Xiqing. Les montagnes qui ferment le sud séparent le bassin du Yangzi de celui du fleuve Jaune, et au-delà s'ouvrent les vastes zones humides de Zoigê, qui alimentent le second. La Bailong, elle, prend sa source ici et finit par rejoindre le Yangzi à Chongqing.
La gorge de Namo, au sud du monastère de Kirti, est le but de promenade le plus courant : une entaille étroite, des grottes, un torrent. Dans la campagne alentour, des randonnées à cheval de plusieurs jours se montent avec les éleveurs, avec nuit sous la tente.
Y aller
La route nationale 213 passe à trois kilomètres au nord du bourg, et c'est par elle qu'arrivent les autocars ; Langmusi est une halte classique sur le trajet terrestre entre le Sichuan et le Gansu, entre Songpan et Xiahe. L'aéroport le plus proche est celui de Xiahe, à 125 kilomètres au nord.
Ce qu'il faut savoir
Trois choses valent d'être retenues avant de monter. L'altitude, d'abord : à plus de trois mille trois cents mètres, l'effort essouffle et la première nuit est souvent mauvaise. Le climat ensuite, qui reste froid et venteux même en été, avec de fortes amplitudes entre le jour et la nuit. Enfin, le bourg est un lieu de culte avant d'être un but de promenade : on tourne autour des édifices et des moulins à prières dans le sens des aiguilles d'une montre, et l'on demande avant de photographier.
Illustration : 明雨卿晨, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.