CXMT, fabricant chinois de mémoire DRAM
CXMT (ChangXin Memory Technologies) est le premier fabricant chinois de puces de mémoire vive DRAM. Il s'est fait connaître à l'été 2026 par une entrée en bourse record et un retournement financier spectaculaire, porté par une pénurie mondiale de puces mémoire.
SOMMAIRE

Logotype CXMT : sigle en minuscules rouge et bleu marine avec un losange rouge
CXMT
Une entreprise née de la relance chinoise des semi-conducteurs
CXMT, pour ChangXin Memory Technologies, est fondée en mai 2016 à Hefei, capitale de la province de l'Anhui, dans l'est de la Chine. Le projet est porté par les autorités locales et par GigaDevice, une entreprise chinoise de conception de puces, dont le fondateur Zhu Yiming, ingénieur formé à l'université Tsinghua, prend la tête du nouveau fabricant.
Sa technologie de départ s'appuie sur des brevets de mémoire DRAM rachetés à l'allemand Qimonda, dont la faillite en 2009 avait dispersé une partie du savoir-faire mondial dans ce domaine. CXMT livre ses premières puces DDR4 en 2019, dix ans après cette faillite. Avant son introduction en bourse, les investisseurs publics liés au gouvernement de Hefei détiennent environ 36 % du capital, aux côtés du fonds public chinois pour les circuits intégrés et d'investisseurs privés, dont Alibaba.
Le premier fabricant chinois de mémoire vive
CXMT conçoit et fabrique des puces DRAM (mémoire vive dynamique), un composant présent dans les ordinateurs, les smartphones, les consoles de jeu, les serveurs et une large part des appareils électroniques. Son catalogue comprend les mémoires DDR4, DDR5, LPDDR5 et LPDDR5X ; l'entreprise investit aussi dans la mémoire à large bande passante (HBM), utilisée par les processeurs d'intelligence artificielle. Sa production repose sur trois usines de plaquettes de silicium de 12 pouces, réparties entre Hefei et Pékin.
Les estimations de sa part du marché mondial varient selon les sources et les dates : le site Modern Diplomacy la situait à 7,7 % en 2025 ; à la mi-2026, la chaîne australienne ABC créditait l'entreprise d'environ 8 % du marché mondial de la DRAM. CXMT reste, dans les deux cas, loin derrière les trois fabricants qui dominent ce marché depuis des décennies : le sud-coréen Samsung Electronics (environ 36 %), son compatriote SK Hynix (29 %) et l'américain Micron (24 %). Elle n'en demeure pas moins le premier fabricant chinois de DRAM et le quatrième au monde.
Une entrée en bourse spectaculaire à l'été 2026
Le 27 juillet 2026, la société holding qui la détient, Changxin Technology Group, entre à la cote du marché STAR, le compartiment technologique de la Bourse de Shanghai, sous le code 688825. L'opération lève au moins 57,9 milliards de yuans, environ 8,6 milliards de dollars, au prix de 8,66 yuans par action.
Dès sa première séance, le titre bondit de plus de 500 %. CXMT devient ainsi, pour un temps, la société cotée la plus valorisée de Chine continentale, dépassant la Banque industrielle et commerciale de Chine, avec une capitalisation boursière supérieure à 500 milliards de dollars.
Un retournement financier porté par la pénurie mondiale de mémoire
Sur le premier semestre 2026, CXMT déclare un chiffre d'affaires de 150,31 milliards de yuans, en hausse de 873,6 % sur un an, et un bénéfice net de 77,61 milliards de yuans, contre une perte de 2,33 milliards de yuans un an plus tôt. Ces deux résultats dépassent de 25 à 36 % les propres prévisions publiées par l'entreprise lors de son introduction en bourse.
Ce retournement s'explique par une pénurie mondiale de puces mémoire, la demande des centres de données destinés à l'intelligence artificielle dépassant l'offre disponible. L'entreprise et les analystes du secteur s'attendent à ce que cette pénurie se prolonge, sans que la montée en puissance de fabricants comme CXMT ne suffise à ramener rapidement les prix à leur niveau antérieur.
Sous surveillance de Washington
Le développement de CXMT s'inscrit dans la stratégie chinoise d'autonomie en matière de semi-conducteurs, un secteur où Pékin reste dépendant de technologies étrangères. Depuis 2022, une loi fédérale interdit aux agences du gouvernement américain d'acheter des puces produites par CXMT. En juin 2026, le département américain de la Défense ajoute l'entreprise à sa liste des sociétés qu'il considère liées à l'armée chinoise.
Ces mesures n'ont pas empêché son expansion : selon le site spécialisé Tom's Hardware, CXMT vise jusqu'à 30 % du marché mondial de la DRAM d'ici 2030, avec la construction d'une sixième usine géante. Cet objectif reste toutefois contraint par l'accès restreint aux équipements de gravure les plus avancés, que les restrictions américaines réservent aux fabricants non chinois.