Comment écrire les caractères chinois ou l'ordre des traits

SOMMAIRE

Les types de traits

Le caractère 永, « éternité », tracé au pinceau, avec le numéro de chacun de ses cinq traits posé à son point de départ.Les traits sont classés dans huit formes basiques. Chacun d'entre eux apparait dans le caractère "éternel" ou "éternité" et sont énuméré ci-dessous :


1. "Dian" - point simple
Le point « dian » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 寸, 江 et 太.
2. "Heng" -  trait horizontal de gauche à droite
Le trait horizontal « heng » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 一, 大 et 干, où les deux horizontales sont marquées.
3. "Shu" - trait vertical de haut en bas
Le trait vertical « shu » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 王, 木 et 十.
4. "Gou" - crochet apposé aux autres traits
Le crochet « gou » en rouge à la fin d'un trait, dans quatre caractères tracés en noir : 永, 小, 心 et 丁. Seule la queue du trait est rouge.
5. "Ti" - trait diagonal montant de gauche à droite
Le trait montant « ti » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 打, 地 et 功.
6. "Pie" - trait diagonal descendant de la droite vers la gauche
Le trait descendant vers la gauche « pie » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 人, 女 et 千.
7. "Duan Pie" - diagonale courte descendant de la droite vers la gauche
La courte diagonale descendante « duan pie » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 血, 火 et 牛.
8.  "Na" - trait horizontal descendant de la gauche vers la droite
Le trait descendant vers la droite « na » en rouge dans quatre caractères tracés en noir : 永, 人, 又 et 木.

Les traits de base sont parfois combinés et obtenus sans lever le crayon. Dans l'exemple précédent, les traits 2-3-4 sont écrits en trait continu, de même que les traits 5-6; ainsi, dans le dictionnaire ce caractère a 5 traits.

Pourquoi le caractère « éternité » revient huit fois

Le caractère yǒng, « éternité », n'est pas un exemple choisi au hasard : il réunit à lui seul les huit formes qui précèdent, et les calligraphes s'en servent depuis des siècles pour les enseigner ensemble. L'exercice porte un nom, 永字八法 yǒng zì bā fǎ, « les huit principes du caractère yong », et chacune des huit formes y reçoit le sien : pour le point, pour l'horizontale, pour la verticale, pour le crochet, pour le trait montant, lüè pour la longue diagonale qui descend vers la gauche, zhuó pour la courte, et zhé pour celle qui descend vers la droite. La tradition attribue le procédé tantôt à Wang Xizhi, le calligraphe du IVe siècle, tantôt au moine Zhiyong ; ni l'une ni l'autre de ces attributions n'est établie.

Reste que le compte ne tombe pas juste, et le paragraphe précédent dit pourquoi : huit formes, cinq traits. Dans , les deuxième, troisième et quatrième formes appartiennent à un seul et même trait, tracé sans lever la pointe, et il en va de même pour la cinquième et la sixième. C'est aussi ce que montrent les images ci-dessus, où le crochet et la verticale n'éclairent qu'une portion du trait qui les porte.

Les traits composés

Un trait qui change de direction sans que la pointe quitte le papier reste UN trait, et son nom chinois énumère les formes qu'il enchaîne. 横折 héngzhé, l'horizontale qui tourne vers le bas, forme à elle seule le deuxième trait de kǒu, « bouche ». 竖钩 shùgōu, la verticale terminée par un crochet, est le premier trait de xiǎo, « petit ». 横撇 héngpiě ouvre yòu, et le crochet couché 卧钩 wògōu traverse xīn, « cœur ». Compter les traits d'un caractère, c'est donc compter ces gestes, et non les segments que l'œil croit distinguer.

Les dictionnaires chinois, eux, ramènent l'inventaire à cinq familles, qui leur servent à ranger les caractères : héng l'horizontale, shù la verticale, piě la descendante vers la gauche, diǎn le point, qui absorbe aussi la descendante vers la droite, et zhé, qui réunit tous les traits brisés. Les huit formes de la calligraphie et ces cinq familles décrivent la même écriture : les premières servent à tenir le pinceau, les secondes à retrouver un caractère.

Ordre des traits

Ecrire des caractères dans un ordre correct est essentiel pour qu'il soit correct visuellement. Voici les règles :

1. Le haut avant le bas
Le caractère 三 tracé en trois étapes, du trait du haut à celui du bas : à chaque étape les traits déjà écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
2. La gauche avant la droite
Le caractère 八 tracé en deux étapes, le trait de gauche puis celui de droite : les traits écrits sont en rouge, celui qui reste en gris.

Les règles ci-dessus sont compromises dans le cas ou il existe des traits à gauche ou en bas des autres, voici les règles complémentaires :

3. Le trait vertical gauche avant le trait horizontal haut
Le caractère 口 tracé en trois étapes : la verticale de gauche, puis l'horizontale du haut avec la verticale de droite, puis l'horizontale du bas. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
4. Le dernier trait horizontal en dernier
Le caractère 王 tracé en quatre étapes : deux horizontales, la verticale, puis l'horizontale du bas en dernier. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
5. Le trait central avant les "ailes"
Le caractère 小 tracé en trois étapes : le trait central d'abord, puis les deux points de part et d'autre. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
6. Le trait horizontal avant le vertical qui croise
Le caractère 十 tracé en deux étapes : l'horizontale puis la verticale qui la croise. Les traits écrits sont en rouge, celui qui reste en gris.
7. Le trait descendant à droite avant celui descendant à gauche
Le caractère 文 tracé en quatre étapes, le trait descendant à droite venant avant celui qui descend à gauche. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
8. Le trait mineur souvent en dernier
Le caractère 玉 tracé en cinq étapes, le point du bas à droite venant en dernier. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.

L'ordre des composants

La plupart  des caractères chinois sont composés de caractères (composants) plus simples. Habituellement, les deux parties s'écrivent en haut et en bas.
Le caractère 古 tracé en deux étapes, un composant à la fois : 十 en haut, puis 口 en bas. Le composant écrit est en rouge, celui qui reste en gris.
ou à gauche et à droite
Le caractère 仁 tracé en deux étapes, un composant à la fois : le radical de gauche, puis 二 à droite. Le composant écrit est en rouge, celui qui reste en gris.
Pour ces caractères, les règles précédentes sont appliquées. Parfois ces règles sont en conflit avec d'autres composants du caractère. Quand un composant du caractère est en bas à gauche, et l'autre au dessus à droite, le caractère de droite est parfois écrit en premier.
Le caractère 迷 tracé en deux étapes : le composant 米, en haut à droite, avant le radical de la marche qui l'entoure en bas à gauche. Le composant écrit est en rouge, celui qui reste en gris.
Quand il y a plusieurs composants, les composants supérieurs sont écrits en premier.
Le caractère 品 tracé en deux étapes : le 口 du haut, puis les deux 口 du bas. Les composants écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
Ces règles impliquent qu'un composant soit écrit dans son entier avant un autre, mais des exceptions peuvent apparaître quand un composant en divise un autre,
Le caractère 街 tracé en trois étapes : le composant de gauche, puis celui du milieu qui le sépare du troisième, puis celui de droite. Les composants écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
en entoure un autre
Le caractère 囚 tracé en trois étapes : l'encadrement ouvert, puis le composant 人 qu'il enferme, puis le trait du bas qui referme l'encadrement. Les traits écrits sont en rouge, ceux qui restent en gris.
 ou que les différents composants ne sont plus visibles dans l'écriture moderne.

Une norme officielle, et deux traditions

Ces règles ne laissent pas le tracé au jugement de chacun. En Chine populaire, l'ordre est fixé caractère par caractère par une norme d'État, 现代汉语通用字笔顺规范 xiàndài hànyǔ tōngyòngzì bǐshùn guīfàn, la norme de l'ordre des traits des caractères d'usage courant du chinois moderne, publiée en 1997 par la Commission nationale de la langue et de l'écriture. Elle couvre les 7 000 caractères de la liste d'usage courant, et c'est elle que suivent les manuels scolaires et les dictionnaires du continent.

Taïwan a la sienne, un manuel publié en 1996 par son ministère de l'Éducation, et le Japon, qui écrit les mêmes caractères, en suit une troisième. Les trois s'accordent sur l'essentiel et divergent sur une minorité de caractères : un même signe se rencontre donc parfois tracé de deux façons selon la source consultée, sans qu'aucune des deux soit fautive.

Pourquoi l'ordre des traits compte

La première raison est celle que cette fiche donne d'emblée : un caractère tracé dans le bon ordre tombe juste. Les proportions se placent d'elles-mêmes, parce que chaque trait prend appui sur le précédent, et l'écart se voit surtout dans les caractères denses.

Les autres sont pratiques. L'écriture rapide lie les traits les uns aux autres, et la forme de ces liaisons dépend entièrement de l'ordre : un caractère écrit dans le désordre cesse d'être lisible dès qu'on cesse de l'appliquer. La saisie manuscrite sur écran, elle, reconnaît un caractère au geste autant qu'à la forme, et l'ordre fait partie du geste. Enfin les dictionnaires chinois classent les caractères par nombre de traits, puis par la famille du premier : savoir tracer, c'est savoir chercher.

Pour un caractère donné, l'outil d'ordre des traits du site le trace pas à pas, trait après trait.

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