Alxa Youqi

SOMMAIRE

Un petit monastère aux murs blancs et au toit de tuiles sombres, flanqué d'un stupa à coupole dorée, se tient au pied d'une immense dune ocre bordée de quelques arbres ; l'eau parfaitement immobile en renvoie l'image exacte.
Le temple du Badain Jaran et son stupa, au pied d'une mégadune, reflétés par un lac interdunaire.

Alxa Youqi, la bannière droite d'Alxa, est une subdivision de la ligue d'Alxa, à l'extrême ouest de la Mongolie-Intérieure. C'est un des territoires les moins peuplés de Chine : 22 647 habitants au recensement de 2020, pour un espace qui se compte en dizaines de milliers de kilomètres carrés. Le chef-lieu, le bourg de Badain Jaran, est un petit centre administratif posé au pied du désert du même nom, et il n'existe à peu près que pour cela.

Pourquoi on s'y arrête

Parce que c'est la porte du désert de Badain Jaran, inscrit le 26 juillet 2024 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de Désert de Badain Jaran, tours de sable et lacs. Le bien couvre 726 291 hectares, avec une zone tampon de 891 114 hectares, et il a été retenu au titre de deux critères naturels, la beauté du paysage et l'intérêt géomorphologique.

Ce qui s'y trouve n'a pas d'équivalent connu. C'est le troisième désert de Chine par la taille, et il porte la plus forte densité de mégadunes stabilisées du monde : des dunes linéaires et parallèles qui montent jusqu'à 460 mètres de dénivelé relatif, ce qui en fait les plus hautes dunes fixes de la planète. Entre elles dorment 144 lacs interdunaires, la plus forte concentration au monde, salés pour la plupart, et qui prennent des couleurs différentes selon leur taux de sel et les communautés microbiennes qui les habitent. Le désert possède enfin la plus vaste étendue de sables dits chantants, ce grondement que produit le sable sec quand il glisse sous le vent, et un ensemble de reliefs éoliens érodés.

La végétation y est étonnamment présente pour un erg, et la faune, essentiellement nocturne. Les lacs abritent des vers, des mollusques, des crustacés et quelques poissons.

Ce que l'on voit sur place

Au pied d'une de ces mégadunes, au bord d'un lac, se tient un petit temple bouddhique aux murs blancs, flanqué d'un stupa. C'est l'image que tout le monde rapporte du Badain Jaran, et c'est aussi le seul édifice notable du désert. Quelques familles d'éleveurs y vivent encore avec leurs chameaux, leurs chèvres et leurs moutons, sur des parcours d'usage ancien.

Comment on entre dans le désert

À pied, non. Il n'y a aucune route goudronnée à l'intérieur du bien, et l'UNESCO le note comme une des raisons de son intégrité. On y pénètre en tout-terrain, avec un chauffeur du pays, depuis le bourg de Badain Jaran : c'est de là que partent les convois, et c'est là qu'on trouve les hébergements. Les excursions se comptent en journées ou en nuits sous la tente au bord d'un lac.

Deux réserves à connaître. La fréquentation est volontairement plafonnée à la capacité de charge du site, ce qui veut dire qu'il faut s'y prendre à l'avance en haute saison. Et le climat est hyperaride et continental : très chaud le jour en été, glacial la nuit et en hiver, avec des écarts considérables. Le printemps et l'automne sont les saisons les plus sûres.

Illustration : Sjoerd van Oort, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

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