Deux milliards de personnes dépendent du plateau tibétain, promis à un siècle plus imprévisible

Sur le plateau tibétain, la fonte des glaciers alimente les grands fleuves dont dépend l'Asie. — Image d'illustration

Le glacier du col de Karo La, sur le plateau tibétain, dont la langue descend jusqu'au lit d'un torrent de fonte.
Gerd Eichmann / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Le plateau tibétain, que les climatologues surnomment le château d'eau de l'Asie, entre dans une phase plus imprévisible, selon une étude publiée le 21 août par une équipe de l'université normale de Pékin dans la revue Nature Communications.
Le physicien Chen Xiaosong, de l'école des sciences des systèmes de l'établissement, a mesuré le désordre du système d'humidité des sols du plateau entre 2000 et 2024 : sur cette période, l'humidité a augmenté puis s'est stabilisée. Les modèles de l'équipe prévoient l'inverse d'ici la fin du siècle, avec des sols de plus en plus instables sous l'effet de la fonte accélérée des glaciers.
« L'augmentation de l'eau des sols et l'intensification de la fonte des glaciers déclencheront sans cesse ce type de catastrophes géologiques », a averti Chen Xiaosong. Les auteurs parlent d'un risque croissant, pas d'un basculement inévitable, et restent prudents sur l'Inde : elle « sera certainement affectée », selon le chercheur, qui juge que l'ampleur précise reste à établir.
Ce plateau alimente les grands fleuves dont dépendent, selon l'étude, près de deux milliards de personnes en Asie du Sud et de l'Est. Quelques jours après sa parution, un pan de glacier s'est détaché à environ 5 200 mètres d'altitude dans le comté tibétain de Gyirong, dévalant la vallée sur plus d'un kilomètre avant d'obstruer puis de rompre un barrage naturel. La crue a ravagé la rivière Bhote Koshi puis la Trishuli, côté népalais. Le bilan communiqué le 27 août faisait état d'au moins 392 morts, entre le Népal et le Tibet, et de plus de 2 000 personnes portées disparues.
La Rédaction
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