Jiayuguan
SOMMAIRE
Jiayuguan est une ville du Gansu, dans le corridor du Hexi, ce long couloir entre les monts Qilian et le désert par lequel la Chine communiquait avec l'Asie centrale. Elle doit son nom et sa notoriété à la passe fortifiée qui la domine : c'est ici que s'arrête la Grande Muraille des Ming, et l'endroit a longtemps été perçu comme la dernière porte de l'empire. Au-delà commençait ce que les textes appelaient l'extérieur.
Le fort, dernière porte de l'empire
Le fort a été établi en 1372, au tout début de la dynastie Ming, et marque l'extrémité occidentale de la muraille. Il présente la forme classique de ces ouvrages de frontière : une enceinte de terre damée, des chemins de ronde crénelés, une cour intérieure fermée qui piégeait l'assaillant entre deux portes, et de hautes tours de bois à plusieurs toits qui coiffent les entrées est et ouest. La couleur ocre du mur, la platitude du désert alentour et la ligne des Qilian enneigés au sud font la force du lieu, plus encore que l'architecture.
La Grande Muraille dans son ensemble est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987, et Jiayuguan en est l'une des composantes les plus visitées.
Les deux autres tronçons
Le fort ne se visite pas seul, et deux sites voisins complètent la journée.
- La Grande Muraille suspendue, au nord de la ville, est un tronçon ming élevé en 1539 qui grimpe à flanc de montagne selon une pente très raide. Restauré en 1987, il ne fait plus que 750 mètres, mais la montée offre le panorama qui manque au fort.
- La première tour de guet, au sud, est bâtie au bord d'une falaise dominant la rivière Taolai ; c'est le point où la muraille rencontre le vide.
Les tombes peintes des Wei et des Jin
À une vingtaine de kilomètres du fort, sur le désert de gravier de Xincheng, s'étend une nécropole de plus de mille quatre cents tombes de brique des dynasties Wei et Jin, vieilles de plus de mille six cents ans. Quelques-unes sont ouvertes à la visite. Leurs parois sont faites de briques peintes, une scène par brique, qui montrent des banquets, des labours, des chasses, des cuisines, des voyages : c'est une chronique de la vie quotidienne de la frontière, et l'on parle à leur sujet de la plus grande galerie souterraine du monde. Les salles sont exiguës et la descente se fait par une rampe étroite.
La ville, l'accès et la saison
La ville moderne, ville-préfecture du Gansu, comptait quelque 127 500 habitants dans son agglomération en 2007, sur un territoire d'environ 1 224 kilomètres carrés. C'est une ville industrielle, née de la sidérurgie, sans grand charme mais commode : hôtels, restaurants et taxis y sont nombreux. La sécheresse de l'air et la régularité du vent en ont fait un centre reconnu de vol à voile.
Jiayuguan se place sur l'axe ferroviaire qui relie Lanzhou à Ürümqi et se trouve à quelques heures de train de Zhangye d'un côté, de Dunhuang de l'autre ; c'est ainsi qu'on la visite le plus souvent, en une journée intercalée dans un itinéraire de la Route de la soie. Le printemps et l'automne sont les meilleures saisons : l'été est très chaud, l'hiver mordant, et le vent de sable peut, au printemps, effacer complètement l'horizon pour une journée entière.
Illustration : N509FZ, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.