San-Tseu-King
Le Livre de phrases de trois mots
Classique de la Chine ancienne. Traduction de Stanislas Julien, Genève, H. Georg, 1873. Texte du domaine public, d'après Wikisource.
Strophe 97
光武興,為東漢
Kouan-wou étant arrivé au trône, fonda la dynastie des Han orientaux.
Notes de Stanislas Julien
Littéralement : Fut Han d’orient.
Strophe 98
四百年,終於獻
Au bout de quatre cents ans, elle finit sous Hien-ti.
Notes de Stanislas Julien
Kouang-wou-ti, de la dynastie des Han postérieurs, avait pour petit nom Sieou ; il était neveu, au septième degré, de l’empereur King-ti. Issu d’une condition obscure, il leva des troupes, fit périr Wang-mang, extermina les brigands, monta sur le trône, et, après avoir rétabli la dynastie des Han, il fixa sa cour à Lo-yang. Il fonda ainsi la dynastie des Han orientaux. Il eut pour successeurs Ming-ti, Tchang-ti, Ho-ti, Chang-ti, ’An-ti, Chun-ti, Tchong-ti, Tchi-ti, Houan-ti, Ling-ti, Hien-ti. On compte en tout douze générations. L’empire passa ensuite aux Weï. Les deux dynasties des Han (les Han occidentaux et orientaux) comptent ensemble vingt-quatre générations, qui ont régné en tout quatre cent vingt-cinq ans.
Strophe 99
魏蜀吳,爭漢鼎
Les Weï, les Chou et les Ou se disputèrent l’empire des Han.
Notes de Stanislas Julien
Littéralement : Se disputèrent les thing (trépieds) des Han[35].
Strophe 100
號三國,迄兩晉
C’est ce qu’on appelle les Trois royaumes ; ils subsistèrent jusqu’aux deux Tsin.
Notes de Stanislas Julien
Après les annales des deux dynasties des Han, parut l’histoire des Trois royaumes (San-koue-tchi). Qu’entend-on par les Trois royaumes ? C’étaient ceux des Weï, des Chou et des Ou.
Tsao-tsao[36], du royaume de Weï, était originaire du pays de Tsiao. Au milieu des troubles excités par Tong-tcho, l’empereur était tombé dans le malheur[37]. Tsao-tsao alla au-devant de l’empereur, et établit sa cour à Hiu-tchang. Ensuite, faisant violence à l’empereur[38], il donna lui-même des ordres aux princes feudataires et apaisa les troubles. Sa puissance et ses mérites s’augmentèrent de jour en jour. Après lui régnèrent son fils Tsao-joui, ses neveux Tsao-fang et Tsao- mao. Enfin Tsao-hoang, fils de son frère aîné, céda le trône aux Tsin. Les Weï comptent cinq générations d’empereurs qui régnèrent ensemble quarante-six ans.
Lieou, du royaume de Chou, dont le petit nom était Pi, descendait de l’empereur King-ti. Il leva des troupes, attaqua les brigands, se rendit maître des pays de King et de Chou, et, après la chute des Han, il prit le titre d’empereur. Il eut pour successeur son fils Tchan ; ces deux princes régnèrent quarante-trois ans.
Sun-k’iouen, du royaume de Ou, son père, Sun-kien, son frère aîné, Sun-tche, concentrant entre leurs mains l’héritage de plusieurs générations, étendirent leur puissance jusqu’au midi du fleuve Kiang. Il eut pour successeurs ses fils Sun-liang, Sun-hieou et son neveu Sun-kao. Ces quatre générations régnèrent cinquante-neuf ans ; leur empire fut détruit par les Tsin, à qui revint tout le territoire qui avait appartenu aux Trois royaumes (c’est-à-dire, aux Cho-han, aux Weï et aux Ou).
Sse-ma, du royaume de Tsin, dont le petit nom était Yen, son aïeul Sse-ma-i, son oncle du côté paternel, Sse-ma-chi, son père Sse-ma-tchao, gouvernèrent successivement le royaume de Weï. Sse-ma-yen, s’étant vu céder l’empire, établit sa cour à Lo-yang ; il est connu sous le nom de Wou-ti. Il eut pour successeurs son fils Hoeï-ti, Hoaï-ti et son neveu Ming-ti ; Hoaï-ti et Ming-ti furent tous deux mis à mort par les empereurs de l’ancienne dynastie de Tchao. Ainsi s’éteignirent les Tsin dont les quatre générations avaient régné cinquante-trois ans.
Le fondateur des Tsin fut Nieou, neveu de Sse-ma-i. Hia-heou-chi, femme de Kong, prince de Lang-ye, ayant eu commerce avec le fils de Nieou, mit au monde un fils nommé Joui, qui succéda frauduleusement à la dignité de Wang (prince), s’empara des pays situés au-delà du fleuve Kiang, et, au moment de la chute des Tsin, il se proclama empereur à Kin-ling (Nan-king). Ce fut Youen-ti, premier empereur des Tsin orientaux. Après lui, régnèrent son fils Ming-ti, ses neveux Tch’ing-ti et Khang-ti, ses petits-neveux Mou-ti, ’Aï-ti et Ti-y ; ensuite Kien-wen-ti fils-puiné de l’empereur Youen-ti, son neveu Hiao-wou-ti, ses petits-neveux ’An-ti et Kong-ti. Cette dynastie compte onze générations d’empereurs qui ont régné cent deux ans. Les deux dynasties des Tsin, dont nous venons de parler, forment ensemble quinze générations qui ont régné cent cinquante- quatre ans.
Pendant le règne des deux dynasties des Tsin, il y eut dans le nord dix-huit royaumes d’usurpateurs, savoir : deux royaumes de Tchao, trois de Thsin, cinq de Yen, cinq de Liang, les Chou, les Weï et les Hia, sans compter Taï, de la famille de Topa, qui prit le nom de Weï.
Lieou-youen, fondateur de l’ancienne dynastie de Tchao, qui avait le titre de Tso-hien-wang (roi sage de la gauche) dans les états du Tchang-yu (du chef des Turcs orientaux), s’empara de la ville de P’ing-yang et se donna le titre d’empereur des Han. Il eut pour successeur son fils Lieou-tsong, qui changea le nom de sa dynastie en celui de Tchao, s’empara de la ville de Tchang-’an et fit prisonniers les deux empereurs (Hoaï-ti et Ming-ti). Après lui régnèrent ses fils Lieou-ho et Lieou-youen, son neveu Lieou-yo et Lieou-hi fils de Lieou-yo. Cette dynastie compte cinq générations qui ont régné ensemble vingt-six ans ; elle fut détruite par les Tchao postérieurs.
Chi-le, fondateur de la dynastie des Tchao postérieurs, avait été le général de l’empereur Lieou-youen. Sous le règne de l’empereur Youen-ti, il s’empara du pays de Siang-koue. Après lui régnèrent son fils Chi-hong, son frère cadet Chi-hou, et ses fils Chi-chi, Chi-kien, Chi-tsun et Chi-ki. Cette famille compte sept générations et trente-trois ans de règne ; elle fut détruite par le prince Jen-ming.
La dynastie des Yen antérieurs eut pour fondateur Mou-yong-weï. Du temps de l’empereur Hoaï-ti, son fils Mou-yong-hoang, s’empara de la ville de Ye et se proclama empereur. Il eut pour successeurs Mou-yong-tsun et le fils de celui-ci, Mou-yong-weï. Cette dynastie qui compte quatre générations, fut détruite par les Tsin, après avoir régné soixante-trois ans.
La dynastie des Yen postérieurs fut fondée par Mou-yong-tchouï, fils de Mou-yong-hoang. Du temps de l’empereur Yao-wou-ti, il se révolta contre les Tsin et se proclama empereur.
Après lui régnèrent Mou-yong-p’ao, son fils Mou-yong-cheng, son neveu et Mou-yong-hi frère cadet de Mou-yong-p’ao. Cette dynastie, qui compte quatre générations, régna vingt-quatre ans. Elle fut détruite par Kao-yun.
Le fondateur des Yen occidentaux, Mou-yong-hong, fils de Mou-yong-tsun, se rendit maître de la ville de Hoa-in. Il eut pour successeurs Mou-jong-tchong, Mou-yong-kaï neveu de Mou-yong-tchong, Yao fils de Mou-yong-tchong, Mou-yong-tchong fils de Mou-yong-hong et Mou-yong-yong frère cadet de Mou-yong-hong. Cette dynastie, qui compte six générations, régna dix ans. Elle fut détruite par les Yen postérieurs.
La dynastie des Yen du midi eut pour fondateur le frère cadet de Mou-yong-tchouï, nommé Mou-yong-te, lequel se rendit maître de la ville de Hoa-thaï. Après lui régna son fils Mou-yong-tchao. Cette dynastie, qui compte deux générations, subsista pendant treize ans. Elle fut détruite par les Tsin.
La dynastie des Yen du nord fut fondée par Fong-pa, ministre de Mou-yong-tchouï, qui se rendit maître de la ville de Long-tch’ing. Il eut pour successeur son frère cadet Mou-yong-hong. Ces deux princes régnèrent ensemble vingt-huit ans.
Le fondateur des Thsin antérieurs, Fou-hong, s’empara, sous le règne de Mou-ti, de la ville de Tchang-’an. Il eut pour successeurs Fou-kien fils de Fou-hong, son neveu Fou-seng, Fou-kien frère cadet de Fou-kien, Fou-p’i et Fou-teng fils de Fou-kien, enfin Fou-tsong fils de Fou-teng. Cette dynastie, qui compte sept générations, régna quarante-six ans, et fut détruite par les Tsin postérieurs.
Le fondateur des Thsin postérieurs, Yao-tchang, se révolta contre les Thsin et se rendit maître de la ville de Tchang-’an ; il eut pour successeurs son fils Yao-hin et son neveu Yao-hong. Cette dynastie compte trois générations, qui ont régné trente-quatre ans. Elle fut détruite par les Tsin.
La dynastie des Thsin occidentaux eut pour fondateur Ki-fo-koue-jin, général des Thsin, qui se rendit maître de la ville de Kin. Il eut pour successeurs son fils Khien-koueï, son neveu Tch’i-p’an et Mou-mo fils de Tch’i-p’an. Cette dynastie, qui-compte quatre générations, régna quarante-sept ans. Elle fut détruite par les Hia.
La dynastie des Liang antérieurs eut pour fondateur Tchang-koueï, ministre des Tsin, qui, du temps de l’empereur Hocï-ti, se rendit maître de la ville de P’ing-liang. Il eut pour successeurs son fils Tchang-chi, son neveu Tchang-meou, Tchang-tsun fils de Tchang-meou, Tchong-hoa fils de Tchang-tsun, Yo-ling fils de Tchong-hoa, Tchang-tso frère cadet de Tchong-hoa, Hiouen-tsing frère cadet de Yo-ling et Thien-sse frère cadet de Tchang-tso. Cette dynastie, qui compte neuf générations, régna soixante-dix-huit ans, et fut détruite par les Thsin.
La dynastie des seconds Liang eut pour fondateur Liu-kouang, général des Thsin, qui se rendit maître de la ville de Liang-tcheou. Il eut pour successeurs ses fils Liu-chao, Liu-mou et Liu-long. Cette dynastie, qui compte quatre générations, régna dix-neuf ans, et fut détruite par les seconds Thsin.
La dynastie des Liang du midi fut fondée par To-fa-ou-kou, général des Liang, qui se rendit maître de la ville de Yo-tou. Il eut pour successeurs ses frères cadets Li-lou-kou et Jo-tan. Cette dynastie, qui compte trois générations de princes, régna dix-neuf ans, et fut détruite par les Thsin occidentaux.
Li-kao, de la maison des Liang occidentaux, était un ministre de Touan-ye, empereur des Liang du nord. Il se rendit maître de la ville de Tsin-tchang. Il eut pour successeur son fils Li-sun, Ces deux princes régnèrent ensemble dix-neuf ans.
Touan-ye, de la dynastie des Liang du nord, général au service des Liang postérieurs, s’empara de la ville de Tchang-ye et se proclama Wang (roi). La cinquième année de son règne, Tsiu-kiu-mong-sun, l’un de ses ministres, le tua et usurpa son trône. Il eut pour successeur son fils Mou-kien. Touan-ye et les deux familles de Tsiu-kiu-mong-sun et de Mou-kien forment trois générations qui ont régné quarante-trois ans. Cette dynastie fut détruite par les Weï.
Li-te, du royaume de Chou, s’empara du temps de Hoeï-ti, de la ville de Kouang-han. Il eut pour successeur son fils Li-hiong qui se proclama empereur sous le nom de Tch’ing-ti. Après lui régnèrent son neveu Pan-ki et Pan-cheou, oncle de Pan-ki, lequel changea le nom de Chou en celui de Han. Il eut pour successeur son fils Li-chi. Cette dynastie, qui compte six générations[39], régna quarante-sept ans et fut détruite par les Tsin.
Jen-min, du royaume de Weï, qui avait été élevé par Chi-hou, tua le fils de ce dernier et usurpa le trône. La troisième année de son règne, il fut tué par un homme de Yen.
He-lien-po-fo, du royaume des Hia et de la famille de l’empereur Lieou-youen, se rendit maître de la ville de Thong-wan. Il eut pour successeurs ses fils Lieou-tchang et Lieou-ting. Cette dynastie, qui compte trois générations, régna vingt-cinq ans, et fut détruite par les Tou-kou-hoen.
Kao-yun, du royaume des Yen du nord, tua Mou-yong-hi et usurpa le trône. La troisième année il fut tué par ses sujets. Fong-po lui succéda. Yun-kao et Jen-min, qui s’étaient révoltés et avaient tué leur souverain, ne purent conserver le trône.
Les six rois des Yen de l’ouest se détruisirent les uns les autres. Ces trois maisons ne méritent pas le nom de dynastie. L’histoire des seize autres royaumes a été fondue dans les annales de la dynastie des Tsin.
Strophe 101
宋齊繼,梁陳承
Après eux, vinrent les Song et les Thsi, qui eurent pour successeurs les Liang et les Tchin.
Notes de Stanislas Julien
[La traduction mandchoue rend par alikha (ils reçurent) le mot tch’ing qui signifie à la fois recevoir et succéder, hériter.]
Strophe 102
為南朝,都金陵
Ils formèrent les cours du midi et établirent leur résidence à Kin-ling (Nan-king).
Notes de Stanislas Julien
Ceci se rattache à l’histoire des cours du midi. Elles sont au nombre de quatre. La première est celle des Song. Kao-tsou, nommé Lieou-yu, originaire de P’ong-tch’ing, reçut le trône que lui avaient cédé les Tsin. Après lui régnèrent ses fils Chao-ti et Wen-ti, Hiao-wou fils de Wen-ti, Feï-ti fils de Hiao-wou, Ming-ti frère cadet de Hia-wou, Tsang-ou et Chun-ti fils de Ming-ti. Cette dynastie, qui compte huit générations, occupa le trône pendant soixante ans.
La deuxième cour est celle de Thsi. Thaï-tsou, nommé Tao-tch’ing, de la famille de Siao, originaire de Lang-lin, reçut l’empire que lui avaient cédé les Song. Il eut pour successeurs son fils Wou-ti, deux neveux encore fort jeunes[40] (littéralement : Deux jeunes empereurs), son neveu Ming-ti et les fils de Ming-ti, Tong-hoen[41] et Hoti. Cette dynastie, qui compte sept générations, régna vingt-trois ans.
La troisième (cour du midi) est celle des Liang. Ou-ti, nommé Siao-yen, de la famille de Siao et de la famille de Thsi, reçut le trône que lui avait cédé la maison de Thsi. Il eut pour successeurs Kien-wen-ti, Youen-ti, King-ti fils de Youen-ti. Cette dynastie, qui compte quatre générations, a régné cinquante-six ans.
La quatrième est la cour des Tch’in. Wou-ti, nommé Pa-sien, de la famille de Tch’in, originaire de Tchang-hing, reçut le trône que lui avait cédé la maison des Liang. Il eut pour successeurs Wen-ti fils de son frère aîné, Feï-ti fils de Wen-ti, Siouen-ti frère cadet de Wen-ti, Heou-tchou fils de Siouen-ti. Cette dynastie, qui compte cinq générations, a régné trente-trois ans. Les quatre générations précédentes établirent leur cour à Kin-ling (Nan-king). Outre l’histoire du midi, chaque cour a son histoire particulière. Ces quatre cours, avec celle de Ou et des Tsin orientaux, s’appellent les Six cours.
Strophe 103
北元魏,分東西
L’empire des Weï, issus des Youen du nord, fut divisé en Weï de l’est et Weï de l’ouest.
Strophe 104
宇文周,興高齊
Les Tcheou, de la famille de Yu-wen, et les Thsi, de la famille de Kao.
Notes de Stanislas Julien
Les annales du Nord font l’histoire de trois cours. La première s’appelle Weï ; son nom de famille est To-pa ; elle est sortie du pays de So-mo (c’est-à-dire, du désert du Nord). Dans l’origine, les empereurs Ching-wou-ti, Ki-fun, Chin-youen-ti et Li-weï furent successivement des chefs (de hordes) qui étaient soumis au royaume du milieu. (Leur descendant) To-pa-i-lin, étant entré en Chine pour châtier des révoltés de l’intérieur, commença à s’emparer (d’une partie) de la Chine et se proclama roi sous le nom de Taï-wang (roi de la famille Taï). Il eut pour successeurs Yu-lin fils de son frère cadet, Chi-i-kien fils de Yu-lin, Chi-i-koueï fils de Chi-i-kien. Du temps de Wou-ti, il se proclama empereur des Weï et établit sa cour à P’ing-yang. Il est connu sous le nom de Tao-wou-ti. Il eut pour successeurs son fils Ming-youen, Ta-wou fils de Ming-youen, Kao-tsong neveu de Ta-wou, Hien-wen fils de Kao-tsong et Hiao-wen fils de Hien-wen, lequel changea le nom de famille Taï en celui de Youen. Il eut pour successeurs son fils Siouen-wou, Hiao-ming, Siouen-wou et Hiao-wen fils de Hiao-tchoang, Tsie-ming et Hiao-wou neveux de Hiao-wen. Hiao-wou, se voyant pressé par son ministre Kao-houan, se réfugia à Tchang-’an. Ce fut le fondateur de la dynastie des Weï de l’Ouest.
Après lui régnèrent Wen-ti, son cousin germain, les fils de Wen-ti, Feï-ti et Kong-ti, lequel transmit le trône à la maison des Tcheou.
Tsing-ti, nommé Chen-kien, de la maison des Weï de l’Est, neveu de Hiao-wen-ti, que le ministre Kao-houan avait placé sur le trône, établit sa cour à Yé et partagea la maison des Weï en deux branches. Après avoir régné douze ans, il céda le trône à la maison de Thsi.
Depuis Tao-tch’ing jusqu’à l’empereur Kong-ti, on compte seize générations qui ont régné cent soixante-dix ans. En remontant de Kong-ti à Ching-wou, on compte trois cent trente ans.
La deuxième s’appelle la cour de Thsi, dont le nom de famille était Kao. Dans le commencement, Kao-houan mit sur le trône Tsing-ti. Il tint jusqu’à sa mort les rênes de l’administration. Son fils, Kao-yang, reçut le trône que son père lui avait transmis. Il est connu sous le nom de Wen-siouen-ti, de la dynastie de Thsi. Il eut pour successeurs son fils Feï-ti et ses frères cadets Hiao-tchao, Wou-tch’ing et Heou-tchou fils de Wou-tch’ing. Cette dynastie, qui compte cinq générations, régna vingt-huit ans, et fut renversée par les Tcheou.
La quatrième s’appelle la dynastie des Tcheou, de la famille Yu-wen. Yu-wen-thaï, ayant protégé l’empereur Yao-wen-ti des Weï, dans la ville de Tch’ang-’an, tint jusqu’à la fin de ses jours les rênes du gouvernement. Son fils Hiao-min-ti, nommé Ti-khio, reçut le trône que lui avaient cédé les Weï, et changea leur nom en celui de Tcheou. Il eut pour successeurs son frère cadet Hiao-ming, nommé Hiao-wou, Hiao-siouen fils de Hia-wou et Hiao-tsing fils de Hiao-siouen. Cette dynastie, qui compte cinq générations, régna vingt-cinq ans, et céda le trône aux Souï.
Strophe 105
迨至隋,一土宇
Quand les Souï furent arrivés au trône, ils firent un tout de l’empire.
Strophe 106
不再傳,失統緒
Ils ne le transmirent point à une seconde génération, et perdirent l’héritage du pouvoir suprême.
Notes de Stanislas Julien
La quatrième s’appelle la dynastie des Souï. Kao-tsou, nommé Yang-kien, de la famille de Yang, ayant prêté secours à la dynastie des Tcheou, se vit transmettre par eux le pouvoir suprême et donnèrent à leur empire le nom de Souï. Après avoir pacifié, du côté du Sud, le royaume des Tchin, il réunit ensemble toutes les parties de l’empire. Il eut pour successeur son fils Yang-ti, mais celui-ci se livra à la débauche et à toutes sortes d’excès, et l’empire fut exposé à de grands troubles, de sorte qu’il ne put transmettre le trône à son fils. Li mit sur le trône Kong-ti et après lui s’éteignit la maison des Souï.
La dynastie des Souï, dont nous venons de parler, compte trois générations et ont régné trente-sept ans. Les Annales du Nord sont l’histoire des quatre dynasties mentionnées ci-dessus, savoir : les Weï, les Thsi, les Tcheou ; chacune d’elles a une histoire particulière.
Strophe 107
唐高祖,起義師
Kao-tsou, de la dynastie des Thang, leva des soldats patriotes[42].
Strophe 108
除隋亂,創國基
Il appaisa les troubles qu’avaient laissés les Souï, et jeta les fondements de son empire.
Notes de Stanislas Julien
Ce furent les Thang qui succédèrent aux Souï. C’est de leur histoire que se composent les Annales des Thang[43]. Kao-tsou, dont le nom de famille est Li et le petit nom Youen, était originaire de Lin-si. Il avait été au service des Souï, comme gouverneur de Thaï-youen, et s’était fait remarquer dès le commencement par l’éclat de sa puissance. L’empereur des Souï le prit en haine. L’empereur n’étant point revenu d’une tournée qu’il avait faite dans l’Est, le pays de Kouan-tchong[44] fut exposé à de grands troubles. Un décret impérial ordonna à Kao-tsou de châtier tous les brigands (les révoltés). Mais, Kao-tsou conçut de la crainte, et, suivant le plan de son fils Thaï-tsong, il se mit à la tête de patriotes[45] ; il entra dans le Kouan-tchong (le Chen-si), mit sur le trône le neveu de l’empereur Yang-ti, sous le nom de Kong-ti, et adressa une proclamation à tout l’empire. Mais, peu de temps après, il jeta les fondements de sa dynastie qui remplaça celle des Souï.