Leapmotor
Leapmotor est un constructeur automobile chinois de véhicules électriques fondé en 2015 à Hangzhou. Porté par son alliance industrielle avec le groupe Stellantis, il est devenu en 2025 le premier vendeur parmi les jeunes constructeurs chinois du secteur.
SOMMAIRE

Le logo Leapmotor, avec son symbole hexagonal noir et le mot-symbole en capitales.
Leapmotor
Une entreprise née de la vidéosurveillance
Zhejiang Leapmotor Technology Co., Ltd. est fondée en décembre 2015 à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, par Fu Liquan et Zhu Jiangming, avec le soutien du groupe Dahua Technology. Les deux hommes avaient cofondé Dahua en 1992 ; ce groupe, spécialisé dans les caméras de vidéosurveillance, est devenu l'un des principaux fabricants mondiaux du secteur. C'est un voyage en Espagne, en mai 2015, qui pousse Zhu Jiangming vers l'automobile : il y remarque de petites voitures électriques Renault destinées aux trajets urbains, et décide de se lancer sur ce segment.
Les toutes premières années de l'entreprise ne sont pas exclusivement tournées vers l'électrique. Ce n'est qu'en 2018 que Leapmotor recentre son activité sur la production de véhicules 100 % électriques. Son premier modèle, la berline S01, est lancé en 2019, mais c'est la citadine T03, sortie l'année suivante, compacte et vendue à un prix accessible, qui installe véritablement la marque sur le marché chinois.
Le pari de l'intégration verticale
À la différence de la plupart des jeunes constructeurs chinois, qui s'appuient largement sur des équipementiers extérieurs, Leapmotor développe en interne une grande partie des composants de ses véhicules : architecture électronique et électrique, batteries, moteurs, habitacle numérique et système de conduite assistée. L'entreprise indique que cette stratégie porte sur environ 65 % du coût total d'un véhicule, avec l'objectif de faire monter cette part à 80 % ; une base de fabrication de pièces a ouvert à Huzhou en 2025 pour y intégrer également les sièges, les pare-chocs et les compresseurs.
L'architecture technique commune à la gamme, baptisée LEAP 3.0 et présentée en juillet 2023, fusionne autour d'un calculateur central unique les domaines de l'habitacle, de la conduite, de la carrosserie et de l'énergie. Elle repose sur une structure où les cellules de la batterie participent directement à la rigidité du châssis, sur un refroidissement à l'huile pour les moteurs électriques et sur un habitacle numérique animé par une puce Qualcomm Snapdragon 8295. Cette maîtrise industrielle permet à Leapmotor de proposer des véhicules à des prix inférieurs à ceux de concurrents aux caractéristiques comparables.
Une ascension rapide sur le marché chinois
La gamme s'étoffe rapidement : à la citadine T03 s'ajoutent des berlines (B01, C01), des SUV de tailles diverses (B10, C10, C11, C16, D19, A10), un monospace (D99) ainsi que des modèles compacts complémentaires (A05, Lafa 5). L'entreprise entre en bourse à Hong Kong le 29 septembre 2022, sous le code 9863, en levant environ 770 millions de dollars ; elle devient alors le quatrième constructeur chinois de véhicules électriques coté, après Nio, Xpeng et Li Auto.
Les ventes annuelles progressent ensuite sans interruption : d'environ 1 000 véhicules livrés en 2019, l'entreprise passe à plus de 11 000 en 2020, 43 000 en 2021, 111 000 en 2022, 144 000 en 2023, puis bondit à près de 294 000 en 2024 et à 596 555 en 2025, une hausse de 103 % sur un an. Cette dernière performance place Leapmotor au premier rang des jeunes constructeurs chinois de véhicules à énergie nouvelle, et l'entreprise enregistre en 2025 son premier exercice annuel bénéficiaire, ce qui en fait la deuxième start-up automobile chinoise à atteindre la rentabilité, après Li Auto. Au premier trimestre 2026, les livraisons mondiales dépassent 110 000 unités, dont plus de 40 000 destinées à l'exportation. L'entreprise vise le cap du million de véhicules vendus sur l'année 2026, et évoque un objectif de quatre millions de ventes annuelles à l'horizon de la décennie suivante.
L'alliance avec Stellantis et l'expansion internationale
En octobre 2023, le groupe automobile européen Stellantis acquiert 20 % du capital de Leapmotor pour 1,5 milliard d'euros. Les deux entreprises créent conjointement Leapmotor International, une coentreprise détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, chargée de la distribution, de la vente et, à terme, de la production des véhicules Leapmotor hors de Chine. Cet accord permet à la marque chinoise de s'appuyer sur le réseau commercial et industriel mondial de Stellantis pour s'implanter en Europe, où une production locale démarre en Pologne à partir de 2024, puis en Espagne. En juin 2026, la marque fait ses débuts en Argentine par l'intermédiaire du réseau de concessionnaires de Stellantis.
En décembre 2025, le groupe automobile public chinois FAW acquiert à son tour 5 % du capital de Leapmotor, pour 3,744 milliards de yuans, avec un projet de développement conjoint de véhicules destinés aux marchés étrangers.
Le rappel massif de 2026
Le 21 août 2026, Leapmotor figure parmi les neuf constructeurs ayant annoncé conjointement, en Chine, le rappel de 4 275 743 véhicules électriques, l'un des plus vastes rappels automobiles jamais recensés dans le pays. Le régulateur chinois du marché a établi qu'un même défaut affectait les véhicules des marques concernées, parmi lesquelles Tesla (à l'origine de la plus grande partie du rappel, avec environ 2,9 millions de véhicules), Xiaomi, Xpeng, Geely, Chery, Dongfeng, BAIC et FAW : à l'intérieur des portières, le levier mécanique de secours, destiné à permettre l'ouverture manuelle en cas de coupure de l'alimentation électrique après un choc, est peint dans la même teinte que la garniture intérieure. Ce manque de contraste le rend quasiment invisible pour les occupants comme pour les secours appelés à intervenir rapidement.