Altay
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Altay au crépuscule, et les pistes éclairées de la station du Jiangjunshan sur le versant d'en face.
Altay est une ville-district du nord du Xinjiang, chef-lieu de la préfecture d'Altay, elle-même rattachée à la préfecture autonome kazakhe d'Ili. Trois choses portent ce nom et il vaut mieux les distinguer d'emblée : la chaîne de montagnes de l'Altaï, qui court sur quatre pays ; la préfecture chinoise, qui occupe l'extrême nord du Xinjiang ; et la ville dont il est question ici, posée au pied du versant sud de la chaîne, à 735 mètres d'altitude, sur les rives de la rivière Kelan.
Elle comptait 221 454 habitants au recensement de 2020, moitié han, un bon tiers kazakhs, le reste réparti entre une vingtaine d'autres nationalités. Son territoire touche la Mongolie au nord-est sur une centaine de kilomètres de frontière.
Une ville née d'un monastère
Le lieu n'était qu'un pâturage jusqu'en 1871, lorsque le gouvernement des Qing y fit bâtir un temple lamaïque ; l'agglomération qui s'y forma en prit le nom. Elle devient en 1906 le siège du haut fonctionnaire chargé de l'Altaï, puis un district en 1921, et prend son nom actuel en 1954. Elle est élevée au rang de ville en novembre 1984.
Le pays de l'eau et de la neige
Contrairement au reste du Xinjiang, l'Altay est une région bien arrosée à l'échelle régionale : trois cours d'eau la traversent, dont l'Irtych, et le réseau hydrographique de la seule ville-district totalise 667 kilomètres. Le climat est continental et rude. La moyenne annuelle est de l'ordre de 4 à 5 degrés, avec un mois de janvier autour de moins 16 degrés et un mois de juillet autour de 22. Il tombe 222 millimètres de précipitations par an, ce qui est peu, mais la neige tient de novembre à la fin mars. Le soleil, lui, est abondant : près de trois mille heures par an, et jusqu'à quinze heures de jour en été.
C'est de cette neige que la ville a fait son argument. Elle possède un domaine skiable en surplomb direct de l'agglomération, dont les pistes éclairées se voient du centre le soir, et son aéroport porte le nom de capitale de la neige. Plus important pour son identité : les gravures rupestres de Dundebulake, dans un canton de la ville-district, figurent des chasseurs sur des planches et passent pour l'un des plus anciens témoignages connus de la pratique du ski.
Ce que la ville dessert
Altay est surtout une base de départ. C'est de là qu'on gagne le nord de la préfecture, ses lacs, ses forêts et ses vallées, à commencer par la réserve de Kanas, dans le district voisin de Burqin. La ville elle-même se traverse le long de la Kelan, entre les marchés, les restaurants kazakhs et les collines qui la ferment.
Y aller
Depuis Ouroumtsi, comptez environ une heure d'avion, neuf heures et demie de train, et de neuf à douze heures d'autocar selon qu'il roule de jour ou de nuit. Les routes nationales 216 et 217 desservent la ville. L'été et la fin de l'hiver sont les deux saisons utiles ; l'automne y est court, et les premières vagues de froid arrivent dès le début septembre.
Illustration : Pazakui, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.