HSK 3.0 contre HSK 2.0 : ce qui change dans l'examen officiel de chinois
L'examen de chinois passe de six à neuf niveaux et double son vocabulaire de référence. Cinq ans après la publication du texte qui le fonde, il ne se passe pourtant encore, pour les six premiers niveaux, que sous forme d'essai.
SOMMAIRE

Une salle d'examen vide, ses rangées de tables individuelles et ses chaises noires — Photo d'illustration
Deux documents, et non un seul
Ce qu'on appelle le HSK 3.0 n'est pas un texte mais deux, séparés par quatre ans et signés par des institutions différentes. La confusion entre les deux est à l'origine de la plupart des chiffres contradictoires qui circulent sur le sujet.
Le premier est un référentiel de compétence. Publié le 24 mars 2021 par le ministère chinois de l'Éducation et la Commission nationale de la langue et de l'écriture, entré en vigueur le 1er juillet suivant, il porte un numéro de norme, GF 0025-2021, et un titre officiel en anglais imprimé sur sa couverture : Chinese Proficiency Grading Standards for International Chinese Language Education. Il ne décrit aucune épreuve. Il décrit ce qu'un apprenant sait faire, et avec quel matériel linguistique.
Le second est un programme d'examen. Il a été publié en novembre 2025 par le Centre de coopération et d'échanges linguistiques du ministère de l'Éducation et par Chinese Testing International, la société qui exploite le HSK, pendant la Conférence mondiale de la langue chinoise réunie à Pékin du 14 au 16 novembre. Il compte 406 pages, porte en couverture la mention d'entrée en application de juillet 2026, et se télécharge librement depuis le site officiel de l'examen. Lui décrit bien les épreuves : les tâches, les thèmes, le vocabulaire, les caractères et la grammaire attendus à chaque niveau.
Six niveaux d'un côté, neuf de l'autre
Le HSK que le monde connaît date de 2009 : le ministère chinois de l'Éducation avait alors publié un nouveau standard découpant l'examen en six niveaux de difficulté croissante. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le HSK 2.0, et c'est encore celui que passent les candidats.
Le référentiel de 2021 remplace cette échelle par trois paliers de trois niveaux chacun : élémentaire pour les niveaux 1 à 3, intermédiaire pour les niveaux 4 à 6, avancé pour les niveaux 7 à 9. Chaque niveau y reçoit ses quantités : nombre de syllabes, de caractères, de mots et de points de grammaire.
Le sommet de ce système est d'ailleurs le seul morceau du nouvel édifice à fonctionner depuis des années. Le palier avancé a été lancé bien avant le reste, en novembre 2022 : une seule épreuve, dont le score détermine lequel des trois niveaux le candidat obtient, ou aucun. Il fait l'objet d'une fiche à part dans le guide.
Le vocabulaire double, et le seuil d'entrée monte
Sur le site officiel de l'examen, la fiche du HSK 1 annonce encore un vocabulaire fondamental de 150 mots, celle du HSK 3 un vocabulaire de 600 mots, celle du HSK 6 « 5 000 mots ou davantage ». C'est l'échelle du système à six niveaux.
Le programme de 2025 la remplace par une autre, plus large dès le premier échelon : 300 mots au niveau 1, 500 au niveau 2, 1 000 au niveau 3, 2 000 au niveau 4, 3 600 au niveau 5, 5 400 au niveau 6. Le total atteint 11 000 en comptant le palier avancé, qui ajoute à lui seul 5 600 mots.
Le sommet de l'ancien système et le niveau 6 du nouveau demandent donc à peu près le même vocabulaire, et tout ce qui est au-dessus est neuf. En bas de l'échelle, en revanche, la marche d'entrée est nettement plus haute : 300 mots pour commencer au lieu de 150.
Le programme ajoute aussi ce que l'ancien n'avait pas : une liste officielle de caractères, présentée par le Centre de coopération et d'échanges linguistiques comme l'une des nouveautés de la réforme. Elle sépare ceux qu'il faut reconnaître, 3 088 en tout, de ceux qu'il faut savoir tracer à la main, 1 200.
Onze mille mots, ou onze mille quatre-vingt-douze
Les deux documents ne comptent pas le même vocabulaire, et l'écart n'est pas une coquille.
Le référentiel de 2021 arrête ses tableaux à 1 110 syllabes, 3 000 caractères, 11 092 mots et 572 points de grammaire. Cumulés niveau par niveau, ses effectifs de vocabulaire donnent 500 mots au niveau 1, 1 272 au niveau 2, 2 245 au niveau 3, 3 245 au niveau 4, 4 316 au niveau 5 et 5 456 au niveau 6, le palier avancé portant le total à 11 092.
Le programme d'examen de 2025, lui, numérote son lexique d'un seul tenant, de 1 à 11 000, par tranches rondes. Ce ne sont ni les mêmes totaux, ni les mêmes découpages, ni les mêmes listes.
Il n'y a pas là de contradiction à trancher, mais deux objets distincts : une norme nationale décrit un niveau de compétence, un programme d'examen délimite ce sur quoi une épreuve peut interroger. Les deux textes sont officiels et les ressources pédagogiques publiées par les institutions chinoises se réclament explicitement des deux à la fois. Encore faut-il savoir lequel on cite : 11 092 vient de la norme, 11 000 vient du programme d'examen.
L'oral cesse d'être un examen à part
Dans le système actuel, l'expression orale se passe séparément, sous le nom de HSKK, en trois niveaux seulement : élémentaire, intermédiaire, avancé. Un candidat peut donc être titulaire d'un HSK 5 sans avoir jamais parlé devant un examinateur.
Le nouveau système supprime cette séparation. L'avis d'examen publié en août 2026 pour la session d'essai de septembre le dit sans détour : à partir du niveau 3, l'oral doit être passé en même temps que l'écrit, et l'inscription aux deux est simultanée. Le barème de frais joint à cet avis fait correspondre chaque couple écrit-oral du nouveau système au couple équivalent de l'ancien, et précise que les niveaux 1 et 2 ne changent pas de tarif.
Les durées bougent en conséquence. Au niveau 6, l'épreuve écrite est annoncée à environ 125 minutes, suivies d'environ 23 minutes d'oral, là où l'ancien niveau 6 comptait 101 questions pour environ 140 minutes sans aucune épreuve orale.
Où en est vraiment le déploiement
Le calendrier officiel de 2026 ne laisse aucune ambiguïté. Les onze sessions de l'année pour les niveaux 1 à 6, sur papier ou sur ordinateur en centre, sont des sessions de l'ancien système. Le palier avancé, lui, n'est ouvert que deux fois dans l'année, le 9 mai et le 22 novembre, et uniquement sur ordinateur.
Pour les six premiers niveaux, le nouveau système n'existe donc pour l'instant que sous forme d'essai. Une première session d'essai mondiale s'est tenue le 31 janvier 2026 dans une partie des centres, couvrant l'Asie, l'Europe, les Amériques, l'Afrique et l'Océanie, soit les 168 pays où le HSK est implanté. Une seconde est annoncée pour le 20 septembre 2026, ouverte aux inscriptions depuis le 3 août, sur papier ou sur ordinateur selon le centre.
Ces essais ne sont pas des simulations sans effet : les résultats sont publiés, quinze jours après une épreuve sur ordinateur et trente jours après une épreuve sur papier, et le certificat reste valable deux ans comme les autres. Ils ne donnent pas droit, en revanche, au rapport de diagnostic détaillé. Aucune date de bascule complète n'a été annoncée à ce jour.
Ce que valent les certificats déjà obtenus
Au moment de lancer le palier avancé, fin 2022, les autorités chinoises avaient posé une garantie explicite : les niveaux 1 à 6 ne changeraient pas dans l'immédiat, les résultats déjà obtenus resteraient valables, les certificats délivrés conserveraient leur valeur, et les manuels écrits pour l'ancien système resteraient utilisables. L'ajustement était annoncé pour deux à trois ans plus tard. Le calendrier a été tenu.
Rien n'indique aujourd'hui qu'un certificat de l'ancien système perde sa valeur, et la question se règle d'elle-même à moyen terme : un résultat HSK n'est de toute façon valable que deux ans à compter du jour de l'épreuve.
Reste l'ordre de grandeur, qui explique la prudence du calendrier. Le HSK est passé de 32 000 candidats payants par an en 2004 à 719 000 en 2024, et son réseau de 61 centres dans 34 pays à 1 477 centres dans 168 pays et plus de 30 000 salles. Le nombre de candidats payants a encore progressé de près de 20 % au premier semestre 2025. Changer l'échelle d'un examen de cette taille ne se fait pas en une session.
La Rédaction