Youku, la plateforme vidéo d'Alibaba
Fondée en 2006 sur le modèle du partage vidéo à l'occidentale, Youku est devenue une filiale d'Alibaba et l'une des principales plateformes de vidéo à la demande de Chine, aux côtés d'iQiyi et de Tencent Video.
SOMMAIRE

Le logo Youku, en lettres capitales arrondies, du rose au bleu
Youku
Une plateforme née dans le sillage de YouTube
Youku (en chinois Yōukù, 优酷, littéralement « excellent et cool ») est fondée en juin 2006 par Victor Koo, ancien président du portail internet Sohu, et lancée officiellement le 21 décembre 2006. Basé à Pékin, le site reprend d'abord le principe du partage de vidéos amateurs popularisé par YouTube aux États-Unis, avant de s'orienter progressivement vers des contenus produits professionnellement.
Introduction en bourse et fusion avec Tudou
Le 8 décembre 2010, Youku entre au New York Stock Exchange sous le symbole YOKU, avec une capitalisation initiale d'environ 3,3 milliards de dollars. Le 12 mars 2012, la société annonce sa fusion avec Tudou, son principal concurrent chinois, dans une opération réglée en actions et évaluée à environ 1,1 milliard de dollars. Le nouvel ensemble prend le nom de Youku Tudou Inc. et devient l'un des plus grands sites vidéo de Chine.
L'absorption par le groupe Alibaba
Le groupe de commerce en ligne Alibaba entre au capital de Youku Tudou en 2014, en investissant environ 1,22 milliard de dollars pour un peu plus de 18 % des parts. Le 6 novembre 2015, Alibaba annonce le rachat de la totalité des actions qu'il ne détient pas encore ; l'opération, approuvée par les actionnaires en mars 2016, valorise l'ensemble de Youku Tudou autour de 5,1 milliards de dollars et coûte au groupe environ 4 milliards de dollars pour le solde du capital. Depuis, Youku opère comme filiale à part entière d'Alibaba Group et constitue l'un des piliers de sa division consacrée aux médias et au divertissement numériques.
D'un site de partage à une bibliothèque de contenus sous licence
Le modèle éditorial de Youku a changé de nature au fil des années. D'un site où les internautes déposaient leurs propres vidéos, la plateforme a basculé vers des contenus licenciés auprès de plus de 1 500 partenaires : séries télévisées, films, émissions de variétés et programmes originaux produits en interne. Depuis la fin des années 2010, elle fonctionne presque exclusivement sur ce principe de catalogue professionnel, à la manière d'un service comme Hulu, et propose un abonnement payant, dit « VIP », donnant accès à des contenus exclusifs et sans publicité. Son catalogue comprend notamment des productions rattachées à le cinéma chinois. Rattachée à Alibaba, la plateforme s'intègre aussi à l'écosystème de commerce en ligne du groupe, avec des passerelles entre le visionnage et l'achat de produits dérivés.
Une place disputée sur le marché chinois de la vidéo
Youku occupe la première place du secteur vidéo sur internet en Chine autour de 2010, avant d'être dépassée par iQiyi, filiale de Baidu, à partir de 2015. Elle reste considérée comme la troisième plateforme de streaming du pays, derrière iQiyi et Tencent Video. Ses effectifs d'audience ont beaucoup varié selon les périodes et les méthodes de calcul : plus de 500 millions d'utilisateurs actifs mensuels revendiqués en 2014, 374 millions en décembre 2017, 448 millions en décembre 2024. Longtemps déficitaire, au point qu'Alibaba a inscrit une dépréciation comptable de 1,2 milliard de dollars sur ses activités vidéo, Youku a vu sa rentabilité s'améliorer en 2025 : le groupe a annoncé un résultat d'exploitation ajusté positif pour son pôle médias au trimestre clos en mars 2025, porté notamment par Youku.
Restrictions et controverses
En décembre 2018, le président de Youku, Yang Weidong, est démis de ses fonctions et arrêté dans le cadre d'une enquête pour corruption ; il sera condamné par la suite à sept ans de prison pour avoir accepté environ 8,55 millions de yuans de pots-de-vin. En septembre 2020, l'application mobile de Youku figure parmi plus de cent applications chinoises interdites en Inde par le gouvernement indien, dans un contexte de tensions frontalières entre les deux pays, aux côtés d'autres services du groupe Alibaba comme Alipay et Taobao.