Échecs chinois 象棋

Xiangqi 象棋, aussi appelé "échecs chinois" (par opposition aux échecs occidentaux) ou "échec des éléphants", est un jeu de société combinatoire abstrait qui se joue sur un tableau de 9 lignes de large sur 10 lignes de long. Ce jeu se joue avec 16 pièces par joueur qui sont placées sur les intersections des lignes. Les 2 camps sont le rouge et le bleu, ou le rouge et le noir.

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La bande vide au milieu du plateau est le fleuve. On y lit 楚河漢界 Chǔ hé Hàn jiè — la rivière qui sépare Chu et Han : la frontière que se disputèrent les royaumes de Chu et de Han, dont ce jeu rejoue la guerre.

Les sept pièces, et leurs quatorze caractères. Cinq des sept changent de graphie selon le camp pour un rôle identique : c'est la règle sur un vrai jeu, et le plateau ci-dessus la respecte.
Pièce Camp rouge Camp noir
Le général shuài jiàng
Le garde shì shì
L'éléphant xiàng xiàng
Le chariot
Le cheval
Le canon pào pào
Le soldat bīng

Le Xiangqi se joue plus vite que les échecs occidentaux où la barrière des pions est plus importante, de plus les canons (voire ci-dessous) sautent pour prendre, ce qui fait d'eux une menace tôt dans le jeu. De plus, lorsque dans les échecs la bataille se focalise la plupart du temps dans les cases centrales, dans le xiangqi cette dernière semble au contraire se développer simultanément tout autour du plateau de jeu.

Introduction

Xiangqi 象棋 est un jeu de société Chinois à deux joueurs qui tire ses origines de stratégies militaires de la période des Printemps et Automne (722-481) et de celle des Royaumes Combattants (481-221 av J.C.). Il existe des documents officiels datant de cette époque à propos de ce jeu.

Au commencement, le Xiangqi était composé de trois éléments : des pièces d'échec, un dé et un plateau. Les pièces étaient sculptées dans de l'ivoire, chaque joueur en avait six. Avant de démarrer la partie, les joueurs lançaient le dé ; le plateau était un échiquier carré.

Après une longue période de développement, la forme moderne du Xiangqi apparut sous la dynastie des Song du Nord (960-1127) et devint populaire sous la Dynastie des Song du Sud (1127-1279). Il n'y a pas de dé dans le Xiangqi moderne, et le jeu est différent de son homologue antique en termes de pièces et de plateau.

HISTORIQUE

Les traces les plus anciennes sont situées entre 569 (il y a une controverse à ce sujet) et 800.Il possède un ancêtre commun avec le jeu d'échec occidental (dont il pourrait donc être l'ancêtre, au même titre que le jeu indien, le chaturanga, et que le jeu persan shatrang) et le shogi. Notons que dans le passé le nom xiangqi a été donné à des jeux de plateau autres que les échecs chinois.

L'échiquier

Le plateau sur lequel on joue au Xiangqi s'appelle un échiquier. C'est un plateau rectangulaire de 9 lignes en largeur sur 10 lignes en longueur, soit 90 points d'intersection. La grille forme des carrés. Les pièces sont placées et se déplacent sur les points d'intersection.

La partie séparant les deux côtés opposés (c'est-à-dire la surface centrale blanche, sans lignes verticales, entre les cinquièmes et sixièmes lignes horizontales du plateau) est appelée "la rivière".

La surface carrée avec deux diagonales reliant des coins opposés et se croisant au point central est appelée jiu gong (littéralement "neuf palais" ou "neuf forteresses") car à cet endroit se trouvent neuf points d'intersection. "jiu gong" se situe entre la quatrième et la sixième ligne verticale du plateau.

REGLES

Les pièces, constituées de disques marqués d'un signe les identifiant, sont placées sur les intersections des lignes (comme dans le go). Les deux opposants sont d'un côté les rouges, qui avancent en premier, et de l'autre les bleus ou les noirs (les verts en Corée). La rangée centrale de carrés est appelée la rivière. Chaque côté a un palais qui est de 3 lignes sur 3 (i.e. 9 positions) placé au centre de chaque côté en bordure du plateau.

Chaque joueur possède:

  • 1 général (équivalent du roi)
  • 5 soldats (équivalents des pions)
  • 2 mandarins ou gardes
  • 2 éléphants
  • 2 chevaux (équivalents des cavaliers)
  • 2 chariots (équivalents des tours)
  • 2 canons

Une rivière sépare les deux camps. Les pièces n'ont pas le même nom selon leur camp.

LES PIECES

Le Général

Il est marqué avec le caractère chinois shuài (帥) sur le côté rouge et jiàng (將) sur le côté bleu. Ce sont vraiment des généraux militaires, bien qu'ils soient l'équivalent des rois dans le jeu d'échec occidental. La légende dit qu'un empereur fit exécuter deux joueurs pour « meurtre » ou « capture » de la pièce empereur, du coup les futurs joueurs l'appelèrent général.

Le général commence le jeu à l'intersection centrale sur la bordure (à l'intérieur du palais). Il peut se déplacer d'une case verticalement ou horizontalement, mais jamais diagonalement. Quand le général est perdu, la partie est perdue. Il ne peut pas quitter le palais, même s'il peut théoriquement capturer le général ennemi en se déplaçant le long d'une ligne comme le ferait une tour dans les échecs. Mais comme il est illégal de se mettre en échec, un joueur ne peut faire aucun mouvement qui conduirait à mettre les deux généraux l'un en face de l'autre sur une même ligne sans aucune autre pièce entre eux.

Les Gardes

Ils sont marqués 仕 pour les rouges et 士 pour les bleus (tous les deux prononcés shì). Ce sont de hauts fonctionnaires, i.e. des membres du conseil servant le commandant en chef. Ils sont appelés gardes, car ils restent près du général, ou assistants ou encore mandarins. Ils sont placés à la gauche et à la droite du général. Ce sont les pièces les plus faibles car ils ne peuvent se déplacer que d'une case diagonalement et ne peuvent sortir du palais.

Les Ministres ou Eléphants

Nommés ministres (相 xiàng) pour les rouges et éléphants (象 xiàng) pour les bleus, ces pièces sont situées à la gauche et à la droite des gardes. Elles se déplacent d'exactement 2 cases en diagonale, et ne peuvent pas sauter par-dessus une autre pièce. Leur rôle est purement défensif car elles ne peuvent pas franchir la rivière.

Note : les caractères chinois pour « ministre » et « éléphant » sont homophones.

Le Chariot

Il est marqué jū (車 ou 车) des deux côtés. Comme la tour des échecs, le chariot (ou voiture) se déplace et prend le long d'une ligne droite vertical ou horizontale. Les deux chariots débutent le jeu dans les coins.

Le Cheval

Appelée cheval mǎ (馬 ou 马) des deux côtés, cette pièce est semblable au cavalier des échecs internationaux. Cependant le cheval ne peux pas sauter par-dessus une autre pièce aussi il est important de noter qu'il se déplace d'abord d'un point verticalement ou horizontalement et puis d'un point en diagonale, en s'éloignant de sa position initiale.

Les Canons

Marqués pào (炮) pour les rouges et bào (砲) pour les bleus. Chaque joueur possède deux canons. Les canons sont placés sur la rangée derrière les soldats, directement devant les cavaliers. Ils se déplacent exactement comme les chariots, mais leur façon de capturer est différente. Pour capturer une pièce, il doit y avoir exactement une pièce (amie ou ennemie) entre le canon et la pièce à prendre. Ensuite le canon se déplace jusqu'à ce point et capture la pièce. Les canons sont puissants au début de la partie lorsque les « haies » sont nombreuses, mais perdent rapidement de la valeur avec la guerre d'usure.

Le canon est certainement la pièce la plus déroutante pour le joueur habitué aux échecs occidentaux ; il modifie en effet de manière complexe les concepts d'échec à la découverte, d'échec double, et de clouage.

Les Soldats

Ils sont marqués bīng (兵) (soldats) pour les rouges et zú (卒) (bandits) pour les bleus. Chaque camp possède 5 soldats. Ils sont placés sur la troisième ligne, une case sur deux.

Ils se déplacent et capturent droit devant. Une fois qu'ils ont franchi la rivière, ils peuvent aussi se déplacer (et capturer) d'une case horizontalement. Ils n'ont pas de promotion lorsqu'ils atteignent le bord du terrain adverse, mais ils peuvent se déplacer d'un côté à l'autre.

FIN DU JEU

Le jeu s'achève lorsque l'un des généraux est capturé ou bien lorsque aucun mouvement légal n'est plus possible. Dans ce dernier cas, la personne qui n'a pas de mouvement légal perd.

REGLES DIVERSES

Contrairement aux échecs occidentaux, il n'y a pas de match nul par échec perpétuel ou répétition de position. Si c'était le cas, il y aurait peu de parties concluantes entre joueurs experts. Si une position doit être répétée, un arbitre est appelé pour déterminer qui est fautif. En pratique l'arbitre demande au joueur qui est en train de perdre d'effectuer un mouvement différent.

Dans les règles chinoises et coréennes, il est illégal d'effectuer un mouvement qui ferait apparaître une ligne non obstruée entre les deux généraux.

La leçon d'échecs chinois

Un disciple et son maître se promènent un jour dans un parc; un vieux monsieur interpelle le maître et lui demande : "aimeriez vous faire une partie d'échec avec moi ? J'adore jouer aux échecs particulièrement par ce beau temps".

Le maître accepte alors et commence à s'installer pour jouer au échecs avec le vénérable homme.

Le disciple très curieux s'approche du vieux monsieur et lui demande: "Que faites-vous à part de joue aux échecs? "

Le viel homme lui répond tout en souriant : "rien d'autre..."

Le disciple s'empresse alors de dire à son maître : " Vous avez vu maître, ce viel homme ne sait que jouer aux échecs !!!"

Le maître lui répond : " Et toi que sais-tu faire ?"

Le disciple : "Moi je sais faire de la peinture, de la musique, de la poésie, ..."

Le maître le coupe alors : "Tu connais beaucoup de choses, mais à quel niveau ?"

Le disciple un peu gené : " je fais ce que je sais faire très moyennement..."

Le maitre : "Le vieil homme que tu as en face de toi est le meilleur joueur d'échec que la terre est jamais portée."

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