Boulier chinois 算盘
Le boulier est un abaque (outil servant à calculer) formé d'un cadre rectangulaire muni de tiges sur lesquelles coulissent des boules.
Le boulier se dessine dans votre navigateur : il faut donc que JavaScript y soit autorisé. La lecture d'un nombre et l'histoire de l'objet, elles, se lisent sans.
À la souris ou au doigt : poussez une boule vers la barre pour la compter, écartez-l'en pour l'ôter. Un clic suffit — la boule emmène celles qu'elle rencontre —, et le glisser fait la même chose en suivant le doigt.
Au clavier : les flèches gauche et droite changent de tige, haut et bas de boule, Entrée ou Espace pousse la boule visée. Un chiffre de 0 à 9 pose directement sa valeur sur la tige, Retour arrière ou Suppr la remet à zéro.
Une tige peut porter jusqu'à 15, deux boules de 5 et cinq boules de 1 réunies. C'est propre au boulier chinois : le soroban japonais, qui a perdu une boule de chaque sorte, s'arrête à 9.
Lecture d'un nombre
Chaque colonne represente en partant de la droite, les unités, les dizaines, les centaines etc. Les 5 boules en dessous de la barre valent chacune 1 et les 2 boules situés au-dessus de la barre valent chacune 5.
Ici on peut lire le nombre 6302715408 en comptant la valeur représenté par les boules dans chaque colonnes.
Le boulier est lié au système de numération décimale : chaque boule représente, selon la tige sur laquelle elle se trouve, une unité, une dizaine, une centaine Certains bouliers comportent des boules spéciales valant 5 unités, 5 dizaines, 5 centaines...
Les bouliers servent à effectuer des calculs : additions, soustractions, multiplications, divisions. Dans des mains expertes, il est cependant possible de réaliser d'autres opérations de type calculs de racines énièmes ou conversion en différentes bases.
On en distingue plusieurs types
- le boulier chinois ou suan pan. Il est utilisé en Chine depuis plus de 8 siècles. On en trouve une illustration sur un ouvrage datant du XIIe siècle. Sur chaque tige, on trouve 5 boules représentant une unité et 2 boules représentant 5 unités, séparées par une barre centrale.
- le boulier japonais ou soroban. Il apparaît au Japon vers le XIVe siècle probablement importé de la Chine. Il a progressivement perdu, par rapport au boulier chinois, deux boules (une boule de valeur 1 et une boule de valeur 5).
- le boulier russe ou stchoty (Счёты), utilisé aussi dans certaines contrées iraniennes sous le nom de choreb et en Turquie sous le nom de coulba est formé de tiges portant 10 boules de valeur 1
- le boulier-compteur français utilisé dans les écoles françaises jusqu'au XVIIIe siècle, variante probable de l'instrument russe.
Il est surprenant de remarquer, à l'ère de la calculatrice électronique, la grande importance que conserve cet instrument de calcul dans toute l'Asie. Il n'est pas rare de voir des commerçants russes ou asiatiques effectuer un calcul à l'aide d'une calculatrice et en vérifier le résultat à l'aide du boulier. Dans des mains expertes, celui-ci est d'une redoutable efficacité. En 1945, un match opposant un comptable japonais muni d'un soroban et un opérateur de calculatrice électrique (Matsuzaki contre Woods) fut gagné par le soroban par un score de 4 à 1.
Plus d'infos sur l'utilisation : wikilivres
- Boulier chinois — la fiche complète : les quatre bouliers, la lecture d'un nombre et le match de 1945
- Le boulier — une présentation courte, dans « La Chine ancienne pour les enfants »
- Métiers d'autrefois : les premiers comptables — ceux qui s'en servaient tous les jours, « Mr Zhangfang » et les autres