Tunxi, la vieille rue au pied des monts Jaunes

SOMMAIRE

À la tombée du jour, une rue pavée file entre des maisons blanches à toits noirs recourbés ; les boutiques éclairées débordent d'étals et des lanternes rouges pendent au-dessus du passage.
La vieille rue de Tunxi à la tombée du jour, entre ses façades de style huizhou.

Tunxi est le district central et le siège administratif de la ville-préfecture de Huangshan, dans l'Anhui, à l'extrême sud-est de la province. Il couvre un peu plus de cent quatre-vingt-dix kilomètres carrés et comptait 291 188 habitants au recensement de 2020. La ville s'est installée au confluent de deux rivières, la Shuai et la Heng, dont la réunion forme la Xin'an.

Un nom qui a beaucoup changé

L'histoire administrative du lieu commence en 208, quand Sun Quan y établit un district. Le nom et le rattachement ont ensuite varié pendant dix-sept siècles. Le 13 mai 1949 est créée la circonscription du Huizhou, avec Tunxi pour chef-lieu ; le 27 novembre 1987, cette circonscription est supprimée et remplacée par la ville de Huangshan, dont Tunxi devient le district central et le siège. Le changement était explicitement destiné à faire porter à la ville le nom de la montagne qui attire les visiteurs.

La vieille rue

C'est ce qui fait venir. La vieille rue de Tunxi est une rue piétonne d'environ un kilomètre, bordée sur toute sa longueur de constructions Ming et Qing de style huizhou : murs blancs, pignons en gradins, toitures sombres aux angles relevés, boiseries sculptées sur les façades et les linteaux.

Sur son origine, les sources ne disent pas tout à fait la même chose. La notice consacrée à la rue la fait remonter aux Song, soit plus de mille ans ; celle consacrée au district raconte qu'en 1385 un marchand du nom de Cheng Weizong fit bâtir ici quatre boutiques et quarante-sept pièces pour entreposer les marchandises des négociants de passage, et voit dans cet ensemble l'embryon de la rue. Les deux récits ne s'excluent pas : l'un décrit un chemin ancien, l'autre l'installation commerciale qui l'a fixé.

La rue a été retenue en 2009, avec la rue du Guozijian à Pékin et la rue Pingjiang à Suzhou, parmi les rues historiques et culturelles de Chine. On y trouve des antiquaires, des marchands de jade, des boutiques de calligraphie, des papeteries qui vendent les quatre trésors du lettré, des maisons de thé et des restaurants. Plusieurs bâtiments sont classés pour eux-mêmes, dont une officine de pharmacie traditionnelle protégée au niveau provincial.

Ce que la ville a d'autre

Trois ensembles y sont protégés au niveau national : les trois demeures de la famille Cheng, la maison de Cheng Dawei et le pont Zhenhai. Cheng Dawei, né ici en 1533, est le mathématicien qui composa en 1592 le grand traité de calcul qui a servi de manuel pendant trois siècles ; c'est le livre par lequel la méthode du boulier s'est diffusée. La ville a aussi donné Dai Zhen (1723-1777), philosophe et philologue de l'époque Qing, à qui un parc et une statue sont consacrés.

Pourquoi on s'y arrête

Parce que Tunxi est la porte d'entrée du pays huizhou. Les monts Jaunes sont à une heure de route ; les villages anciens du sud de l'Anhui, Xidi et Hongcun, inscrits au patrimoine mondial, sont accessibles à la journée. La plupart des voyageurs y dorment sans l'avoir prévu, et découvrent qu'il y avait là de quoi occuper une soirée et une matinée.

Comment y aller

La ville est très bien desservie. Deux gares : Huangshan-Nord, sur les lignes à grande vitesse Hefei-Fuzhou, Hangzhou-Nanchang et Chizhou-Huangshan, et la gare de Huangshan sur l'ancienne ligne Anhui-Jiangxi. L'aéroport international de Huangshan-Tunxi est à quelques kilomètres. Deux autoroutes et la nationale 205 traversent le district.

Quand y aller

Le printemps et l'automne. Le climat est celui du sud du Yangzi : étés chauds et très humides, hivers frais et pluvieux. La vieille rue se visite en fin de journée, quand les lanternes s'allument et que la lumière tombe sur les pavés.

Ce qu'il faut savoir avant de partir

  • La vieille rue est une rue commerçante, très fréquentée en haute saison et le week-end : y venir tôt le matin ou tard le soir change complètement l'impression qu'on en garde.
  • Le thé vert de la région, la sculpture sur bois et l'encre de Chine sont les achats locaux ; les prix se négocient.
  • Compter une nuit à Tunxi avant ou après l'ascension des monts Jaunes : les navettes partent tôt.

Illustration : Xiaotong Gao, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

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