Puyi, le dernier empereur chinois
Douzième et dernier empereur de la dynastie Qing, Puyi monte sur le trône de l'Empire chinois à l'âge de deux ans et meurt, à soixante et un ans, citoyen ordinaire de la République populaire de Chine.
SOMMAIRE
Naissance et ascendance
Aisin Gioro Puyi (en chinois 溥儀, pinyin pǔyí) naît à Pékin le 7 février 1906. Il est le fils de Zaifeng, deuxième prince de Chun, et de Youlan. Son grand-père Yixuan, premier prince de Chun, est le septième fils de l'empereur Daoguang. Il naît dans la trente-deuxième année du règne de l'empereur Guangxu. Son nom de règne est Xuantong.
Le dernier empereur de Chine
L'impératrice douairière Cixi, détentrice réelle du pouvoir, désigne le jeune Puyi pour succéder à l'empereur Guangxu, qui meurt peu après cette nomination. L'intronisation officielle a lieu le 2 décembre 1908, son père assurant la régence ; l'enfant a alors deux ans et dix mois. La Chine est alors agitée par de nombreux mouvements insurrectionnels. Le soulèvement de Wuchang, en octobre 1911, pousse le général Yuan Shikai à faire abdiquer le jeune empereur le 12 février 1912, mettant fin à la dynastie Qing et à la période impériale, et ouvrant la voie à la première République chinoise.
Prisonnier de la Cité interdite
Malgré la proclamation de la république le 1er janvier 1912, un arrangement conclu entre la maison impériale Qing et le gouvernement républicain autorise Puyi à conserver son titre et à demeurer dans la Cité interdite. En 1917, le général conservateur Zhang Xun le rétablit sur le trône le 1er juillet ; cette restauration mandchoue ne dure que douze jours, le Premier ministre Duan Qirui le poussant à abdiquer de nouveau le 13 juillet. Dès 1919, il reçoit une éducation occidentale de son précepteur Reginald Johnston, un Écossais diplômé d'Oxford, qui l'initie à l'anglais et à la culture occidentale.
Le prince mondain
En 1924, à la suite du coup de Pékin, les troupes de Feng Yuxiang l'expulsent de la Cité interdite, enceinte dont il n'était pas sorti depuis quinze ans. Les Britanniques lui refusent un visa ; le Japon, en 1925, l'accueille dans l'enclave de Tianjin, où il mène une vie mondaine dans les milieux occidentaux des concessions.
Empereur du Mandchoukouo
Après la conquête japonaise de la Mandchourie en 1931, les Japonais créent un État fantoche, le Mandchoukouo, et placent Puyi à sa tête en 1932, sans lui donner de pouvoirs réels. Le 1er mars 1934, sous le nom de règne Kangde, il est sacré empereur pour la troisième fois. Le 17 août 1945, deux jours après la capitulation du Japon, il abdique pour la troisième fois.
Prisonnier des Soviétiques et rééducation
Arrêté par les Soviétiques à Shenyang, il vit en résidence surveillée à Tchita puis à Khabarovsk. Au début de 1950, Staline accepte de l'extrader vers la Chine, où il est transféré dans le centre de détention de Fushun. Reconnu coupable de crimes contre le peuple chinois, il rédige une confession ; Mao Zedong opte alors pour sa rééducation plutôt que pour son exécution, et le gracie en septembre 1959.
Une vie nouvelle
Après son amnistie, Puyi mène une vie ordinaire : il devient jardinier au Jardin botanique de Pékin, puis bibliothécaire à la Conférence consultative politique du peuple chinois, dont il devient membre en 1964. En avril 1962, il épouse l'infirmière Li Shuxian. Il publie en 1964 les mémoires de sa première vie, La première moitié de ma vie, traduits en France sous le titre J'étais empereur de Chine.
Décès et postérité
Puyi meurt à Pékin le 17 octobre 1967, à l'âge de soixante et un ans, des suites d'un cancer. Il ne laisse aucun descendant. En 1995, sa veuve fait transférer ses cendres aux tombes impériales de l'Ouest de la dynastie Qing, auprès de son prédécesseur Guangxu. Sa vie, du trône à la rééducation, a inspiré le film Le Dernier Empereur.