Notoginseng
Nom scientifique : Panax notoginseng (Burkill) F.H. Chen — Notoginseng Radix et Rhizoma
Nom français : Notoginseng, pseudo-ginseng
Nom chinois : San Qi 三七, également appelé Tian Qi 田七
Partie de la plante utilisée : la racine et le rhizome séchés. Les plants sont arrachés à l'automne, avant la floraison, après trois à sept ans de culture ; on les lave, on sépare la racine principale, les radicelles et le rhizome, puis on sèche au soleil. La récolte d'automne, dite chun qi 春七, est plus estimée que celle qui suit la fructification, dite dong qi 冬七, à la surface ridée. La préfecture de Wenshan, dans le sud-est du Yunnan, est la région de production de référence.
Zones d'influence sur le corps humain : les méridiens du foie et de l'estomac ; certains textes y ajoutent le gros intestin.
Saveur : douce, légèrement amère.
Nature : tiède.
EFFETS :
La médecine traditionnelle chinoise lui attribue les actions suivantes, énoncées dans son propre système d'interprétation et qui ne constituent pas des effets démontrés :
- Arrête les saignements et dissout la stase 止血化瘀
- Réduit le gonflement et calme la douleur 消肿定痛
- Active le Sang et fait circuler le QI.
La formule classique résume ce double mouvement : il « arrête le saignement sans retenir la stase, et dissout la stase sans léser le QI correct » 止血不留瘀,化瘀不伤正.
INDICATIONS DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE :
Les indications qui suivent sont celles de la médecine traditionnelle chinoise, rapportées ici à titre documentaire. Elles décrivent des tableaux propres à cette médecine et ne constituent pas des indications thérapeutiques démontrées par la recherche moderne.
Cette liste mentionne des situations qui, en médecine moderne, sont des urgences : vomir du sang, cracher du sang, avoir du sang dans les selles ou dans les urines, saigner abondamment en dehors des règles impose d'appeler le 15 ou de se rendre aux urgences, jamais de prendre une plante. Un saignement est un signe, pas une maladie : il peut révéler un ulcère, une tumeur, une rupture vasculaire, et le retard au diagnostic engage le pronostic vital.
- Hémorragies internes et externes : hématémèse, hémoptysie, épistaxis, sang dans les selles ou les urines, métrorragies
- Blessures traumatiques : contusions, entorses, plaies, gonflement et douleur, en usage interne comme en application locale
- Douleurs thoraciques ou abdominales fixes attribuées à une stase de Sang
- Suites d'accouchement avec douleurs et lochies retenues
- Abcès, furoncles et gonflements douloureux au début de leur évolution.
Posologie : de 3 à 9 g par jour en décoction ; de 1 à 3 g de poudre avalée directement ou délayée dans l'eau, jusqu'à trois prises par jour. En usage externe, la poudre est appliquée sur la plaie.

Racines de san qi, la partie utilisée, photographiées dans le district de Dongchuan, au Yunnan.
ACTIONS PHARMACOLOGIQUES MODERNES :
- La racine est riche en saponines de type dammarane, notoginsénosides et ginsénosides Rb1, Rd et Rg1, dont la teneur dépasse celle du ginseng asiatique et du ginseng d'Amérique. On les désigne collectivement sous le nom de saponines totales de P. notoginseng (PNS) ;
- Le principal constituant hémostatique identifié est la dencichine, ou acide bêta-N-oxalyl-L-alpha,bêta-diaminopropionique, un acide aminé non protéique qui raccourcit le temps de saignement et augmente le nombre de plaquettes chez l'animal ;
- Cette molécule est chimiquement identique au bêta-ODAP de la gesse (Lathyrus sativus), neurotoxique lorsqu'il est consommé de façon massive et prolongée : c'est une raison de plus de s'en tenir aux doses de la Pharmacopée ;
- La plante réunit ainsi des constituants aux effets opposés, hémostatiques d'un côté, antiagrégants de l'autre. C'est ce qui explique le paradoxe traditionnel, mais aussi le fait qu'aucune conclusion clinique simple ne puisse en être tirée ;
- Le san qi est l'ingrédient principal déclaré du Yunnan Baiyao 云南白药, poudre hémostatique mise au point en 1902 au Yunnan par Qu Huanzhang ;
- L'histoire de la marque rapporte qu'elle fut distribuée aux soldats chinois pendant la guerre contre le Japon, avec plus de 30 000 flacons offerts lors de la bataille de Tai'erzhuang en 1938 ; cet épisode relève du récit d'entreprise plus que de la documentation historique ;
- Sa composition exacte demeure un secret protégé par la loi chinoise, ce qui interdit d'en évaluer la sécurité ;
- En Chine, des injections de saponines totales (Xuesaitong, Xueshuantong) sont employées dans l'infarctus cérébral et l'angor ;
- Les revues systématiques disponibles concluent à une qualité méthodologique insuffisante et à un niveau de preuve faible à très faible : elles ne permettent pas de recommander ces produits en pratique courante.
PRÉCAUTIONS :
- Un saignement ne s'auto-traite pas. Le san qi ne remplace ni la compression d'une plaie, ni un bilan de coagulation, ni la recherche de la cause d'une hémorragie ; l'utiliser pour faire cesser un saignement d'origine inconnue revient à masquer un symptôme d'alerte ;
- Contre-indiqué pendant la grossesse : le san qi mobilise fortement le Sang et peut provoquer des contractions utérines ;
- Déconseillé en l'absence de stase de Sang, en cas de déficience de Sang, et dans les saignements par Chaleur du Sang ;
- Allaitement : les données manquent, l'usage est déconseillé. Chez l'enfant, aucune posologie n'est établie ;
- Effet antiagrégant : prudence en association avec les anticoagulants (warfarine, anticoagulants oraux directs), l'aspirine et le clopidogrel, en raison du risque hémorragique ;
- Chirurgie : interrompre la prise au moins deux semaines avant une intervention chirurgicale et la signaler à l'anesthésiste ;
- Effets indésirables rapportés : nausées, sécheresse de la bouche, bouffées de chaleur, éruptions cutanées et réactions allergiques, jusqu'au choc anaphylactique avec les formes injectables employées en Chine ;
- Ne pas confondre le san qi avec le tu san qi 土三七, nom vernaculaire donné à diverses plantes dont Gynura japonica, qui contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques responsables de graves atteintes hépatiques ;
- Ces confusions ont donné lieu à de nombreuses observations d'intoxication en Chine ;
- En février 2013, le département de la Santé de Hong Kong a détecté des alcaloïdes d'aconit non déclarés dans des échantillons de Yunnan Baiyao, ce qui a entraîné des rappels : les spécialités du commerce ne doivent pas être prises sans encadrement.
Ces informations sont données à titre documentaire et ne remplacent pas un avis médical.
Illustrations : Zhangmoon618, CC BY-SA 4.0 ; Ping an Chang, CC BY-SA 4.0 — via Wikimedia Commons.
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