Grottes de Maijishan

Un pic de grès rouge de 142 mètres, des grottes creusées entre dix et quatre-vingts mètres au-dessus du sol, et le quatrième des grands sites troglodytes de Chine — inscrit au patrimoine mondial en 2014 comme composant des routes de la soie.

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Un pic isolé de grès rouge dressé au-dessus d'une forêt dense, sa paroi percée de dizaines d'ouvertures rectangulaires sombres réparties sur plusieurs niveaux superposés ; des passerelles et des escaliers étroits zigzaguent le long de la falaise, de la brume passe dans les arbres du pied et le ciel est couvert.
Rien ne s'atteint sans les passerelles : les grottes s'ouvrent entre dix et quatre-vingts mètres au-dessus du pied de la paroi.

Où se trouve le site

Les grottes de Maijishan sont creusées dans un pic isolé du Xiaolongshan, à l'extrémité occidentale des Qinling, dans le district de Maiji à Tianshui, province du Gansu. Le pic doit son nom à sa forme, qui rappelle une meule de blé. Le gazetier du Bureau national du travail des monographies locales lui donne 142 mètres de hauteur pour une altitude de 1 742 mètres, et situe les grottes entre vingt et soixante-dix mètres au-dessus du pied de la falaise.

Le dossier de nomination remis à l'UNESCO donne des bornes voisines mais non identiques : dix à quatre-vingts mètres au-dessus du sol, sur une étendue latérale d'environ deux cents mètres et vingt niveaux superposés, reliés par des passerelles. La liste indicative déposée par la Chine en 2001 disait, elle, trente à quatre-vingts mètres. Les trois sources sont institutionnelles et se contredisent sur la borne basse ; on les rapporte plutôt que d'en choisir une.

Ce que l'inscription de 2014 dit exactement

Maijishan n'a pas été inscrit pour lui-même. Il l'a été comme l'un des composants des « Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang'an-Tian-shan », bien transnational partagé par la Chine, le Kazakhstan et le Kirghizstan, inscrit en 2014 sur les critères deux, trois, cinq et six. La décision du Comité précise que « les trente-trois sites le long du corridor incluent d'importants ensembles de villes et de palais de différents empires et de royaumes des Khans, des établissements pratiquant le commerce, des temples troglodytes bouddhistes, des voies antiques, des relais de poste, des cols, des tours balises, des parties de la Grande Muraille, des fortifications, des tombes et des édifices religieux ».

Le tableau annexé au document de travail du Comité identifie le composant sans ambiguïté : 1442-028, « Maijishan Cave-Temple Complex – China », 483,71 hectares de bien et 1 259,28 hectares de zone tampon. Vingt-deux des trente-trois composants sont en Chine. C'est un point qui mérite d'être dit, parce qu'aucune page de présentation du bien ne nomme ses composants : il faut aller au document du Comité pour l'établir.

Une confusion est à éviter. Il existe une seconde entrée « Maijishan » chez l'UNESCO, distincte et jamais inscrite : « Maijishan Scenic Spots », déposée par la Chine sur sa liste indicative en novembre 2001, qui couvre une aire paysagère beaucoup plus large que les grottes.

Deux cent vingt et une niches, ou cent quatre-vingt-dix-huit

Les décomptes diffèrent selon la source et selon la date, et ils ne comptent pas la même chose.

  • Le dossier de nomination remis en 2013 recense 198 grottes bouddhiques creusées du Ve au XIIIe siècle, plus de sept mille statues d'argile et plus de mille mètres carrés de peintures murales, réparties en 57 grottes sur la falaise est et 141 sur la falaise ouest.
  • Le décompte chinois actuel, publié en 2023 par la Commission nationale des affaires ethniques sous la plume d'un chercheur de l'Académie de Dunhuang, donne 221 niches et grottes, 3 938 pièces pour 10 632 statues, et près de mille mètres carrés de peintures. Un portail du gouvernement du Gansu reprend ces chiffres en 2025, le Quotidien du Peuple en 2024.
  • Le gazetier des monographies locales répartit les grottes en 54 à l'est et 140 à l'ouest.

L'écart n'est pas une erreur : on ne compte pas de la même façon une grotte aménagée et une niche creusée dans la paroi, ni une statue et un groupe statuaire. Le dossier de l'UNESCO situe par ailleurs le site dans une hiérarchie précise et modeste — « le deuxième plus grand ensemble de temples troglodytes bouddhiques du corridor du Hexi, après les seules grottes de Mogao à Dunhuang ».

Le quatrième des grands sites

La formule des « quatre grands sites de grottes » est employée par les institutions chinoises, et elle place Maijishan aux côtés de Mogao, de Longmen et de Yungang — trois sites auxquels le guide consacre déjà une fiche chacun, et un circuit. Le Quotidien du Peuple l'écrit en anglais en 2024 ; le portail du Conseil des affaires de l'État le répète la même année ; l'article de la Commission nationale des affaires ethniques le formule avec une pointe de regret, notant que les trois autres viennent d'abord à l'esprit tandis que Maijishan garde « le parfum d'une beauté élevée à l'écart et ignorée du monde ».

Cette formule est chinoise et non onusienne : elle ne figure ni dans le dossier de nomination, ni dans l'évaluation de l'ICOMOS.

Mille six cents ans de creusement

Le dossier de nomination retrace les campagnes. Le creusement commence sous les Qin postérieurs, l'un des Seize Royaumes (384-417), sous des souverains qui honoraient le bouddhisme. Le grand temps du site va du milieu du Ve siècle au début du VIIe : les Wei du Nord y ouvrent à eux seuls 88 grottes, le plus grand nombre de toutes les dynasties. Les Wei de l'Ouest relancent le chantier au milieu du VIe siècle après l'inhumation dans la montagne d'une impératrice, puis les Zhou du Nord poursuivent.

Sous les Sui, à la charnière des VIe et VIIe siècles, les nouvelles grottes se logent dans les intervalles laissés par les précédentes. Suit un long creux, du VIIe au XIe siècle. Entre le XIe et le milieu du XIIIe, plus de cinquante grottes sont reconstruites. Après quoi le site retombe dans l'oubli sous les Yuan, les Ming et les Qing — et le dossier note que cet oubli l'a préservé des guerres et des pillages.

Au pied de la falaise sud subsiste le temple Ruiying, bâti au Ve siècle et reconstruit au XVIe ; au sommet, une pagode octogonale de cinq étages et neuf mètres, du VIIe siècle, reconstruite au XVIIIe.

Le séisme, et ce qu'on ne sait pas de lui

On lit partout que la montagne formait à l'origine un massif entier, qu'un séisme en fit s'effondrer la partie médiane et que l'ensemble se trouva ainsi séparé en falaise est et falaise ouest. Le gazetier des monographies locales date l'événement de la vingt-deuxième année de l'ère Kaiyuan des Tang, soit 734. Le dossier de nomination, lui, cite deux séismes, en 708 et en 734, et estime que près de cent grottes furent ruinées.

Une étude publiée en 2007 dans la revue Séismologie et géologie, par une équipe de l'Institut de séismologie de Lanzhou, permet d'aller plus loin — et invite à la prudence. Elle établit que le séisme de 734 eut son foyer dans la région de Tianshui, avec une intensité épicentrale de degré X et une magnitude d'environ 7, et que les annales des Tang comptent plus de quatre mille morts. Mais elle relève aussi que la scission de la falaise, telle qu'on la raconte, n'est consignée par aucune source d'époque : l'attribution remonte à un travail de 1984, et les séismologues estiment qu'un autre séisme, celui de 600, avait déjà endommagé le site. Les deux histoires officielles des Tang ne s'accordent d'ailleurs pas sur le jour.

Ce que les auteurs retiennent malgré tout est que les grottes des Tang, concentrées dans la partie médiane de la falaise, ont bien été détruites en masse — et ils citent à l'appui une stèle érigée en juillet 1984 par le gouvernement populaire du Gansu et le ministère de la Culture, qui atteste l'effondrement complet du groupe central.

Le grand bouddha et le sourire

La pièce la plus visible est le grand bouddha de la falaise est, la grotte 13, creusée sous les Sui : un noyau de pierre revêtu d'argile, haut de 15,7 mètres, figurant Amitabha entre Guanyin et Mahasthamaprapta. Un second grand bouddha, sur la falaise ouest, remonte aux Wei du Nord et fut restauré sous les Zhou du Nord puis les Song ; aucune source institutionnelle consultée n'en donne la hauteur.

La renommée du site tient pourtant à autre chose. Le grès de Maijishan, tendre et feuilleté, ne se prête pas à la taille fine : on y a donc modelé l'argile et peint plutôt que sculpté la pierre. C'est ce qui a produit les visages pour lesquels on vient — celui d'un jeune novice de la grotte 133, attribué à la fin des Wei du Nord, que les Chinois appellent le sourire d'Orient.

Sources

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