Vos calligraphes chinois préferés?

Quels sont vos calligraphes chinois préferés (anciens ou actuels)?

1 réponse

  1. Zhou Jianguo

    Bonjour Steph,

    Question dangereuse : un Chinois peut en parler toute une soirée. Je m'en tiendrai à ceux qu'il faut connaître, et à un conseil pour finir.

    Les anciens

    Wang Xizhi (IVe siècle) domine tout. On l'appelle le Sage de la calligraphie. Sa Préface au pavillon des orchidées est le texte le plus copié de l'histoire chinoise... et l'original a disparu : l'empereur Taizong des Tang l'aimait au point de se le faire enterrer avec lui. Nous ne connaissons donc que des copies de copies, et c'est encore le plus beau que nous ayons.

    Yan Zhenqing (VIIIe siècle) est mon préféré, et pas seulement pour son écriture régulière, large et droite, qu'on fait copier aux enfants. Son Brouillon d'éloge funèbre pour un neveu est un texte écrit sous le coup de la douleur, avec des ratures, des reprises, l'encre qui s'épuise : on suit la main d'un homme effondré. Beaucoup le tiennent pour le second plus grand écrit cursif de tous les temps, et il n'est pas un exercice, c'est un cri.

    Ouyang Xun et Liu Gongquan, pour la rigueur du kaishu ; Zhang Xu et le moine Huaisu pour la cursive folle, qu'on ne lit plus mais qu'on regarde comme une danse ; Su Shi, Huang Tingjian et Mi Fu sous les Song, où la calligraphie devient l'expression d'un caractère ; Zhao Mengfu sous les Yuan.

    À la fin des Ming, Wang Duo et Fu Shan portent la grande cursive à son sommet, dans la tradition des recueils de modèles. Puis, à partir du milieu des Qing, on se détourne des modèles pour aller voir les inscriptions sur pierre et sur bronze : c'est l'affaire de Deng Shiru, puis de Wu Changshuo, qui rendent leur jeunesse aux écritures sigillaire et chancellerie.

    Les modernes

    Yu Youren, qui a tenté de normaliser la cursive pour qu'elle redevienne lisible. Shen Yinmo, Lin Sanzhi. Et Qi Gong, disparu il y a quelques années, dont l'écriture est reconnaissable entre mille et dont on voit encore la main sur des enseignes et des couvertures de livres partout en Chine.

    Le conseil

    Si vous voulez vous y mettre, ne commencez pas par ce qui vous plaît. Commencez par copier : 临帖... et copiez du kaishu : la stèle de la Pagode aux nombreux trésors de Yan Zhenqing, ou le palais Jiucheng d'Ouyang Xun. On copie pendant des années avant de chercher sa main. C'est ennuyeux et c'est la seule route.

    Un mot que je répète aux jeunes : 字如其人, l'écriture est à l'image de l'homme. Cela ne veut pas dire qu'un honnête homme écrit bien, mais qu'on ne peut pas cacher son tempérament dans un trait. C'est pourquoi nous jugeons quelqu'un sur trois caractères écrits au tableau.

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