Petit condensé de culture chinoise

                                 

La Culture chinoise est vaste ! il est donc difficile de l’appréhender et de se rendre compte de son étendue. La calligraphie, le thé, la musique traditionnelle, la médecine chinoise, la cuisine, sont des notions connues et reconnues, mais il n’est pas toujours facile d’aller plus loin dans ces sujets tout en étant en France.

Afin de découvrir d’autres facettes de la Chine, je vais proposer sur ce fil des mini-articles traitant de curiosités, de choses insolites ainsi que de traits de la culture peu connus des français.

Les sujets traités seront piochés dans l’actualité, dans la presse, sur internet et de ce que j’ai pu voir sur place. Chacun peut apporter des précisions ou corrections et participer au quizz que je propose à la fin de chaque article.
 
Le but étant d’apprendre des choses que l’on a pas l’habitude de voir dans nos médias !

 
Premier Article : La musique chinoise moderne…

 
Récemment je discutais avec un proche de la culture chinoise, jusqu’à ce qu’on parle de la musique. Lui demandant son avis, il m’a répondu qu’il n’aimait pas les sons et que c’était trop lent, trop traditionnel. Il pensait en fait que les chinois écoutent encore de la musique avec des « ding, dong » et autres joyeusetés.

C’est compréhensible car c’est ce que les médias nous vendent au quotidien, empirant encore les clichés que nous avons déjà !
Pour vous montrer autre chose, j’ai découvert récemment le Métal chinois, en chinois, 金属音乐.
Qu’on aime ce genre ou non, je trouve son développement en Chine très intéressant, avec des pionniers charismatiques et tout et tout…

 
Historique concis du métal chinois :
 
Kaiser Kuo, 郭怡广l’un des pionniers du métal en Chine, né aux Etats-Unis, arrive à Beijing en 1988. Il commence à jouer avec un ami, après avoir assisté à la piètre représentation d’un groupe japonais, pensant pouvoir faire beaucoup mieux !
Ils sont rejoints par un ami et commencent à jouer dans la boutique d’un disquaire. Ils attirent rapidement une petite foule de curieux. Kaiser peut ainsi accéder au monde du rock de Pékin et fera la connaissance d’un guide touristique, surnommé Lao Yaogun 《老摇滚》,que l’on traduira par « Vieux Rock & Roll » , collectionneur de titres de rock occidentaux. Celui-ci participe à l’expansion du genre musical, en copiant les CD rapportés par ses clients étrangers et devient le promoteur du rock chinois.

 
 Kaiser Kuo

Par la suite, Kaiser rencontrera un guitariste et chanteur, avec lequel il commence à composer. C’est la création du groupe Dynastie Tang, ou Tang Chao en chinois 唐朝. Ce nom car ils incluent des techniques vocales traditionnelles et de la poésie lyrique à leurs titres.
Le groupe est à l’origine composé de quatre membres : deux américains et deux chinois. Ils seront rejoints quelques temps après par un second guitariste.
Leur première tournée, en 1989 est un désastre car la population n’est pas habituée à ce genre musical et, voyant qu’il s’agit en majorité de chinois (un producteur les avait présenté comme le groupe d’instrumentalistes de Mickaël Jackson, tu m’étonnes), la foule se met en colère, part en émeute et met le feu au guichet. Des débuts prometteurs !

Ils sortent leur premier album en 1992, qui sera un immense succès (2 millions d’exemplaires vendus).
A partir de ce moment-là, des groupes de jeunes chinois aux cheveux longs émergent de toute la Chine, et un public enthousiaste et fan du genre, réputé très soudé, voit le jour.
Le groupe a aujourd’hui changé, après des départs, de nouvelles arrivées, mais est toujours, LE groupe icône du genre dans le pays.

Dynasty Tang

Ambiance lors d'un concert de Métal...

Je ne partirai pas plus dans les détails, tout le monde n’étant pas fan du genre, le but étant de montrer qu’en Chine, comme dans tout pays, chaque type musical est représenté.
 
Quizz !  Vrai ou Faux ?


  • Les chinois sont de grands pratiquants de Headbanging (vous savez, la danse ou on remue la tête)
  • Les incidents violents sont courants pendant les concerts de Métal en Chine
  • Il existe de nombreux clans de fans en conflit les uns contre les autres
  • Les fans de Métal en Chine sont également de grands amateurs de littérature d'Arts Martiaux
  • Le gouvernement chinois encourage ce genre musical

La correction du questionnaire au prochain article...

 
Prochain point culturel dans deux jours !

50 réponses

  1. FREDI

    Je ne m' intéresse pas du tout à la musique chinoise moderne......Je ne suis pas du tout "fan du genre", pour  reprendre votre expression. ;)

    Cependant, je salue votre initiative, bravo !! (y) :D

    La culture chinoise, ancienne ou moderne, est si vaste...... et les généralisations, les raccourcis sont très nombreux .

    Au plaisir de vous lire .

  2. Zhendema

    Merci FREDI ! C'est pour cela que je vais varier les sujets, afin d'intéresser un maximum de lecteurs.

    Vous pouvez tenter de répondre au quizz si ça vous tente ;)

  3. David Houstin

    Super boulot  de recherche !!! Un très bon article que je vais partager de ce pas... Merci ! (y)

  4. Lao Hu

    Je me sens bien proche de Fredi, et concernant mon manque d'appétence pour la musique Metal, et pour saluer votre initiative avec enthousiasme. D'ailleurs, appétence ou pas, le sujet m'intéresse. Quant au Quizz, il m'est facile de répondre aux quatre premières questions : je n'en ai pas la moindre idée ! Pour ce qui regarde la dernière, cela me semble évidemment à priori plutôt douteux, même si le courant Metal semble assez apolitique et peu subversif, si on le compare à ce qu'était le mouvement Punk par exemple.

  5. Guan Yu

    Très sympa ce petit topo ! :)
    Je m'intéresse à la musique chinoise moderne mais malheureusement ce n'est pas trop le cas de mes amis chinois... J'avais déjà entendu parlé de Dynasty Tang quand un ami m'avait fait écouter leur reprise rock de l'Internationale (http://v.youku.com/v_show/id_XMTA2NDY3MTAw.html).
    Peut-être un début de réponse à la dernière question...^^

  6. Anonyme

    Belle initiative, j'espère que vous saurez tenir le cap de vos engagements, c'est du travail qui va passioner les gens sur le forum. La culture doit toucher tous les sujets afin d'éveiller les sens Bon courage, et merci

  7. Zhendema

    Merci de vos commentaires ! Oui je vais tenir mes engagements sur ce point culture, un article tous les deux jours étant tout à fait faisable.
    Je donnerai demain les réponses du quizz tout en postant un nouvel article dans un registre totalement différent.

    A demain donc !

  8. michelem

    Comme Fredi et  Laohu , je ne suis pas très "perceptive" à ce style musical(je suis plus agée que vous !!!).Il n'empêche que j'apprécie votre démarche afin de nous transmettre votre passion. Je suis allée sur internet pour en savoir davantage sur cette musique (il faut rester curieuse !!!) Bon, mes oreilles ont souffert,je n'aurais peut-être pas dû mettre les écouteurs ...

    Tentatives de réponses au quizz

    Je pense que le headbanging  doit être pratiqué en Chine aussi ...
    Je ne crois pas que le gouvernement chinois encourage ce genre de musique 

    Quant aux autres questions ???  Pour moi, "c'est du chinois " !!! ;)

  9. Zhendema

    Réponses au Quizz du dernier article !

    (Bravo à Michelem et Laohu pour leurs bonnes réponses !)


    • Les chinois sont de grands pratiquants de Headbanging (vous savez, la danse ou on remue la tête)

    VRAI ! Les fans chinois sont de grands adeptes de cette pratique

    • Les incidents violents sont courants pendant les concerts de Métal en Chine

    FAUX ! L'ambiance est en général bonne, et peu d'incidents sont à déplorer

    • Il existe de nombreux clans de fans en conflit les uns contre les autres

    FAUX ! Les fans de métal chinois sont soudés entre eux

    • Les fans de Métal en Chine sont également de grands amateurs de littérature d'Arts Martiaux

    VRAI ! L'état d'esprit recherché par les fans de métal semble se retrouver dans la littérature d'Arts Martiaux

    • Le gouvernement chinois encourage ce genre musical

    FAUX ! Il considère ce genre musical comme une menace et le tolère, mais pas plus

    [color=#800080]Deuxième article ! la bataille de la falaise rouge 赤壁之战[/color]

                         L'endroit supposé où s'est déroulé la bataille
     
    Pour ce deuxième article, je vais vous parler d’une bataille qui a eu lieu en Chine pendant la période des Trois Royaumes 三国. Sa particularité est d'avoir été remportée par le camp présentant le plus faible effectif de troupes. Cette victoire est due à des stratèges militaires de génie, dont un en particulier, Zhuge Liang 諸葛亮.

      
    L'un des plus grands stratèges de la Chine ancienne, Zhuge Liang, dont le nom est mentionné à plusieurs reprises dans l'Art de la Guerre
     
    Cette bataille opposa, au cours de l’hiver 208, les armées du Seigneur de Wei, à celle des Royaumes alliés de Wu et de Shu.
    Le Seigneur de Wei entreprend une réunification de la Chine. Il décide donc d’envahir le Royaume indépendant de Shu. Le Seigneur de Shu, afin de diminuer le déséquilibre avec son adversaire, décide, sur les conseils de son stratège Zhuge Liang, de s’allier au Seigneur du Royaume de Wu.
    Les stratèges des deux royaumes sont appelés à coopérer pour superviser la bataille.

    Le Seigneur de Wei, voyant cette alliance comme une menace, dirige son armée contre les forces alliées avec le but d’attaquer par voie maritime. Il s’installe avec ses soldats et sa flotte en face du camp des alliés, au Nord du fleuve Yangzi.

    Ses ennemis, les Royaumes alliés vont déterminer deux stratégies pour l'affaiblir :

    La première : faire passer pour des traitres les deux seuls officiers de Wei maitrisant le combat naval, qui seront mis à mort.

    La seconde : un officier de Wu, se faisant passer pour un soldat du seigneur de Wei, réussit à le convaincre d'attacher les vaisseaux les uns aux autres afin, soi disant, de réduire le mal de mer qui touche les troupes, non habituées à voyager sur des navires (nous verrons le but réel de cette manoeuvre plus loin...).
     
    Un commandant de Wu envoie alors une fausse lettre de capitulation au seigneur de Wei, et fais préparer des navires convertis en navires incendiaires remplis d’huile, de bois et roseaux secs, de graisse… Il s’approche avec le faux escadron de capitulation au plus près de la flotte ennemie. Des marins mettent alors feu aux navires incendiaires, qui, portés par le vent, se déplacent lentement jusqu’à la flotte de Wei et y mettent le feu.
    Le feu se propage de bateau en bateau, ceux-ci étant attachés... (d'où le but de la seconde stratégie !)

    Des milliers de soldats périront brulés ou noyés et le reste des forces devra effectuer un repli d’urgence.
     
    La falaise ayant été colorée de rouge par les feux ardents des bateaux, on appela le lieu de la victoire Zhi bi 赤壁 ou falaise rouge.

     
    Les inscriptions "zhi bi" 赤壁 sur le lieu supposé de la bataille

    La grande erreur du Seigneur de Wei, bien que fin stratège, aura été de sous-estimer son adversaire et de ne compter que sur sa supériorité numérique. De plus, ses soldats n’avaient aucune expérience du combat sur l’eau et beaucoup d’entre eux ne savaient pas nager.
     
    Cette bataille opposa 220 000 à 250 000 soldats pour le Seigneur de Wei, à environ 20 000 à 50 000 pour les royaumes alliés !

    Les sources et récits de la bataille étant nombreux, n’hésitez pas à me dire par MP si vous voulez apporter des modifications. Ce point culture peut être modifiable par tous.
    L'histoire a été simplifiée et axée sur les faits et non pas sur les personnages. Pour ceux souhaitant approfondir je pourrais faire un article complémentaire en indiquant les noms et le contexte général.

    Quizz ! Vrai ou Faux ?

    • Pour décourager ses ennemis, le seigneur de Wei se disait être à la tête d'une armée de 800 000 hommes
    • Le seigneur de Wei ne reconnut jamais que sa défaite était due au génie stratégique de ses adversaires mais à la maladie qui avait affaibli ses hommes
    • Les deux stratèges des Royaumes alliés étaient de grands amis et travaillaient ensemble avec plaisir
    • Des versions historiques présentent la victoire comme provoquée par une  incantation taoïste prononcée par le stratège Zhuge Liang qui fit changer le vent de direction
    • Le lieu où s'est déroulée la bataille est aujourd'hui certain et incontestable

    La correction du quizz au prochain article !

    Le prochain point culture dans deux jours !

  10. Lao Hu

    Merci Zhendema pour ce nouveau sujet (mais je maintiens que le premier n'était pas, au contraire, dénué d'intérêt – j'en ignorais tout, et ignorer est une chance, puisque cela permet d'apprendre des choses nouvelles).Je voulais juste ajouter une ou deux petites choses, concernant cette bataille de la Falaise Rouge.Elle a fait l'objet d'un excellent film épique(en dépit d'aspects critiquables sur lesquels je vais revenir) de John Woo, que je ne peux que recommander.La bataille oppose en effet deux camps.D'un côté, le seigneur du royaume de Wei, qui s'est donné la vocation de réunifier la Chine (Il proclame cette ambition dans le film : “一国天下!”''Un seul Royaume sous le Ciel!''). Il s'agit de Cao Cao, brillant administrateur, brillant chef de guerre (en dépit de cette défaite), et poète de talent.En face, les royaumes de Wu (celui de Sun Quan) et de Shu (celui de Liu Bei, conseillé en effet par Zhuge Liang).Je retourne au film, dont il faut voir la version originale en deux parties ( 赤壁 et 赤壁之战 ), et pas cette version condensée destinée au public occidental (dont, semble-t-il, on a véhiculé une bien piètre image), d'où presque toutes les scènes intimistes, si belles, ont disparu pour ne laisser subsister que les scènes de bataille, par ailleurs fort convaincantes. Les deux actrices principales sont, dans des rôles qui soulignent des caractères et des sensibilités très différents, d'un charme irrésistible (on retrouve l'une d'elles dans le rôle titre de Mulan). L'acteur japonais qui tient le rôle de Zhugeliang est parfait aussi.Cela étant, le film s'aligne sur les partis pris du Roman des Trois Royaumes, très hostile à Cao Cao, et va même au-delà, s'appliquant dans les scènes finales (avec règlement de comptes dignes de Zorro) à ridiculiser celui dont il a choisi de faire le méchant, c'est à dire Cao Cao .(On pourrait imaginer de la sorte de ridiculiser Richelieudont on ferait arracher la perruque par d'Artagnan au cours d'un duel final !).Vous verrez toutefois, je vous l'assure, ce film avec plaisir, pourvu que ce soit dans la version d'origine. Il recèle bien des merveilles, comme cette séquence dans laquelle Zhuge Liang et Zhou Yu (qui prend en mains le commandement des forces du royaume de Shu) communiquent dans un duo improvisé de Gu Qin – ce splendide et envoûtant instrument à cordes qui fascinait déjà dans le Héros de Zhang Yimou.

  11. FREDI

    Voilà un sujet particulièrement intéressant..... :D

    qui nous ramène à la littérature chinoise, ainsi qu' au cinéma chinois.....

    La période des "Trois Royaumes" fait partie des grands moments de l'histoire chinoise. Outre de nombreux récits historiques et un célèbre roman, cet épisode historique a nourri de nombreuses fictions plus ou moins fidèles à la réalité des faits.....

    A voir : dossier complet sur le film "Les trois royaumes"

    http://www.icilachine.com/cinema/actualites-cinema/1362-dossier-special-les-trois-royaumes-de-john-woo.html

    L'histoire de la « bataille de la falaise rouge », avec la description des combats, apparaît dans divers recueils historiques, mais le récit le plus détaillé se trouve dans la « Chronique des trois royaumes » ou 《三国志》 Sānguó zhì, écrite au troisième siècle, sous la dynastie des Jin. Couvrant la période 189-280, c'est l'un des quatre grands recueils historiques, avec le Shiji de Sima Qian, le Livre des Han et le Livre des Han postérieurs, qui figurent dans les « 24 Histoires officielles ».

    Le roman, reflet de l'idéologie Ming

    Cependant, une version romancée de cette histoire a été reprise dans le « Roman des trois royaumes », ou 《三国演义》 Sānguó yǎnyì. Ecrit, lui, au quatorzième siècle, c'est l'un des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise ou 四大名著 sì dà míng zhù (avec Au Bord de l'eau, Voyage en Occident et Le Rêve dans le Pavillon Rouge). 

    Il repose sur la chronique historique, mais surtout sur des récits populaires et des légendes nées de l'histoire incorporant une bonne dose de fantastique et de surnaturel, le tout transmis oralement. Sous les Ming, le développement de la littérature populaire, sous forme de pièces de théâtre et de romans, leur donna une nouvelle vie et contribua à les immortaliser.

    Recevant sa forme quasiment définitive sous les Ming, le roman répond aux normes politiques de l'époque. Les Ming, en effet, avaient au départ un gros problème de légitimité. Le fondateur, Zhu Yuanzhang ( 朱元璋 ), était, dans les dernières années de la dynastie des Yuan, un orphelin qui était entré dans un monastère bouddhiste pour éviter la famine et avait ensuite rejoint les rangs des rebelles du mouvement des Turbans rouges. Une fois arrivé sur le trône impérial, il lui fallait faire oublier ses origines de chef rebelle issu de la paysannerie et, pour cela, se rattacher à la lignée glorieuse des empereurs légitimes de l'histoire officielle : les Han.

    Dans le « Roman des trois royaumes », c'est donc Liu Bei et son royaume de Shu (Han) qui est glorifié, alors que les deux autres protagonistes, Cao Cao et Sun Quan, sont dénigrés, contrairement à la chronique, écrite sous les Jin, qui considéraient l'Etat de (Cao) Wei, dont ils étaient issus, comme les successeurs légitimes des Han.

    De manière caractéristique, par exemple, l'empereur Wanli des Ming ( 明神宗 ), à la fin du 16ème siècle, alla jusqu'à diviniser Guan Yu ( 关羽 , sous le titre de « Seigneur Guan » ( 关帝 )  : Guan Yu n'était-il pas devenu le fidèle conseiller et stratège de Liu Bei, après avoir d'abord combattu pour Cao Cao ?

    De la même manière, les exploits et les mérites de Zhuge Liang ( 诸葛亮 ), l'autre fidèle second de Liu Bei, sont glorifiés pour le faire apparaître comme un stratège hors pair et doté de pouvoirs quasi surnaturels, capables de susciter des vents favorables à la flotte, alors que les conseillers et généraux de Sun Quan, Lu Su et Zhou Yu, sont dénigrés, le dernier en particulier, décrit comme cynique et cruel, alors que, d'après la chronique, c'est son idée de génie qui a permis aux deux alliés de vaincre Cao Cao à Wuling (voir article précédent). 

    L'histoire romancée

    « Le roman des trois royaumes » est une oeuvre populaire qui comporte aussi son lot d'historiettes impliquant des personnages féminins dont certains ont été repris dans le film de John Woo qui avait besoin de son quota d'actrices glamour pour attirer le grand public et assurer le succès du box office.
    La plus notable de ces histoires est celle des « deux Qiao », deux soeurs connues sous leurs simples pseudonymes de 大乔 et 小乔  ;(la grande et la petite Qiao). Filles d'un éminent mandarin selon la chronique, elles épousèrent Sun Ce ( 孙策 ) et Zhou Yu ( 周瑜 ).

    Le premier, frère de Sun Quan qui lui succéda, avait été élevé avec le second qui devint le stratège émérite de la famille. Dans le roman, les deux soeurs, par les intrigues qu'elles suscitent, sont la cause indirecte de la bataille de la falaise rouge. Le personnage de Xiao Qiao ( 小乔 ) est repris dans le film de John Woo, et interprété par la star et super-modèle taiwanaise Lin Chi Ling ( 林志玲 )...

    Le film suit le roman plutôt que l'histoire officielle, en rajoutant même sa propre dose de fiction.....

  12. FREDI

    voici un autre article de cet excellent dossier :

    http://www.icilachine.com/culture/histoire-de-la-chine/62-histoire/1359-les-trois-royaumes-de-john-woo-le-contexte-historique-autour-du-film.html

    Le contexte historique de la fin des Han

    Nous sommes à la toute fin de la dynastie des Han, sous le règne du dernier souverain de la dynastie, l'empereur Xian ( 汉献帝 ), fils de l'empereur Ling ( 汉灵帝 ) pendant le règne duquel a éclaté la révolte des Turbans jaunes, en 184. 

    L'empire est exsangue, aux mains de divers seigneurs de guerre qui tentent d'étendre le territoire qu'ils contrôlent. En 189, l'un d'eux, du nom de Dong Zhuo, écarte du trône le successeur légitime Liu Bian pour y placer son frère, l'empereur Xian, justement, qui n'est donc plus désormais qu'une marionnette que tout le monde cherche à contrôler pour légitimer son propre pouvoir. 

    Dong Zhuo est assassiné en 192 et l'empereur Xian finit, en 196, par tomber sous la coupe du seigneur de guerre le plus puissant du nord du pays, le redoutable Cao Cao ( 曹操 ), qui n'a plus, dès lors, qu'une idée : réunifier et pacifier l'ensemble du pays sous sa tutelle. Mais il doit pour cela reconquérir la partie sud de l'empire, où il doit affronter deux factions rivales très puissantes : celle de Sun Quan (  孙权  ) et celle de Liu Bei (  刘备  ).

    Toute la partie sud-est de l'empire est contrôlée par la famille Sun dont le dernier descendant, Sun Quan ( 孙权 ), succède en 200 à son frère Sun Ce ( 孙策 ), assassiné par une bande rivale dont il avait tué le chef peu de temps auparavant. Sun Quan n'a que dix-huit ans, mais, entouré des conseillers de son frère, il va se révéler très vite un redoutable adversaire.

    Quant au sud-ouest, ce qui correspond en gros à ce qui est aujourd'hui le Sichuan, autour de Chengdu, il est plus ou moins contrôlé par le gouverneur local, Liu Biao ( 刘表 ), qui a donné refuge à un autre chef de guerre qui s'est enfui du nord après avoir tenté d'assassiner Cao Cao,  Liu Bei, ( 刘备 ). Car ce Liu Bei est un (lointain) descendant de la famille impériale et en revendique l'héritage.

    Face aux visées hégémoniques de Cao Cao, tout ce petit monde va se serrer les coudes pour empêcher l'impétrant de conquérir le sud.

    Les visées hégémoniques de Cao Cao

    En 207, Cao Cao a réunifié le nord de l'empire et fini d'en sécuriser la frontière nord après une campagne victorieuse contre  les tribus Wuhuan qui s'étaient alliées à un autre chef de guerre. Au retour, il est nommé chancelier impérial : il est tout puissant. 

    Il peut dès lors se tourner contre le sud : il commence la campagne à l'automne 208, direction le bassin moyen du Yangtse, dont la base navale stratégique de Jiangling ( 江陵 ), contrôlée par Liu Biao, était la clé de l'accès au sud. 

    Cette première étape de la campagne est un succès. Le clan de Liu Biao, malade, a été affaibli par une lutte entre ses deux fils pour sa succession. A sa mort, c'est son plus jeune fils qui lui succède et, paniqué, se rend tout de suite. Jiangling tombe aux mains de Cao Cao avec une flotte importante et tout un dépôt de munitions.  

    Cependant, Liu Bei réussit à s'enfuir, avec une horde de civils et de soldats poursuivis par la cavalerie d'élite de Cao Cao qui en décime les rangs. Liu Bei parvient à rejoindre les avant-postes de Sun Quan, bientôt rejoint par le fils aîné de Liu Biao qui lui amène quelques renforts. Le principal conseiller de Liu Bei, Zhuge Liang ( 诸葛亮 ), est alors envoyé auprès de Sun Quan pour former une alliance contre Cao Cao.
    Quand Zhuge Liang arrive, cependant, Sun Quan vient de recevoir une lettre de Cao Cao, se vantant de commander quelque 800 000 hommes, et demandant la reddition sans condition. C'est le commandant en chef de Sun Quan, Zhou Yu ( 周瑜 ), qui trouve les arguments en faveur du combat et de l'alliance : d'abord, Cao Cao avait certainement surévalué ses effectifs, ensuite il y avait dans leurs rangs des troupes récemment récupérées de l'armée de Liu Biao dont la loyauté n'était pas assurée, et en outre, tous ces soldats étaient des gens du nord qui allaient tomber malade dans le climat du sud auquel ils n'étaient pas habitués, surtout qu'ils allaient être épuisés par la marche forcée qui leur avait été imposée. 

    C'est ainsi qu'eut lieu la « bataille de la falaise rouge » qui a donné son titre au film et en est le sujet principal : 《 赤壁之战 》Chìbì zhī zhàn.

    La bataille dite « de la falaise rouge »

    Il y eut en fait trois batailles successives pour venir à bout de Cao Cao, mais c'est la première qui est la plus célèbre.

    Cette première bataille, la bataille navale de Wulin ( 乌林 ) dans ce qui est aujourd'hui le Hubei, sur la rive nord du Yangtse), est sans aucun doute la plus spectaculaire. La victoire des alliés fut due à l'astuce de l'un des commandants de Sun Quan, Huang Gai ( 黄盖 ). 

    Les soldats de Cao Cao, comme l'avait bien prévu Zhou Yu, étaient épuisés par la marche et la maladie, mais ils étaient en plus affaiblis par le mal de mer, n'ayant auparavant jamais mis les pieds sur un bateau : Cao Cao avait donc attaché ses bateaux les uns aux autres pour diminuer le roulis.

    Ce que voyant, Huang Gai fit préparer des « bateaux-torches » remplis de combustible qu'il enflamma et fit dériver, poussés par le vent, vers la flotte de Cao Cao. Le feu se propageant facilement d'un bateau à l'autre, la flotte fut détruite, avec nombre d'hommes et de chevaux, brûlés ou noyés.

    La retraite fut tout aussi désastreuse, en particulier à travers des marécages, au nord du lac Dongting, qui avaient été gorgés d'eau par de fortes pluies, les troupes, décimées par la famine et la maladie, étant une proie facile pour les soldats envoyés à leur trousse par les deux alliés. Cao Cao finit par se replier plus au nord en laissant la base de Jiangling à la garde d'un de ses jeunes cousins, Cao Ren ( 曹仁 ).

    Il restait donc à prendre Jiangling. Mais la base était trop bien défendue pour pouvoir être prise directement. Il fut donc décidé de prendre d'abord la ville de Yiling ( 夷陵之战 ), au nord-ouest de Jiangling, la chute de celle-ci signifiant la  rupture des lignes de ravitaillement de la base navale.  Ce fut la bataille de Yiling ( 夷陵之战 ), avant la bataille finale de Jiangling ( 江陵之战 ) : au bout d'un siège de près d'un an, Cao Ren fut obligé de se rendre faute de ravitaillement, fin 209.Une bataille aux conséquences déterminantesLa « bataille de la falaise rouge » eut pour effet de rééquilibrer les forces rivales et de les rendre désormais incapables de prétendre étendre leur territoire, encore moins viser à une quelconque hégémonie. Cao Cao était relégué dans le nord. 

    Sun Quan avait subi de lourdes pertes au cours des longs affrontements qui suivirent la bataille de Wulin ; en outre, il perdit en 210 son stratège de génie et ami, Zhou Yu, ce qui l'affaiblit considérablement. Quant à Liu Bei, au contraire, il occupa la province de Jing (en gros le Sichuan) que Cao Cao venait de perdre, ce qui lui donnait, avec le contrôle en amont du Yangtse, un avantage stratégique considérable.

    Il en résulta donc un équilibre des puissances débouchant sur les « trois royaumes » qui se répartirent les terres de l'empire après la chute définitive de la dynastie des Han, en 220, lorsque le deuxième fils et successeur de Cao Cao, Cao Pi ( 曹丕 ), finit par renverser l'empereur Xian. 

    Il sont généralement connus comme Wèi ( 魏 ), Shǔ ( 蜀 ) et Wú ( 吳 ), mais on a tendance, pour les désigner, à rajouter un caractère pour les distinguer d'autres Etats du même nom dans l'histoire chinoise :

    Cáo Wèi ( 曹魏 ), domaine, donc, de Cao Pi, avec pour capitale Luoyang. Le « royaume » sera finalement renversé et assimilé en 265 par la dynastie des Jin ( 晋朝 ), fondée par le clan Sīmǎ 司马.

    Shǔ Hàn ( 蜀漢 ), territoire de Liu Bei qui s'y déclara empereur en 221 après la proclamation similaire de Cao Pi à Wei. Mais Liu Bei ne prétendit jamais être le fondateur d'une nouvelle dynastie, il se réclamait simplement de l'héritage « familial ».

    Dóng Wú ( 東吳 ), contrôlé par Sun Quan qui s'y déclara à son tour empereur en 229. 

    L'équilibre fut maintenu jusqu'à ce que la dynastie des Jin le fasse voler en éclats, le dernier « royaume » à disparaître étant celui de Wu, en 280.

  13. ckdeux

    Trois Royaumes 三国

    Le film " Red Cliff " de John Woo est déjà projeté en France en 2009.
    Voici quelques commentaires du film sur le forum de Chine-Informations :

    https://chine.in/forum/les-trois-royaumes-au-cinema_11335.html

  14. Lao Hu

    Fredi nous gratifie là, en effet, d'un excellent dossier sur cette période et cet épisode passionnants.
    J'avais d'abord vu les deux films de la version d'origine, sur DVD achetés dans une boutique (chinoise) parisienne, avec sous-titrage en anglais.
    Plus tard, on m'a emmené voir la version tronquée qui m'avait proprement scandalisé tant ce massacre donnait à penser qu'on tenait en piètre estime le public français – mais sans doute avait-elle été conçue d'abord pour les salles américaines.

  15. David Houstin

    J'avoue que je n'avais jamais entendu parlé de la bataille de la falaise rouge 赤壁之战...

    Encore une chose intéressante apprise aujourd'hui, merci !

  16. Zhendema

    @ Laohu : pas de problème, je savais, avant de faire le premier article, que le sujet ne plairait pas à tout le monde. Le but étant de faire découvrir autre chose et de se cultiver sur des sujets divers.
    Ce qui m'a plu lors des réactions au premier article c'est que Michelem, ne faisant apparemment pas partie de la "génération Métal", a pourtant essayé par curiosité d'écouter un titre, c'est ça l'intérêt ! Après on aime ou on aime pas...

    Merci Fredi pour ce dossier très complémentaire, on a une vue d'ensemble du conflit et les clés en main pour mieux appréhender la bataille de la falaise rouge.

    Je voulais parler rapidement de l'adaptation cinéma mais au vu des libertés prises (légitimes), j'ai préféré laisser ce point de côté.

    Merci pour vos commentaires, je me met demain au prochain article !

  17. Lao Hu

    C'est sans doute amusant de bâtir un Quizz, mais certainement aussi décevant s'il n'y est pas répondu. Donc, voici :
    1 (800000 hommes) c'est certainement vrai, en tous cas classique de vouloir ainsi démoraliser l'ennemi (et galvaniser ses propres troupes).
    2 Sans doute vrai (ce n'est d'ailleurs peut-être pas totalement dénué de fondement).
    3 Faux. Il s'agissait d'une alliance de circonstances, provisoire et non dénuée d'arrières-pensées.
    4 Vrai.
    5 Vrai, je crois.

  18. FREDI

    Lao Hu a raison...... (je suis moi-même un Lao-Hu, d' ailleurs..... ;)  ) emporté dans mon élan, j' ai complètement oublié le quizz !!! :s:'(

    donc, je réponds moi aussi :

    1/ vrai
    2/ vrai sans doute...
    3/ faux ! leur rivalité, en d' autres circonstances, est connue
    4/ vrai
    5/ hem, pas si sûr.....je dirai faux.....

    Merci pour ce sujet !!! :D

  19. FREDI

    Autre chose, que j' avais oublié de préciser :

    dans le film, on voit intervenir, contre Cao cao, des guerriers "héroïques" qui font de véritables exploits....
    Pour nous, occidentaux, cela signifie peu, mais pour la plupart des chinois, ces "héros légendaires"  (Guan Yu par exemple ) sont très connus, voire divinisés dans l' imagerie populaire.....

    Un peu comme nous les grands héros de la Mythologie grecque, Hercule; Jason; etc.......

    Donc, c' est un peu comme faire intervenir Jason et les argonautes dans un Péplum italien...... succès populaire  et/ou  sympathie du public assuré !

  20. michelem

    Merci Zhendema pour ce second sujet très intéressant . J'avais déjà lu des textes sur cette fameuse bataille mais j'avais surtout retenu le nom du "perdant" (Cao Cao) en écrivant un article sur un jeu chinois (le passage de Huarong)

    Voici mes propositions de réponses au quizz 
    1 : C'est vrai, bien que dans les faits Cao Cao  disposait au mieux de 220 000 hommes . L'art de l'intox !!!
    2 : Je dirais que c'est  vrai. Ses hommes ayant été malades et affaiblis par des marches forcées, l'argument permettait de ne pas reconnaître le génie stratégique de l'adversaire (et ainsi de ne pas perdre la face !!!)
    3 :  ????
    4 : C'est effectivement le vent qui a poussé les bateaux incendiaires vers ceux de Cao Cao ,provoquant sa déroute, mais je ne sais si des incantations taoïstes ont été prononcées ...???
    5 : Faux  Selon wiki, le lieu précis de la bataille n'a jamais été établi avec certitude .Voici un lien pour voir une carte. 

     http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Battle_of_Red_Cliffs_208_map-fr.svg

  21. Zhendema

    Réponse au quizz de l'article "La Bataille de la Falaise Rouge" !

    • Pour décourager ses ennemis, le seigneur de Wei se disait être à la tête d'une armée de 800 000 hommes
    • VRAI ! Cette stratégie, très efficace pouvait, par le découragement des adversaires, éviter des batailles et ainsi accélerer le processus de réunification de la Chine
    • Le seigneur de Wei ne reconnut jamais que sa défaite était due au génie stratégique de ses adversaires mais à la maladie qui avait affaibli ses hommes
    • VRAI ! Comme l'a soulevé Michelem, le but était certainement de ne pas perdre la" face"
    • Les deux stratèges des Royaumes alliés étaient de grands amis et travaillaient ensemble avec plaisir
    • FAUX ! Comme il a été dit par Laohu c'était une alliance de circonstance, et chacun des stratèges a tenté de faire disparaitre l'autre...
    • Des versions historiques présentent la victoire comme provoquée par une  incantation taoïste prononcée par le stratège Zhuge Liang qui fit changer le vent de direction
    • VRAI ! Les récits historiques contiennent une grande part de magie, de surnaturel, ce qui a contribué à la divinisation de nombreux personnages de la Chine ancienne (il existe d'ailleurs un temple Zhuge Liang à Chengdu)
    • Le lieu où s'est déroulée la bataille est aujourd'hui certain et incontestable
    • FAUX ! Beaucoup de villes se "disputent" la paternité du lieu (il y a même une ville qui s'est fait rebaptiser Chi bi). Malgré les nombreux récits il est difficile de le déterminer avec certitude car les fondations du Yangzi ont changé depuis. Et quand aux inscriptions de la falaise, elles ont été évaluées comme tracées il y a environ 1000 ans soit des siècles après la bataille.

    Bravo à FREDI (5/5) ! Laohu (4/5) et Michelem (3/5)

  22. Zhendema

    Troisième article : Les parcs en Chine ! 中国的公园
     
    Certains d’entre vous ont peut-être déjà eu l’occasion d’aller dans un parc en Chine. L’ambiance de ces lieux n’a rien à voir avec nos parcs français : c’est un lieu de vie, de partage et de découverte. Les chinois vont au parc comme les français iraient dans une salle de danse ou en cours de musique… C’est le lieu de prédilection des personnes âgées qui vont y retrouver leurs amis, s’adonner à leur pratique préférée ou tout simplement prendre un grand bol d’air frais pour fuir le tumulte de la ville.
     
    La première fois que je suis rentré dans un parc en Chine, c’était le parc de Huaxi 花溪公园 à Guiyang (Guizhou). C’était une promenade organisée par mes collègues de travail. Après quelques minutes de marche, nous entendons une musique traditionnelle, faisant penser aux vieux films de Kung-Fu. Nous continuons à nous approcher du lieu en question et tombons sur un groupe de femmes en costume de Tai-Chi, faisant voler des épées factices et effectuant une chorégraphie. Les autres français du groupe, surpris ou amusés, ont commencé à prendre des photos, tandis qu’un de mes collègues chinois me demandait : « Les français ne font pas ce genre de choses dans les parcs ? ».
    Plus tard dans la journée, nous sommes passés devant un trio musical, à mi –chemin entre l’opéra et le jazz. Ces groupes semblent tous uniques, avec chacun leur style et toujours souriants et chaleureux lorsque quelqu’un leur fais la joie de s’arrêter un instant pour les écouter.

     Un trio musical Jazz-Opéra (impossible de trancher pour un style en particulier !)

    Un autre jour, nous sommes allés nous promener au parc Qianling Shan de Guiyang avec deux collègues chinois, aussi appelée la "Montagne des singes". En grimpant pour aller au temple qui se trouve sur un promontoire, nous avons croisé un cinquantenaire qui grimpait à toute vitesse en se donnant de grands coups dans le dos avec un bâton. Tout en passant il me fit un grand sourire et continua sa montée en se frappant joyeusement le dos. Voyant ma surprise on m’expliqua que c’était un moyen pour détendre les muscles et vivifier le corps… intéressant !
     
    Plus loin, nous vîmes deux personnes âgées jouer au badminton, sport que j’aime pratiquer en France. L’une de mes collègues, alla parler à l’un des deux hommes qui me fit signe de venir jouer avec lui. J’ai commencé à jouer tranquillement jusqu’à me rendre compte que la personne en question était vraiment très forte. Je ne sais pas s’il venait tous les jours s’entrainer ici mais ce qui est sûr c’est qu’il m’a mis la honte internationale, sous le regard hilare de mes collègues !
     
    Plus loin, remis de ma pitoyable défaite, je me fais héler dans un anglais parfait par un vieux monsieur, qui après m’avoir demandé d’où je venait, me dit qu’il a déjà vécu aux Etats-Unis, voyagé en France, et qu’il va jouer un air pour moi. Sur ce, il sort un harmonica d’un petit étui et commence à jouer la Marseillaise ! Génial ! Au centre de la Chine, à huit mille kilomètres de la France, entendre jouer cette musique spécialement pour soi, c’est tout simplement magique !

     Le gentil monsieur qui a joué la marseillaise à l'harmonica

    Ces scènes sont visibles dans tous les parcs, du matin au soir, c’est une belle peinture de la société chinoise, c’est un lieu où l’on sent la vie, la gaieté, où l’on peut apprécier de nombreux talents.

    Dans d’autres parcs on pourra voir des « Hommes aux oiseaux » 训鸟人, qui dressent des moineaux à aller chercher des petites balles en vol, des gens faire de la toupie (que l’on fouette avec une lanière pour les faire tourner plus vite), du cerf-volant

     
    Le dressage d'oiseaux est une pratique ancienne en Chine, toujours visible de nos jours dans les parcs

    Le parc est le lieu par excellence où se rendre lors de vos voyages, pour échanger avec les chinois qui se montrent chaleureux et disponibles et toujours prêts à vous faire essayer leur pratique !
     
    Je n’ai pas de Quizz à vous soumettre pour ce sujet, mais je vous invite à mettre des photos ou des anecdotes à la suite de mon article !

    Pour ceux n'ayant pas eu l'occasion d'aller en Chine, que pensez-vous de cette ambiance que l'on retrouve dans les parcs chinois ?

  23. FREDI

    Je n' ai pas d' anecdote particulière...... il ne m' en vient pas à l' esprit.... :)

    Mais c' est vrai que les parcs chinois sont un lieu de vie exceptionnel, lieu d' échange, de convivialité ou d' insolite....

    Je me souviens avoir croisé, en traversant un de ces parcs, tant de différents groupes..... qui font leur gymnastique sur des musiques différentes, pas toujours de la musique traditionnelle, mais cela peut être parfois très moderne avec des rythmes très rapides !.
    certains le font avec ou sans professeur (ou animateur, je ne sais pas); souvent aussi entre collègues du bureau....

    J' ai bien aimé, par exemple, ceux qui dessinent des "poèmes  éphémères " ; sur le sol, à l' aide de caractères tracés rapidement à l' eau, avec de gros pinceaux...... quand l' eau sèche, le poème ainsi  créé disparait......
    Une petite fille, qui pratiquait cela, m' a même spontanément offert  un petit poème qu' elle avait écrit sur un petit carton découpé..... avec son plus beau sourire ! :D

    Cela me rappelle un petit peu, mais dans un autre style, tout ce qu' on peut voir aussi dans les grands parcs anglais de Londres. 
    C' est aussi un spectacle !
    il est vrai qu' en France, je n' ai pas observé ce genre de choses.....

  24. Zhendema

    Oui, en France, aller dans un parc (du moins dans mon cas), ce sera plutôt pour le farniente, discuter entre amis, voir pique-niquer. C'est très rare de voir des personnes pratiquer des activités de groupe.
    J'ai l'impression qu'en France on préfère parfois pratiquer certains sports ou loisirs seuls.
    Je pense que ça vient de la culture chinoise qui pousse très tôt à préférer le collectif et à pratiquer des activités de groupe.

    Et en effet, les parcs de Londres se rapprochent beaucoup de ce qu'on peut voir en Chine. Le terme spectacle est approprié car quand je me rend dans un parc chinois, je n'emporte rien pour passer le temps car je sais que j'aurai toujours quelque chose sur lequel poser mon regard.

  25. laoshi

    Bravo et merci pour cette chronique qui redonne des couleurs à CI, Zhendema, Zhende !

  26. Zhendema

    Merci Laoshi ! Ca me fait plaisir de voir que ce sujet plait, et ça m'encourage à trouver encore d'autres sujets pour les membres du forum :)

  27. Lao Hu

         Merci, de nouveau, Zhendema, pour ce sujet.
         La variété et l'intérêt des thèmes abordés nous conviennent bien.
         Nous (mon épouse et moi) avons aussi été les témoins étonnés, émerveillés parfois, de tout ce à quoi se livrent les Chinois dans les parcs publics : gymnastique matinale sous toutes les formes imaginables, souvent pratiquée par des personnes seules, parfois très âgées – le Taiji quan, bien sûr, avec ou sans armes, la pratique du cerf-volant qui est loin, en Chine, de ne concerner que les enfants, celle du diabolo, la pratique du chant et celle d'instruments de musique, les uns comme les autres traditionnels ou de variétés contemporaines, le chant choral aussi, pratiqué avec enthousiasme et un certain talent par des groupes parfois nombreux. Le dessin et la peinture y sont également pratiqués. Nous avons aussi vu cette pratique que mentionne Fredi (en général par des hommes âgés) de la calligraphie éphémère, à l'eau, répandue avec expertise sur le sable des allées – notamment à l'aide d'une sorte d'encensoir percé de petits trous. Les gens installent aussi parfois une table pliante et des sièges pour jouer aux cartes ou aux échecs chinois.
         Nous avons été également surpris, dans l'univers urbain très moderne des grandes villes de la Chine d'aujourd'hui, de voir de même les gens pratiquer toutes sortes de gymnastiques des bras et de la tête, tout en marchant dans la rue ou dans le métro vers leur destination. Nous sommes aussi restés plusieurs heures, jusque tard dans la nuit, à écouter un groupe de plusieurs dizaines de Chinois chanter des chants traditionnels, patriotiques, et de variétés au coeur de la Chine la plus cosmopolite et la plus ralliée à la modernité consumériste (rue de Nankin à Shanghai !).

    P.S. : Je voudrais bien joindre quelques photos, mais je ne sais pas comment procéder (c'était déjà difficile au début, pour un béotien de mon espèce, d'envoyer un nouveau message par exemple).

  28. michelem

    Je n'ai fréquenté que les parcs de Beijing mais je pense qu'ils reflètent ce qui peut se passer ailleurs. 
    J'ai rencontré moi aussi des musiciens ,joueurs de erhu (vers Houhai) ou de zheng (dans le parc des bambous pourpres),des danseurs en après midi ou en soirée, très organisés et peaufinant des chorégraphies sur des danses "de salon", avec des éventails ou des rubans parfois 
    J'ai vu bien sur des pratiquants de Tai qi, plutôt des solitaires , concentrés sur leurs mouvements (je ne suis pas une "lève tôt," j'ai manqué le collectif !!!)
    Il ne faut pas oublier bien sûr .tous ces engins destinés à pratiquer une "gym douce " (j'ai testé, c'est amusant !!),des tables de pingpong, toujours occupées, des joueurs de badminton ,de jianzi (un genre de volant constitué de plumes que l'on se passe avec les pieds).Une omniprésence de pratiques "sportives" afin de rester en forme quelque soit son âge !!!

    Des cerfs volants, bien sûr, nous sommes en Chine !!!
    Des peintres ...Suite à un après midi dans un parc , après avoir admiré un peintre réalisant un tableau des pivoines d'un massif, je me suis décidée à m'inscrire à un cours de peinture chinoise, et c'est "génial" !!!
    Des calligraphes éphémères, avec de grands pinceaux et de l'eau , mais aussi des parents faisant recopier des caractères à leurs enfants sur les petits carrés des allées !!!
    J'ai adoré ces parcs ou nous déambulions chaque jour après nos visites (en mangeant des glaces !!!)
    Je dois avoir de nombreuses photos, il faut simplement que je les retrouve !!!

  29. Zhendema

    Pour Laohu, voici les explications pour poster des photos :

    https://chine.in/forum/comment-mettre-une-photo-dans-les-articles-actualites_29328.html

    https://chine.in/forum/probleme-insertion-photos-dans-le-forum_37434.html

    Je prépare un nouvel article mais vous pouvez continuer à poster les photos qui concernent les parcs, ça n'en rendra ce point culture que plus riche !

  30. Zhendema

    Quatrième article : A bite of China 舌尖上的中国She jian shang

    de Zhongguo

     J’ai découvert récemment la série documentaire chinoise « A bite of China », que l’on peut traduire en français par : « La Chine sur le bout de la langue ». Elle est produite par la chaine de télévision chinoise CCTV, et composée de sept épisodes.
    Elle présente au travers de recettes et d’anecdotes historiques, le formidable patrimoine de la cuisine chinoise. On se rend compte que la tradition culinaire de ce pays est infiniment plus riche que ce qu’on s’imagine en France.

     
    Au delà de ce documentaire, lorsque je travaillais en cuisine (occidentale) pendant mon stage en Chine, mes collègues chinois avaient à cœur de me faire découvrir leur gastronomie et je pouvais voir qu’ils en étaient très fiers. Chez mes amis chinois, le constat est le même, je suis toujours invité pour goûter des plats traditionnels et je sens qu’on attend toujours que je donne mon avis !
     
    A la fin de mon stage, une collègue m’a offert un livre de cuisine écrit en chinois, que j’avais juste feuilleté, sans m’être totalement plongé dedans. Rentré en France, je l’ai prêté à un ami chinois qui m’a dit : « Mais c’est le livre de bite of China ! ». Je n’avais pas fais le lien avec la série documentaire car il est indiqué en anglais par « Tasting China » .
    Il y a d’autres recettes aux composants plus atypiques : chien, souris, tortue…

     
    Nous avons tenté de traduire, avec un ami chinois, l'une des recettes du livre, que certains d'entre vous ont peut-être déjà eu l'occasion de goûter :
     
    麻婆豆腐 mapo doufu : Tofu sauté au piment

    INGREDIENTS
     
    - 1 morceau de tofu d’environ 200 g
    - Saindoux ou huile d’arachide
    - 10 cl de bouillon de volaille
    - 65 g de viande hachée (bœuf ou porc)
    - 10 g de sauce soja fermentée 豆豉 Douchi
    - Ciboulette hachée 4 g
    - Huile pimentée 4 g
    - Poivre du Sichuan 花椒粉 Huajiao fen
    - Ail haché
    - Sauce soja
    - Piment en poudre
    - sel
    - Maizena
    - Alcool de Shaoxin/alcool jaune (se trouve en épicerie asiatique ou peut se remplacer par de l’alcool de riz)
     
    1. Couper le tofu en cubes
    2. Plonger deux minutes dans de l’eau bouillante et égoutter
    3. Faire chauffer du saindoux ou de l’huile dans un wok
    4. Ajouter le bœuf (ou le porc haché) et la sauce soja et faire sauter à feu vif
    5. Ajouter le piment en poudre, la sauce soja, la sauce soja fermentée, l’huile pimentée, l’alcool de Shaoxin (ou alcool de riz), sel, ail haché.
    6. Bien mélanger et continuer de cuire à feu vif
    7. Ajouter le tofu, le bouillon de volaille et placer sur feu doux jusqu’à épaississement de la sauce.
    8. Ajouter la maizena, la ciboulette hâchée et le poivre du Sichuan.

    Conseil : attention au piment, c'est une recette chinoise, nos palais français ne sont pas aussi habitués. Ajoutez un peu de piment, goûtez, puis en rajouter si nécessaire.
     
    C’est prêt !

    Débat sur la cuisine chinoise ! 


    • Quel est votre mets préféré en cuisine chinoise ?
    • Quel région de Chine possède selon vous la gastronomie la plus intéressante, la plus élaborée ?
    • Avez-vous des photos, des anecdotes à raconter sur la gastronomie chinoise ?

  31. Zhendema

    Vous pouvez accéder aux épisodes de "Bite of China" ici (chinois) :
    http://big5.cntv.cn/gate/big5/jishi.cntv.cn/program/sjsdzg/index.shtml

    Il n'y a pas à ma connaissance de traduction française, et je cherche encore avec les sous-titres anglais. Si vous avez des infos là-dessus n'hésitez pas à poster !

  32. laoshi

    mais si, la série est disponible en français, je l'ai découverte il y a quelque temps déjà sur CCTV

  33. Zhendema

    Merci Laoshi ! Je vais donc pouvoir regarder les épisodes en français (et du coup comprendre plus de choses !) 

  34. Lao Hu

         Merci, Zhendema pour ce nouveau sujet, et pour les renvois concernant la manière de poster des photos. Malheureusement, c'est plus difficile que le chinois. La seule chose que j'aie comprise est qu'il fallait à un moment se déconnecter, ce que j'ai entrepris de faire (avec la même angoisse que HAL dans 2001), juste pour voir. Opération réussie, mais ensuite, impossible de se reconnecter, en tout cas à partir de la discussion en cours. Je n'avais réussi qu'à me perdre, dérivant à jamais dans le néant du cyberespace, comme le Capitaine Haddock dans l'espace interstellaire (Cf. Hergé - On a marché sur la lune).
         Bon, je ne perds pas tout espoir puisque mon épouse, plus persévérante, a réussi à exhumer des instructions de Fredi et Tintin 75 sur ce point.

         Pour revenir au sujet en discussion, la cuisine chinoise, c'est si vaste et varié qu'il est difficile de ne pas s'y perdre en l'évoquant. Peut-être que quelques souvenirs peuvent apporter une ou deux informations utiles.
         En Chine, nous avons fait plusieurs sortes d'expériences à cet égard, que nous pouvons classer sous une demi-douzaine de rubriques :

    甲     Les multiples petits établissements et parfois simples charrettes de quatre-saisons, où on peut découvrir et manger toutes sortes de Xiao Chi, à emporter ou consommer sur place. Ainsi, à Beijing, dans cette petite rue perpendiculaire à l'avenue Wangfujing, où on peut goûter des scorpions en brochettes, on trouve aussi quantité de sortes de petits raviolis et autres petits 锅贴 (Guōtiē - petits beignets frits) délicieux. Nous avons souvent pratiqué cela, à Beijing où nous ne disposions que d'une douzaine de jours et avions une telle soif de découverte que nous marchions entre huit et dix heures par jour, mangions quand et ce que nous pouvions, souvent simplement des épis de maïs, des tranches de mangue ou de pastèque, ou des xiangguniang (demoiselles parfumées : petits fruits dont la peau a un air de papier froissé, qu'on commence à trouver aussi dans les rayons exotiques de nos supermarchés) achetés dans la rue.
         Les surprises décevantes sont rares mais possibles : un jour, de retour (tardif) d'une longue promenade, affamés, nous ne trouvions plus rien d'ouvert, sauf une sorte de petit estaminet aux vitres si crasseuses qu'on voyait difficilement à l'intérieur. Nous y avions cependant distingué une photo de brochettes, et, entrés, en avions commandé quatre. C'étaient des brochettes de cartilage d'un type particulièrement coriace et j'ai dû manger les quatre, mon épouse ayant renoncé, parce que je déteste le gaspillage de nourriture (anti-écologique, contre-révolutionnaire et tout ce que vous voudrez).

    乙      Les fast-food de cuisine chinoise ou coréenne comme Zhen Gongfu (rien à voir, là, avec les rations de concentrationnaires des McDo), ou Yonggheking (nous n'avons jamais essayé les omniprésents Mac Donald's qui certes, en France, sont d'un point de vue hygiénique irréprochables, mais aussi très chers pour des plats si peu goûteux ni copieux, ni les KFC qui semblaient cependant plus nourrissants – d'une manière générale, nous n'avons consommé que sous des enseignes asiatiques, des produits chinois, y compris bières et vins rouges parfois).

    丙     Les petits restaurants familiaux qu'on qualifierait ici de bouibouis, où l'on mange, toujours pour un prix dérisoire, une cuisine (familiale aussi) qui peut réserver quelques bonnes surprises puisque, comme il n'y a pas de menu, en tout cas pas d'anglais ni de pinyin, et pas de photos, on se contente de commander plats de légumes et plats de viande sans être certain d'avoir été bien compris – ainsi je me souviens d'un divin plat d'oignons et d'ail frits avec de délicieux petits morceaux de mouton, le tout servi directement dans la poêle, avec un bon goût de cumin, à Xi'an.

    丁     Les restaurants plus chic, voire renommés, où, pour le prix d'un restaurant ordinaire chez nous (attention quand-même, il en existe sûrement de réellement chers), on peut découvrir et déguster des spécialités. Ainsi, par exemple le 楼外楼 (Lou Wai Lou), sur le Lac de l'Ouest à Hangzhou, où nous avions mangé leur fameux «Poulet du mendiant», que deux assistants viennent découper devant vous, ou ce restaurant découvert au dernier étage d'un grand centre commercial à Shanghai, où on nous avait servi une grande et délicieuse marmite de poisson-chat (qu'on nous avait toujours présenté comme non comestible en France) – ce n'était pas fortuit : là il y avait une carte avec photos et noms en anglais.
         Nous conservons également un merveilleux souvenir d'un restaurant spécialisé de cuisine du Sichuan (mais, non, le piment n'est pas si terrible !), et aussi, à Nanjing, un restaurant de cuisine de Chaozhou, où nous avons dégusté une curieuse soupe dont la surface, avant mélange, représentait un Taiji, Yin et Yang entrelacés.

    戊     La cuisine qu'on fait soi-même chez soi. Nous avons un temps loué, à Nanjing (la ville chinoise la plus chère à notre coeur), une sorte de studio avec kitchenette à deux cent mètres duquel se trouvait un petit supermarché chinois, où nous avons découvert (ou redécouvert parfois) toutes sortes de légumes, de poissons et de viandes. Je confierai ici mon admiration gourmande pour ce porc chinois, tendre, à la viande bien rouge et non livide comme celle de ceux que chez nous, nous engraissons chimiquement par paquets de quinze mille !
         Nous nous sommes aussi régalés de ces excellents crabes de rivière dûment et savamment ligotés (il vaut mieux, vu leur extrême vigueur et agilité) qu'on nous avait offerts dans la petite ville du Jiangsu (Gaochun) d'où on en exporte dans toute l'Asie.

    己     Là où on fait le plus de découvertes, c'est lorsqu'on est invité (toujours au restaurant, vu lenombre de plats à réaliser) avec d'autres convives autour de ces grandes tables rondes où tournent des plateaux de verre chargés de plats multiples, où l'on pioche avec ses baguettes. Malheureusement, on s'empressera d'oublier les noms des plats en question, qu'on ne demandera d'ailleurs évidemment pas dans chaque cas, et qu'on n'osera pas photographier. Lorsqu'il s'agit d'un restaurant que les personnes invitantes connaissent bien, il arrive aussi qu'elles apportent un ou deux plats spéciaux qu'elles ont elles-mêmes préparé chez elles.
         Nous avons un souvenir particulièrement cher à nos coeurs, lorsque nous avions été invités, chez elle cette fois, par une famille, dans un petit village pauvre au fond du Shaanxi. Pas moins de neuf plats avaient été préparés. Comme le note par ailleurs Tian Shi (voir dans le forum «Revenus après deux semaines en Chine») l'accueil, la générosité, sont dans les campagnes particulièrement émouvants. C'est là aussi la Chine que nous aimons.

    庚     Nous avons aussi mangé une fois, au cours d'une promenade, sur invitation d'une personne salariée d'une grande entreprise publique (c'est ce qu'on appelle le bol en fer, voire en or, mais là cela concerne de bien plus hauts niveaux dans la hiérarchie ), dans une cantine d'entreprise. C'était dans une salle très lumineuse, d'une propreté méticuleuse, très joliment décorée ; y était proposée au choix quantité de plats ; c'était très bon, varié, et c'était sans doute très peu cher.
         Je me souviens aussi d'un repas pris dans une école secondaire - de bons légumes frais notamment, cultivés dans le potager par les profs eux-mêmes. Le réfectoire étant bien trop petit pour y accueillir un millier d'élèves, ces derniers mangeaient, avec et sous la surveillance d'un professeur, dans leurs salles de classe qu'ils devaient nettoyer ensuite (je vois mal nos élèves accepter cela avec enthousiasme !).

         Avec, ou malgré tout cela, nous ne connaissons pas grand-chose des cuisines chinoises (le pluriel est de rigueur). Nous aimons particulièrement les cuisines sichuanaise et cantonaise mais nous connaissons peu la cuisine shanghaienne, et pas du tout la cuisine du Shandong, par exemple, alors nous ne pouvons que faire part de notre goût pour la cuisine chinoise en général, et de notre immense incompétence, en invitant cependant tous ceux qui iront en Chine à multiplier les expériences.

         Notre manière de manger (toujours avec des baguettes bien entendu) et de cuisiner est d'ailleurs demeurée très fortement sinisée – nous avons l'habitude de déjeuner de plusieurs plats (bien que ne possédant pas de lave-vaisselle !) pas trop copieux (toujours au moins un féculent - nouilles chinoises ou riz le plus souvent, des légumes - chou chinois, choux de Shanghai, kailane, brocolis, navets, courges, fenouil, etc., et un plat de viande ou poisson cuisinés avec différentes sauces asiatiques (pimentées, amères ou sucrées). Ce qui nous manque, ce sont les poissons d'eau douce, introuvables, semble-t-il, en France, sauf à les pêcher soi-même.
         Merci, en tous cas, pour cette recette de tofu au piment que nous n'allons évidemment pas tarder à essayer de réaliser.

  35. ckdeux

    A propos du : 麻婆豆腐 (mapo doufu) , tofu sauté au piment. C'est un plat de Sichuan, me semble-t-il ?

    Probablement je suis tombé sur un mauvais restaurant à Paris, leur tofu sauté au piment ne m'a pas emballé.

    Je préfère le : 红烧豆腐 :

  36. Zhendema

    Merci Laohu pour ce descriptif, je vois que vous avez beaucoup d'expérience sur le sujet ! La cuisine chinoise est tellement diverse qu'après trois voyages là-bas, j'en découvre encore tous les jours.
    Ce que je préfère manger, tous types confondus, ça reste les raviolis chinois jiaozi 饺子 ou même leur version frites, les guotie 锅贴. C'est tellement bon, pratique à manger et pas cher !

    ckdeux, je n'ai jamais goûté à ce plat, en quoi diffère-t-il du Mapo Doufu ? Car ils se ressemblent beaucoup visuellement.

    Vous pouvez continuer à réagir sur le sujet, le prochain sera posté dans la soirée

    Bonne fin de journée à tous

  37. Lao Hu

         En fait, nous ne sommes allés en Chine qu'une fois, mais notre amour pour ce pays et ses habitants s'en est trouvé décuplé.

         Je partage votre goût pour les raviolis chinois, Zhendema. Dans le petit supermarché nankinois auquel j'ai fait allusion, on pouvait en acheter, ainsi que d'excellentes petites boulettes faites de radis et d'igname chinois.
         Nous aimons aussi beaucoup, on l'aura deviné en me lisant, les plats de poisson – toujours d'eau douce (la chair en est plus délicate et le goût plus subtil), contrairement à nos habitudes françaises. Une anecdote en passant : on nous a appris qu'il ne fallait pas retourner le poisson après avoir mangé, à l'aide des baguettes, tout un côté, car cela pourrait, quelque part, «faire chavirer la barque du pêcheur».

         J'aurais dû ajouter une autre rubrique, pour évoquer ce que les restaurants chinois proposent à nos papilles en France. Deux ou trois exemples de petites choses que j'apprécie tout particulièrement : ces grands piments verts frits de chez Dong (rue Baudricourt) - attention, c'est très épicé ; les choux de Shanghai et le canard laqué cantonais de l'Asia Palace (au bout de la galerie du 44 avenue d'Ivry, du côté de cette grande place balayée par les courants d'air et dominée par de hautes tours) ; la soupe au canard - la choisir avec os, bien sûr – du Hawai (sur l'avenue d'Ivry).

  38. dreamers85

    Wahouwww..... 

     déjà très enthousiasmé par ce topic de zhendema, je suis carrément bluffé par le dernier post de Lao Hu.
     comment ne pas frémir d'envie en lisant ce menu si bien détaiullé.
    Autant de plats et de découvertes. J'avais l'impression d'avoir gouté des choses incroyables lors de notre séjour en Chine, mais là, je veux tout simplement y retourner avec la liste des mets pour moi aussi à mon tour y gouter.
    Je salive encore à la relecture et mes pailles s'excitent, j'ai beau être difficile, là je me sens plus aventurier et téméraire. Merci pour cette approche gustative qui me réjouit et m'émerveille.

    Moi aussi je veux dire toute la générosité que l'on trouve lorsque nous somes chez l'habitant, même si les poumons de porc au gingembre me laissent un souvenir particulier, je dois reconnaitre que la maman de Mi, a su chaque jour couvrir la table de nombreux plats locaux du Hunan et de son coin nous laissant parfois surpris mais toujours reconnaissant d'un tel cadeau.

     alex

  39. Zhendema

             Cinquième article ! Les légendes du zodiaque chinois

                                                     

                                                                    

    Grâce à l'expension de la culture chinoise, la plupart des français ont entendu parler de l'astrologie chinoise et possèdent des connaissances de base à son sujet. Tout le monde ou presque connait son signe chinois, associé à un animal ! Mais pourquoi ne s'agirait-il pas comme notre astrologie occidentale de diverses représentations (animaux, objets, humains...) ?
    Et bien les animaux, comme choix de représentation du zodiaque chinois, ont pour origine diverses légendes, assez comiques car résultantes de stratégies, coups-bas et autres dénonciations faites par les animaux ! Pas joli tout ça...

    Première légende : l'invitation de Bouddha

    Bouddha appela tous les animaux à venir vers lui, mais seulement 12 d'entre eux firent le déplacement. Il les classa par ordre d'arrivée : le rat, le buffle, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien, et le cochon. Pour les remercier, Bouddha divisa l'année en 12 et leur octroya la même portion à chacun.

    Seconde légende : (plus comique) L'Empereur Jaune

    L'ordre des douze animaux serait l'objet d'un immonde complot entre les animaux afin de rentrer dans les petits papiers de l'Empereur Jaune ! (et après on parle des humains...)
    Le chat avait demandé au rat de porter sa candidature à l'Empereur, ce qu'il ne fit pas... Le chat fût donc exclut du cercle (depuis, les deux éspèces sont des ennemis jurés).
    En traversant la rivière, le boeuf, par générosité, permit au rat de traverser entre ses cornes. Celui-ci ne l'attendit pas et fût le premier arrivé, précédé par le boeuf.
    Le porc, ayant su persuader l'empereur de le nommer juge de la valeur des animaux, commenca par titiller l'orgueil du tigre et du dragon en les plaçant derrière le rat et le boeuf. Ils crièrent au scandale, et c'est le singe et le coq qui réussirent à les calmer : le singe traça le signe wang 王, le roi, sur le front du tigre (d'où les rayures naturelles de l'animal). Le coq, quant à lui, autrefois dôté de cornes, en fit don au dragon.
    Mais le lièvre, plein de culot, ne l'entendit pas de cette oreille et défia le dragon à la course, qui accepta le challenge. Une fois partis, le lièvre se dirigea vers une forêt, où le dragon, avec ses cornes récemment acquises, se prit dans les branches. Il nomma le coq pour responsable de sa défaite ! Celui-ci, vexé, lui exigea le retour de son cadeau. Le dragon, en colère, lui rétorqua qu'il les lui rendrait "quand le soleil se lèverait à l'ouest" (quand les poules auront des dents quoi...).
    Ainsi, chaque matin, le coq supplit le soleil de se lever à l'ouest (tout s'explique !).
    Le lièvre devait en fait sa victoire au chien, qui lui avait conseillé de couper sa queue pour aller plus vite. Après sa victoire, il attendit donc des remerciements de la part du lièvre, qui n'en fit rien. De rage, le chien le mordit et se fit rétrograder en queue du classement !
    Le porc, quant à lui, ayant achevé sa tâche, se classa lui même en premier et remis sa liste à l'Empereur. Les autres animaux l'ayant balancé, il fut puni en étant classé dernier !

                                        

    Troisième légende : L'Empereur de Jade

    Le tigre, le dragon et le phoenix (coq), se présentèrent devant l'Empereur pour se plaindre de la cruauté des humains envers les animaux. Ce dernier décida d'attribuer des espèces animales aux cycles lunaires afin d'apprendre aux hommes à leur montrer plus de respect.
    L'Empereur appela tous les animaux à se rendre au palais. Les douze premiers arrivés seraient les élus.
    Tous les animaux voulant être sacralisés, ils firent usage de leurs qualités naturelles pour s'imposer. Le rat évinça le chat, le buffle fit usage de force, le tigre entra d'un bond dans le palais, le lièvre rusa, le dragon fit preuve d'ingéniosité, le serpent se faufila, le cheval arriva au triple galop, la chèvre donna de la corne, le singe fut malicieux, et enfin le coq arriva à tire d'aile !
    Et le chien et le cochon me direz-vous ?
    Le ministre de l'empereur ayant mal compris les ordres, inscrit par erreur deux noms en trop, c'est ainsi que ceux-ci font également  partie du cycle lunaire !

    Quizz ! Vrai ou Faux ?


    • Dans d'autres pays d'Asie, notamment au Vietnam et au Japon, le lapin est remplacé par le chat.
    • Les éléments qui complètent les signes chinois représentent des astres spécifiques.
    • Les cinq éléments complémentaires sont : le feu, la terre, l'air, l'eau et le bois.
    • Lorsque l'on est "l'année de son signe" (par exemple vous êtes serpent et nous sommes justement cette année-ci), l'année est sensée être excellente pour les natifs du signe.

    Pour finir, chaque signe possède un caractère particulier. Y croyez-vous ? Quel est votre signe ?

    Encore un point, on parle de compatibilité de couple en fonction des signes astrologiques. Quel est votre signe et celui de votre conjoint(e) ? Pensez- vous que cela peut jouer dans l'entente amoureuse ?
    Pour ma part je suis un lapin avec une dragonne...

    Au plaisir de vous lire !

    Et à bientôt pour le prochain point culturel !

  40. Zhendema

    Je suis tout à fait d'accord, le descriptif fait par Laohu fait saliver d'envie (surtout les bouchées vapeur pour moi hmmmm !).

    J'avoue que les poumons de porc au gingembre ça doit pas être évident à appréhender... Il faudra que je traite le sujet, en faisant un article sur les mets "spéciaux" que l'on peut trouver en Chine !

    Malgré le nouveau sujet vous pouvez bien sûr continuer à réagir sur l'art culinaire.

  41. ckdeux
    @Zhendema

    ckdeux, je n'ai jamais goûté à ce plat, en quoi diffère-t-il du Mapo Doufu ? Car ils se ressemblent beaucoup visuellement.

    REPONSE :

    Je n'ai aucune notion de cuisine, je crois savoir que :

    红烧豆腐 , d'abord on fait frire le tofu pour que le tofu devient "dorer" ( expression chinoise est 红烧 ), puis la suite de cuisson on ne met pas de piment.

    麻婆豆腐 , on fait cuire directement le tofu, il garde sa couleur blanche naturelle et on ajoute impérativement des piments.

    C'est comme la différence entre pomme frite et pomme vapeure, me semble-t-il ?

  42. Zhendema

    Merci ckdeux, je ne connaissais pas du tout. Il faudra que j'essaye à l'occasion !

    Message aux lecteurs du point culture : je mettrai prochainement un nouvel article, je manque de temps en ce moment. Vous pouvez cependant réagir aux autres sujets ou même en proposer de nouveaux.

  43. Zhendema

                               Sixième article ! L’impératrice Cixi

     
              Peu nombreux sont les noms de femmes chinoises à avoir traversé l’histoire. Une pourtant a su accéder au pouvoir et le garder pendant près de cinquante ans. Son intelligence, son éducation et son ambition démesurée lui ont permis de s’imposer, tout en charmant, manipulant et déjouant les complots.

    Cixi, nait dans une famille mandchoue du clan Yehe Nara et est introduite à la cour des Qing comme concubine à l’âge de seize ans. Chaque empereur possède un harem de milliers de femmes et nombreuses sont celles qui ne voient jamais leur « maitre ». Un soir cependant, sa beauté lui vaut d’être choisie par l’empereur. Elle le séduit alors à tel point qu’il la convoque les soirs suivants. Quelques mois plus tard, elle donne naissance à un garçon, Tongzhi, amené à devenir empereur.
    Elle devient alors concubine de seconde classe, la première place étant occupée par l’impératrice Ci An.

    Portrait de l'impératrice Cixi

    Le fait d’avoir doté la dynastie d’un héritier la fait considérablement monter dans la hiérarchie et ses grandes capacités de réflexion et ses dons stratégiques lui permettent de devenir une conseillère de choix pour l’empereur.
    L’empereur Xianfeng meurt en 1861 à l’âge prématuré de trente ans. Cixi devient alors régente, son fils n’ayant que cinq ans.
    Il arrive à la majorité en 1873 mais il décède brutalement de la petite vérole, à 19 ans. L’impératrice conserve alors la régence et nomme comme héritier le fils de l’une de ses sœurs, âgé de quatre ans, Guangxu, qu’elle tentera de contrôler jusqu’à sa mort en 1908.
    Elle doit faire face à de nombreuses rébellions notamment celle des Taiping qui avait pour but de renverser la dynastie Qing et qui durera près de quinze ans.

    A sa majorité Guangxu voudra légitimement exercer le pouvoir mais s’attirera les foudres de Cixi, bien décidée à le conserver.
    C’est ainsi que l’empereur va s’entourer de réformateurs, écarter les aristocrates mandchous, et enfin s’inspirer des idées occidentales et japonaises afin de tenter une libéralisation de l’empire. Cixi, considérant les étrangers comme barbares et dangereux, entend agir contre Guangxu. En 1898, l’armée encercle la Cité Interdite, Cixi fait exécuter tous les conseillers et annule tous les décrets. Elle déclare l’empereur dangereux pour l’empire et le fait enfermer dans un pavillon de la Cité jusqu’à sa mort.

    Photo de l'impératrice Cixi

    En 1900 elle instrumentalise la révolte des Boxers (mouvement patriotique anti-étrangers) afin de débarrasser Pékin des occidentaux. Mais ce mouvement est maté par un corps expéditionnaire et l’impératrice, forcée à signer un traité humiliant prévoyant des compensations financières pendant quarante ans.
    Après les victoires japonaises contre la Russie en 1904-1905, elle accepte les réformes proposées par son conseiller et vice-roi Yuan Shi Kai. Mais celles-ci seront stoppées par la mort de l’empereur Guangxu et de Cixi, à un jour d’intervalle, les 14 et 15 novembre 1908.
     
    Les machinations qui lui sont attribuées :

    - L’impératrice Ci An, réputée en excellente santé, décède brutalement en 1881.
    - Des indices sur la mort de Guangxu, publiés en 2008 prouvent que celui-ci a été empoisonné à l’arsenic. L’un des eunuques, sur les ordres de l’impératrice, lui aurait apporté un yaourt empoisonné. Cixi étant mourante, elle a certainement voulu éviter de disparaitre avant son neveu.
     
    Légende :
     
    Une légende raconte que le clan dont elle est issue aurait maudit la dynastie Qing, annonçant son effondrement par l’entremise d’une fille de leur clan. Ainsi, la plupart des empereurs Qing ne choisirent jamais de concubines venant de ce clan, jusqu’au choix de Cixi par Xianfeng.
     
    Quizz ! Vrai ou faux ?

    - Xianfeng, charmé par Cixi, la garde trois mois auprès de lui, jusqu'à la naissance du futur empereur Tongzhi
    - Cixi élèvera elle-même son fils
    - Elle aura une place cachée par des rideaux opaques qui lui permettront de souffler discrètement ses ordres à son fils et ainsi de tirer les ficelles de l’empire
    - L’empereur Tongzhi aura, malgré sa mort prématurée, vécu une existence vertueuse
    - Puyi, fils du prince Chun, est le dernier empereur de Chine

    A bientôt pour le prochain point culture !

  44. laoshi

    Encore bravo pour votre rubrique.
    L'impératrice Cixi apparaît dans Le Dernier Empereur de Bertolucci, qui vient d'être rediffusé sur LCP, mais aussi dans deux feuilletons chinois auxquels je me suis particulièrement intéressée ici ou ailleurs ;) : Le Rêve solitaire, qui raconte son ascension du poste de simple servante du palais à celui concubine impériale, et plus encore le merveilleux Xi Laile, médecin miracle (cf. entre autres ici et ) où elle apparaît dans toute la splendeur et la cruauté de son règne.

    Un autre feuilleton, Le Chant du Palais de la grande clarté, est consacré à Wu Zetian qui, avant Cixi, avait appris à gouverner "derrière le rideau" avant de réussir à se faire proclamer "empereur" (et non "impératrice douairière") de Chine.

  45. dreamers85

    Ouh là! je me sens bien inculte quand je lis tout ça. J'avoue que je n'ai pas encore cherché à apprendre autant de chose sur la Chine et les différents sujets abordés ne sont donc que nouveautés pour moi. Merci pour ce condensé de culture.

    Pour Laoshi, je suis surpris par tant de culture, je vous envie un peu d'un tel savoir, moi j'ai juste vu pour la première fois en DVD le film "Le dernier Empereur" lundi dernier et quelques passages hier soir sur LCP, Bref sympa mais un peu long. 

    Zhendema, on ne se connait pas encore, mais merci pour votre message sur mon sujet, j'ai hate de vous découvrir un peu plus et bravo à vous aussi pour autant de culture sur ce pays. Vivez vous en Chine?

     alex

  46. michelem

    Merci,Zhendema pour ce nouveau quizz  :) L'ombre de Cixi plane encore sur le Palais d'été ...
    Bon, je tente de répondre au quizz ...

    1-Vrai et faux ...
    D'après wiki, En 1852, l’empereur Xianfeng la prend pour concubine. Elle devient sa favorite et passe trois mois entiers auprès de lui, nuit après nuit. Le 27 avril 1856, elle donne la vie à un fils du nom de Zaichun, qui devient l’héritier du trône.

    Elle a donc bien passé 3 mois auprès de l'empereur, mais son fils est né plus tard ..

    2-Faux 
    Toujours d'après wiki : l'éducation du prince héritier est confiée à l'impératrice, sa rivale, et aux eunuques de la Cour. 

    3-Vrai  

    Je le savais, et wiki le confirme 
    C'est l'Empereur qui promulgue les décrets mais la décision véritable revient en fait à la toute-puissante impératrice douairière. Cette pratique est appelée par ses contemporains « régner derrière le rideau », expression à prendre au sens littéral. Cixi a en effet installé dans la salle du trône une tenture suffisamment transparente pour qu'elle voie le dos de l'Empereur et les gens, mais suffisamment opaque pour que les autres ne la voient pas. Assise derrière le trône impérial, elle tire les ficelles de l'Empire,

    4-Faux 
    Je suis un peu sceptique ;) quant à l'existence vertueuse de Tongzhi ...!!

    L'Empereur sort de la cité interdite pour se distraire avec les prostituées, fumer de l'opium (drogue introduite d'Inde par les Britanniques et interdite à la consommation par décret impérial). Mais ses excès et sa vie de débauche du soir ne lui permettent pas de tenir longtemps : il meurt à dix-neuf ans à peine, en 1874

    5-Vrai
    L'excellent film cité précédemment nous le confirme ...

  47. FREDI

    merci pour cet excellent sujet !!  :)

    l' impératrice Cixi est un des personnages très connus de l' histoire chinoise.... 
    Beaucoup de feuilletons  et séries chinoises s' en inspirent avec plus ou moins de fidélité.....

    Voici mes réponses au quizz :

    1/ on va considérer que c' est vrai..... c' est en tout cas très répandu ! légende ou réalité??

    2/ Faux

    3/ Vrai 

    4/ Faux

    5/ Vrai 

    Au plaisir de suivre cet excellent sujet, même si je n' ai pas toujours le temps d' y poster.
    il y aurait tant à dire !!! :D

  48. Zhendema

    @Laoshi : merci pour vos références de film, j'ai beau m'intéresser beaucoup à la culture chinoise, j'ai vu peu d'oeuvres cinématographiques sur l'histoire de Chine. Il faudra que je m'y mette à l'occasion !

    @Dreamers85 : merci pour votre commentaire ! Alors je ne vis pas en Chine actuellement mais dans les Ardennes (un peu plus calme, je vous l'accorde !), mais je projette de m'y installer à la fin de l'année. Pour ce qui est de ma passion de la culture, j'ai fait une licence de chinois il y a quelques années mais je continue à m'y intéresser et me documenter, d'où mon idée de ce point culture pou ren avoir un autre aperçu.

    Correction du quizz !

    - Xianfeng, charmé par Cixi, la garde trois mois auprès de lui, jusqu'à la naissance du futur empereur Tongzhi
    Faux ! Effectivement j'ai mis un petit piège... Cixi est bien restée (selon les dires historiques), trois mois auprès de l'empereur. Mais Tongzhi est né quelques mois plus tard...
    - Cixi élèvera elle-même son fils
    Faux ! En effet, c'est l'impératrice Ci An et les eunuques de la cour qui se chargeront de son éducation
    - Elle aura une place cachée par des rideaux opaques qui lui permettront de souffler discrètement ses ordres à son fils et ainsi de tirer les ficelles de l'empire
    Vrai ! C'est en effet ce qui s'appelle "gouverner derrière le rideau"
    - L'empereur Tongzhi aura, malgré sa mort prématurée, vécu une existence vertueuse
    Faux ! Bien au contraire ! Il sortait du palais, fréquentait des prostituées, consommait de l'opium... Rien de bien vertueux donc !
    - Puyi, fils du prince Chun, est le dernier empereur de Chine
    Vrai ! Puyi (1906-1967), proclamé empereur en pleine période de troubles, ne "gouvernera" que très peu (de 1908 à 1912).

    Bravo à Michelem et FREDI pour vos bonnes réponses !

    Je prépare un nouveau sujet et le posterai dès que possible !

  49. Zhendema

    Aux lecteurs du point culture :

    Cette semaine étant assez chargée, je vais reporter le prochain article à ce week-end. Navré de ce contretemps !
    PS : si vous avez des idées d'articles à me soumettre, une envie d'approfondir un point, je m'en ferai un plaisir.

    Bonne semaine à tous !

  50. Anonyme

    excellent topic, des sujets variés et tous très intéressant!

    Juste un petit plus pour les parcs, j'habite au dessus d'un parc et je peux confirmer que dès le matin les activités commences, tai qi, calligraphie, gymnastique ou danse en groupe (d'ailleurs vivre au dessus d'un parc peu se révéler assez traitre vu que tous les aprem j'ai droit à la même musique, mais bon vivant au 26eme c'est supportable) etc.. Cependant on trouve aussi un fait assez inattendu pour quelqu'un ne connaissant pas la chine. Une fois par semaine des regroupements de parents qui cherchent un partenaires à leurs enfants. Chaque parent vient donc avec le cv de son enfants et essaye de trouver le partenaire idéal. Je me suis renseigné dessus et j'ai appris qu'en général les parents le faisaient sans que les enfants ne soient au courant et qu'ensuite il s'arrangeait du style j'ai le fils d'une bonne amie à te présenter.

    C'est assez amusant à voir.

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